‹ Plan de Pompéi, et remarques sur ses édifices par le chanoine De JorioChapitre 29 sur 36 · POMPÉI · texte numérisé non relu

POMPÉI

Portes , murs , et tours.

Pompéi nom présente aujourd’hui presque tout le circuit extérieur de ses murailles, ainsique les restes de cinq portes et de onze tours. La porte dite Urcolanea qui est au levant ( voyez page. 47 ) , et celle dite de Kola (1) qui est au Nord-Est, sont le mieux conservées.

La dernière très-diflérente de «elles que j’ai décrites, fut découverte en Mai 181a. Elle avait une avant et une arrière- porte. La première est détruite, et la seconde fut restaurée à l’époque où l’on construisit les tours. Sur les côtés latéraux se trouvaient deux chambres d’où l’on montait* par des escaliers de bois , sur les tours qui iont situées près des deux portes dont j’ai fait mention. Ce que l’une d'elles offrait de plus intéressant, était une inscription Osquc tracée auprès

(1) Cette même porte est marquée sur le plan arec une partie de la rue.

d’une tète de la déesse Isis , et sculptée en tuf sur la clef de l’arc (i).

Le fragment de muraille qui court vers le levant et jusqu’à l’amphithéâtre, fut découvert depuis le mois de Mai 1812, jusqu’au mois de Juin t 8 r 3 . Oa y reconnaît les traces d’une autre porte , et les restes de trois tours.

Les autres murailles qui depuis l’amphithéâtre s’éten- ’dent vers le midi jusqu’à la place contiguë à l’ancien quartier des soldats , furent déterrées depuis le mois d’Avnl i 8 i 3 jusqu’en Septembre 1814. Ou y voit les restes de quatre tours et uue autre porte dont le sommet avait déjà été aperçu entre les mois de Février et d’Aviil 1799, mais qui ne fut entièrement visible qu’en 1814.

Quelques restes de murailles au-dessous du niveau du grand portique appartenant au théâtre , furent découverts en 1782.

Quant aux fortifications qui devaient se trouver du côté où l’on voit le quartier des soldats, elles ont été détruites , soit par des tremblemcns de terre , soit par des habitant qui avaient besoin de pierres.

Suivant mon opinion il est arrivé la même chose à la partie de muraille qui n’existe plus maintenant au Kord de la ville , entre la porte Erculanca et celle de Samo , malgré qu’on la marque sur certains plans comme si elle était encore debout.

Ainsi que l’observe le savant M. r Mazois , les murailles de Pumpéi remontent à une haute antiquité.

( 1 ) Cette inscription a été rapportée par MM. Mazois et (’la.rac. Voyez Ta b. IV. N.° 3.

Je conseille aux amateurs et aux artistes qui se livret* à l’intéressante étude de l’archéologie de les examincr arec soin , ce qui leur sera très-facile. Avant d'entrer dans la ville ils pourront voir è gauche une partie de leur extérieur. Après avoir examiné la porte Erculanea , ils se dirigeront encore à gauche afin de porter toute leur attention snr la partie intérieure de ces mêmes murs qui n’ont point d’angles saillaosj ce qui dans ces temps était plus favorables aux assaillans qu’aux assiégés. Ils avaient aussi Pogger décrit par Vitruve , et sur lequel on peut encore se promenor aujourd’hui. Les bastions sont en général formés d’uu rempart et de deux murs ; on y montait par des gradins disposés de distance en distance et assez larges pour que plusieurs soldats pussent y défiler de front. Leur construction , les chiffres romains et les lettres, eu monogrammes que l’on voit sculptés sur un grand nombre de pierres , ont donné lieu aux savons de former mille conjectures diverses. Ne pourrait - il pas se faire aussi , que ces monogrammes ne fussent que des marques foi tes par les ouvriers, soit pour indiquer les lieux où devaient être placées ces pierres , •oit pour faire connaître le nom de ceux à qui elles appartenaient? D’après les restaurations et les ruines (») que l'on remarque sur les murailles de Pompéi , on peut supposer avec raison qu’elles furent ruinées avant 1 ensevefissement de la ville, pat Je tremblement de

(.) Plusieurs ont été laite peut-être vers le temps de U guerre civile entre César et Pompée. Toute l'Italie méridional* pn 1« armes, et te garnisons militaires occupèrentla plus grande partie des villes situées dans ta Campanie.

terre de l’an 63 do J. C. qui en ravagea la plu* grande partie. Peut-être aussi par ceux qui précédèrent et accompagnèrent la terrible éruption de l’an 79 , aiosi que par les fureurs de Sylla qui démentela ces murailles , quand il pressa le siège de Pompéi l’an de Rome 666 , et 88 ans avant l’Ere chrétienne et durant la guerre sociale (î).

11 est probable aussi , que pendant la pair dont l’Italie jouit sous le long règne d’Auguste et sous celui de ses successeurs , les fortifications étant devenues inutiles , le habitons de cette ville se soient servis de ces matériaux pour d’autres usages (a).

Les créneaux étaient disposés de manière à être trèsutiles au besoin , et l’on avait placé des tours entr’eux à des distances plus ou moins considérables , selon qu’elles étaient plus ou moins nécessaires dans le lieu qu’elles devaient défendre. Ainsi , celles que l’on voit au couchant après la porte Erculanea sont & la distance de 96 pieds l’une de l’antre; tandis que celles qui regardent l’orient ont de no 3 à 490 pieds de l’une à l’autre. On avait pratiqué dans ces tours des poternes, ou portes secrètes pour faire des sorties. Toutes ces tours avaient trois étages , et l’on peut en avoir une connaissance détaillée , en examinant celle qui se trouve près de la porte Erculanea et qui est la mieux conservée ( 3 ).

( 4 ) VeU. Paterculus hist : Rom. lib. II. pag. j 6 .

(a) On peut voir sur les murs intérieurs de l’auberge d’Albinus et ailleurs une preuve de ce que j’avance.

(3) Ainsi que nous l'avons dit , on arrive plus facilemont à celle-ci par la maison des Vestales.

j Edifices Publics.

Tons les édifices soit publics , soit prives que l’on a découvert jusqu’à présent à Fompéi , sont généralement d’une construction noble et élégante ; mais on n’y trouve point la pureté de l’architecture grecque. On y reconnaît le style des différentes nations qui ont occupé cette ville , surtout celui des Romains sous la domination desquels clic fut long-temps.

