‹ Plan de Pompéi, et remarques sur ses édifices par le chanoine De JorioChapitre 31 sur 36 · Celles, des particuliers ou des marchands- ri- •hes · texte numérisé non relu

Celles, des particuliers ou des marchands- ri- •hes

3. Les habitations que j’appellerai- communes , cl construites soit pour l’usage des propriétaires, soit pour les louer à des. personnes de diverses professions. Dans lu vue d’abréger , nous distinguerons ces trois clasr ses sous les dénominations suivantes.

Maisons des grands seigneurs.}. Maisons des particuliers ou medie ; biaisons U louer..

Les maisons des. nobles réunissaient sans, doute à tout ce qui était de première nécessité , les objets de commodité et de- luxe, suivant le goût de ces temps. Vilruvc , d’autres classiques, et leurs commentateurs., nous font assez connaître de quelle manière étaient composées les habitations des grands et des riches. Mais on trouvera dans Pouvrsga de M.' Matois tout ce qui peut, satisfaire & cct égard. Cet habile architecte ayant donné dans son palais de Se&urus tous les détails qu’il a pu tirer des matériaux de Pompéi , et que scs cour

naissances lui ont fournis , c’esl à lui que je renvoie le lecteur.

Quant aux maisons des personnes d’une fortune médiocre , il est facile de comprendre qu’elles devaient naturellement avoir la même distribution que celles de la première classe , parce que le genre de vie était le même à peu de chose près. Les bourgeois ont de tout temps cherché à imiter les grands. La différence ne devait exister que dans le luxe de certains objets, ustensiles , ornement , etc. Si ces mêmes habitations appartenaient à quelques riches marchands , outre les pièces décrites , il devait y dvoir de plus celles nécessaires au débit des marchandises.

Les maisons que j’ai dit cire à louer , avaient été disposées par l’architecte, de manière à ce qu’en ouvrant une porte, ou selon le besoin en la fermant , ou faisant d’autres légers changement , elles pouvaient convenir à toutes les classes de personnes (i). Ces dernières maisons enfin , ne différaient quelquefois des précédentes que par le luxe et la grandeur.

Il est donc facile de comprendre que les trois classes d’habitations décrites ci- dessus , soit dans leur disposition architectonique, soit dans leur plan , différaient peu eutr’elles.

A celle occasion , il n’est peut-être pas hors de propos , d’indiquer un parallèle entre les maisons des anciens et celles des modernes , mais seulement sous

(i) ha savons sont maintenant dissuadés de l’idée que le» noms propres peints sur les murs extérieur» des habitations fussent ceux de leurs propriétaires.

les rapports que je viens de traiter, H expliquera avec plus de clarté encore, ce que j’ai avancé sur la ressemblance qui existe entre les trois classes de maisons dont j'ai fait la distinction.

Les anciens appelaient Insu/a plusieurs maisons réunies , entourées de rues , appartenantes & un même propriétaire ; et palais donms la demeure d’une seule personne (1). Cette distinction pourrait correspondre ât ce que nous nommons à Naples palazxo , ( maison composée d’un ou plusieurs étages , ) et clomus , un simple appartement.

Comme les différens appartement de nos palais communiquent entr’enx par le moyen de l'escalier , de même les habitations qui composent les Jnaufae découvertes à Pompéi (a) pouvaient correspondre ensemble , mais de plain pied, au moyen d’ouvertures faites dans les murs mitoyens. De plus , comme quelques palais ont aujourd'hui diverses collées dans plusieurs

(i) Les derniers étages da Naples terminés partie en terrasses et d’autres couverts par dea briques , correspondent parfaitement aux maisons simples de Pompéi. Les personnes qui désireraient connaître les diverses opinions des auteurs sur les Insulae et sur les domus., devront consulter L’Economia fisica degli anlichi nel construire le Città. Di Gaetano di Ancora ng 6 , pag. 338.

