‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 18 sur 83 · PREMIÈRE INSTRUCTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE INSTRUCTION

8X711 LES NOTIONS PRÉLIMlNAXILfS DV STM^OLE . jn SUR LA FOI.

Cred(K Je crois.

Xja première partie du plan que jevous avais annoncé, est remplie. Pai traité de ce qu^il fallait désirer ou demander et de Tordre dans lequel on devait le demander. Ce qu'il faut croire, je le développerai dans un second cours d'instructions suivies et approfondies.

Ce qu'il faut croire est contenu dans le ' Symbole des Àp6tres« Disons ce que signifie

SITU X.E SYMÎBaLB. 7^

ce mot Symbole, et quelle est Porîgine da Symlx>le ou de la profession de foi dite des Apètres...» Maintenant , avant d^entrer dans J'explication des douze articles et d'en pesier scrupulanaelitent cliaque mot, donnons ici les notioiïs pl^lim^inaires. Je tcux considérer d'alKttd ce que cVst que la foi ; quel est iç ibndem«iit de la foi, et de quelle manière tmpeut pécher contre la foi.

lo Ce que c^est que la foi. La foi est un acquîescem^snt dVsprit et de cœnt* aux vérités que Dieu nous ense^ne et que PEglise nous propose de sa part.

Acqutescement.d^esprit. C'est une soumission parfaite , une docilité pleiue et entière , un repos absolu en Dieu. Toutes les fluctuations finissent; toutes les incertitudes se fixent ; la foi, c'est la raison suprême; et l'esprit cède à cette raison.

Mais comme Dieu nous révèle tous l^s mys*»

tères de son amour, comme il ne nous parle que pour notre salut et notre bonheur , le cœur ne peut rester indifférent et insensible. Aussi la vraie foi , la foi vive est nécessairement accompagnée J*un commencement d'amour; aussi se ré}Ouit-elle du bienfait inestimable qui lui est confié; aussi est-elle

pratique; c'est-à-dire que nous nous efforçons de conformer notre conduite à notre eroyancie. Montrons notre foi par nos œu-

8o PLANS D'iNSTRTTCtXdNS

vres. Ego ostendam tibi ex operibus Jidenu^

meam. Doctrine de saint Jacques (i , 2).

2,^ Voyons en second lieu quel est le fondement de la foi. Le fondement de la foi ^ c^est la parole de Dieu y soit écifte, apit rêvé* lée, c^est-à'dire ) ou contenue dans les livres saints, ou parvenue jusqu^à nous par une tra* dition non interrompue. Car PAp&Ire dit de garder les traditions ( 2 Thess. 11 , ^4)9 ^^^ il avertit que TEglise qui nous lés transmet est la colonne et Pappui de la vérité, (i Tint. III.) Gomment ne croirions- nous pas à DieU| lorsqu'il daigne nous instruire par lui-même ou par son Église? Sa majesté, sa puissance... jËt qui sommes- nous pour contester avec lui? Ohomo, tu quis es, ut respondeas Deo?..^ ( Rom. IX; 20. ) Il est incapable, ce grand Dieu, de se tromper et de nous tromper. Il est infini : nous sommes bornés. Il est la^ jniére : nous sommes ténèbres. ( 1 Joan. i^ 5,6.) Tout se réduit donc à ceci : Dieu a-t-il parlé? Un mystère démontré révélé est par là même démontré vrai. Et comment douterions-nous de la vérité d'une doctrine si belle que la doctrine évaugélique , d'une doctrine û proportionnée à nos besoins, si appuyée sur les miracles, si immuable, tandis que tout change ; d'une doctrine qui s'établit malgré tous les obstacles , que ses plus grands ennemis, les Juifs 9 annoncent yéritable par leui^

son t.S SYMBOlfi. 8i

âisperfiion , par lear conservation et le témoignage qu^ils rendent à rintégrité des Écritures.

