EST. XXII
LXXX1X. Quartier des soldats ; Marché public (a). A. peine l’habile architecte précité en cut-il décon-
(i)Ce corridor ainsi que toute sa partie supérieure est une restauration faite par l’architecte Lavega , qui a suivi le» traces do l'ancien. i
(a) Les étrangers choisissent ordinairement ce lieu pour y prendre quelques rafraicliissemens. Voyez sur cet article, et sur d antres relatifs à Pompéi. Travels in Europe belwen the y car s lSl4and <8t>8-, adapted to the use of Iravellers ; and comprising an historital account of Sicily , with a guide for Strangers m lhat Islund tiy Mariants 8 tarie. London t8a8.
vert une petite portion en 1766, qu’il «'aperçut que ce devait être une construction publique. Mais lors* qu’en 1794 il put le voir entièrement, il reconnut que c’était un quatier de soldats. Après en avoir bien examiné les ruines , c’est avec le plus grand soin qu’il restaura cet angle que l’on voit aujourd’hui en arrivant par la grande route. Roberto Paolini (1) dans son ouvrage appelle ce lieu portique des théâtres, et Vitruve à la main, il dit qu’il servait dans les cas où les spectateurs surpris dapioggia ripenlina ici polessero ricoverarsi. Mais il ne songea pas à nous montrer par qu’elles issues Us auraient pa y pénétrer, eu cas de foule , et à la hâte, ni par qu’elles sorties des théâtres les assistans pouvaient se mettre promptement à couvert sous ce prétendu portique du théâtre.
Ilomanelli croyant dire quelque chose de nouveau, l’appela Foro Jgundinario o venale. C’est aussi Vitruve à la main qu’entr’autre chose il dit: « Che in » lali fori vi dovevano esserc un gran numéro di » bolleghe in ordine disposte , di prestatori , o ban- » chicri , di veuditori di commestibili , di maccllaj , di » spacciatori di liquori .edi ogni altro genere etc.
11 crut donc reconnaître toutes ces diverses espèces «le boutiques autour du portique en question , ajoutant: « che questa grandiosa piazza assai brillante esser do- » veva , allorchè numeroso popolo , gran quantité di » uegozialori , e l’esposizionc di tutti i generi vendi-
( 1 ) Mcmorie su i monuments di antichità e di belle arti che esistuna ia Misent) , in Baia , in Çuma , in Pozzuoli , in Cal>ua antica , in Ercvlano , in Pompci ed in Pesta ifitj , pafi. 344-
» bili la rendevano ricea c fréquentât» : pag. a-j8 ».
L’observateur qui se trouvera sur les lieux ou qui en aura sous les yeux un plan , ( pourvu qu’il soit exact , ) décidera d’après lui-mcme , lorsqu’il aura lu mes courtes observations suivantes.
On ne parvenait dans cet édifice que par une seule petite rue, ou pour mieux dire , un impasse qui flanquait le mur du post-scenium de l’Odéon. La porte de communication entre cet impasse et le portique était même plus étroite que celle de ce dernier ( 1 ). Il existe encore deux ouvertures de communication Vers le côté du nord , qui sépare l’espace après le postst enium du grand théâtre , de l’édifice qui nous occupe. Par une de ces ouvertures , trois personnes peuvent h peine y passer de front, en descendant trois gradins ; l’autre (a) n’offre de place que pour une seule personne qui la parcourt en montant, et ensuite Ch descendant quelques marches , lesquelles sont Si embarrassées et si rapides , qu’il est difficile de n’y pas trébucher.
Du côté opposé à l’issue indiquée, il en est nne antre par où on arrive de la grande roule lorsqu’on descend de voiture ; mais celle-ci outre qu’elle n’est
( i ) «Le seuil de cette porte très-bien conservé laisse voir le trou » descellement de erspaudines qui recevaient les pivots des battans. Uazois.