Voyez aussi Pompéi , choix d'édifices inédits etc. par Raoul- Roc /telle , membre de l’institut , et Bouchet , Architecte.

(a) La maison de Pansa est le seul exemple de la véritable /«sula des Romains , découverte jusqu’à présent à Pompéi, à moins que celle des Dioscurcs n’en soit une , comme elle l’annonce. Mais dans les environs de Naples et en plusieurs autres sites, on voit; fréquemment des demeures bâties sur le même goût.

de leurs appartcmens , sans avoir Cependant aucune communication intérieure entr’ eux , de même on voit à VInsula de Pansa , trois petites maisons qui lui sont annexées , et qui ne correspondaient pas l’une avec l’autre lors de leur ensevelissement ( 1 ).

Dans nos palais modernes , les boutiques avec ou sans dépendances, et qui fout partie de l’ensemble du bâtiment , n’ont aucune communication avec l’intérieur de l’édifice. C’est ce que l’on rencontre à chaque pas dans les maisons de Pompéi. 11 paraît donc plus que probable, qne nos palais actuels correspondent aux Insulae des Romains j et les appartenions , aux simples habitations dumus de ces derniers , aiusi que nous l’avons dit plus haut. •

Enfin , pour suivre jusqu’au bout notre comparaison entre les maisons des anciens et les nôtres, on peut observer que ces dernières, de quelques classes qu’elles soient , sont constamment composées de deux parties principales , c’est-à-dire la publique et la privée, ainsi que les premières. Cher, nous , l’entrée , une ou plusieurs antichambres et le salon , correspondent au prothyrum , au cavaedium , au tablinum , aux ailes etc. des anciens; et les chambres à coucher , les arrièic chambres, les cabinets, la cuisine, les dépendances etc. , à leur partie privée.

Voyons maintenant quels sont les exemples que Pompéi nous offre des trois classes d’habitations en question.

Avant la découverte de Pompéi , d’ilerculanum et

(i) Le plan que l'on connaît de cette maison olRc quelque variété, mais ce n'est point ici le lieu d’tn parler.

de Subie , on ne connaissait les maisons des riches et puissaos Romains, que d’après les descriptions laissées par les classiques , et par quelques restes de murs ou de constructions souterraines qui nous rappelaient leur ancienne grandeur. Nous en avons aujourd’hui une idée à Pouipéi , dans la maison dite de Diomèdes , ou , Vitruve à la main , on retrouve toutes les parties qui composaient l’habitation d’un opulent Romain. Cependant il faut remarquer que c’est une simplo maison de campagne , réunissant , il est vrai , dans les plus petites proportions (i) presque tout ce que les Romains desiraient dans leurs villa.

Eu effet, même sans sortir de Pumpéi , d’après ce que nous connaissons de la maison de campagne 3! , elle est le double plus grande que celle de Diomèdes; et si les boutiques n.° tÿ appartiennent à quelqu’autre villa , qui nous assure alors que celle-ci ne surpasse les précédentes par sa magnificence ? Les excavations de Stabie ont aussi offert les traces de superbes maisons de plaisance ; mais celle découverte & Herculanura les efface toutes par sa richesse en objets de luxe (a).

Cependant toutes ces maisons réunies ne formeraient pas un seul appartement de quelques-unes de celles qui étaient à Pausilippe , à Baja et à Misène , sans parler même des grandes villa qui embellissaient les environs de Rome.

Quant aux maisons que nous avons appelées medie,

(1) Voyez : Belle Fille di Plinio il giovine , di V. Piatro Marquel Messicano. Jiurna Ijj5.

( 2 ) Vojc z mes Ko t nie su gli acavi di Enolano .

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en parlant de celles des riches marchands, Pompéi nous en offre nn grand nombre , mais on y trouve aussi des habitations de personnes qui ne faisaient pas le trafic chez elles. Dans cette dernière classe il faut placer les maisons des Festoies , de la petite fontaine, de la grande fontaine , et des Dioscures etc. Si celles-ci n’ont point d’area , ni de basilique , ni de spbaeristérium ou tout autre pièce supplémentaire, cela démontre qu’elles n’étaient point habitées par de grands personnages , ni par des ri cita rds.

