TROISIÈME DISCOURS
SUITE pu PBEMIER COMMAia)£BI£NTi>
8t7a LE CULTE DES SAINTS.
Uominum Deum tuum adorahis, et ilU soU semesi
JiEFREKDRB les dcttx discouTS prëcédens.
Illi soli servies* S^il ne faut adorer que Dieu 9 s'il est défendu de faire des images taillées et sculptées ( Exod. xx , 4 ) > comment avons- nous pu honorer les Saints ?.«.
Réponse : Il est défendu de faire des images ; il est ordonné d'en faire. Chérubins. ( Exod. XXV) 18.) Serpent d'airain. Il est défendu de &ire des images pour les adorer. C'est le sens du précepte.
On ne doit adorer que Dieu : rien de plus vrai : aussi nous n'adorons pas les Saints. Il faut tout attendre de Dieu: aussi nous ne demandons rien directement aux Saints. Nous ne faisons que les révérer, comme nous révérons les lostes de la terre 5 et toute diûr-
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culte s^évanouira , si nous entrons dans les détails de rhonneur que nous leur rendons.
Il consiste cet honneur , à nous réjouir de leur gloire ) à en remercier Dieu, à réclamer rintercession puissante de ces amis du Seigneur et à conserver leurs images et leur»
reliques*
1® Nous prenons unvif et tendre intérêt au triomphe des Saints. Combien ils nous sont chers et à quels titres. Nous voyons en eux des amis, des frères, des atnés. (£î£. Çjrpr. de mortaL ) Si un parent , si un homme avec qui vous auriez les liaisons de cœur les plu^ étroites était élevé à une haute place, y seriez-vous indifférent et insensible?
a« Nous remercions Dieu*.. Point de mé-:
rites dans les Saints qui soient indépendans des mérite» de J.-C. Point de grâce qui ne soit descendue d^en haut. {Jacob, i, 17.) Leprincipal et premier honneur est pour Dieu ; un honneur secondaire est pour les Saints.
3* Nous réclamons leur intercession. Ilssont les grands officiers du Roi des rois } ils sont prés du trône d'où émanent les faveurs.
Un prince est*il offensé parce qu'on invoque auprès de sa personne le crédit de ceux qui en ont davantage? Instances que la femme Chananéenne faisait aux Apôtres. Prière de ceuxci à J.-C. : Dimitte eam ; clamât post nos.
(Matlh. xv,23.)
SUR 1£S COMMANDEMENTS DE DIEIT. l8^
4^ Mais enfin y me dira-t-on , vous conservez des images; vous récitez des éloges; vous célébrez des processions ; voas baisez le vase qui contient une poussière et des os. Quel rétrécissement d^esprit et que de petitesses !
Vous qui tenez ce langage , que vois-je dans vos apparteniens,que vois^jeentre vos mains?' Une représentation muette d^un père vénéré, d^une épouse chérie : et nous aussi nous avons' des portraits de famille. ••
Ne faites- vous pas îles panégyriques et orai« sons funèbres pour les hommes illustres des empires et des cités?... Les Egyptiens étaientils fanatiques romains, pour emprunter vos' expressions ignobles? Momies; tombeaux des pères... Le peuple-roi était-il fanatique? Images des héros et des empereurs portées au sondes instrumens... Mais si un militaire ( je le suppose ) venait à toucher les armes jadis^ meurtrières des guerriers de Rome et de Carthage j celles des généraux les plus illustres' du siècle dernier 9 son ardeur martiale ne se ranimerait-elle pas alor»?... Mais les signes se font entendre aux yeux et aux oreflles.
Mais avec votre spiritualité pure, vous n'aurez que des temples nus qui ne réchauffent aucun zèle ; vous restreindrez les arts et vous ne saurez point immortaliser assez les triomphes de la vertu.
Soit , reprenez- vous. Mais n'y aurait-il pas
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au moins cet inconvénient qu^en honorant lef Saints ^ lears images et leurs reliques ^ on ou* Tre la porte à des nouveautés dangereuses?
Mes frères 9 les premiers siècles ont révéré les martyrs. Os et cendres de saint Polycarpe. Mémoires ou chapelles des tombeaux. Les
premiers siècles ont fait des processions
Transport solennel des reliques de saint Gervais à la grande église de Milan et de celles de saint Etienne à Hippone. ( HisU eccL de FL , liy» i8. ) Dans les premiers siècles les empereurs se sont honorés d^ètre ensevelis à la porte des Apôtres et des martyrs... Chaînes de saint PieiTC et de saint Paul visitées au rapport de sa^nt Cbrysostôme avec l'empressement le plus religieux. ( 5. Chrys. hami, a6 in a Cor. n<> 5. ) Dans les premiers siècles on a porté les noms des Saints et des martyrs. Pas un lieu ou la Religion s'étant établie, il n'y ait eu des temples sous le vocable des Saints ou des martyrs. <-— L'habitude plus forte que le préjugé dit encore dans toute la contrée de cette Rome protestante :
Église et place de saint Pierre , de saint Germain j de saint Gervais et de la Magdelaine.
Je résume ce discours... Présentement si quelqu'un nous traitait d'idolâtres , d'adorateurs d'images , ce quelqu'un rirait tout bas de sa risible sottise : F'elut œgri somnia...m ( Hor. ) Nous lui souhaiterions le bienfait d«
sua LBS GOMMANDEBSENS DE DIE0. iS^
iHatercession des Saints qu^il outrage» Nous demanderions qu^api^ès Dieu, il leur f&t rer devable de sa contersion et de son salut*