L’ordre Dorique, quoique souvent altéré , fut le plus généralement adopte. L'ionique est quelquefois change en Composite , et le Corinthien offre des irrégularités dans ses proportions ; ses chapiteaux sont d'un goftt très-bizarre. Malgré que les ornemens aient été faits avec soin , on s’y est érarté quelquefois des règles sévères de l’art. L’eurythmie y a souvent été violée; ce qui suivant quelques personnes annonçait la décadence prochaine des arts; mais cela pourrait bien dépendre aussi de quelque autre raison.

On remarque à Pompci deux forum, neuf temples entre grands et petits, deux théâtres avec un portique, un quartier de soldats, l'amphithéâtre’, les thermes , et une rue des tombeaux.

Le premier lorum où l’on trouve le propylée , est situé sur un des sommets de la colline. Il fut construit du temps des Etrusques. Sa forme est triangulaire et des portiques décorés de colonnes l’entouraien'. Au milieu s élevait un temple dont l’architecture nous rappelle les beaux édifices de l’esium. Sur un des côtés on avait construit une espèce de stade pour les exer

cices gymnastiques , et deux théâtres sur le penchant de la colline ; près de ces derniers on trouve un quartier de soldats. L’autre forum peu éloigné de celuici , est du temps des Horaains;sa forme est rectangle, et il a trois entrées en arcades , dont deux au Nord, l’autre au Midi. 11 est entouré, ainsi que le premier, de portiques avec des colonnes. Dans le fond se trouve un temple qui peut-être servait de Senacu/um. 11 est flanqué par quatre autres temples qui étaient destinés à dilTérens collèges , par une basilique, et enfla par trois curies où s’assemblaient divers magistrats, et où l’on conservait les aotes du gouvernement ainsi que le trésor : on y voit les prisons pour les criminels, le lieu où l'on conservait les étalons , et quelques boutiques destinées aux foires qui s’y tenaient. C’cstdans ce forum que le peuple s’assemblait par comices. Ces deux forum étaient fermés par des grilles de fer , afin d’en interdire l’entrée à ceux qui n’avaient pas droit aux suffrages. Ils offraient aussi des promenades réservées principalement aux liabitans du pays, «quelquefois même aux étrangers à qui on accordait cette faveur .

A l’exception du temple grec qui est dans l’ancien forum , tous les autres de l’ompéi ont un caractère qui leur est particulier. Construits sur un soubassement très-clevé, on y monte seulement par un escalier qui est à l’entrée. La façade est décorée de colonnes. Le sacrarium entouré de murailles , et dans son intérieur de quelques colonnes « de niches , renferme dans le fond un podium sur lequel étaient placées les statues de marbre ou de terre cuite et coloriées ou même dorées, des divinités qu’on y adorait.

Les temples qui appartenaient aux colleges, sont dans le fond ou au milieu d’un atrium entouré de murailles et quelquefois de portiques ornés de colonnes oit l’on se réunissait, et qui étaient précédés d’un vestibule. Dans l’atrium un ou plusieurs autels sont disposés pour les sacrifices ou pour les offrandes, et sur les côtés plusieurs chambres pour l’usage des desscrvans et pour y serrer les objets sacrés. Le marbre et le stuc ont été employés à leur construction , ils sont ornés de mosaïques et de peintures.

Le temple de Jupiter amsi appelé , décore le forum le plus moderne ; il ressemble à celui de la Fortune qui en est peu éloigné. Celui de Vénus est dans le même lieu ; à très-peu de chose près il ressemble à celui d’isis qui se trouve derrière les théâtres. Enfin, le temple de Jupiter et de Junon tout auprès de ce dernier , ne difTère pas beaucoup de celui de Quirinus dans le forum déjà cité.

Les deux théâtres , dont l’un était couvert nous offrent encore la scène , l’orchestre , la cavea avec scs distributions , les coins, les degrés et les vomitoires. Les marbres et les statues qui décoraient le plus grand en faisaient un édifice superbe. L’autre est mieux conservé , et le portique joint au prémier présentait dans quelques circonstances, un. abri aux habitués.

Quoique les matériaux avec lesquels 1'amphilhcàtrc est construit ne soient pas très-précieux , et que son architecture meme s’écarte des règles de l’art , il est remarquable par sa vaste étendue et sa belle couservation. On y observe l’arène destinée aux jeux des gladiateurs , des athlètes et aux chasses ; la cavea avec

ses distributions , pricinctions , cunei , gradins et vomitoires. L’amphithéâtre pouvait contenir jusqu’à ao mille spectateurs.

Les savans y reconnaîtront même les traces d’une antiquité bien reculée.

Les thermes, quoiqu'on petit , nous montrent tontes les paities indispensables pour l’usage auquel ils étaient destinés. ( Voyez pag. 79 ). Ils sont placés dans un lieu convenable et selon les règles qu’en donne Vi- Iruve,

La plupart de leurs pièces ont des fenêtres donnant au midi pour y faire pénétrer une douce chaleur , et ils sont construits dans un lieu bas , afin d’èlrc à l’abri des vents du Fiord , par les édifioes qui les entouraient. Ces thermes sont du plus grand intérêt ( car grâce à leur belle conservation lors de leur fouille , et aux restaurations modernes que l’on y a faites , on peut y reconnaître tout ce que les classiques et surtout Vitruve , ont écrit sur les bains des anciens.

doit y avoir à Pompéi deux cimetières publics , l’un pour les différentes nations qui l’occupèrent avant les Romains, et l’autre pour ces derniers.

Le premier de ces cimetières devrait être hors des murs et au Nord de la ville ; mais 00 n’en a encore découvert aucune trace. A l’égard du cimetière romain , ce qui en existe peut suffire pour nous intéresser quant à présent. Les rues qui correspondent aux autres quatre portes , et qui doivent cire bordées de tombeaux, selon l’usage constant des Romains, nous en donnent déjà quelque indice (1).

(1) Voyez l’Appendice V.

iPâ

D’ailliurs il nelaut point se livrer anx conjectures pour éclaircir ce point, les faits parlent & Pompéi. En effet, ce qui reste des tombeaux hors de la ville ( comme je l’ai dit plus haut ) nous fait connaître assez clairement l’existence des autres cimetières qui lui appartenaient. 11 suffirait meme de donner un coup d’œil au plan , pour remarquer la petitesse du cimetière déjà découvert et qui ne se trouve pas en proportion avec la grandeur de la ville; et il n’est point à négliger que la plus grande partie de la rue de* tombeaux est occupée par des maisons de campagne.

