‹ Plan de Pompéi, et remarques sur ses édifices par le chanoine De JorioChapitre 12 sur 36 · C. CVSPIVM. PANSAM AED. MVLIONES. YN1YERSI • AGATHO. YAIO · texte numérisé non relu

C. CVSPIVM. PANSAM AED. MVLIONES. YN1YERSI • AGATHO. YAIO

TOSTV

1VLIVS. POlYbIVS. COLLEGA. FEC1T

c. ivlivm. tolYbivm ïi VIK chY'pabi rog.

Dans les deux boutiques dont il vient d’ètçe parlé, était la figure de Mercure peinte en plusieurs endroits*

XXXVU. Afaison des yestales. — Si jamais nom a été donné par un pur caprice aux maisons de Pompéi, celui-ci sûrement est du nombre. Romanelli a écrit: « C’est peut-être ici qu’à demeuré Claude* devenu ensuite empereur ! » Cela a suffi pour que quelqu’autre écrivain l’ait affirmé aussitôt, et qu’il y ail des personnes qui allant a Pompéi demandent: où est la maison de l'empereur Claude !...

Cet édifice qui offre à présent très-peu de chose de

remarquable au simple curieux , mérite toutefois d’être observé par les amateurs des anciens usages, ainsique par les artistes. H est composé de deux habitations bien distinctes, dont l’une a son entrée principale dans la grande rue, l’autre dans la ruelle; mais qui dans leur intérieur communiquaient cntr’clles lorsqu’elles lurent ensevelies par l’éruption de 79. 11 est probable que les deux maîtres de ces habitations étaient amis , et qu’ils désiraient communiquer réciproquement dans leurs demeures, ou même qu’elles fussent occupées par une seule famille. L’eutrée principale de la première liabi. talion nous offre un véritable vestibule , ce qui la rend tTès-intéressanle ; et sur le seuil de la porte principale de la seconde, et qui donne dans la rucllo , on Voi t tracé en mosaïque le salut hospitalier , Salve.

11' faut observer que ces deux habitations n’avaient aucune boutique qui communiquât avec l’intérieur ; d’uii l’on peut conclure que les propriétaires n’étaient point de la classe de marchands qui vendaient leurs marchandises chez eux. En entrant dans la première qiq fut déterrée depuis 1770 jusqu’en on trouve comme à l’ordinaire un atrium toscan ,'w gauche duquel après la chambre de l’esclave Alriensis , est situé un triclinium. Le milieu du pavé de ce dernier était oruéd’un petit carré composé de morceaux de verre , dont le centre de forme ronde représentait un miroir entouré de pentagones et d’autres ligures différentes de là même matière. Les lumières en se réfléchissant sur- tous ces. verres , devaient produire un effet vraiment magique.

Après avoir traversé les pièces annexées à l’atrium, on passe dans la partie privée de la maison où est b-' Sacrarium , ainsi qu’un petit bain pour uac seule

personne, et construit d’une manière assez singulière (r}..

J1 était entoure d’cncaisscnicns couverts de gazon et de fleurs, de manière que Je baigneur pouvait se croire au milieu d'un parterre et satisfaire ainsi agréablement ses sens : et par la disposition de la ba gnoire il lui était facile aussi de causer avec les personnes qui de l’atrium entraient dans le tnblinum.

On sortait de cet appartement privé par un petite porte qui donnait snr la ruelle, et on communiquait dans 1’ habitation contiguë par des autres ouvertures. Ainsi que nous l’avons dit, cette seconde mai>on a le mot Salve écrit sur le seuil de sa porte principale donnant sur la ruelle. On eommenea à la découvrir au mois de Juin 1785,0 on termina au mois d’Aoùt 1787. Son atrium ainsi que le précédent est toscan, mais plus grand, ri on passe dans la partie privée de l'habitation par l’exèdre. Le péristyle est décoré de douze colonnes cm maçonnerie revêtues en stuc. Sa cour formait une espèce de xyste , nu milieu duquel sont encore les rc>tcs d’un jardin avec Hrr bassin revêtu de marbre, dont l’eau jaillissait du centre. Celle partie intérieure de la maison avait toutes les pièces qui se trouvent ordinairement dans les habitations des anciens romains (a). On ^ voit le Sacrarium de forme demi-circulaire et orné dans le fond de trois niches oit l’on posait sans doute les divinités tutélaires de la maison. Après \e Sacrarium oit entre dans deux grandes chambres dont la première contient un puisai d en terre cuite. Son pavé était en mosaïque, ses murs prints, et en montant une rampe on

(1) On dit qne l’eau y coulait par une statue de femme. (1) Voyez l’appendice. I.

trouve une (ortie (tir la petite rue dont j’ai pailé.

Ces deux chambres par leur situation et leur proportion étant les seules en ce genre qui soient ît Pompéi > il serait à désirer que des savants s’occupassent du soin de découvrir ii quel usage les anciens les avaient destinées. Immédiatement après la plus grande de ces chambres , on traverse un corridor où était un squelette' qui avait attaché à l’os d’un bras un bracelet de métal , et près de lui ai pièces de monnaie en bronj.c cl une d’argent. Comme plusieurs os de ce même squelette ont etc desensevelis près-de celui d’un chien, on conjecture que cet animal, renfermé dans ce lieu , »Vn nourrit pendant quelque temps.