Et cependant cette foi à laquelle on ne peut se refuser, qni tient k une conviction irrésistible , elte est nn don de Dieu ; c'est une habitude surnaturelle iJVon omnium estjides.

(a Thess. ni,a. ) Combien Torgueil de notre esprit se révolte contre les mystères , et la corruption de notre cœur contre la morale !

Séduction de Phérésie ; séduction du monde.

Dieu seul éclaire les esprits. ( Eph. i ^ 18. ) Dieu seul touche le» cceurs.

3® Péchés contre la foi. 1® Rejeter quelques vérités ou n'en admettre qu'une partie. L'au« torité qui révèle est toujours la même ; les motifs de crédibilité sont toujours les mêmes* Ce n'est pas à nous à modifier la Religion } écoutez son langage ; écoutez l'Église ; rece- Tez le dép6t tel qu'on vous le confie ^ et tai-. sez-vous. ( 1 TVm. vi , ao, )

^ Renoncer ou outrager la foi ^ en plaisantant sur des objets sacrés, en prenant part i une dérision impie et sacrilège,.... en craignant de la Confesser cette foi , en rougissant de ^s pratiques et de ses maximes. Celui ^ dit J.-C. y qui rougira de moi devant leshommes^ je rougirai de lui devant mcin Père cé^ leste. (^Luc. ix, 26. )

3^ Douter voloAtairêment. Ce qni arrive ^

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lorsqa^on réfléchit sar ses doutes et qu^on s\ arrête; loi^qu^on interroge avec fatigue bob esprit et sa raison ^ non sur les preuves extérieures ^ mab sur Pobjet intrin^que de la croyance ; se prenant soi-même pour fanal ^ et se permettant des critiques insensées avec des personnes mondaines et aussi peu mstrai tes que soi.

Mais que faire qnand on est assiégé de doutes inyolontaires ? i^ S^adresser à Dieu : Adau^ ge noèisjidem. (Lac. xyii^ 5.) Credo, Do^ mine, adjuua increduliiatem meam. . . (Marc.

XX , 23. ) Parlez , Seigneur, votre serviteur vous écoute. ^^ S'humSier. Seigneur , vous avez caché les choses relevées aux sages et aux prudens; vous les avez fait connaître aux pe* tits et aux humbks. {Luc. x, ai.) 3« Consulter des personnes pieuses et éclairées. 4^ Réprimer les passions qui sont une source de ténèbres et de doctrines fausses.

Récapitulons.

SECX)NDE INSTRUCTION.

PAEfnEB ARTICLE DU SYMBOLE.

êVn I.^£XX8T]^CB B£ DXEV*

In JJeum. Je crois en Dieu.

Xj^bst ici, mes frères, la promu^atien d'imc irérité naiarelle que tout démontre hors de nous et en nous. Hors de nous , le spectacle de PuaiTers. En nous , la loi morale et le sentiment intime* J^arrèterai ensuite les yeux de irotre eaprit sur quelques qvcsticms ou reflétons d'^un grand intérêt.

PFOcédoDsavec ordre. Hors de nous, quel magnifique spectacle sWfire à netre vue ! Par* lez, oieux, terre, mer, êtres qui volca , qui nagez, qui vivez 3 tout m'avertit qu'il 7 a un Diea. ( S. ^ug. ) L'univers est un livre ouvertà tous les yeux : Cœlienarrahtgloriam DeL .{ Ps. xvm. ) Que j'examine Thomme y que je considère la moindre plante, par* tout ^il y a proportion et harmonie ; il y a dessein et intelligence. Si quelqu'un , disent les autisurs pro&nes, entrait daas iine maison oà

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laut se fît à propos et dans une grande perfection , dirait-il que c'est l'ouvrage du hasard? Ne conclurait-il pas plutôt qu'une habile intelligence régit et modère toutes choses? Prenez les lettres de l'alphabet , jetez-le» & l'aveugle et dans l'espace des airs : en rësul-

tera-t-il un poëme complet ?.. L'oreiUe y

Chrétiens, ne fut jamais faite que pour enfendrC; l'oeil que pour voir, les mains pour saisir Causes finales , argument sans réplique.