11 faut observer aussi que dans le petit cimetière du bourg Auguste Félix , on a découvert des tombeaux appartenants à des individus isolés , ou à des familles entières ; d’autres qui servaient à ces deux usages réunis , mais qui n’avaient pas encore eu leur destination spéciale , n’ayant point été achètes. Enfin on J trouve des cénotaphes , mais point les puticuli , ni ossttarii* et moins encore les grands columbarii publics qui pouvaient contenir un nombre considérable d’urnes cinéraires (i). Et sans ces derniers où aurait-on enseveli les babitasis de Pompéi ? Et si leur cimetière ne consistait que dans la partie découverte jusqu’à présent , qu’est devenu -ce peuple qui pendant des siècles habitait l’espace que renferment les murs de Pompéi ?

Mais outre oc que nous venons de dire, les ouibres

(i) On trouve souvent dans 1rs tombeaux de Fouraole et ses environs , de pareil* < olumbana lesquels pouvaient ceuteair plusieurs centaines d’urnes cinéraires.

tic Porcius et de Cerrinius nous disent quelque cliosc de plus. Parmi les monumens funèbres découverts jusqu’à présent dans la rue des tombeaux , on remarque ceux de ces derniers , dont les noms sont souvent répétés dans les nombreuses inscriptions trouvées dans l’intérieur de la ville et gravées sur marbre ou peintes sur les murs. Mais où ont été ensevelis leurs autres concitoyens dont ou lit les noms sur tant d’autres inscriptions , et qui leur étaient supérieurs eu titres, en honneurs’ et en talens? Où sont les monumens de Coi us Cuspius Pansa père et fils ? de Caius Pupidius fds de Caius ? de Caius Quintus Palgus ? de M. Oculatius Virus fils de Marcus ? des MM. Hulconii Rufus et Celer ? de M. Claudius Marcetlus ? de A T umerius Popidius Ce/sinus ? de Cornelia Caelsa et Numerius Popidius Celsinus ? de Numerius Popidius Amplialus ? de la prêtresse Eumachia et de son fils Fronton ? de Quintus S.tllustius fils de Publias ? de Spurius Turranius Procu/us Gellianus , fils de Lucius? A’ Au/us Clodius, Flaccus et Nercaeus Aiellianus Caledus ? de Caius EgnaPus Postumus ? de Lucius Sepinius S.tndilianus , et M. Erennius Epidianus ? De Marcus Tullius fils de Marcus eide Gneus Ali fuis Nigidius Mu jus ? Où sont, je le répète , les tombeaux ou lescénotaphes de ces citoyens distingués et dignes par leurs vertus des plus grandes récompenses ?

Nous sommes maintenant surpris du nombre , delà variété et de l’élégance des tombeaux connus , et ce n’est point sans raison. Us sont d'un grand iuiéièt pour nous, jar la parfaite conservation de plusieurs d’entr’eux, lorsqu’on les découvrit, soit parce que ce

rf* i

sont les seuls que nous connaissions jusqu’à présent. Cependant , qui sait s’il ne nous arrivera pas pour ce cimetière ce qui C6t arrive pour la maison d ' Actèon'f Quelle surprise ne fit-elle pas éprouver aux amateurs et aux curieux , lorsqu’elle s’offrit la première à leurs regards et comme la plus intacte ! Mais les nouvelles découvertes laites depuis lui donnent tous les jours moins de prix, et la placeront enlin au rang qu’elle doit occuper parmi celles de Potnpéi , si meme elles ne la font pas oublier bientôt. Comme la rue qui commence à la porte du bourg Auguste Félix a é.c découverte la première , elle fut par cette raison regardée comme la plus belle de la ville , et nommée 11 corso iti Pompéi. Maintenant que d’autres la surpassent y personne ne lui donnerait ce nom. Il en sera de même lorsque tous les cimetières de Pompéi seront découverts; le peu que nous en connaissons aujourd’hui , n’en sera plus regardé avec raison que comme une portion.

Hues.

•On compte 18 rues, entre grandes et -petites, et quatre impasses , dans la partie de Pompéi découverte jusqu’à présent. Les rues vers l’occident, sont aussi étroites et aussi irrégulières , que celles auprès du forum et des théâtres sont larges et régulières. 11 est à supposer qu’en continuant les excavations du oôté du fcord et du Nord-Est , ainsi que vers l’ampliilhéàirc , oa trouvera aussi de belles rues.

Elles sont toutes pavées de pierres du Vésuve cl

IÜJ

construites arec beaucoup rtc solidité ; ce dont ou peur s’assurer en observaol soit la composition de l’assiette «les chemins qui a été la principale cause de leur durée , suit le soin particulier avec lequel on remplissais les vides irréguliers que las pierres pnligoucs, dontla chaussée est formée , laissaient entr’ellcs. Ces vide» sont oocnpés par de petites pierres , des morceaux do granit et même du 1 er que l’on y introduisait à cou pi de maillet.

Les rues sont garnies de trottoirs dès deux côtés , et de distance en distance il y a des bornes pour monter à cheval, ainsi que pour donner plus de solidité à la construction des trottoirs. La chaussée ( agger ) r était d’une largeur suffisante pour donner un pàssagckbre et commode à un et môme à deax chars , lesquels étaient ordinairement larges de quatre pieds , ce que l’on a vérifié par les traces profondes que le» roues ont laissées sur le pavé. Les grandes rues , ainsi que les petites-, ( autant du moins que le permet le peu de largeur de ces dernières, ) sont eonvescsi Depuis quelque temps on suit chez nous celte manière de construire les premières.

Afin que les piétons pussent facilement passer d'in» côté de la rue à l’autre , lorsque des torrens d’eaix s r y précipitaient , on y avait placé des pierres de forme ovale , plus élevées que le pavé , et disposées de manière à 11e pas empêcher le passage des chars et desbêles de somme. On avait ménagé sous les trottoirs des conduits fermés par des grilles de fer pour l’écoulement des eaux pluviales, ainsi que de celles des fontaines et des éviers , qui sc rendaient toutes hors de Lu ville dans la mer. Les trous que l’on remarque

de distance en distance à la base des trottoirs, étaient aussi destinés à recevoir ces eaui.