Finalement, «n parlant des maisons propres à être louées, je puis assurer le lecteur qu’il n’en est pas une à Pompéi qu’on ne puisse mettre dans le nombre , car les architectes avaient apporté un tel soin dans leur distribution intérieure , qu’au moyen . de très-petits changemens , elles pouvaient être habitées indifféremment par des personnes de toutes les conditions , parce que toutes y trouvaient les agrémens convenables & leur état quel qu’il fût. L’ile même de Pansa est disposée de manière , qu’un grand ( je veux dire relativement & Pompéi ) aurait pu l’occuper commodément en la prenant pour lui seul.

Pour démonstration , prenons la maison de Sallnste, et après l’avoir examinée scrupuleusement et lui avoirappliqué à elle-même nos conjectures ainsi appuyées par le fait , nous poursuivrons nos théories avec plu» de sûreté.

Voyons de quelle manière nous pourrions vérifier en nous en tenant toujours à la première disposition architectonique de la dite maison, si clic aurait pu être louée successivement à des personnes de quelque profession que ce fut ; bien entendu cependant, vu la

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petitesse de l'édifice , que leur fortune serait médiocre.

On reconnaît, au premier coup d’oeil, que l’architecte Potnpeïen y a fidèlement suivi la distribution alors en usage. Il ne faut pas négliger non plus d’observer , avec quelle adresse il a évité les difficultés que présentait le terrain circonscrit dans un quadrilatère irrégulier.

Les parties essentielles de la maison sont régulièrement distribuées , et le biais employé par le four n.* /. le Xyste * 6 , et la cuisine tj (1).

Supposons donc que celte maison eût été habitée successivement par des personnes de quatre classes différentes; par exemple i. Un particulier qui n’avait à traiter qu’avec sa famille, son agent et ses amis, 2. Un avocat ou tout autre personne revêtue d’un emploi public. 3 . Un professeur de sciences ou de beaux arts. 4. Enfin , un marchand ou revendeur. Voyons maintenant si elle pouvait convenir indistinctement à ces quatre familles différentes, et si l’affirmative est démontrée , nous pourrons en conclure hardiment qu’elle était du nombre de celles h louer.

La maison d’Actéon par sa grandeur ,et ses ornemens est une de ces medie de Pompéi, dont nous avons parlé. Cela posé , en admettant que le locataire fut

(t) Ce (jnc l’on retrouve dans d'autres édifices, etqucM. r Maxois a observé particuliérement dans la maison dite de Polybe.

« L’irrégularité du terrain y est déguisée d’une manière si » heureuse , qu’il n’y a pas une senle pièce intéressante où l’on » puisse s’en apercevoir , tout le biais étant rejeté sur les pièces » accessoires, pag. 5i. »

uu «impie particulier , dont la famille était peu nombreuse , trouvait dans cette demeure toutes les distributions désirables , ainsi que je l’ai dit , pag. >66 et suivantes. Une seule pièce ne pouvait lui convenir, c'est la boutique a , car celle-ci ayant une communication avec l’atrium , et devant d’ailleurs se pourvoir d’eau dans la fontaine qui est à l’impluvium 5 j cela aurait 'été bien incommode pour lui. Cette partie de l’habitation était, il est vrai, la publique, maiscomm e il s’agit ici d’un particulier , elle ne pouvait lui servir que pour lui-mème , sa famille et ses amis. C’était un iuconvénient j mais l’architecte y avait remédié par le moyen que voici : celui qui occupait cet appartement , pouvait , aGu d’éviter l’incoovéoient en question , faire murer la porte qui, du ibermopolc a , conduit à l’atrium 4 • Si la pièce lui servait pour vestibule , il en enlevait le banc, ainsi que les doL'a , et le comptoir , il condamnait aussi la grande porte donnant sur la rue , et ne laissant qu’une simple issue au prothyrum , il l’employait comme vestibule d’après ses convenances locales. Si cet accroissement de pièces lui était inutile , eu fermant la porte qui donne sur l’alrium, et celle du prothyrum, il eu formait par ce moyen une simple boutique dépendante du four n.° / , ou bien une officine pareille à celle 3t. C’est ce qui pouvait avoir lieu aussi pour la chambre 3o. Enfui les deux pièces a et 3o lui étant utiles pour ses hôtes , ou pour sa famille, il n’avait qu’à intercepter leurs quatre grandes portes et laisser subsister seulement celles avec l’alrium.