Outre les peintures particulières dont quelques-unes furent transportées au Musce Royal, plusieurs objets y ont été trouvés , entr’autres un croissant en or- agréablement orné, (qui peut-être servait d’amulette); tt dans les dépendances de la cuisine le squelette d’un clicvah ainsi que les objets qu’on découvre ordinaircmcutc dans, ces sortes de pièces.

XXXVIII . Habitations ruinées. Ces habitations sont au nombre de huit ; sept avaient quatre étages dont trois étaient les plus vastes : c’est-à-dire celle vis à-vis la maison du Chirurgien , celle dite du Lion en face de celle d’Actéon , et l’autre de Polibius opposée à celle dite de la Musique. L’exovation en fut commencée au mois d’octobre 17S3 et suspendue en 1764. On la repriten 1771 ci elle fut continuée depuis 1776 jusqu’en octobre 1783, que l’on parvint jusqu’à la maison de Polibius. Celle-ci fut découverte depuis la fin de 1807 jusqu’en 1809, et clic est restée dans l’état où on la voit actuelle meut.

De» quatre étage» Je ces maisons deux sont inférieur» au niveau de la rue et bâtis en amphithéâtre ; les deux autres leur sont supérieurs. On arrivait aux inférieurspar le moyen de couloirs d’une pente douce et qui donnaient sur la rue même , et par de petits escaliers pratiqués dans l’intérieur de la maison ; du la rue ou montait au rez-de chaussée des étages supérieurs par quelques degrés , et au dernier , par de petits escaliers intérieurs.

Les couloirs en question sont absolument pareils à celui delà maison de Diomêdes. (Tab. I. F^ F) excepté que l’on parvient à celui-ci après avoir traversé une chambre, au lieu que l’on entre dans les autres par l'ouverture qui coriespond dans la rue meme. Comme ils communiquent aussi aux deux étages intérieurs et en traversent les différentes pièces et les chambres T ils n’ont donc jamais pu être ( comme ou l’a cru) de» ruelles qui de la rue dite du cours de Pompéi , .conduisaient le public & la marine (1). Les bains n’avaient pas été oubliés dans ces habitations ; la seconde qui est vis-à-vis la maison du Chirurgien possédait aussi les étuves. Nous ne devons pas négliger d’observer ^ que malgré leur élégance et leur grandeur,elles n’en avaient pas moins parmi leurs boutiques, celles qui communiquaient avec l’intérieur de la maison. Un assez grand nombre de peintures et de mosaïques en furent enlevées et enrichissent aujourd’hui le Musée Royal. Plusieurs insciiptions étaient tracées tn caractères rouges

(1) Cela n’aurait cependant pas empêché que les particuliers eussent eu une communication privée pour se rendre à la manne.

noirs sur les murs extérieurs. Elles indiquaient les noms de Samellius Modeslua Édile, Cupius Pansa, Édile. — Priscus Duumvir — O/cortius Prisais etc. Une d’elles disait i

m. cïMurrvM AED. SAL1N1EMSES ROC. .

Enfin l’inscription suivante trouvée sur la porte de la maison qui est vis-à-vis de celle dite de la musique, c. rvLivM. polYbivm

Û. V1R. MVLIONES. ROC. (i)

a donné à cet édifice le nom de maison de Puli&ius, Quoi qu’il soit un des plus magnifiques découverts jusqu’à présent à Pompé», le propriétaire malgré toutes ses richesses, n’en était pas moins un simple marchand. La communication d’une des six boutiques qui donnent sur la rue avec l’intérieur de la maison semblerait le prouver. Cette habitation , parmi celles déterrées jusqu’à présent , 'est la seule qui ail deux entrées principales sur la même rue , et un double vestibule (2).

De «rcs deux salles d’attente on entre dans un vaste atrium corinthien , dont le portique formé par des

(1) Ceux qui voudront reconnaître par ces inscriptions Tes noms des propriétaires de ces habitations , pourront observer que ces deux memes lignes sont tracées dans l’auberge dite d’Albiuus. Voyez pag. 48.

(a) On a trouvé dans une d’elles , deux grands candélabres do brome; 1111e balance dont le pouls est en plomb, arec l’inscription dont il sera question plus bas ; une lampe et plusieurs autres objets , ainsi que des fragments de bronze, une caisse de fer et dilKrenles autres choses.

arcades et des piliers ornes de colonnes engageas , entoure une cour décorée d’une fontaine. Ces arcades étaient fermées par des châssis vitrés. On distingue parfaitement les trous carres ménagés dans les tablettes de marbre du mur d’appui , et destinés à recevoir le montant des ch&ssis. Sur le cirté occidental de ce portique on remarque une petite fontaine.

