‹ Plan de Pompéi, et remarques sur ses édifices par le chanoine De JorioChapitre 25 sur 36 · COS · texte numérisé non relu

COS

Sur le piédestal éiait un vase de plomb de forme cylindrique , semblable à ceux cites à pag. 74.

Dans la même maison il y a un puits de 116 pieds de profondeur (1) lequel , pratiqué sous un arc qui ne s’écroula pas lors de l’éruption de 7g , s’est conservé intact et sert encore aujourd’hui. Quelques personnes cependant attribuent à son eau des vertus médicales et s’en servent comme telle.

LXXI1. Maison de la femme pécheur , à cause d’une des peintures des parois qui représente une femme ,

(1) Voyez Coro.

1 lf)

( peut être une Venus ) dans l'atlitade de pêcher, et près de laquelle est un petit amour qui l’observe.

Après avoir traversé celte petite rue, on arrive au carrefour, justement à la rue dite aujourd’hui des marchands , decouverte dans les mois d’Aoùt 1817 à Février 1818. El en tournant ensuite à droite , les deux habitations suivantes se présentent & vous; leur partie privée est seule connue jusqu’à présent.

LXX 1 II. Maison du Sanglier , à cause que cet animal , saisi par deux chiens est figuré sur le mosaïque du protbyrnni. Les mosaïques du pavé de l’atiium représentaient les murailles et les fortifications d’une ville. Les objets contenus dans celle maison étaient de peu de valeur.

LXX 1 V. Maison des Grâces ou Pharmacie. Le premier nom si bien fait pour inspirer de jolies idées , lui fut donné d’un sujet qui le distingue des autres fresques; le second sans doute moins doux ù l’oreille, et donné par Goro, parait cependant lui convenir mieux d’après les objets nuivans qu’elle renfermait:

Cinquante cinq instrumens de chirurgie , quatre étuils qui en contenaient d’autres; des tenailles, et surtout le spéculum matricis (1).

Des niédicamens desséchés en partie , dans une boite de bois; des mortiers et leurs pilons en marbre, de diverses proportions ; ainsi que plusieurs morceaux de

(1) Cet intéressant instrument a été publié par un étranger, mais le dessin on ayant été fait de mémoire, n’est pas du tout exact. Lorsque les Académiciens Ercolanesi t’auront publié à leur tour on pourra alors en conuaitre tout le prix.

mirbre, pareils à ceux qui servent aujourd'hui à fixer le papier.

11 y avait aussi deux peu dans d’oreilles en or , ayant la forme d’un tonneau ; un galon d’un palme de longueur et un autre de quntro onces.

C’est dans celte habitation que la petite statue de bronze , haute de deux palmes J , a été trouvée (1).

Elle représonle un jcuue enfant coiffé d’un bonnet phrygien et portant sur l’épaule gauche un petit manteau. 11 lieut dans la main une espèce de roseau qui vient y passer sur le dos , et se laiHiioe plus haut que la tète en un ornement eu partie détruit. Les- yeux de la statue sout de veria blanc et noir.

La capsule de pavot (a) , i longue lige , qu’il soutient de la tuaht droite, vient il est vrai de Pompé:., mais n’appartient poiul à ce morceau.

La ruelle qui sépare l'habitation décrite ci-dessus , des autres , est marquée au K."

LXXV . Hue des douze grands Dieux , ainsi nommée parce que ces diviuilés sont ligurées sur. un des angles.

Le chevalier Celle l’a publiée-, et avec l’exactitude et à la fois l’élégance qui distinguent ses ouvrages. La dernière habitation sur la droite de celle rue est connue sous le nom de

LXXVL Maison de l' empereur François second , parce qu’en 1.819 011 fit- des excavations en présence

(1) Aujourd’hui dans une des galeries des petits bronzes, a v ( 'ebambre.

(a) Elle paraît avoir servi, do lampe.