II j a dans presque tous les carrefours des fontaines d’une construction trcs-simple qui recevaient leurs eaux des monts voisins par le moyen d’aqueducs (t). Ules sont eu général ornées de bas-reliefs représentant des tètes de divinités, ou bien d’animaux , etc, qui peut-être donnaient leurs noms & ces fontaines , ou indiquaient les rues où elles étaient placées. Chaque angle des fontaines était à l’abri du choc des chars , par des pierres en forme de cône.

On voit aussi dans les carrefours des peintures ou des autels consacrésaux divinités lutélaiies des rues (a) ( lares compilâtes ). Les sacrifices qu’on leur offrait sont représentés dans ces peintures, ainsi qu’un ou deux serpens qui viennent s’emparer des offrandes déposées dans ce lieu. Le bas peuple avait une dévotion particulière pour ces divinités et leur présentait dans une simple • patelle , des fruits, des fleurs des légumes, etc- *

Ilabitalii'ns.

Les maisons de Ponipéi ont toutes en général la meme distribution, et sôul 1 âties dans le. même goût;

(i) Voyez l'appendice 111.

(a) Ces laraircs étaient de quatre espères difTèrcntes. On en Tuyait qui ne se connaissaient pour tels que par quelques peintures analogues; d'autres ayant une console de plus; des troisièmes avec lui petit autel au-dessous , et les quatrièmes enfin avec des niches.

rite» ne varient que d’ans leur grandeur et dans quelques détails relatifs aux moyens des propriétaires.

Voni ce que M.' Mazois en dit.

« La distribution des maisous chez les Romains, quoi- » que subordonnée aux localités, au rang, à la fortune » et au nombre des propriétaires, étaient assez gené- » râlement la même pour toutes. Les principales divisa sions consacrées par l’usage sc répétaient dans cha- » cune d’elles , et il n’existait guère d’autre différence » entre les habitations des citoyens , que leurs duco- » rations , et ces pièces accessoires plus ou moins uli- » les que le luxe a joule au necessaire. Chaque maia son un peu considérable était divisée , pour ainsi a dire , en deux parties distinctes r comme on peut a s’en convaincre en examinant les maisons découvera tes b Pompéi , et les fragmens du plan antique de a Rome ,’ conservé au Capitole. La première renfera mait toutes les pièces d’un usage publie , et l’aulte a était destinée au logement des maîtres , et aux déa pendantes du service. Vitruve recommande défairea attention à cette distribution.

» La partie publique renfermait le portique , le proa thyrura, 1^ vestibule, le cavacdium, le tabliuum, » les ailes , le» fauces et diverses autres pièces- La » partie privée contenait le péristyle , les chambres » à coucher, le triclinium/, les oer»,. la pinacot/ieca , » la bibliothèque, les bains , Pexèdre, le xyste , etc. i»

Elles avaient ordinairement deux étages, ce dont ou peut s’assurer principalement par les traces des escaliers qui existent encore. ( Voyez ■'plus bas ). Toutefois les ruines des maisons qui donnent vers la rue , et que l'on a déterrées sur le sommet de la colline

au midi et au levant , prouvent qu’elles en avaient quelquefois plus.

Bans la disposition et la combinaison des étage» supérieurs , se trouvaient en même-temps réunis les commodités ainsi que les agrémens de la vie. Ils ne posaient point sur un plan parfaitement horizontal (i) et cela venait des hauteurs diverses de quelques chambres du rez-de-chaussée. Les voûtes et les plafonds élevés des Oeci, de l’Exèdre , de la Pinacolheca et des autres grandes pièces qui étaient plus hautes que ceux des chambres voisines , rendaient le plancher de l'étage supérieur (s) extrêmement inégal. Mais les anciens tiraient uu avantage de celte inégalité même de hauteur , pour pratiquer sur la couverture du premier étage plusieurs pièces servant à des usages domestiques, et d’autres propres à être habitées (3). On

( 1 ) Dans les maisons adossées aux collines, qui par cette raison ont, pour ainsi dire, deux rez-de-chaussée , le toit de celui qui est intérieur est toujours parfaitement horizontal, parce qu’il sert de base à l’appartement supérieur ; et celui-ci peut-être regardé comme un second rez-de-chaussée , à cause de U rue arec laquelle il communique de plain-pied.

(a) C’est ce qui arrive encore aujourd’hui dans les étages supérieurs à ceux occupés par les grands Seigneurs , dans les maisons qui leur appartiennent. L’entrée, le salon et les petits cabinets qui sont d’une élévation différente , et indispensables dans les vastes appartenons des grands , rendent le plancher de l’étage supérieur extrêmement inégal.

(3) Si presque toutes les maisons de Ponjpéi n’avaient pas toujours eu de seconds étages , elles il auraient pas r eu 1er nie toutes les pièces iudispeusables aux appartenons du rez-de-chaussée, ni être habitées par nue famille uombreuse : et surtout il eu*

y voyait aussi les terrasses , les treilles qui en les ombrageant leur avaient fait donner le nom de pergulae; les jardins suspendus , les portiques , les belvedere d’où l’on admirait les beaux points de vue , vraies délices dont nous jouissons encore aujourd’hui à Naples.

En effet, par le moyen d’un mur latéral à la terrasse, et dont l’élévation met à couvert des rayons du soleil , on peut aux heures où il darde le plus se promener au frais et en plein air , sans le secours de tente ni de treille. Ce genre de terrasse ne laisse pas d’avoir aussi ses agrémens dans les belles journées d’hiver , qui ne sont pas rares sous cet admirable climat. On y est très-agréablement alors si elles sont & l’abri du nord par quelque mur ou par une fabrique quelconque.

Enfin ces terrasses irrégulièrement disposées sont encore propres à contenir des vases de fleurs de toute espèce. Ainsi la plante délicate qui craint l’ardeur de la canicule, trouve au pied d’un mur situé au midi de la terrasse , une ombre propice ; tandis que celle dont la force égale la beauté , y croit en face du soleil et en brave les fieux.

Quant aux portiques des étages supérieurs , nous ne pouvons en produire aucune preuve de fait , mais il faut espérer que la continuation des fouilles d’Herculanum nous en fournira quelqu’une. En attendant on peut se convaincre de leur existence par les pein-

, été impossible aux femmes de posséder des chambres commodes et séparées.

tares d’Hcrculanum , de Pompé! et de Stabia , où on les voit représentées. Elles nous montrent aussi les belveders supérieurs aux portiques et aux seconds étages et qui se terminaient, ainsi que les modernes, par des terrasses ou des toits. .