Quoique cette habitation ne soit qu’un véritable fragment d’édifice, elle mérite cependant d’être vue au moins une fois , et même par le simple curieux. En st rendant à l’extrémité de la maison , tout près desmurailles de la ville, on aura une idée de la vue étendue et variée dont on y jouissait. Mais je conseillerais aux artistes de ne négliger aucune des autres maisons ruinées, ainsi que le font plusieurs d’entr’eux, car ellesleur offriront sans doute des objets nouveaux ou iuté» ressans et dignes de leurs observations.

XXXIX. Maison du Chirurgien. Elle a été déterrée «n 1771. L’intérieur communique avec une des boutiques ainsi que cela se pratiquait comme on l’a vu , dans la plus grande partie des maisons découvertes jusqu’ici à Pompéi. C’est pourquoi on n’aura* besoin que de la comparer h celle de l’Acléon n.* XLVIII pour connaître sa distribution et ses différentes parties. On y a trouvé plusieurs objets dont la plu» grande partie appartiennent à l’art chirurgical, ce qui lui a fait donner son nom moderne de Maison du chirurgien. Voici quels étaient les principaux objets : la peinture à fresque dite la femme peintre; (1) , des fragmens de petits la-

( 1 ) Voyei noir* Description de quelques peintures antiques , etc. pag. 66.

liteaux qui ont survécu à la catastrophe , et qu’on a reconnu être des bas-reliefs en stuc encastrés dans le bois. Comme ils étaient détachés du mur lorsqu’on les a découverts ptès delà niche , on peut présumer qu’on les en enleva au moment de l’éruption, afin de les *auver ; trente-huit poids en plomb , sur sept desquels on lit en bas-relief , d’un côté EA 1 E et de l’autre HAB- BLBiS ( sic ) si tu paies , tu auras ; ce qui correspond à ces mots plaisans qu’on voit quelquefois écrits (i) au-dessus de la boutique des barbiers de village en Fiance ; Aujourd'hui on rase pour de l'argent et demain pour rien.

Une petite plaque d’argent de forme ronde, sur laquelle sont représentés en bas-relief deux Génies ailes , dont l’un joue de la flûte (a).

XL. La Douane . ■ — Cet édifice n’étant composé que de deux grandes pièces , des aisances et d’un petit cabinet , on a soupçonné qu’il devait être destiné à quelque usage public. La seconde des grandes pièces n’est ni pavée ni blaucliie , et d’après deux squelettes de chetaux qu’on y a trouvés avec trois clochettes de bronze altaéVçcs au cou de chacun d’eux, ainsi que des harnois , des restes d’un char à deux roues , ou conjecture qu’elle servait d'écurie. Elle fut découverte en 1788.

XLI. Fabrique de Savon. — Cette boutique a été ainsi nommée, parce qu’elle renfermait un amas de chaux vive dans sa pièce principale , et qu’on a cru voir du savon dans les cinq récipiens en maçonnerie de l’arrière-cham-

(1) Daua la seconde chambre des petits objets en bronze, (a) Dans la chambre des objets précieux.

hie. Mafs- la chaux vive a été trouvée même dans les pièces nobles et elle servait aux restaurations des maisons ; quant aux autres objets contenus dans cette boutique, ils sont pareils à ceux des autres habitations.

XLU. Thermopolea. — Ces deux boutiques et leurs dépendances furent découvertes en 178g, et elles reçurent le nom de thermopolea à cause de leur comptoir; mais on peut à. ce sujet lire l’appendice l.« article Boutiques. Parmi les objets qu’elle contenait on remarque une caisse dont le couvercle était percé au milieu, et ayant deux palmes f de long sur un et de large. Sa hauteur est d’un palme et ^ et le fond est en cuivre. Il y avait aussi un squelette humain et deux d’animaux.

Parmi plusieurs inscriptions qui étaient sur le mur extérieur , voici la plus intéressante :

M. HOLCOMVM. l'MSCYM C. GÀVLVM, RVFVM. II. V1R THOEBVS. CVM. EMI'TORtBVS SVIS. ROCAX

XLlll. Fontaine. — Cette fontaine qui terminé la ligne des maisons de la rue , est précédée par un réservoir couvert , ( Castellum ) d’où l’on examinait les conduits qui de ce point se partageaient pour se rendre dans les édifices voisins.

N. JB. Si l’étranger a assri de temps disponible , je L’invite k entrer dans la petite rue qui depuis le n.“ 43 s’étend !i gauche vers les murailles de la ville où elle aboutit. Dans le cas contraire , il pourra facilement s’en dispenser cl s’occuper alors uniquement des objets bien plus inlércssaus qui lui restent à voir. Je

crois cependant ne pas devoir négliger de lui indiquer ce qu’il y a de plus remarquable dans les treize habitations qui sont sur la droite de cette petite rue découverte en partie depuis le mois de septembre 1787 , jusqu’en 1789, et qui le fut entièrement depuis 1810 jusqu’en 1813.

Ces habitations ont leur entrée , les unes dans la même petite rue , les autres dans celle qui du c&té opposé lui est parallèle. Six d’entr’elles ont aussi une sortie privée.

Les trois les moins dégradées ferment actuellement avec des grilles de bois. On les verra marquées sur le plan par les numéros

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