(a) Cette issue est disposée de manière que pour se rendre du plau supérieur qui est derrière le post-scenium du grand théâtre, au plan inférieur ou quartier des soldats , il faut monter cinq marches après lesquelles on trouve un perron, et ensuite en descendre d’autres qui vous conduisent immédiatement au quartier des soldats. Et t ic* versa en partant de ce point pour aller au post-sceniuus.
pas commode , ei qu’il n’y peut passer qu’une personne à la fois , n’est point du tout ancienne ; elle a été faite pour la commodité des vétérans qui gardent le lieu , ainsi que pour les voyageurs qui désirent voir les ruines de Pompéi (i). Quel beau et convenable forum public, que celui où il n’y aurait eu que les issues en question U!
Quant aux chambres que l’auteur déjà cité a supposé être des boutiques , et ce qui est plus fort de diverses espèces , il est à remarquer qu’elles sont toutes de la même structure et de petite proportion , ce qui sans doute a échappé à son attention. Aucune n’a de comptoir, ni de fourneaux, ni meme de grandes entrées, ni les accessoires ordinaires et indispensablesaux vendeurs ( voyez article Boutiques ). L’aile , appelée exèdre par M. r Mazois , et que l'on voit vers le côté du midi , est la seule pièce après celle qui a quatre pilastres à son entrée, qui soit un peu plus grande que les autres.
(1) Cette ouverture n’est point marquée sur les plans qui ont été faits lors du désensevelissement de l’édifice. Parmi ces plans il faut noter celui de M.r Mazois, puisque lui-même assure en avoir eu les détails de l’architecte D. Pietro Lavega qui remplaça sou frère D. Fancesco dans la direction des excavations. On en peut dire autant du plan rapporté dans l’ouvrage de Saint Non , et qui fut exécuté à l’époque où on ne connaissait encore que la partie en question de l’édifice. Le plan de Piranesi et celui qui est dans l’ouvrage intitulé : A Trcatise on théâtres by George Saunders fl. ILl tyyo, ainsi que l’autre du Chev.«> Celle peuvent être mis dans le nombre. Que le savaut ne soit donc point induit en erreur s’il a dans les maius un plan plus récent et où cette ouverture est marquée comme si elle était antienne.
Pour ce qui est de l’autre nom de portiqtte de» théâtres , donné par Saint Non , lui-même dit que la partie attenante aux tliéôtres n’étant pas encore •découverte au temps où il écrivait, il n’a pu formèr à ce snjet que de simples conjectures (i). Dans la suite, deux auteurs étrangers Gelle et Hîrt en ont parlédans ce. meme sens. lia aussi clé indiqué comme place du petit théâtre , et quartier des soldats. Finalement, il n’j a pas long-temps encore , on l’a de nonVeati et plusieurs fois, nommée Porlico de’ Teatri; mais en laissant au lecteur , après avoir ln la Disserlazione Iitagogicu , la liberté de décider à son gré.
A cette occasion je rappelle'aux savons , qu’ils ne doivent pas négliger d’observer le nombre et le genre de communications de cette colonnade qui fait partie intégrante d’nn édifice bien drfïércnt des théâtres ; de plus que ces derniers ne manquent pas de portique-
D’ailleurs je m’eu remets à ce que M.' Matois en dit savamment.
Voici quelques passages de lui. a Cet édifice
» était incontestablement destiné à recevoir une po- » pnlation divisée en fractions égales , puisqu’il est » divisé lui-même en cellules semblables ; de plus » toutes les issues qui étaient fermées avec des ports tes , annoncent que ce lieu n’était pas public ; enfin » la ressemblance des distributions avec celles des camp» » prétoriens dont on a retrouvé les restes à Rome » et à la villa Aérienne ne permettent pas de douter
(1) Dans le même plan déjà cité de cet auteur , la partie septentrionale de l'édifice n’y est pas marquée , mais remplacée par la terre qui la couvrait alors.
