‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 14 sur 83 · DIXIÈME DISCOURS · texte numérisé non relu

DIXIÈME DISCOURS

ClîîQTJIÊME DEMANDE DE L'ORAISON DOMINICALE.

TAKDON DES IKTURE8.

Dimîite nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus».

PaTdouDez**noii8 nos offenses coimne nous pardonnons "k ceux qui nous ont ofTensés. {Luc» c. ii. )

Pf ors avons besoin, chrétiens, que Dieu et nos semblables nous pardonnent : première partie; mais savons-nous pardonner? seconde partie.

pe PARTIE, i^ Il n'y a personne qui ne

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pèche 9 disent les livres saiats , c^est-à-dlre qui n^offense Dieu. Nos penchans nous entraînent au mal dés Page le plus tendre. {^Ge^ nèse, viTi, ai.) Force des tentations; mauvaises maximes; compagnies pernicieuses et occasions pressantes. Langage du roi prophète : Multiplicatœ sunt super capillos capitis meL.,,» (Ps. XXXIX ), et sicut ofius graPe gra^ yûtœ sunt super me. (Ps. xxxvii. ) Qui est-ce qui est assez exempt de fautes pour jeter la première pierre au coupable? (yoa/i.viii, 7.) Qui est-ce qui peut dire : Innocens ego sum à sanguine justi hujus,,,» ( Matth. xxvii. ) Mesurons l'étendue de nos devoirs et tremblons. Nos dettes énormes et innombrables»

Il nous faut une grande miséricorde de la part de Dieu. Miserere mei, Deus, secun»

dum magnam misericordiam tuam. (Ps. r,

2^ A regard du prochain, sommes-nous sans aucun tort? N'avons-nous pas nos inégalités, bizarreries et caprices? Nous nous faisons sentir péniblement les uns aux autres...' Que de fautes dans nos discours! Paroles d'indiscrétion et de légèreté 3. .. paroles de médisance et d'emportement. Avis du grand

Apôtre : Aller alterius onera portate .'

(Gai. VI, a. ) Considerans te ipsum, ne et .tu tenteris. {^Ibid. i. )

Présentement pour obtenir de Dieu et de

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nos frères le pardon dont nous avons ainsi doublement besoin y sachons le donner nousmêmes. Cest le sujet de la seconde partie.

II« PARTIE. Nous prenons Dieu à témoin :

Dimitte nobis deBîta nostra , sicut et nos dimittimiu.,,. (Luc, ti.)^ous lisons dans le saint Évangile : Diminue et dimittemi^ ni.... (Luc. VI ) 5 on se servira envers vous de la même mesure.... (^Matth. vu.) Parabole du co-serviteur.... Nonne et oportuit te nasereri..? (Matth. xviii, 33.) VoîU le principe établi : voyons si nous y sommes conformes.

Après de longs préambules, on se réconcilie , ou plutôt on parait se réconcilier. Mais^ x^ on garde le souvenir dePinjure. 2^ On ne veut pas voir celui qui nous offense. 3® Oa n'est pas porté à lui rendre service.

T® Soui^enir gardé.... Oh! combien notre amonr-propre est irritable ! Si un reprocbe amer nous est fait, on sWfecte, on se tourmente;... et voyez notre déraison. Être inculpé pour les mœurs ou la religion, touche peu Jes enfans du siècle : mais la difformité et Vàge j si cVst une personne du sexe ; le manque d'esprit ou de savoir vivre, si c'est un homme, on ne supporte point ce genre d'incrimination;... on bouillonne au dedans; on toorue et retourne le poignard ; la plaie

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s^envenime ; cette pensée importune et odieuse nous poursuit toujours. La foi nous dit en vain : Mieux vaut un reproche qu'une louange;.... elle ajoute en vain : Seigneur ^ ils ^Tous ont appelé Samaritain et possédé du démon {Joan. vjii 9 4^) ; on fait taire la foi ; on laisse parler s6h orgueil et son esprit de vengeance.

a® On ne veut pas voir Voffenseur, on Vé»

vite. Il y a donc un levain de haine. Dites ce qu'il vous plaira : vous donnez le scandale de Tinîmitié ; le monde ne s'y trompe pas. Celui que vous fuyez, c'est cependant votre frère , c'est celui qui chantera les miséricordes éternelles avec vous. (Pj. Lxxxvni. ) Langage du Sauveur : ce Ah ! si vous n'aimez que ceux qui vous aiment , si vous ne saluez que ceux qui vous saluent, les Publicains et les pécheurs en font autant. »(il/allA. v, 4^^

3^ Soit.... J'oublierai, ..• je verrai même l'aggresseur ; mais je ne lui voudrai jamais ni bien , ni mal ;.. . il me sera indifïérent. Chrétiens ! il ne peut l'être ; il ne doit pas l'être. — Oui; mais si vous saviez l'indignité de sa conduite ! il est le détenteur de ma fortune ; il fut le dénonciateur et presque le bourreau de mes parens les plus chéris. — « Chrétiens! il faut l'aimer;... il faut le bénir; il faut l'obliger. Écoutez le Saint Évangile i

suK XA priÎrs« ' 65

'Diligite inimicos vestros Benefacite.,,^

Orale.... ^e/iei/icite. (Maltb. v,440 Et cependant si Ton dit du bien de lui , on tous a/âîge; û Ton dit du mal, on vous réjouit.*»

Pleurez-vous ses infortunes?.... Êtes-Tousle même à son égard que s^il ne "vous ayait jamais offensé? Par quels bienfaits nous sommes-nous vengés? Diligite,*.. Bçnefacite...»

Orate..» Benedicite. Âh ! nous avons le pardon sur les lèvres et le ressentiment dans Famé.

Prière à Dieu pour implorer grâce et miséricorde de sa part et pour promettre de pardonner à no3 semblables.

ONZIÈME DïSCODRS.

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