SEPTIEME DISCOURS
•DEUXIÈME DEMANDE DE UORAISOIf DOMINICALE.
BIT niGNE D£ DIEU EN NOUS PAE SA GEACB ET I>AN8 ItA GLOIRE,
^dveniat regnum tuum.
Que TOtre régne arriye. ( Luc, c, ii. }
Combien il est profond , mes très cIieTS frères, le sens des paroles que vous venes d'entendre! Elles embrassent, si je puis parler aînsî , le temps et réternité ! Le temps e nous demandons que Dieu nous y rende do* ciles à sa voix, fidèles à sa grâce, qu'il règne en nous ici bas et qu'il soit seul paisible possesseur de nos âmes : adyeniat regnum tuum.
Le temps est la préparation à Pëternîtè j la ^ie présente est l'apprentissage de la vie future : notre ëanctlficalîon doit être un jour consommée dans la gloire. L'Église alors sera présentée à Dieu le Père , par J.-C. notre diyiu cbef î les noces spirituelles s'achèvent :
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le jaste est couronné : le torrent des âges s'écoule y et notre bonhear dans une iniermi* nable durée ne fait jamais que naître et commencer. Jtdueniat regnum tuum.
L'avènement de Dieu en nous par la grâce ; Favénement de Dieu en nous par la gloire ; voilà le sujet de votre attention.
p« PA.RTIE. L'ai^énement de Dieu en nous par la grâce.
Chrétiens j il y a deux règnes ^ deux empires en ce monde : celui de Dieu, celui da Démon 5 celui du vice, celui de la vertu.
Mais quelle différence énorme ! Un père d'une part , le meilleur et le plus tendre de tous ; un bourreau de l'autre , le plus cruel et le plus acharné des tyrans et des bourreaux.
Imaginez le trouble , l'agitation, l'infamie,, un ver rongeur, une chaîne que l'on traîne et qui accable, le comble du malheur maintenant et à jamais : voilà le partage du vice. Ecoutons l'Apôtre : Tribulatio et angustia in omnem animant hominis operantis ma' lum. (Rom. c. ii, v. 9.)
Imaginez au contraire une paix profonde , une satisfaction intime, des délices toujours renaissantes; imaginez la dignité ^t la majesté du chrétien; dites- vous à vous-même combien le juste est aimable aux yeux de Dieu et des hojcame&s Dilùctus De(x et hominHus.;;^
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Wilà le partage de la vertu. Le même apôtre que nous avons cité nous dit avec onction :
Gloria autem, ethonor, etpax omni ope-^ rantibonum. (Rom. 11,10.)
N'insistons pas davantage sur ce parallèle et précisons mieux Pavénement du règne de Dieu en nous. Une crainte révérencieuse et filiale nous conduit alors; Pamour, le divin amour Pemporte et domine ; la justice chré* tienne 9 une grâce céleste donne du prix à toutes nos actions, les rehausse, les. consacre et les sanctifie. Le cœur du )uste est un sanctuaire : Dieu s^aasied sur Tautel. B.oi immortel, il est sur ce trône, tenant tout sous son ^ empire et répandant à la fois ses bénédictions €t ses bienfaits.
Voilà ce que Vous demandez d'abord à Dieu par ces paroles : Que votre règne arrive, adueniat regnum tûum»C*esi la grâce et ç^est la vertu qui font l'objet de vos vœux. Mais guoi ! si en récitant cette prière vous demeurez tranquillement sous Pempire du démon ; si votre cœur ne s'intéresse nullement au règne de Dieu et de J.-C. , soit dans vous, soit dans yos frères , votre langage n'est plus que mensonge et hypocrisie. Vous prononcez vo* tre condamnation \ car ceux qui , n'ayant au* eun désir effectif de sortir du péché, demandent à Dieu que son règne arrive, lui demandent par là même qu'il les punbse , puisf 1. 3
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qu'il ne saurait régner sur eux qu^en cette
manière.
11*^ PARTIE. L'avënement de J.-C. dans nos cœurs par la grâce nousf dispose à un autre avènement encore : celui de la gloirCm Adveniat regnum tuum.
Deux vies, la présente et la future. Vie actuelle^ vie misérable ; dangers, nécessités, besoins y tentations , pesanteur, ennuis. . . . L'ame comme le ciel a ses nuages. Scandales , fautes journalières. C'est un exil, c'est une prison que ce monde 5 et je m'y attacherais ! Vie future, vie heureuse que l'on ne saurait trop désirer. Plus de faim ; plus de soif; plus de douleurs. Larmes essuyées et taries. Absterget Deus omnem lacfymam. (Apoc.vn.) Plus de tentations j le démon n'a plus d'empire : le Sauveur le lui arrache à jamais : Morsus tuus ero f infeme^ (Osée, xiii, i4» ) Pl^is de ténèbres : Dominus Deus illuminabit eos.
( Âpoc. xxii. )
Développement de la doctrine de l'Apôtre J Plus de prophéties.... Les langues cesseront.. ( 1 Cor, XIII. ) Plus de foi ; plus d'espérance. — < Jouissance sans satiété ; triomphe sans combat ; amour sans attiédissement j prière sans interruption ; bonheur sans fin ; absorption en Dieu.— Dieu vu ! Dieu loué !
Dieu aimé l Dieu possédé ! Ah chrétiens i
la Toix me manque.... Et nous ne soupirerons pas après un semblable bonheur • Oai non gémit peregrinus, non gaudebit cipù.
(S. Aug.) Comment se fait-il cependant crue personne ne veuille mourir, et que les vieil- Jardsy répugnent davantage? L'attachement à Ja vie sefortifie parla durée. EveiUons notrq foi , et disons avec Siméon : J)runc dimittis..,
1 r' "^y^ r.""" '"'"* P««l : />e,ùfcn„« habens dissolvi. (Philip, i, a3.)
BiclPirrtATxoK. Il nous faut désirer lé Tègne de Dieu en nous et dans tous nosfrfres j iJ nous faut travailler â l'établir One chacun se détache de cette vie qui, selon saint Augustin , est une mort prolongée :
que chacun aspire à ce royaume céleste qui nous attend, à cette éternité heuKUse que Pieu nous réserve.
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