‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 15 sur 83 · II · texte numérisé non relu

II

xLxoiLniB. Malheur de notre condition. U y a deux hommes en nous : Pun, ouvrage de la grâce ; Pautre , celui de la nature ; Pun y que I. 3*

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J.-C. forme dans nos cœurs; Pautre, fruit détestable du péché et qui reste toujours dans la vieillesse de sa première origine. {Ram»

Tii. ) Ce dernier est un ennemi cruel que nous réchauffons dans notre sein et qui cher* che à nous donner le coup de mort. Efforts du Démon qui s^unit à notre concupiscence ; efforts et influence du monde qui seconde en nous nos penchans déréglés et le Démon*

Approfondissons davantage ce triste et lamentable sujet. Nos tentations et leurs remèdes^ ce sera le partage de ce discours>r

I« PARTIE. Nos tentations. Il y en a une infinité qui nous assiègent du côté du corps ^ ûe l'esprit et du cœur.^ *

1® Du côté du corps. Pas un de nos sen* qui n^aide à Peimemi. Les yeux soi>t des traî^ très qui ouvrent la porte et nous livrent au pillage. Ascendït mars perfenestras nastras, ( Jér. IX, ai.) Nos oreilles présentent un canal facile qui se remplit incessamment de znanimes mondaines , de propos de médisance et de mensonge. Autres périls : la sensualité chaque jour nous attire et nous enlace dans ses pièges. Qui le croirait? Une nécessité pé^ nîble à la loi de Tesprit se convertît pour nous en délices volontaires. Mais qu^y a-tH q«i nous expose davantage et qui nuise plus à notre aine que notre langue? Presque tous nos

SUR lA^RX&ïlS. ' fij

'âîsconrs sont autant de blessures que nou»

faisons aux autres ou k nous-mêmes, l/nifer»

sitas iniquitatis. (Jac. iix^S.^ Emprisonnés dans le corps ^ la concupiscence nous y enflamme. Nous conservons rarement une m« \lolable pureté*. Qui est-ce qui ne paie pas quelque sorte de tribut bonteux aux désordres de la cbair? Si grands, si spirituels et si divins que nous devrfons être y nous nous rendons esclaves du corps ; il nous appesantit et nous déprime. Corpus quod corrumpitur oggraf^at animant. (Sap.xX) 1 5.) Nous traînons nos cbaines; nous méconnaissons en nous la dignité de Phomme et du Chrétien. Voilà pour cette moitié terrestre y cette corruptiblq moitié de nous* mêmes.

2,^ Le péché a infecté tout notre être. L'es* prit de son câté cédant à une vaine curiosité, se rcpatt de contes frivoles, de nouvelles insipides et de sciences chimériques. Les affaires qui concernent un monde périssable Foccu-.

peut et Tabsorbent. 11 se remplit de bagatelles et de fantômes; il en est dissipé et comme mis en pièces. Nos prières se troublent; mille impressions étrangères, mille imaginations extravagantes se jettent enfouie et nous traversent.— Ignorance , plaie de IVsprit. Préjugés qui nous égarent; fausses maximes dont on se fait des principes. On oublie sa fin dernière et Fétemel avenir. £t que

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faudrait'il avoir de plus présent à Pespril?. . « Gens absque consilio est et sine prudentàd.

\ÏItinam sapèrent et intélligerent, ac nouis^ sima proifiderent, (Dent, xxxii.)

3® Qae dirai-je de notre cœur? Légion de désirs etde mouvemens... Tendance au mil* Attiédissemeut ; faiblesses ; poison de la vo^< Inpté qui se distille goutte à goutte j afTection^ TÎles ; haines et emportemens.— «Levain d'orgueil. Ce vice, comme le serpent qui se cache eu milieu des fleurs , nous fait sentir ses pi-" qûres et de mortelles atteintes au sein même de nos bonnes œuvres et de nos vertus. Tout en nous est donc ennemi de nous-mêmes; Est-ce vivre que d'être ainsi déchiré par les passions qui enflamment notre chair, aveu* glé par les ténèbres de notre esprit et corrompu par les affections de notre corar? Cher* chôns, mes frères, cherchons dans la Beli' gion des remèdes à de si grands maux : c^est elle qui les montre et nous les donne»

II« PARTIE. La Religion ne nous préserve pas des tentations , puisqu'elles sont inévitables ; elle nous apprend à n'y pas succom- })er. Nous ne demandons point à Dieu de ne pas être tentés ; mais nous le conjurons de prendre pitié de notre faiblesse , c'est-à-dire Âe détourner de nous la tentation , ou de n6u$ en iàire sortir avec avantage.