» que l’édifice qui nous occupe ne fâl une caserne. » Kn parlant de la cuisine , la seule qui existe dans cet édifice, il dit que: « Cette cuisine est remarquait ble, parce qu’on y trouve les foyers encore bien » conservés; ils ont la forme de ce qu’on appelle » en termes culinaires , une paillasse c’est-à-dire d’une » espèce d'itre relevé et qui s’étendent le long d’une » grande pièce , de manière & permettre de faire la » cuisine pour un grand nombre de personnes (1). » Il faudrait aussi remarquer la situation de ce lieu, soit & cause de son voisinage avec les théâtres et le port, soit parce qu’il est à une des extrémités de la ville soit enfin ( et ceci n'est point à négliger), que ce point est le seul par où on pouvait se rendre de plain-picd aux rives du Sarno et au port.
D’après toutes c es circonstances il est évident que ce lieu avait besoin d'être gardé par des soldats (a). Mais les recherches que nous pourrions faire h ce sujet nous éloigneraient trop de notre but principal , et ne convieirdraient nullement à la nature de cet ouvrage. Je reviens donc à ce qui m’occupe , et j’offrirai au lec-
(i) Les sarans qui regardent cet édifice comme un portique des théâtres, ou comme un forum public, trouveront dans une pareille cuisine nue ample matière de recherches ultérieures. 11* nous diront*! les marchands et les acheteurs de l’antiquité vivaient en communauté dans les marchés publics et y faisaient leurs repas ; ou si les acteurs de ces temps avaient l’habitude de se réunir pour cet effet nomme nos soldats.
(a) Cela n’empêchait pas que les troupes de gladiateurs qui venaient A l’oinpéi pour leurs exercices , ne demeurassent dans ce même quartier; c’est ce qui paraît même très-probable.
leur l'énumération de ce que les fouilles de cet édifice produisirent de plus intéressant.
Comme il est ici question d’un monument sur la destination duquel les auteurs sont partagés, et dont la forme architectonique et les objets trouvés ont été comptés pour rien , il faut en parlant de ces derniers indiquer positivement le site même où ils étaient. La circonstance la plus minutieuse dans de pareils cas peut fournir de grandes lumières aux archéologues pour la solution de quelque problème. Nous distinguerons donc l’édifice dans ses parties principales ; savoir , l . L’exèdre ; a. Les prisons ; 3 . Les chambres communes ; 4. La cuisine ; 5 . La plus grande pièce sous l’appartement noble ; 6. Le seul appartement noble qu’il y ait ; 7. L’entrée à l’édifice.
1. Dans l’aile qui est au milieu du côté qui regarde le midi, et justement appelée exèdre par M.’ Mazois, (1) outre plusieurs objets de peu de valeur , il existait sur les parois deux trophées peints , ainsi que plusieurs figures à l’héroïque. Mais on n’a pu sauver qu’un seul trophée , qu’on a transporté au M. R , l’autre ayant été détruit au moment de l’excavation. L’exèdre dont il est ici question a depuis été érigé en chapelle à l’usage des vétérans de Pompci.
a. Une des chambres communes, dont les peintures ainsi que dans le reste de l’édifice sont de mauvais goût , contenait quatre squelettes qui avaient les pieds passés dans des ceps. Les restes de ces fers de cri-
(1) Au moment où on la découvrit Lavega lui donna le nom de Çorpt-de- garde.
mincis peuvent être observés au M. R. galerie des petits bronzes.
3. Les autres chambres communes renfermaient outre les objets ordinaires de terre cuite , de fer , de verre , d’os , de bronze, etc , dix casques et plusieurs fragment de ces derniers dont quelques-uns sont de bronze ou de fer ; d’autres enfin composés de ces deux mctaui; treize enémides; deux brassards , et plusieurs en fragmens ; treize ceinturons de bronze arec des ornemens et des figures ; d’autres en morceaux ; beaucoup eu cuir également ornés en bronze , lesquels probablement étaient des baudriers. Quelques-unes de ces armures étaient tombées du mur , ce qu’attestent les clous tombés aussi et qui les soutenaient ; trois petits boucliers d’une forme toute particulière à l’usage des gladialeursREZlAR.il (i ), et peut-être pour une classe particulière de rameurs , et non pour de simples mariniers de trafic ou des pêcheurs. Parmi toutes ces armes il y en avait d’une très-petite dimension et attachées à des cbaineltes afin de les suspendre.