Outre la preuve extérieure et sensible ^ ^ nous avons la loi morale et le sentiment intime qui nous démontrent invinciblement l'existence de Dieu.

Il y a des principes en nous que rien, n'ef* face : ne faire de mal à personne, conserver la pureté des mœurs, prévenir et obliger tout le monde ; sinon nous serions déréglés et injustes. Cette distinction du bien et damai j nous la faisons nécessairement : toute oppression, toute violence me révolte. Il y à donc un ordre immuable , une règle première , une justice essentielle; c'est Dieu... Si nous nous portons au mal , trouble et déchirement fti* neste.... Mais ce censeur sévère qui éveille la conscience et lui adresse des reproches mérités, c'est Dieu..... Si nous nous portons au bien , cette voix douce qui a{)plaadit en nous et qui encourage^ c'est la voix de Dieu*».....

soit IS SYMAÔLlS. 85

Conseniement de tons les, peuples en fiiyeur deia co-existence de Dieu et de la loi morale ; éloquent témoignage de la nature*

Indépendamment de cette loi morale et de J\issentiment universel qui en proclame ail moins les premiers principes j le désir immo« déré du bonhear qui est en moi; le vide des créatures j tout me dit de soupirer après un bien suprême et immuable j après Dieu. Je sens que f ai un Dieu^ je sens qu^il me faut et que f ai un conservateur, un bienfaiteur , un xémunérateur, puis un vengeur des injustices des hommes. Je le sens et je ne sens pas que je n^en aie point. Cette conviction repose au fond de mon ame : rien ne saurait la détruire. Présentement occupons-nous avec rapidité de quelques questions et réflexions importantes«

Mais n*7 a-t-il pas des hommes qui nient rexislence de Dieu? Je réponds quHl.y a aussi des hommes excessivement contrefaits. Gela empêcfae-t-i| que nous n^ayons en général la tAÎlle droite et les yeux tournés vers le ciel ? 11 y a des furieux, des personnes en démence. Cela nous ôte*t-il Fusage delà raison? L'athée est un accident , une monstruosité dans la nature.... Et souvent dans la tempête et le pé* xïlj il oublie qu'il est athée.

Mais quel est- il donc ; ce grand Dieu /dont Texistence ne peut être contestée ? Mon es-

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prît est tro{> faible ponr lé concevoir* Cependant puisque Tunirers me Fannonce comme ordonnateur suprême j puisqu^it est justice essentielle 9 ordre invariable, souverain bien| il est donc esprit. {Joan. iv, 24* ) Il est sans altération de nature j sans borné|!s et sans dimensions corporelles, sans mélange d^aucune imperfection : il est donc présent à tout ,éteifnel, immense et infini: il est celui qui est. ( Éxod. m, i4' ) Je m'en tiens aujourd'hai à cet aperçu.

Oh ! combien l'idée d'un Dieu qui m'a feit et auquel j'aspire , combien cette idée m'agrandit, m'élève et me console! Elle ne sortira plus de mon esprit ni de mon cœur. Dés le lever, je penserai à Dieu mon auteur. Dans toutes mes promenades , chaque créature me montrera Dieu. Dans mes tentations et mes peines, je me dirai : il existe un Dieu. A: mon coucher, je me mettrai sous la protection de Dieu. Je veux toujours être sous sa main; et s'il me donnait dans ses temples des marques sensibles de sa présence , quel empressement n'aurais- je pas à m'y rendre ! Je ne mettrais aucunes bornes à ma joie ni à ma reconnaissance.. •• Mes frères, croyons un Dieu; adorons un Dieu; vivons et marchons eh la présence de Dieu. Ainsi soit-il.

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