Les maisons de Pompéi ont une espèce de second étage qui n’a pas été connu d’un grand nombre d’écrivains, lesquels ont affirmé qu’en général il n’y en existait pas. Ce qui les a induits en erreur , c’est qu’en remarquant non avec des yeux d’observateur quelques habitations de peu d’étendue dont l'élévation n’excédait pas le toit de l'atrium , ils ont cru qu’elles n’étaient composées que du rez-de-chaussée. M. r Mazois a donné les plans et les coupes de quelques-uns de ces seconds étages , dont il est facile de prendre une idée dam plusieurs de nos couvens. On trouve dans leurs cours qui correspondent aux atrium des anciens, et dans les portiques qui les entourent, les chambres du rez-de-chaussée et celles qui leur sont supérieures, dont la hauteur ne dépasse pas celle de la voûte du portique.

Enfin , vu l’état de dégradation dans lequel sont aujourd’hui les maisons de Pompéi , ( j’entends celles découvertes depuis long-temps ) je crois qu’il est nécessaire d’indiquer aux artistes les moyens plus aisés pour s’assurer si dans telle et telle habitation il y existait, ou non, un second étage. 11 y a deux moyens por lesquels nous pouvons nous en convaincre (s).

(1) Je ne parle point ici des indices qui se rencontrent au moment de l’excavation des habitations, parce que ceux-ci ne sont point à la portée de tout le monde.

i. Les circonstances locales des charpentes qui appartiennent aux chambres du rez-de-chaussée ; a. Les restes encore visibles des anciens escaliers.

Relativement aux charpentes , il faut observer qu’elles sont beaucoup plus basses dans un certain nombre de chambres, que celles de quelques autres qui leur sont contiguës , et que ces dernières arrivent à la hauteur du mur du cavaedium ou dn péristyle. Il est donc clair que sur les premières pièces il devait y en avoir d’autres. La seconde circonstance consiste dans le nombre different des pontres. Par exemple ; si deux chambres de la même grandeur présentent , l’une les traces de quatre poutres , et l'autre cinq ou six , il est évident que la dernière avait au-dessus d’elle un second étage , et que cet excédent de poutres lui devenait nécessaire pour supporter le poids d’un pavé en mosaïque, ou celui d’un magasin propre à serrer les provisions du ménage. Venons aux escaliers ; il faut observer qu’il en existe de trois espèces différentes à Pompéi. t ceux entièrement en maçonnerie ; ce sont les plus rares. 2 . Ceux dont les premières marches sont de pierre on en maçonnerie et le reste de bois. 3. Enfin , ceux entièrement de bois. Les restes de ces derniers au moment de l’excavation se trouvent pourris ou carbonisés. Mais on voit toujours sur le mur , des trous qui , par la place qu’ils occupent , indiquent la pente de ces escaliers. Car il est vraisemblable que là étaient leurs pivots. Ailleurs aussi on distingue parfaitement sur un autre côté de mur les ouvertures où entraient les pieux qui soutenaient ou un petit escalier ou le perron.

11 y a encore uu autre indice qu’il ne faut pas né-

gligcr , c’est l’exiguitc et la situation de certaine» pièces , qui probablement ne pouvaient avoir d’autre destination que celle de servir de communication avec un étage ou simplement des chambres supérieures. Cette communication avait lieu par le moyen d’un petit escalier. On voyait ordinairement sur la façade des rez-de-chaussées une porte étroite (t) et des boutiques. Les habitations se terminaient par un toit ou par une terrasse , et leur extérieur était orné de stuc blanc, et souvent peint de diverses couleurs. Toutes les portes qui donnent sur la rue principale , ont à-peu-près la meme largeur et la même forme ; la différence existait seule dans le plus ou moins d’élégance de l’entablement et des chapiteaux des pilastres qui les décoraient.

Les issues secrètes qui ne manquent presque jamais aux habitations, étaient ménagées du càté des ruelles.

Le mot salve est écrit quelquefois sur le seuil des portes principales. Des inscriptions en caractères rouges ou noirs , sont tracées sur les murs extérieurs ■ elles expriment de certaines formules ou des affiches et des complimens adressés au propriétaire ou au locataire , quelquefois même aux Ediles et aux Luuravirs en place ( 2 ). Souvent aussi c’étaient des 2'alismans

(1) La porte qui correspondait immédiatement à la rue, était appelée porte de l’Area ; et celle vis-à-vis , s'appelait porte de l’Atrium, parce qu’elle donnait sur ce dernier.

(a) Comme ces dernières sont souvent en plus grand nombre et écrites l’une au-dessous de l’autre, et même l'une sur l’autre , le savant qui voudrait s’en occuper, devrait doue ne pas négligée

que l'on croyait propres à préserver des incendies, etc.

Le rez-de-chaussée avait rarement des fenêtres , et celles des seconds étages ( donnant sur la rue ) étaient petites , assez hautes, et ressemblaient à des oeils-debusufs. Elles étaient garanties par des balustrades , et on les fermait quelquefois ainsi que les nôtres avec des vitraux et des volets de bois.

Ainsi que je l’ai déjà dit , toutes les maisons considérables avaient deux divisions bien distinctes ; une antérieure et l’autre postérieure. Quelquefois celle-ci est latérale selon la place dont l’architecte pouvait disposer. La première était abandonnée au public. On y traitait des affaires , et l’on y exerçait l'hospitalité envers les étrangers. La seconde était uniquement réservée pour l’habitation et l’usage privé du maître et de sa famille.

En entrant dans la première partie on trouve entre la porte de V atrium et celle de l'area, le prothyrum ou corridor orné de peintures et d’un pavé de mosaïque sur lequel étaient représentés quelquefois diiférens objets. Les maisons plus riches avaient une loge pour le portier ( ceUa ostiarii ) et des salles disposées à droite et à gauche de la porte du logis , pour y attendre l’Heure de la réception. Venait ensuite l’atrium

cette circonstance. Aujourd’hui même sur plusieurs murs où on avait écrit quelque chose après l’avoir recouvert simplement avec de la chaux , on y a tracé dessus d’autres caractères lesquels disparaîtront en partie si le plâtre tombe ; de manière qu’on lira alors une portion de la première inscription, et une portion de ta seconde.

ou le cavaedium qui était le pins ordinairement d’ordre toscan. Les Tetrastyles (1) sont remarquables par les colonnes en inarçonnerie ou de briques qui les soutiennent. Ces colonnes sont aussi de tuf volcanique, revêtues de stuc et peintes de différentes couleurs , d’après ce qui en reste encore. Quelquefois les enlrecolonucmens étaient fermés par des vitraux afin d’être garantis du froid et de l’humidité eu hiver (n) Les murs de l’atrium étaient décorés de stucs et de peintures

(1) « On distingue cinq espèces d’atrium. I /atrium toscan était s celui dont 1 a toiture inclinée de tous côtés vers le centre de la 9 cour , était soutenue seulement par quatre poutres se croisant j» à angles droits) le milieu restait ouvert, et se nommait com- 9 pluvium . Au-dessous était une espèce de petit bassin carré qui » recevait les eaux versées par les pentes des toits; ou l’appe- » lait impluvium.

