‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 44 sur 83 · SUITE DU PREMIER COMMAKDEAIENT · texte numérisé non relu

SUITE DU PREMIER COMMAKDEAIENT

SUA X.B CVLTE BXTfilUEUR.

J>ominum Deum tuum adorahi^

Yotts adorerez le Seigneur Totre Diea. ( DeiU, e. vi.)

Ju^iDéB de Dieu, la voix de la conscience , le liesein d^épancber nos affections dans le seiil de Dieu, et la garantie de Tordre social, tels sont les fondemens de la Religion considérée en général et du culte intérieur pris en particulier. Reste à vous faire connaître la nécessité du calte extérieur et sensible. Yoici les bases de ce culte : Tidée de notre dépendance ; un certain sentiment intérieur fortifié du témoignage de toutes les natipn9,etrobligatioa

Stm LES COMMAKDBMENS DB SIETT. l8l

OÙ nous sommes de conserver -en nous le cube intérieur lui-même.

1» Dépendance. Tout ce qui constitue notreétredoit se rapporter à Dieu ( Ps. cm , i ): tout doit conspirer à son honneur et à sa

gloire Le cœur formé pour chérir Dieu ,

Fesprit pour le connaître , et le corps pour adorer. Notre culte serait incomplet, notre destination mancpiée , Dieu serait outragé y s^il y avait en notre nature une seule partie ^ un seul membre dont on ne fit hommage au souverain Etre. • • Détail : les yeux , les oreilles j les mains, les pieds paient à leur manière le tribut de radoration... Le corps tout entier doit être nne hostie pure , sainte et acceptable. . . Le eorps se prosterne pour reconnaître rinfinie grandeur et majesté de notre Seigneur et maître... Le visage se couvre de poussière pour exprimer Phumiliation de notre origine et de notre néant. Nous n^adorons pas à Pextérieur pour nous seuls. La nature entière emprunte notre voix et notre langage.

Seconde base du culte sensible , un senti-' ment intime que fortifie l'assentiment du genre humain.

Il y a un langage d'esprit et de cœur c[ui sort du fond de mon être et qui est irrésistible en moi; ce qui produit des actes au dehors.

Si je suis poursuivi 6t menacé, il faut que je lève les yeux, que je joigne et étende les

tSz P£ ANS DE DISCOURS

mains. •• SI j'obtiens un bienfait ^ il faut que je signale ma reconnaissance par des trans* ports qui éclatent. «• G^est ce que je puis ap« peler aussi la langue naturelle des signes que rhomme n^uTenie pas : il la trouye en lui* D'un pôle à l'autre ^ on adore en se courbant et se prosternant. ••• On fléchit le genou....^ Parcourez tous les peuples : si vous exceptez peut-être quelques êtres sauvages et abrutis j par-tout où il y a un peuple ^^ il jr a un Dieii reconnu et un appareil majestueux de Reli* gion et de culte. L'histoire du genre humain en dépose : le doux Àbel^et ses offrandes, la pierre de l'holocauste , l'Arche d'alliance , les candélabres y le temple de Salomon.*..

Laissons les annales saintes. Parcourons

l'Egypte, la Grèce et Rome Je vois deç

prêtres, des édifices sacrés, une eau lustrale, des processions... Pas une nation sans sacrifice: et si un seul culte ea était privé commç le protestantisi^e , ce culte serait honteux et embarrassé de sa triste et stérile solitude. .

On a tellement senti la nécessité et la force des signes ,que tous les beaux arts en sont né# pour exprimer d'abord des idées et des seii«> timens de religion. Origine de la peinture, de la poésie , de là danse ,. de la musique et de l'architecture. On a tellement senti la nécessité et la force des signes religieux, qu'il n^ a pas eu une législation , une alliance , un

SUR rSS COMMANI>£M£KS DE DIEIT. l83 traité et une assemblée d'ëtat qu^on n^y ait fait intenreDir la Divinité et son calte d^une manière publique et apparente* On à telle** ment senti la nécessité et la force des signes ^ qu^on les emploie dans la magistrature , puis dans les honneurs qu^on rend aux tètes couronnées. •• C^est donc ici Pèxpression d'un sentiment inné 5 c'est un fait historique qu'U serait insensé de contester*

3^ Ce qui rend encore le culte extérieur nécessaire y cVst que si tous Pôtez j les sentimens intérieurs s'affaiblissent et disparaissent bientôteux-mèmes.L'bomme est composéde corps et d'ame.** S'il était une intelligence pure j la vérité se montrerait nue ; mais comme il tient & l'une et à l'autre substance , il faut arriver à son ame par l'intermède des sens* Delà les cérémonies selon le concile de Trente.

{^Sess.xxiiy 5*)

Sortons de la généralité du sujet et parti* cularisons davantage nOs idées... Effets du culte aux dimanches et aux grandes fêtes dç Noël , de Pâques.. • Effets du chant religieux... Imagesdes mystères etdes Saints : auxhommes 1 faut toute la vie des représentations sensibles , parce que la vie entière est une enfance* Effets qu'avait eus la privation du culte dans les années de férocité et de délire : l'expérience est une forte leçon* Ne nous dites plus que vous avez votre religion dans votre cœuri

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OU que VOUS la voyez en grand. Nous savons apprécier ce langage. O savans pleins d^ignorance ! 6 prétendus grands hommes ! si le se* cret de votre intempérance et de votre luxa* re , si le principe de vos animosités et de vos piques était manifesté j nous aurions la me* sure de votre petitesse j grands bommes. Vous nWez ni religion , ni cœur... Vous nVxistez que par les sens et pour les sens z Quorum Deus venter est, etgloria in confusione ipsO' rum»

Conclusion. Je ne puis tarir ^ mes frères y sur Pexcellence du culte établi par J.-G. Ses consolations et ses > avantages. Les époques qu^il consacre : la naissance y Punion conju* gale^ et la mort. Nous catholiques, réjouis-^ sons-nous ; mais correspondons k la grâce qui nous a discernés : Non fecit taliter omni nationi , nec judicia sua manifestant eis.

(Ps. CXI.VU} 9. )

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