Une d’elles représente un petit bouclier de la même forme de ceux déjà, cités, sur lequels ces mots sont éciits à petit» points : Ret .... sec ru do.
Ces petites représentations d’armes ont été prises pour des ex voto , eu supposant cependant, contre l’ordinaire, que ces mois ex voto , n’étant pas gravés dessus, ne fissent rien à la chose.
On me permettra plutôt de les croire , soit des marques d’honneur destinées aux soldats ou aux gladia-
fi) Voyez M. R. B. Vol. IV. Tab. XXIX.
diateurs qui les avaient méritées , soit des signes militaires portés sur la poitrine par une classe de guerriers ; mais il faut observer qu’on les a trouvées mêlées avec de véritables armes.
Un assez grand nombre d’objets en plomb peu reconnaissables , dont plusieurs ont la forme cylindrique, peut-être de ceux qu’on lançait par le moyen de la fronde. Cent douze petits morceaux d’os ayant la forme d’écailles de poisson ; chacun d’eux percé de deux trous, afin de pouvoir les ajuster l'un près de l’autre et former ainsi quelque cuirasse , ou des mentonnières de casque, ou enfin quelque ornement dont le travail ressemblait k une peau de poisson avec scs écailles. Un candélabre de bronze de 5 palmes; plusieurs strigiles de même métal , d’autres de fer. Beaucoup de pièces de monnaie de cuivre, un petit nombre de bronze et d’argent, aucune d’or; une biche accroupie; un petit boeuf de 1 bronze; en bas-relief deux miroirs ; une corne de cerf.
Plusieurs ustensiles de fer et de bronze; des coffres de bois contenants des objets que l'on n’a pu reconnaître puisqu’ils étaient pourris.
Dans une des chambres était une amphore en partie cassée , qui renfermait le squelette d’un enfant nouveau né. Enfin dans quelques-unes des pièces ( 1 ) du côté qui regarde le septentrion , vers le grand théâtre , il y avait des fragmens de statues de marbre et de bronze; une petite tète de bœuf ornée d’une ban -
( 1 J II est à remarquer , que quelques-unes de ces chambres ont été percées précédemment , et selon toute apparence par les anciens.
delette ; deux génies et de* arabciqucs en os; un sque- ' lette entre les doigt* duquel étaient quatorze anneaux d’argent , dont deux soutenaient des amulettes , un anneau d’or, des pastilles , etc; deux squelettes ayant des anneaux de fer aux doigts.
4. La cuisine ne renfermait que les ustensiles ordinairement dans ces lieux , et dont le plus grand nombre est en terre cuite.
5 . Dans la plus grande des chambres qui est au-dessous de l'appariement noble et dont l’entrée est formée par quatre pilastres , on trouva avec beaucoup de fer oxidé , deux anneaux de galériens , une lance, deux cents cloads de brome , etc. le tout en bon état.
6. Cet édifice avait un second étage, ou l’on parvenait par trois escaliers différens et très-incommodes. Un quatrième escalier assez bien construit conduisait à l’appartement occnpé sans doute par la persouuc la plus distinguée de tout l’édifice.
Sous l’arc de l’escalier gisait un squelette, auprès duquel étaient deux tasses et une soucoupe d’argent, et à quelque distance le squelette d’un cheval avec les restes de ses harnois, dont les ornemens de bronze et jusqu’au foin qui rembourrait la selle , s'étaient éga- ' ment bien conservés. La fouille qui eut lieu dans les autres chambres fut très-riche , car outre les objets souvent nommés et un candélabre de cinq palmes , il faut noter les suivans comme les plus remarquables.
£11 or ; deux colliers dont un avec douze petites émeraudes ; cinq anneaux auxquels sont enchâssées des pierres précieuses, un autre ayant la firme d’un serpent j uue boucle d’oreille , deux bracelets et une lon-
gue épingle dorée ;. différentes caisses de bois pourri , et auprès des restes de toile blanche , de drap tissu d’or , des feuilles d’or„ des morceaux de cuir doré ; des fragmens nombreux de feuilles pour des ornemens, également de métal , le tout paraissant avoir été déposé dans ces coffres; un bouclier dé forme circulaire en bronze, d’un palme et \ de diamètre au centre duquel est une tète de Méduse , et autour des ornentens en argent; un parazonium dont la poignée est d’ivoire; deux couteaux, une lance , etc.
