NEUVIÈME DISCOURS
4>IPATlllâM£ DEMANDE D£ rORAISOlT DOilIIflGALE.
K0U9LUZTV.BB 1>V CORPS E7 SE Jl'aMS*
Panem nostrum quotidianum.
Donnez-nous anjourd'hui notre pain quotidien. ( Luc^ c. JI. )
XïTDiciTiO'R des qaaU*e dernières demandes de J'Qraison dominicale qui se rapportent plus directement à nous-mêmes. Ces paro* les : panem nostrum quotidianum , s'entendent de la nourriture du corps et de celle de Tame.
l'« PARTIE. Nourriture du corps. Nous ne nous adressons à Dieu que pour avoir ce gaenousne pouvons obtenir que de lui. C'est du pain que nous demandons ^ et nous ne sollicitons que le pain du jour. Trois réflexions à développer brièvement.
i<> Il €st vrai que nous fendons le sein de Ja .terre et que nous lui confions la semence^
58 TLAVS DE BISGOURS *
Maïs si Dieu ne fait luire le soleil , s^il n^en-^ voie la rosée, s^il ne bénit nos travaux, point de moisson ou de vendange qu^on puisse es* pérer. L^bomme, tout orgueilleux qu^il estj ne saurait rien produire , pas même un brin d^berbe. Langage des saintes Écritures : Tu dos escam in tempore opportuno,... ^ péris manum tuam et colligent,... A\^ertente aU" tem te faciem, turbabuntur.... (Ps. cm.) Sans Dieu tout languit et meurt. Aimons à confesser notre indigence.
, 2^ Ce que nous demandons est du pain^ Quelle instruction! Nous ne désirons point les délicatesses et les superfluités , point Pa« bondance .... Quantis non indigeo, . . . Sat mo^ rituro, disaient les païens eux-mêmes. La cupidité est insatiable : elle expose le salut* Doctrine de V k:çb\ve i Radix omnium malo' rum cupiditas , quam quidam appetentes inseruerunt se doloribus multis (i Tim. ti, 9, lo.) Malheur aux riches. Mais Pabsolue pauvreté a aussi ses dangers. Vœu du sage :
Mendicitatem et diyitias ne dederis mihi, (Prov. XXX, 8.)
3^ Nous ne sollicitons que le pain du jour.
Nous aimons à dépendre. Celui qui est mon père , le sera encore demain ; sa bonté reste la même. Brièveté de la vie : incertitude de nos prévoyances. Ajoutons avec St. Jacques :
iSiPieu le veut^ s'il me co/we/ve.. ( Jac. iv%
SlTR X.A PRliRE* 59
i5.)Nos prévoyances injurieuses k la Pro* \idence : Sœc enim omnia génies inquirunt»
(Mattfa. VI.) Paraphrase du texte divin :CVst Dieu qui donne aux fleurs des champs leur peinture et leur éclat. Salomon dans toute sa gloire n^était pas vêtu avec autant de beauté et de magnificence.. •• Â chaque jour suffît son mal.
C^est assez parler de la vie du corps : en* tretenons-nous de celle de Tame.
II« PARTIE. Trois choses nécessaires à Pâme. .• i^ Le pain de la dwine parole» Non in solo pane vwit komo, sed in omni'verbo quodprocedii de oreDei. (Matth. iv,) Tout commence par la prédication évangélique x elle se fait jour dans la profondeur de nos ténèbres \ elle instruit ; elle éclaire ; elle main« tient ensuite les principes qu^elle nous inculque. Menaces de Dieu à Pancien peuple*. •• Famine de la parole : Non famem panis , neque sitim aquœ, sed audiendi verbum Do^ mini. ( Am. viii j 1 1 • ) Appliquons ici ce texte de douleur : Pafvuli petierunt panem, neque erat qui frangeret eis. Prophètes retirés du milieu dlsraël. Privation qu'éprouvent à cet ^rd nombre de fidèles et une infinité de campagnes. Ce qne nous avons nous-mêmes à craindre ^ si nous refusons à notre ame cette céleste nourriture : elle sera donnée à d'au-
6o PLANS 1>£ DISCOURS
très.... Ah! conjurons Dieu de nous laisser
le pain de sa parole.
^^ Le pain de la grâce. Que sert la parole de Dieu ^ si Dieu lui-même n'ouvre les oreil* les du cœur , s'il ne remue le cœur?... (/oa». XV 9 5.) Nous ne pouvons rien sans Dieu j nous pouvons tout avec lui. {^Philip, iv.) Vives instances de l'Église dans se$ offices : Deus in adjutorium meum,,.. Domine, ad adjuuandum me Jestina, (Ps. lxix.) Jus« qu'ici la grâce ne nous a pas manqué ; mais toous manquons a la grâce. Laissons les disputes et subtilités vaines : Opto magis sentira compunctionem quant scire ejus définition nem. (Imit. Chrisli, lib. I, c. i.) Nos devoirs envers la grâce de Dieu : la demander ^ y correspondre etla conserver avec vigilance. Ne invacuum gratiamDei recipiatis. (2 Cor.
VI. ) Ne pas contrister en nous l'esprit de Dieu ; ne point en éteindre le souffle.
3® Le pain de V Eucharistie, J.-C. est la parole incarnée et le Verbe éternel. J.-C. est la grâce par excellence et la .source de toutes les grâces. J.-C. enfin est une nourriture ve« nue du ciel : panem nostrum. ( Joon. vi. ) O mystère ineffable I à prodige de bonté !
Pour se donner à. nous , il daigne ^ cet aimable Sauveur, prendre la forme de nos alimeus dans l'Eucharistie* Il se cacbe sous un pain qui n'est plus . Manne délicieuse, • • • source
Sun LA FRiàRE. 6%
jailHssanle. (^Joan, iv, i4-) A.h! quels devraient être nos désirs!. ...Communion réelle ou spirituelle. Communion reçue tous les jours par le corps de PEglise.... Et nous i peine une fois l'année !.... Et comment y sommes-nous disposés?— Jeûne de Tame ; inanition déplorable... iVe deficiant in vid. (Matth. XV, 3a.)
Reprendre toute cette instruction par for»
me de prière.