<le cc prince. Elles offrirent enti 'autres une boucle d’oreille d’or , un petit vase d'argent orné de figures de faunes; un grand vase de bronze sans anses et riches d’urnemens gracieux-, deux lampes, quelques grilles et un lourncau de fer. Une petite statue de terre cuite , haute de neuf onces , avec une peau de mouton qui lui tombe du cou , et ayant à la tcle une tasse entourée d ornemens et une petite lampe sur l’épaule droite.

Le reste de la rue qui , en tournant à droite conduit au forum triangulaire, fut découvert du mois d’Aoùt i 8 t 3 , à celui de Septembre 1817. Aujourd’hui on appelle cette rue , Strada del teatro.

N. U. On peut aussi arriver à ce dernier en partant du forum , et précisément des curies ( voyez le plan ) , en traversant la ruelle dite maintenant , Vico (tel teatro.

Les artistes ne doivent point négliger cette rue qui offre , outre trois fontaines ( une desquelles ayant un parapet de fer , ) une petite chapelle et quelques nouveautés en architecture.

Dans les premières habitations non encore découvertes, à droite de la rue en descendant du lorum, on trouva parmi les ruines d’un gros mur , et à la hauteur de dix-huit palmes du sol, et à douze au-dessous du terrain cultivé, (1) une bourse de lin. Elle renfermait cinquante pièces de monnaie d’argent , une de bronze, et vingt-sept d’or , dont une de Néron , les autres de Vcspasien et de Doinitien.

(1) Le triclinium de Vibrio, voyez pag. 21 fut aussi découvert 5 o pahucs ou- dessous du niveau du terrain cultivé.

Dans la suite, deux squelette» à i5 palmes au-dessus du niveau du sol de cette demeure , dont un d’homme ; l’autre de femme portait k un bras deux bracelets d’or.

On déterra dans d’autres habitations un miroir de forme circulaire, auprès un vase contenant du savon ; deux crochets dont j’ai parlé pag. m, deux candélabres , une écritoire; des l'ragmens de lits et des ustensiles de bronze , de plomb , de terre cuite , etc.

Le taklinum d’une de ces demeures doit être observé , étant élevé k droite du cavaediuin , et orné de deux colonnes à son entrée , ce qui jusqu’ici est un exemple unique k Pompéi (t).

Les amateurs ne doivent pas non plus négliger de s’arrêter dans deux habitations non entièrement connues encore il est vrai , mais qui font croire avec quelque fondement de faire partie d’un seul édifice privé ou publier Ceci n’est pas rare même de nos jours.

Dans les ruines qui sont le long de cette rue, en tournant k gauche , plusieurs objets y étaient réunis y dans le nombre il faut citer la table ronde de marbre , ayant cinq palmes de diamètre sur trois et 9 onces de hauteur, soutenue par trois tètes et trois jambes de lion (a).

La fouille faite dans le souterrain vis-h-vis la maison connue sous IcaSnoms de Maison Caroline oa d' st-

( t ) Cependant on voit quelque chose de semblable dans la'dernière maison près des murailles, et après celle dite de Pupio ; voyez pag. 61.

(a) Voyaz M. R. B. Vol. IV. Tab. S 6 .

tlotiit , fut assez, riche. Elle offrit sept squelettes , GS pièces de monnaie d’or , portant les effigies de ^ ; ron , de Vespasicn , de Domitien et de Titus ; sept anneaux , un d’eux en forme de serpent ; une boucle d’orciile à deux perles disposées en forme de balance.

En argent: lofiâ pièces de monnaie ; cinq cuillers, une d’elles terminant en jambe de chèvre ; une coupe , trois épingles longues , et des fragmeus d’autres objets.

En fer ; des barreaux de fenêtres ; deux anneaux o\ec des pierres enchâssées, et divers ustensiles, l’os frontal , et les cornes de deux bœufs.

Ee Musée renferme maintenaut tous ces objets.

Dans la maison vis-à-vis le souterrain en question , il faut remarquer un triclinium demi-circulaire en maçonnerie, le seul connu jusqu’à présent à Pompéi.