Dans une de ces chambres on désensevelit dix-huit squelettes tant d’hommes que d’enfans , ainsi que plusieurs de chiens. Une autre pièce en contenait deux et quelques pièces de monnoie.
j. A peu de distance de la porte intérieure de l’entrée , trente quatre squelettes étaient réunis dans le meme endroit.
A ce sujet j’engage les savans à faire l'observaliqn que le nombre de squelettes trouvés dans cet édifice monte à soixante-trois , ce qui n’a pas eu lieu dans les autres constructions de Pompéi, et nous offre par conséquent un exemple unique.
Il n’esl donc pas probable que dans un moment ou tout le monde songeait à se sauver , les acteurs des théâtres ni les revendeurs et les acheteurs d’un marché public fussent venus se réfugier dans un lieu qui n’offrait aucun abiis, ou qu’ils s’j arrêtassent pour y braver la mort.
La troupe seule ne pouvait quitter son poste à quelque prix que ce lût, aussi celle de Pompéi ne- l’abandonna pas.
Enfin, parmi les nombreuses affiches qui étaient sur
un des pilastres de l’cnircc , ainsi que sur le mur tout à côté le long de la rue de l’Odéon , on voyait distinctement indique le nom des familles suivantes de gladiateurs : Pomponj Fautdni — Arnpliuli—Ts. Popidii Ru fi.
Amphithéâtre (i). On peut y arriver par deux chemins différées , soit en voilure jusqu’au point A. ( voyez pog. VI. ) soit à pied si l'on veut , après avoir visiic les autres ruines de Pompéi et traversé de nombreuses vignes qui recouvrent les restes de cette ville.
Dans l’un ou l’autre cas je conseillerais au curieux de commencer la visite de ce monument par l’arène qu’il examinera attentivement , et dans laquelle il parviendra par une des deux grandes entiécs couvertes.
La première sc présente en venant delà ville, ainsi que je l’ai déjà dit, et l’autre du côté opposé là ou l’un va en voiture. 11 y a encore trois autres entrées pratiquées entre celles-ci , par la plus étroite desquelle s on introduisait 1 rs bêtes féroces dans l’arène. Parvenu dans cette dernière , il jouira de tout l’intérieur de l’amphilhéâtie , dont l’ensemble ne le frappera pas moins que l’harmonie et l’heureuse distribution de toi les ses parties.
La cuvea est divisée en trois parties par le moyen de deux promenoirs avec des cunci. La première dite injuria cavea était destinée aux Duumvirs , aux Décurions, aux chefs de la colonie , aux divers Magistrats, aux Auguslales , aux prêtres cl aux prêtresses, etc.
(i) On en reprit l’excavation commencée en 1748, au mois de Mai 1 S 1 5 , et elle fut terminée en Décembre i8ié.
L'amphithéâtre de Poropéi renfermait aussi des places d’honneur pour quelques riches colons Romains, Magistrats du faubourg Auguste Félix. Ces derniers contribuèrent à la restauration de l’amphithéâtre lors des désastres que le tremblement de terre de 63 y avait occasionnés ( 1 ) ; ce que nous apprend l’inscription suivante, tracée le long du podium , précisément dans ia partie qui leur était accordée.
MAC. PAC. A VG. T. S. t>RO. LVD. EX. B. n.