» L ’atrium tetrastjle était presque semblable au toscan ; la seule 9 différence qui existait entre eux, consistait dans les colonnes ou » piliers placés aux augle* d c i’irnpluviurn , qui servaient à soute- » uir la toiture, et à soulager la portée des poutres au point où » elles se croisaient.

» L 'atrium corinthien ne différait du tetrastyle que par le. a nombre de colounes qui soutenaient le toit , et par la granit deur de Y impluvium ; il était préférable aux autres pour les » grandes habitations et les palais, parce qu’il donnait plus d’air 9 aux appartenons qui l’entouraient.

» L ‘atrium displuviatum ait les toits inclinés de manière à dé- » verser les eaux au-deliore de la maison, au lieu de les conduire k dans V impluvium.

» L 'atrium testudine était celui où le toit ne laissait point de » compluvium ou espace à découvert. On ne pouvuit guère l’rm- 9 ployer que dans des endroits d’une médiocre étendue. Mazois.

(a) Voyez la maison de Gtulto Polibio png. 5 ;.

souvent laites avec beaucoup de soin et de goût.

Au centre de Tatrium se trouvait 1 ’ impluvium revêtu de marbre ou de travertin , d’où les eaux pluviales qui y tombaient du compluvium , ( espace découvert au milieu du toit , et qui servait ausri à donner du jour à la cour, )se rendaient ensuite par plusieurs conduits dans des citernes placées au-dessous. C’est de là qu’on se les procurait par des puisards dont les margelles étaient de travertin , de marbre , et d’autres fois de maçonnerie revêtue en mosaïques qui représentaient des ligures ( 1 ). Ces puisards se fermaient avec des pièces de marbre. Dans les maisons des riches l’eau jaillissait soit d’une Rosace ou tout autre ornement placé au centre du cavaedium , soit d’une statue de bronze ou de marbre appuyée sur une petite colonne (a).

Le pavé de l’atrium était battu ordinairement comme nos terrasses , et mêlé de morceaux de briques ; mais dans les maisons distinguées il était de marbre ou de mosaïque. Les pièces nécessaires au service ou celles qui étaient destinées à recevoir les hûtes et à tout-autre usage, sont distribuées autour de l’atrium, et n'ont d’autre ouverture que la porte Lorqu’on la fermait et qu’on n’avait pas besoin de lampe , elle renveyait la lumière par uu œil de boeuf pratiqué dans le haut, et grillé en bois ou en fer (3).

( 1 ) Ainsi que dans la maison dite del Naviglio.

(a) Il y a de pareils jets d’eau dans le musée Royal. Cabinet des statues de marbre , et Galerie des grands bronzes.

(3) Les portes des rez-de-chaussées, habités aujourd’hui par le

Ces chambres étaient généralement toutes voûtées et ornées de stucs et de peintures. Leurs pavés se composaient d’une mosaïque de diverse» couleurs. La pièce de l’esclave préposé b la garde de la porte d'entrée et à maintenir la police et le bon ordre dans l’atrium, communiquait avec cet atrium ou avec le prolhyrum.

Trois pièces principales occupent le fond de l’atrium. La première est le tabLinum , salle entièrement ouverte sur le devant et souvent aussi du cûté opposé où le maître de la maison recevait ceux qui venaient l’entretenir de leurs affaires. Des colonnes en décoraient quelquefois l’entrée; souvent l’espace ne suffisant pas pour le tablinum on le plaçait de cûté. Les deux autres salles situées sur les parties latérales se nommaient les ailes. Il arrive dans quelque maison qu’il n’y en a qu’une (1).

On distingue le lararium à ses peintures souvent dans une niche et représentant les sacrifices que l’on faisait aux dieux lares ; rarement on y voit un autel , et plus souvent une console sur laquelle sont posées des offrandes ou uue lampe.

Un ou deux petits corridors nommés /duces situés aux deux côtés du tablinum , conduisaient dans la partie privée de la maison destinée surtout aux fem-

peuple , sont de b même forme que ces dernières; et il n’y a pas long-temps que l’ usage s’en est perdu chez les riches et les grands.

(1) M.' Mazois que j’ai souvent cité et suivi, nous aut à sou ordinaire, donné une explication sur ce mot aiae , et résout snvamme.it la diilieulté quo l’ou trouvait dans l’expressiou de Vitxuve sur ce sujet.

mes. Auprès de ces corridors se trouvait la chambic de l’esclave qui gardait les entrées. Lorsque la partie privée de l’habitation était latérale à l’atrium , ce qui n’avait lieu que lorsque la place manquait , son entrée était alors particulière , comme on peut le voir dans la maison d’Acléon et dans d’autres.

On entrait ensuite dans une cour souvent plus grande que celle de l’atrium et entourée d’un péristyle ou portique formé de colonnes , unies eutr’clles par un mur d’appui ( pluleum ) et quelquefois par des balustrades de fer (i). Au centre était un Xyste , ( Xystus ) espèce de parterre où croissaient des fleurs , des plantes odoriférantes , et celles qui servaient à l’usage de la cuisine. Souvent un bassin profond (a), peuplé de poissons de différentes espèces , et dont les eaux formaient mille jeux, vivifiait ce lieu et ajoutait à scs délices.

Les peiuturcs dont les parois du péristyle étaient couvertes , représentaient divers sujets , et les plafonds en bois ( laquearia ) , étaient décorés ,de caissons co-< lorics ou en stuc. Dans le fond ou plutôt sur un des côtés du Péristyle était situé l’Exèdre , grande salle spacieuse et élevée dans laquelle le maître de la maison recevait les visites de ses amis.