Supposons encore que sa famille eût été trop nombreuse pour pouvoir être contenue dans le rez-dc-

chaussée et même dans l’étage supérieur, il n’aurait eu alors autre chose à faire qu’à annexer à son appartement privé les pièces du thermopole 3a qui lni étaient nécessaires , et ainsi de suite ; cela par le moyen de simples ouvertures. Je ne m’arrêterai pas davantage sur tous ces détails , pour ne pas anticiper sur ce que je me propose de dire plus bas relativement au même sujet, et supposant d’ailleurs que le lecteur m’a déjà bien compris.

a. Un avocat. Pour le coup , voilà un homme qui avait besoin d’un lieu propre à faire attendre ses cliens 1 Hé bien. L’architecte l’a prévu d’avance , et il a disposé les chambres a et 3o de manière à pouvoir former au besoin un vestibule. S’il voulait se rendre secrètement de la partie publique de son habitation dans la privée sans traverser l’entrée ai t et vice versa , rien de plus propre à lui en faciliter les moyens que les petits escaliers r et y, qui communiquaient au second étage.

11 pouvait donner une audie nce publique dans les ailes g et ao , dans le tablinum etc. et serrer ses dossiers ou ses papyrus, s’il en avait, dans la pièce io.

Enfin , si par quelque circonstance qui n’est pas rare dans sa profession , il avait été bien aise de laisser ses cliens même dans l’atrium , et s’échapper sans être vu , postico folle clienlern, la porte secrète i8 lui en offrait la possibilité.

3. Un professeur renommé qui aurait eu besoin d’un vestibule , le trouvait très-facilement ici , comme nous l’avons dit plus haut , s’il ne lui était pas nécessaire, les pièces a et 3o lui servaient simplement de boutiques, en interceptant toute communication avec l’atrium-

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Tout le reste de l’habitation pouvait être aussi facilement disposé suivant sa fortune et son goût , pour les divers usages que sa profession exigeait. Par exemple , le tablinum lui était très-commode en été pour y établir sa chaire , et la chambre 7 lui offrait également pendant l’hiver un lieu très-propre à cet usage, par son étendue et sa position.

11 ne pouvait mieux placer sa bibliothèque , que dans la pièce i4 > en faisant de celle à côté n.° *5 , un charmant cabinet d’étude. S’il lui eût été agréable de séparer ses ouvrages latins des ouvrages grecs , la pièce to lui en donnait la facilité , et il recevait alors dans l’aile g , les savons et les amis qui venaient s’entretenir avec lui , sur des matières d’érudition.

Dans le cas où quelques-uns de ses élèves dussent habiter quelque temps avec lui , il leur aurait cédé les chambres 8 , 28, et 2g. Enfin il trouvait dans la partie privée ainsi que dans le second étage toutes les commodités nécessaires à sa famille. . ,

S’il s’agissait d’un professeur de beaux-arts , il lui était bien facile de distribuer la maison selon ses besoins , car elle possédait toutes les pièces nécessaires dans ce cas ; je u’eutrerai donc pas dans d’autres détails à ce sujet.