T. ATVLLIVS. C. F. CELER. H. VIR. PRO. LV. LV. CVS. F. C. EX. D. n.
L. SAGIS'IVS. II. VIR. I. D. PRO. LV. LV. EX. D.D. CVS. S. ISTAC1DIVS. N. F. CISX. II. VIR. PR. LVD. LVM.
A. AYDIVS. A. F. RVFVS. n. VIR. PRO. LVD.
P. CAESETIVS. SEX. F. CAF1TO. II. VIR. PRO. LVD. LVM.
M. CASTRIVS. M. F. MARCELLVS II. VIR. PRO. LVD. LVM. CVNEOS. III. F. C. EX. D. D.
Dans la media cavea , composée de douze gradins s'asseyaient les personnes distinguées de la bourgeoisie, les militaires et les collèges. Dans la summa cavca composée de dix-huit gradins se plaçait le reste des citoyens en laissant au peuple les derniers gradins; et enfiB 'venaient les loges pour les femmes.
( 1 ) Les arcs postérieurement adossés que l’on observe principalement dans toutes les entrées couvertes qui conduisaient à l'art— ne, en sont une preuve frappante.
Les artistes reconnaissent aussi dans ce monument quelques traces d'une antiquité plus reculée.
Toute lar cavea était séparée par quarante petits escaliers c»rre«pondans à autant de vomitoires , | ar lesquels on entrait dans le grand umbutacrum ou promenoir.
On parvenait dans la media cavea par vingt degrés , et dans la dernière par dix-sept. Deux corridors couverts entourent l’arène (t) et percés d’ouvertures qui servaient de vomitoires., conduisaient à ces deux dernières cavea.
Le crépi du podium était décoré de peintures analogues , dont une partie avait déjà été détruite lorsqu'on le découvrit , et l’autre n’existe plus.
Après avoir observé- la partie intciicare de l’amphithéâtre ou peut en sortir par Ventrce opposée à celle par où l’on est venu dans l'arène, et monter sur le grand ambulacre extérieur et découvert qui mérite d’être parcouru entièrement. On y parvenait par six escaliers du cèté de la ville, et de celui des murailles par les deux tours avec lesquelles Vambulacm avait une communication peuf-ètre privée , et dont on ne faisait usage que dans certains cas. De ret ambulacre ou parvenait à la summa et à la media cavea- par quarante vomitoires , et vingt petits escaliers conduisaient à on eorridor couvert , percé de quarante ouvertures par lesquelles oneatraitdans les loges destinées aux femmes.
Parvenu à ee point qui est le plus élevé du mo-
(i) Il est impossible de les parcourir entièrement, car ils sont maçonnés dans le milieu. Cette interropliou lut faite avec beauaoup de discernement, afin que la foule des spectateurs pût en. entrant ou en sortant, se diviser iàrilenient eu quatre parties.
ruinent , Je vt^'ageur embrassera à la fois d’un coup d’œil l’ampbiihéâire qui sera à ses pieds, et les sites enchanteurs qui l’environnent. Ce point de vue restera long-temps gravé dans son souvenir.
La grandeur de cet amphithéâtre ne surprendra pas, eu songeant qu’il contenait de 18 à 20 mille personnes dans les cas extraordinaires. 11 faut y admirer la prévoyance et le génie des ancicus qui avaient su le disposer de manière à prévenir tout accident ; car il est â remarquer que l’on pouvait y entrer ou en sortir par cent ouvertures ; c’est-à-dire : quarante menaicul aux ca/teclre des femmes, autant dans la media et la summa cavea, dix-sepl dans l’inlima ; des deux côtés de l’arène étaient pratiquées deux entrées, oulte celle particulière destiuée aux bêtes féroces.
Ainsi , en calculant que deux personnes de front pouvaient, en cas de besoin, sortir par chacune des quarante ouvertures conduisant dans les deux cavea que les cinquante sept autres u’oilraient de passage qu’à une seule ^ personne , l’amphithéâtre contenant 18 on ao mille spectateurs , ils pouvaient tous en étic dehors < 11 moins de deux minutes et ‘ chacuu d’eux ayant employé pour cela une seconde.
Cette excavation a procuré cinq squelettes humains, un petit cercle, et une partie d’une chaîne d’or; un autre squelette prés duquel une pièce de monnoic et un anneau d’or , et quatre pièces de monnoic de bronze, lin divers endroits de ce monument étaient gravées
ou peintes un grand nombre d'inscription# : Les suivantes sont sur timbre ( 1 ).