Les Triclinium où l’on mangeait en hiver , étaient des pièces couvertes , et ceux pour l’éic au contraire étaient découverts et ornés de tentes et de treilles (A)

(i) Ainsi que dans la maison dite dcl Pocla.

(a) On voit des badins semblables dans U maison de Pansa et «elle dite des Dioscu res .

(3) Ainsi que dans la maison d’Ai'téon et ailleurs.

la

pour mettre à l’abri ürs rayons du soleil. Quelquefois les anciens prenaient leurs repas sous le péristyle où l’on dressait alors la table et les Triclinaires, ou lits de table.

Autour du Péristyle se trouvaient les pièces consacrées à l’usage particulier du maître et de sa famille ; telles que des chambres pour écrire , étudier , plusieurs cabinets, et la salle spacieuse où les femmes se réunissaient pour travailler et converser ensemble. Cette dernière, ( Œcus ) était percée de fenêtres et de portes très-larges pour y faire jouir de la fraîcheur en été et d’où l’œil se reposait agréablement sur la verdure et les fleurs qui ornaient le Xyste de la cour ou le jardin, et exhalaient les plus doux parfums. Cette salle servait aussi de triclinium b l’occasion. Venaient ensuite les cabinets de toilette, les chambres b coucher ( Cuiicula ) que l’on reconnaît principalement au plancher qui daus une partie de la pièce s’élève à la hauteur d’un demi pied, ou par des emboitures pratiquées dans les murailles.

Toutes ces pièces étaient richement ornées de peintures , de stucs , de pavés en mosaïque etc.

Cet appartement renfermait aussi le sacrarium, espèce de petite chapelle de famille , consacrée & quelque divinité particulière. Des niches contenaient les vases , les objets sacrés ; d’autres les statues des dieux lares.

, Les bains étaient situés dans des lieux retirés jeeux d’eau froide se prenaient en plein air , et ceux d’eau chaude dans des chambres secrètes.

Les maisons à plusieurs étages avaient ordinairement leurs bains dans des souterrains. Ils étaient tousagiéablemcnt décorés.

La cuisine, Yhorrtum , la dépense, Yolcarium , la cave ( cilla vinar.'a ) et toutes les autres dépendances nécessaires à une maison y sont dans des endroits recules et séparés du reste des apparteinens ou bién au second étage. Les maisons à plusieurs étages les avaient dans les souterrains. Les pciutures de la cuisine offraient l’image de toutes les victuailles nécessaires pour un grand repas ; et des sacrifices aux dieux lares (1). Cette partie privée de la maison avait toujours sa sortie particulière.

Les maisons de Pompéi, selon la richesse du propriétaire, étaient accompagnées d’un jardin.

D’après le luxe de ce temps pour les objets que nous venons de décrire , et la beauté des jardins dei deux maisons de campagne de Pompéi et d’Hcrculanum (a), on peut facilement se faire une idée de l’élér gance de ceux de la villa. La maison de Pansa nous en offre un exemple.

Lorsque l’espace manquait pour ua jardin véritable, on le remplaçait ordinairement par un Xystc, qui offrait du moins sous des ombrages frais et au milieu des émanations les plus agréables un doux asile, où le propriété taire venait se reposer de l’embarras et du tumulte des affaires.

* (i) Tel est le tableau que l'on a trouvé daus une cuisine, ainsi que dans la maison de Pansa et dcl chirurgo. La galerie des peintures .antiques en possède plusieurs. Un des plus intéresaaus que l’on ait découvert à Pompéi , représente un de ces sacrifices que l'on fait à la déesse Fornax.

(a) Voyez notre Kotizic su gli scavidi Ercolano. Casa di ct,mpagna.

On est natprcllcment étoi»é de ce qtie tes anciens sous un climat chaud pussent habiter des chambres aussi petites qnes celtes de Pompéi ; mais il faut remarquer qu’ils passaient la plus grande partie de leur vie daus les vastes atrium , les exèdres , les péristyles , etc. ainsi que dans les édifices publics. Les affaires et les convenances rendaient cette manière de vivre à la fois commode et indispensable h ces peuples.

En se rappelant la force de leur tempérament et <n remarquant la hauteur des portes des petites chambres, on pent croire qu’ils passaient les nuits dans ces cuLicula (1) , lesquelles ne fermant point , étaient même plus fraîches que nos grandes chambres bien closes.

Quant à la distribution de ces appartenons, on peut facilement a’en faire une idée d’après celle de certaines maisons dans plusieurs villes du nord. Celte distribution est suivie depuis quelque temps dans nos habitations j parce qu’elle est en effet plus commode et plus en rapport avec les besoins de la vie.

Tendant un temps , l’enfilade des chambres était h la mode ; mais je ne crois pat qu’il y ait aujourd’hui une seule personne qui n’aime mieux moins de pièces, mais toutes bien séparées les unes des autres, et selon l’usage des anciens.

'J’abandonne au lecteur le plaisir de laisser errer son imagination sur tout ce qui peut intéresser à Pompci.

(i) On peut comparer ces dernières à no» alcôves; et ajouter qn’clle» avaient une plus grande élévation que les autres chambres, tm qu ’en été la chaleur s'y fît moins sentir. Plin. Lib. 12 , Epi : 17.

Je rapporterai seulement avec M.' Mazois l’usage que ses liabitans faisaient des cours , devenues indispensables dans les maisons. 11 remarque à ce su jet , qu’une d’elles n’ayant point d’ Atrium , il y avait & la porte un petit banc en maçonnerie , où la famille venait le soir dans la belle saison pour y jouir de la fraîcheur. Il leur (fiait en effet necessaire de sortir hors du logis pour goûter ce plaisir, par ce que cette Labiiation n’avait point de cour ( 1 ).

Boutiques.

C’est avec trop de précipitation que Non a donné le nom de thermopoles à la plus grande partie des boutiques de Pompci ; comme sises habitons n’avaient eu exclusivement besoin que de boissons chaudes : ce qui supposerait trop peu de variété dans leurs goûts et ne s’accorderait pas avec le luxe des Romains de cette époque, elles ressources d’une ville riche et commerçante comme l'était Pompci (a). Il est donc nécessaire de présenter ici quelques idées à l’observateur qui, en sc «codant sur les lieux mêmes , pourra par ce moyen , ayant sous les yeux ces notions picliminaires , distinguer , du moins par aproximalion et par la struc-

(■) Ce qui s’ubserre près de la porte particulière de la maison d’Actéon. Tab. II. N.° 18. à gauche en sortant.