4. 11 reste à examiner è présent si la disposition de la maison d'A.ctéon aurait pu convenir è un marchand qui aurait fait le trafic chez lui. Pour s'eo assurer il suffit de se rappeler ce que j’en ai dit pag. 194 et que telle était sa destination apparente lors de son ensevelissement. C’est ce dont le lecteur pourra se donner une preuve certaine en jetant un coup d’oeil sur le plan, et faisant de lui-même l’application de ce

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que j’avance à ce sujet. En effet, il verra qn’il y avait des pièces propres à un tel emploi , tant au rez-dechaussée que dans l’étage supérieur. >

La nouvelle excavation faite à llereulanum nous offre un fait à l’appui de cette assertion. La première, maison qui a été trouvée , entièrement conservée depuis sa base jusqu’à son sommet , avait dans son second étage de petites chambres remplies de provisions. Toutes les pièces de l’habitation qui nous occupe, pouvaient donc commodément servir aux différées usages décrits plus haut , sans qu’on se départit pour cela de leur disposition architectonique. Les seuls chaogemens qu’on pouvait y rencontrer ne devaient consister que dans la diversité des objets qu’elles renfermaient, selon le locataire qui occupait la maison ; c’est ce qui a lieu de nos jours dans celles à louer.

Entrons ensemble par la pensée dans la maison d’Acléon, et nous laissant guider soit par la lumière de l’histoire, soit par des faits actuellement existons , nous trouverons dans le vestibule i8 tantôt un esclave destiné à en avoir soin, et aux ordres de ceux qui entraient ou qui sortaient par lu porte secrète ; tantôt ce lieu transformé en uu magasin de bois ou de charbon. Dans ce dernier cas il servait d’entrée à ceux qui apportaient au propriétaire des provisions pour ton thermopole, son hôtellerie, ou pour tout autre trafic ( 1 ).

( i ) Il et inutile de détailler tous les avantages que cette sortie privée procurait à toutes les classes d’habitans. Les monastères qui de nos jours conservent encore l'ancienne distribution architectonique, ne négligent point d’avoir la sortie privée, qui sert pour les charrettes do trafic.

. Dans le tablinum U , où vous eussiez rencontre autrefois les amis de la maison causant avec le maître, et observant avec intérêt les images de ses ancêtres ; d’autrefois i’avocat et ses client , ou bien le maître avec ses disciples , vous pourriez y trouver telles personnes qui, sans connaître le chef de la maison , s’y rendaient pour se réunir à la table d’bôte et y faire ‘leurs repas (i).

La chambre / 4 pourrait aussi offrir diverses scènes. Taotêt elle serait un triclinium , tantôt une bibliothèque bien disposée , ou bien un atelier propre à la peinture. Vous verriet dans le portique t5 et le Xysle 16 , le maître réuni aux personnes que les mêmes goûts et les mêmes habitudes appelaient auprès de lui, s’entretenir paisiblement ensemble. Le cabinet l5 aurait pu subir les mêmes métamorphose» , car il était propre à servir aussi bien pour la toilette que de boudoir , de retraite , pour office du triclinium qui est auprès, et qui fournissait aux invités, de bous vins , tels que le Pbalerne , le Calenum , le Surrenlinum , et peut-être même le Gnidium d'Egypte.

Si le locataire voulait s’en servir pour sacrarium , il le pouvait très-bien (a).

( t ) Ce qui pouvait arriver tacitement dans le cas où le locataire tint une auberge.

( a) On trouve > le laraire dans presque toutes les maisons de Pompé! , mais différemment situé. En général toutefois ils sont dans les portiques et les cuisines. Quant au sacrarium il n’j est pas commun ; j’entends du moins celui que l’architecte a construit, et dont nos oratoires se rapprochent beaucoup.