LXXV11. J'urum triangulaire. — Au mois d’Avril 1766, on commença & fouiller ce lieu; après plusieurs années d’interruption on reprit ce travail en 1773, et il fut continué en 1796. Enfin depuis le mois de Mai i8>3 , jusqu’à celui de Septembre de la même année , la terre qui le recouvrait, en fut entièrement enlevée.

Cette place ornée sur trois côtés d’un portique composé de cent colonnes d’ordre dorique , offre dans son propylée un coup d’œil magnifique , et un exemple de l’ordre Ionique. Le petit nombre de scs ornemens fait croire avec quelque fondement que ce forum est d’une époque antérieure à celle où les Romains eurent de l’inlluence , même sur l’architecture alors en usage dans la grande Grèce. La fontaine de travertin placée tout auprès d’une des colonnes du portique , et dont l’architecture n’a nul rapport as ce celle

mentionnée ci-dessns, nou* prouve cjue postérieurement elle a été construite par les Romains.

Les noms de Marc Claude Marcelin», protecteur de Pornpéi , que l’on peut lire dans l’inscription tracée sur un piédestal dont la statue n’existait plus , sont une nouvelle preuve de ce que j’uvnncc.

Vers le côté oriental le plus long de ce portique et composé de soixante et une colonnes , on observe les restes d’un banc en maçonnerie qui depuis le piédestal de la statue de Marcellus courait en ligne parallèle au portique jusqu’à son extrémité. Probablement l’espace entre le portique et le banc servait comme de stade , et souvent d’arène pour les jeux gymnastiques , ainsi que de promenade agréable. 11 est à propos de dire à cette occasion , que ce forum avait aussi des issues qu’on fermait dans quelques circonstances , afin de n’y laisser entrer que ceux qui en avaient obtenu la permission des autorités. £nfin , M. r Matois parait avoir raison lorsqu’il dit que ce lieu a été l’acropole de l’ancienne Pompéi et son premier forum.

Dans l’excavation de ce lieu en' 1796 , on trouva: trois squelettes , et au bras de l’un d’eux deux cercles d’or, un petit anneau avec un grand nombre de pièces de monnaie d’argent. — En i8i3,un squelette à la jambe duquel tenaient deux anneaux passés l’un dans l’autre, dont le plus grand était de bronze et le plus petit d’argent. — Tout auprès 197 pièces de monnaie parmi lesquelles cinq d’or. Une petite lame d’argent où les figures de Bacchus et d’Isis sont gravées. Un petit seau qui est entièrement orné de bas- reliefs représentant liis et d’autres sujets Egyptiens ; — trois

cuillers , deux patères , une boucle , huit lasses , un vase ayant la forme d’une tête de pavot (i) etc. Les objets suivans en or y étaient aussi : deux fibules , deux boucles d’oreilles , huit anneaux.

LXX VIII. Temple de Neptune ou <T Hercule. 11 n’offre que les vestiges d’un temple d’ordre dorique , du nombre de ceux appelés Péryptèrcs , et qui était construit en pierres de Sorrento et de Samo. Lorsqu’on le fouilla en 1767 , on s’aperçut que précédemment il l’avait été. Ceux qui connaissent les magnifiques temples de Pestum se les rappelleront aisément en voyant ces restes qui donnent une idée de leur plan.

LXX 1 X. Putéal. — Ce petit monument dans le centre duquel est une espèce d’autel ayant la forme d’un puisard, nous apprend que la foudre avait frappé ce lieu. Suivant la savante interprétation que les •Académiciens Ercolanesi ont donné à l’inscription étrusque (Voyez, tab. IV. n.° 4 ) nous savons que Nilrelie pour la seconde fois Meddistuticus ( magistrat suprême chez les Etrusques ) , avait clos ce lieu , devenu sacré pour ce peuple , parce que la foudre de Jupilcp y était tombée.

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