‹ Plan d'éducation pour les enfans pauvres, d'après les deux méthodes combinées du docteur Bell et de M. LancasterChapitre 5 sur 23 · XII · texte numérisé non relu

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progrès de cette découverte. Les Français y verront avec attendrissement que cette institution, dont l'Angleterre se glorifie avec tant de raison, et qu'elle va donner bientôt au monde entier , avait été mise en usage en France , il y a trente ans , sans y être à peine connue que de notre nialheureus roi , Louis XVÏ, qui en avait senti toute l'importance , qui donnait pour son soutien 82,000 fr. par an sur sa cassette , et se faisait souvent rendre compte de ses progrès. Cette circonstance louchante , qui mériterait d'être écrite en lettres dor dans les fasles de ce régné , ne nous est parvenue que par un article inséré dans le journal de Genève du mois de décembre 1787 , qui en rend compte en détail, et sans lequel cette action du roi eût été perdue pour l'histoire. C'est ainsi que l'on n'a connu que vingt ans après le voyage de la Peyrouse, les instructions paternelles que ce prince avait composées lui-même, et écrites en entier de sa main. Modestie illustre, désintéressement de gloire déjà si beau dans les particuliers, et si rare dans les souverains qui n'ont plus à désirer que la renommée , et auxquels

elle ëchappe souvent malgré leurs effor pourrait peindre le règne entier de ce p en disant qu'il ne s'est jamais servi de son pouvoir que pour empêcher qu'on connût sesbienlails , on qu'on vengeât ses injures.

Les chapitres qui suivent l'iiisloire de l'institution indiquent son plan et sa maixhe. Le dernier est consacre à son application , et renferme en uiêuie temps quelques faits , quelques firguTuens contre le plus grand obstacle que nous craif^nions d'avance de rencontrer à

i' son introduction , je veux dire l'idée dominante clic/, un grand nombre de personnes, »

que t instruction est dangereuse dans les \ classes inférieures de la société , et quelle \ a nifhne été une des principales causes de notre révolution. Cette opinion fuueste , désavouée par la raison, démentie par les faits ,

[n'est malheureusement que trop générale, et tuus les gens éclairés devraient se réunir pour U combattre. Non, ce n'est point, comme on le dit vulgairement, le progrès des lumières qui nous a été fatal ; c'est au contraire l'ignorance , la facile , l'aveugle ignorance qui a causé tous nos maux j c'est le défaut d'idées

justes des droits et des devoirs , autant parmi les personnes élevëes de la société que dans les classes inférieures , qui a rendu les premières victimes et les autres instrumens de l'ambition de quelques individus. Si l'instruction avait été plus généralement répandue , les unes auraient consenti à sacrifier à temps quelques faibles parties de leurs prérogatives , et les autres auraient appris à ne jamais enfreindre la ligne de leurs obligations ; aucunes surtout n'auraient été séduites par des théories fausses , ou , ce qui est pis encore , par la fausse application de théories vraies.

Mettez un enfant dans la bonne voie , dit l'Ecriture, et , (jiiand il avancera en âge , il t/ie s'en écartera pas (i).

Non, jamais la connaissance de la vérité et des arts utiles , les préceptes de la morale et de la religion ne pourront avoir de danger ; ils ne doivent pas surtout être refusés au malheureux dont ils sont souvent l'unique consolation , au malheureux qui supporte seul la

(i) Salomoa , ProTCtbcs , XXI,

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