Enfin que,. manquait-il à la chambre y (1) pour l’adapter il différons mages , et selon le goût et les besoins des divers Romains qu> ont successivement habite cette maison ? Tontes ces destinations que l’on pouvait donner à celte chambre, devaient produire néceM ire ment des chaogemeas de scène fort plaisons. Faf exemple: aujourd’hui servant de bibliothèque on yi frayait un jeune élève s’y pénétrer avec recueille-! ment des beautés d’Homère , de Démosthène ou de 'Virgile; peu de temps après , cette pièce devenue peutêtre dépense , on n’y entrait que pour prendre des provisions de ménage : d’antres fois si elle contenait des étoffes précieuses , les riches Pompéiennes venaient y choisir celles qui servaient à leur parure ; euiiu s’il y avait des objets de beaux-arts elle était fréquentée par les amateurs.

Montrons maintenant par les faits la preuve de ceiquie j’avance.

Parmi tous les édifices découverts jusqu’il présent à Porupci , il y en a un grand nombre qui font deviner aisément qu’ils ont eu successivement diverses destinations. Mais je me bornerai bi ne parler quant à présent que de la maison d’Actéon. On observe dans cette dernière des accroissemens et des cliangomens successifs , mais, sans jamais rien innover à sou

(i) Cette chambre à cause de sa grandeur et de son élévation sur celles qui l’entourent , recevait la lumière des croisées pratiquée au-dessus des terrasses des pièces contiguës. Le locataire pouvait donc y taire entrer le jour qui lui était nécessaire , cl dans la direction qui lui convenait.

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plan primitif , t e qai démontre clairement la vérité de mon assertion. Le mur de f’aila ao , qui répare les deux corps de logis de cette maison , n’existait pas en entier lors de sa construction. 11 n’y avait alors qu’une grande baie ; de sorte que même de l’aile y, on pouvait jouir du tableau d’Actéon , qui est peint dans le fond de la cour 34. Cette baie qui a été maçonnée postérieurement , est encore visible aujourd’hui (1). Le maître, avant la constractiott'de ce mur , était donc nn simple particulier , sans aucnn emploi public , et qui u’ayabt de rapport qu’aveeses amis, se contentait de cette communication. Maison dut l’intercepter lorsqu’il arriva un nouvel habitant qui avait besoin que la partie publique de la maison fût entièrement séparée de la partie privée. 1:

Observez, je vous prie, en entrant danj le triclininrn a<T, l'angle du mur à droite qui est presque triplé en proportion du mur de la chambre ay , dont il fait partie. On 11e peut donner à cette faute de construction , qu’aucun architecte n’eftt commise , que l’explication suivante. Le locataire qui habitait cette maison ayant besoin que le triclinium 26 pùt contenir plus de personnes que dans son premier plan , y fit prolonger le mur qui n’arriYait dans le commencement que jusqu’à l’angle extérieur de la chambre ay.

La chambre 6 fait pendant à celle n.° 29 qui est vis-à-vis , et la qualité des murs nous prouve que

(1) Bibent. Plan de Pompe I lett. O. On y voit encore la ooïnidie qui se trouve profilée îles «leux celés à une certaine distance des angles.

an

dans le principe , l’architecte l’avait disposée, comme la dernière. D’où vient qu’aujourd’hui elle est défigurée , et par des lieux communs ! C’est que l’arcbitecte en construisant l’édifiçe, avait destiné les chambres 3 et 3o auprès de l’entrée 3 , pour servir ou de vestibule ou de boutiques , etc. U avait ensuite disposé trois* chambres de chaque côté de l’atrium selon l’usage ordinaire de ces temps. Si la pièce 3 avait servi de vestibule ou qu’elle eût été incorporée h l’atrium , celle 6 n’aurait pas changé de destination. Servant au contraire d'officine comme celle 3/ et tant d’autres à Pompéi , le résultat était le même. Mais un marchand ayant loué l’habitation , et destinant la pièce 3 à servir de boutique , il dut y faire tous les accessoires nécessaires aux vendeurs. C’est pourquoi la pièce S a changé d’aspect , et la seule portion qui en est restée , servait de passage à celle y.