(l) L’état florissant dans lequel était le commerce de cette ville nous est attesté par Cicer : ad Atti. L. VI. Ep : g. Les restes des édiBces , ainsi que les ustensiles et le nombre des boutiques qu'un découvre journellement à Pompci nous le prouvent par le fait.

turc des boutiques' l’usage auquel elles pouvaient servir. Avant tout il faut remarquer la grande ressemblance qui existe entre les anciens usages cl ceux qui dominent encore aujourd’hui, surtout dans le royaume de Naples. Si l’on joint à cette remarque les rapports qui se trouvent entre la construction des boutiques de la Capitale ou des provinces, avec celles de Pompéi, on pourra, ce me semble, conjecturer la destination de ces dernières d’après celle des nôtres.

Il serait bon aussi autant que possible , de porter sou attention sur les ustensiles et auttes objets qui y ont clé trouves lors de la fouille.

Voici quelques-unes des observations que j’ai faites sur le grand nombre de pièces qui sont au rct-decbaussce et sur le devant des maisons de Pompéi.

j. Espèce de Boutiques, composées d’une seule pièce sans aucune dépendance (1) et dont la porte est d’une juste proportion , mais presque toujours plus grande que celle des chambres (a).

(i) Il faut remarquer que île pareilles boutiques sont aussi nombreuses dans les lieux les plus fréquentés de Pompéi qu'cilcs le sunt cirez uous. L'Ile que forment les thermes, est entourée de vingt-deux boutiques, dont 18 ne consistent que dans une seule pièce. Tab. III.

(i) Ces boutiques que l’on voit en assez grand nombre placée» aux angles d'une rue, ont ordinairement des portes donnant sur les deux rues. C'est ce qui a lieu aujourd’hui à Naples et ailleurs. Le savant M.' Hazois décrit ainsi les portes de boutiques : — «La » porte de la boutique se fermait comme la plupart de celles des » magasins de Paris , au moyen d’une rainure dans le seuil de r> la porte , et rl'unc autre semblable dans le linteau de Irois. Orr n y introduisait des plancher dout les extrémités glissaient à la

а. Espece de boutiques sans comptoir en maçonnerie , et avec des dépendances soit sur le même niveau , soit supérieures.

3. Boutiques composées d’une ou plusieurs pièces , mais ayant un banc de maçonnerie , dans lequel il y a des dolia sans fourneau.

• 4 . D’autres munies d’un comptoir et de dolia avec le fourneau.

б. Celles-ci ont simplement un banc en maçonnerie.

6 . Il y en a quelques unes dont le fourneau n’étant pas joint au banc , se trouve placé an milieu de la boutique ou dans un angle.

7 . Ce qui distingue celles-ci , c’est que les dolia ne sont pas seulement encastrées dans le banc , mais encore sur les cèlés de la boutique même.

8 . La construction de ces dernières ressemble tant à l’une qu’à l’autre de celles que nous venons de d'écrire ; mais elle en diffère en ce que la boutique communique avec l’intérieur de l’habitation ( 1 ).

D’après tout ce qui précède , il est permis de conclure que le nom de Thermopolc peut être donné aux boutiques ryii ont le fourneau et les dolia construits dans le banc, puisqu’elles possédaient en mêmetemps des récipiens capables de contenir les liqui-

» fois dans les deux coulisses. Gue barre de bois mobile se plaçait a ensuite derrière les planches pour les maintenir ensemble, linru fin , la porte se fermait en tournant sur son pivot et achevait » do clore l’ouverture do la boutique. »

(1) Ce qui est une preuve frappante que le locataire était uu négociant et y taisait vendre ses marchandises.

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des , et un moyen facile de leur donner le degré de chaleur que désiraient les habitués. Toutefois il faut remarquer que le feu pouvait non-seulement servir à cliautlcr les boissons , mais encore & faire cuire des alimens , à travailler les métaux , ou à l’usage ordinaire de la famille , etc. 11 en est de meme des < (folia qui pouvaient contenir des liquides ou des oomestibles de plusieurs espèces. Aussi, là où l’on voit le foyer et les dolia , on peut supposer qu’on y vendait des boissons , ou des alimens cuits ou crus , mais non affirmer , si la boutique servait exclusivement de thelmopolc. 11 faut même suspendre notre jugement à cet égard, jusqu’à ce que des circonstances précises nous fassent connaître l’ancien usage du fourneau , et des dolia dans telle ou telle boutique.

Nous ne devons pas non plus nous en rapporter à l’élégance des bancs et des orocracns , pour 1rs croire plutôt des thermopoles que des tavernes.

Le goût raffiné des anciens en fait d’oruemens et même des plus simples ustensiles , s’étendait jusque dans chaque classe de vendeurs.

Les élégantes passoires de bronze trouvées dans les cuisines de Pompéi , d’IIcrculanum et de Stabic , et que l’on conserve maintenant au Musée Royal , nous en donnent une preuve évidente. D’ailleurs ce que nous voyons aujourd’hui, arrivait à peu-prés aussi chez les anciens. Combien de boutiques élégantes qui, ayant d’abord servi de café, sont maintenant destinées à un autre usage? Cependant elles conservent toujours des restes de leur ancien luxe , soit dans les portes et le pavé , soit eulin dans les peintures qui Jont sur les murs. 11 en est de même à Pompci , ou

y trouve dei boutiques que l’on reconnaît avoir eu successivement plusieurs destinations différentes.

Ainsi que l’on voit de nos jours sur le devant de chaque boutique, de quelque genre qu’elle soit , une effigie peinte ou en relief, et souvent aussi quelque amulette contre les maléfices et les sortilèges, de même on a trouvé beaucoup de boutiques de Pompéi avec des amulettes en bas-relief ou ayant la forme de petites statues posées sur le banc de maçonnerie , ou même quelque déité peinte sur l’enduit.

D’après ces observations minutieuses qui sont faites pour la première fois, je sens très-bien que le lecteur est en droit d’attendre de plus grands détails, avec une application pratique sur le grand nombre de boutiques qui sont à Pompéi. Mais je le prie d’observer qu’il ne s’agit ici que d’une simple explication du plan. Le curieux, se contentant à présent de les voir indiquées, pourra de lui-même en distinguer la variété sur les lieux , où il se livrera à toutes les observations qu’elles fairont naître dans son esprit.

tStyÿiûtu/ice Second.

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