Cette grâce nous sera immanquablement accordée, si, prenant conseil des divins oracles et des besoôns de mis consciences , nous opposons, 1^ aux réToltds de la chair , le dé^ tachement des choses sensibles et les austë* rites de la pénitence; a"^ â la dissipation et aux ténèbres de Tesprit, de saintes oraisons et de pieuses lectures; 2^ si nous opposent aux passions du cœur le divin amour, faisant mille efforts pour qu^il prédomine et nous embrase.

1^ Détachons-nous des choses sensibles et Jivrons-nous aux travaux de la pénitence* ce Toutes les créatures , dit le sage^ sont de* <c venues (depuis le pédié)., unsufet deten* ce lation pour les hormmes, et un filet où se ce prennent les pieds des insensés : Creatune ce DeL,. intentationemanimabus hommum, €€ et in muscipulam insipientium, » ( Sap, xjv, 4- ) Usons donc de tontes choses avec dé&ince; glissons sur ce qui passe; ne nous affectionnons qu^Â ce qui ne passe pas. Le monde eties plaisirs ne sont qu^une surface et qu'une apparence trompeuse. Il n'y a de réalité que dans les fautes qu'ils nous font, commettre , et les peines qu'ils nous caifsent» Prceterit enim figura. ( i Cor. vu , 3i . ) *

Comme il y a conjuration de tous les ob»

\eU et de tous nos membres contre nous, r^ • iistons aux objets ^^ et conjurons aussi contre

fù PhXVS 3>S DISCO0Râ

nos membres. Guerre ouverte , guerre pM* longée. Comprimons d^abord nos yeû ^ nos oreilles et nos langues. L'innocence ne se conserve ou ne se répare que par les exer^ cices laborieux de la pénitence. Nui pœni^ tentiam habueriùs ^ omnes similiter peribi* tis» (Luc* XIII y 3. ) Mortifions donc , dit le grand apôtre, les membres que nous avons sur terre. ( CoL m, 5. ) Un esclave que Pou traite avec indulgence on que Ton nourrit avec délicatesse j il s'affranchit de la sujétion selon les livres Saints; il se révolte. Sentiet eum contumacem. ( Prov. xxix, ai. )

2f* Surmontons les tentations de Pesprit par de saintes oraisons et de pieuses lectures^ Il n'y a que Dieu qui soit notre lumière e% notre salut ; il n'y a que lui qui soit notre protecteur et notre force. Sans lui la dissipation nous égare , et je ne sais quel poids nous entraine; c'est dans la retraite , c'est en étudiant les livres de piété que nous rectifions nos idées ^ que nous chassons les pensées men* sougéres, que nous remontons aux principes et que nous nous pénétrons de leurs impressions les plus salutaires et les plus saintes. Ptsciples et brebis; de Jésus-Christ , allons à son école; écoutons sa voix, et repoussons loin de nous les maximes mondaines, les prestiges et l'enchantement du siècle.

3<* Opposons aux passions du coeor un saint

amonr^ nn amour qai prédomine. ••• Nata- Tellement tendres et sensibles, nous ne pou- "vons être sans affections. Deaz amours y di€ saint Augustin y ont fonde deux cités. ( Lî6» de Cit. Dei. ) N^est-il pas à craindre que la cupidité charnelle ne nous assujettisse , si la charité pure n^établit en nous son empire ?

Communiquons avec Dieu ; goûtons de chastes délices: le règne des passions fera place à celui de la vertu , on pour parler mieux encore 9 à Pempire si doux et si consolant d^ua Dieu qui nous fait combattre et vaincre.

pKljèAE ET ILÉCAPITULATION. VeUCZ à mOO

secours^ {Ps. 69) Seigneur; venez. Ma vie est une milice continuelle dans cette vallée de pleurs. Je ne puis rien sans vous; je puis tout avec vous. Domptez mon corps; enchaînez mes sens^ et spiritualisez tout mon être. Rectifiez et élevez mon esprit. Dissipez ses ténèbres ; qu'il ne voie rien qu'à votre divine clarté; qn'il pèse tout dans la balance de ^otre sanctnaire. Mon cœur, mon malheureux cœur, n'en arrêterez-vous pas lesmouvemena désordonnés? N'en redresserez-vous pas les penchans? Prenez-le , ce coeur, 6 mon Dieu \ rendez-le conforme au vôtre en l'enflammant de vatre saint amour* Ainsi soit- il.

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