La supposilion que j’ai faite pag. so5 que l’on pouvait annexer au besoin les dépendances du thercnopolc 3 a à l’appartement privé, est devenue un fait véritable. Car dans le mur qui sépare la dernière dépendance de la boutique 3a du cabinet s5 , on y observe encore la baie de la porte qui y existait, et qui lors de la fouille a été trouvée barricadée.

Les murs qui en càtoyaot le petit jardip forment les deux chambres to et rJ, sont également postérieurs aux colonnes qui sont près de ces mêmes murs. Ou voit donc clairement que l’archiiectc avait fait continuer le portique t3 , mais que dans la suite le locataire ayant besoin de deux autres pièces , il les forma du second côté de ce portique.

On reconnaît par les lézardes du mur qui sépare la

pièce c de la rue qu’il «'offrait auparavant qu’un simple appui.

Finalement on peut offrir un autre fait; c’est que la maison d’Actéon telle qu'elle est aujourd’hui , pouvait cire louée successivement , non-seulement par div erses personnes, mais mime par deux locataires à la fois , puisqu’elle formait deux corps de logis (peu considérables' il est vrai, ) parfaitement séparés. Qui lions assure même que cela n’ait pas en lieu ? Voici qui lé prouverait jusqu’il un certain point. U est aise de volé dans la cuisine ; qu’il y avait dans le iuur formant l’angle du Vestibule tS , une porLe donnant sûr ta nielle , et vis-à-vis nne autre qui menait du poétique a3 , ù3 ( i )*. ' • . • :

Ouvrez de nouveau c es deux portes , et en fermant SébléniChl l’entrée ai , vous aurez deux apparleinciia bien 'séparés, chacun d’eux avec leurs commodités jiariictuiéreà/’ ■

Je crois avoir offert des faits suihsans à l’appui du nits ééiijectilrèi' tendantes à établir que non-seulement cette habitation était susceptible du loger des personnes dé" professions et d’habitudes différentes, inats énebre qu’elle ail eu en effet diverses destinations. 11 sc présente encore une autre circonstance- qui favorise cés idées, c’est le join particulier qu’on avait mis à réunié dans tout ce corps de bâtiment- les nombreuses commodités qu'on peut dédier, cl qui rendent l’intérieur d’une maison si agréable.

(«) Ces olr-eriations et plusieurs autres m’ont été eominnniquées par un architecte français Vf . ' dt I.\berg , jeune homme qui donne les plus belles espérantes.

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Cinq eicalif% différons conduisaient su second étage , au moyen desquels on aurait pu y former autant de petites divisions.

Non-seulement on pouvait faire du feu dans chacune des sept boutiques, mais on avait - encore la grande euisine et les deux petits fourneaux r , et y , pour l’appartement.

Sans compter quatre puits } 0,0, U y.. La fontaine/n, et celle auprès de l’impluvium 5 , fournissaient de l’eau. 11 est bon de remarquer que tant de moyens de s’en procurer aisément , se trouvent dans utie maison située vis-4-.vi* une fontaine publique. Voyez le plan n.* 43,

Tous ces détails , et d’autres qu’on peut observer sur le plan , ont pour objet essentiel de prouver que la maison dite d’Acténn était susceptible d’être louée indifféremment à toutes les classes de citoyens. Ils prouveront aussi avec quel discernement et avec quel goût les anciens savaient allier dans leurs habitations l’utile et l’agréable.

Je ne le cache pas , si je ne me faisais violence, mon goût pour les antiquités m'entraincrait dans de nouvelles observations , qui ne seraient peut-être pas sans quelque utilité ; mais il faut s’arrêter. Je me contente de quelques épis glanés dans un vaste champ où plus d’un savant archéologue ne manquera pas de moissonner abondamment (i).

(t) C’est en conséquence du programme de la H. Ac : Itère: Voyez le Giornale del Regnodcllc due Sicilie — N. u 371 — Mcrcurdi a 3 Maggio 1877.

Real Ministcro e Segreteria di Stato di Casa Reale.

l’er ordiue di Sua Maestà si la noto ït pubblico che Mil parcir

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