‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 46 sur 83 · QUATRIEME DISCOURS · texte numérisé non relu

QUATRIEME DISCOURS

SUITE DU PREMIER COMMANDEMEm*.

SUA i.'amou& biyin.

JDUiges Vominum Deum tuum.

Vous aimerez le Seigueiir yotre Dieo. {Marc, c. xii^ T. 3o.)

J'ai traité de Padoratîon et du culte que Ton rend aux Saints* L'ej^chaînement des matières me conduit à vous parler aujourd'hui de Vsl^ mour divin* Je suis effrayé à la vue de l'îm* mensité de ce sujet : aussi glisserai-je avec ra« pidité sur quelques réâexipns que je me contenterai de vous indiquer* Mais qui suis-je pour parler ici le langage des Anges et des Saints? Un prophète j Isaïe, obtint qu'un chérubiu s'apparut à lui ^^rit un charbon ar-

dent et touchât ses lèvres... De même, 6 mon Dieu, purifiez mon cœur; purifiez mes lèvres;... mettez vous-même à ma bouché des paroles qui m^enflammeut aussi bien que ceux qui m^écontent.

Enti'ons en - matière : Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo , et ex totd animd tué, et ex totd mente tud, et ex totd mrtute tud, ( Marc. xn. ) Vous aimerez le Seigneur votre Diea.de tout votre cœur , de toute votre ame et de toutes vos forces. Ce précepte que la loi naturelle enseignait faiblement, que le Juif pratiquait rarement, J.-G. lepromulgue,lerenouvelle(Afa«A.xxii,37)j et nombre de chrétiens l'observent. C'est le premier commandement par son importance ; -c'est le plus grand par son étendue j c'est le commandement décisif ( Hom. xui)^ celui dont l'observation discerne les enfans de Dieu de ceux du Démon. Sola dilectia discemit inter fiUos Dei et Jilios DiabolL ( S. Aug. )

Paraphrasons le texte : Diliges. Aimer, 6chrétiens! c^est ma nature; c^est un besoin pour moi ; c^est un délice , une )0uis8ance.^ Et pourquoi ai-je un esprit , si ce n'est pour connaître les perfections, les beautés réelles et durables... Pourquoi un cœur, si ce n'estpour sentir et m'attacher ? Diliges.

Qui aimerai-je? Ûominum, Si je m^attacher

aUR 1£5 COMMANDSMCKS DE DIEU, igl flux créatures y elles sont stériles et impuis«> santés; elles me trompent et m^affaraent. Je me taurmentexj je me consume ; je me rends malheureux. L'hydropîque... NonsaturaPdr oculus ^îsu, neque auris auditu... ( Eccle* 1 9 8.) Si le feu de mon ame prend son cour»

par les sens j quel abyme de calamités que le désordre des sens !... Tous les ruisseaux de notre amotir sont des eaux bourbeuses et fétides ^ selon saint Augustin , s^ils ne remon* tent à celte source pure et limpide, ce grand Dieu , auteur de tout y maître de tout , Dieu de tout j fin dernière de tout : Dominum Deumtuum.

J'aimerai ; et c'est le Seigneur que je veux aimer. Mais pourquoi Taimerai-je? Pourquoi?

Parce qu'il est infiniment bon , infiniment aimable : Deum tuum. Sainteté , grandeur y beauté 9 richesses et magnificence, tout se trouve en lui. Infiniment bon , infiniment aimable! Âh ! j'en ai fait l'épreuve. Il me crée, me conserve , me régit et me sanctifié ; Dominum Deum tuum... Infiniment bon , infiniment aimable ! Il pourvoit à mes besoins, supporte mes faiblesses {Heb. iv, i5) , pardonne mes fautes et me prépare des récompenses : Deum tuum...

Je ne puis voir mon Dieu. En qui l'aimerai-je? En lui-même, dans moi et dans tous:

Diliges Dominum Deum*tuum.

193 PLANS DB BISCOlTltS

En lai-raème) quoique invisible ^ puisqu^it est un océan de perfections, la lumière in*

créée,. et Pâme secrète de tout bien En

moi : je retrouve dans tout mon être ses dons et ses bienfaits; je n^ai rien d^aimable que par lai et ponr lui.... Dans mes semblables^ Les bons expriment son image fidèle ; lesméchans peuvent redeyenir ses enfans cbéris ; ils sont peut-être ses élus... Hélas ! ils m^éprouvent. Par li même ils sont, 'dans le langage de la Foi , nu^es bien&iteurs , bienfaiteurs pénibles ^

il est vrai ; mais nMmporte , je veux les

cbérir. Oai , j^aimerai Dieu dans tous mes finères; ils me font penser à notre Père commun : Diliges Dominum Deum tuum*

Comment aimerai-je le Seigneur ? De tout mon cœur, de toute mon ame et de toutes mes forces : ex tout mente tuà, et ex totd mrtute tuà. Comme il m^aime , d'un amour infini. Mais je n'en suis pas capable ! D'un amour alors le plus grand possible. Modus diligendiDeumsinemodo diUgere. (S. Bern.) S'arrêter, c'est tout perdre. Dixisti:SatesU Periisti.,. (S. Aug. ) Il faut, si l'on aime^ rapporter toutes ses actions à Dieu , croître dans la vie spiritaelle , manifester ses trans* ports par des actes. ...

Quand aimerai-je le Seigneur mon Dieu ?

Toujours. En tout temps , en tout lieu : Sem^ per laus ejus in ort meo^ Il est toujours si

^igne d'être aimé ! ùu^eni quem diligitanima

fnea ( CanU ui, 4. ) Cor meum vigilaU

( Cajit. V, a. )

Tel est le développement que j'avais à vous présenter de ces paroles : Diliges Dominunu Deurn tuum ex toto corde tuo.... Présentement si je demande à chacun de ceux que je ■vois dans cette sainte assemblée : Aimez-vous Dieu? Chacun se récriera :Certaînéinenttiou»

Taimons. C'est ce qu'il faut examiner. La preuve de l'amour est dans les œuvres : Pro^ batiodilectionis epcJiïbiiio estoperis , (S. Au*».) Vapeur, marque du feu.. Quatre. marques de l'amour divin : l'esprit de prière , l'observation des commandemens , la fuite du péché «t la fréquentation des sacremens.

V Esprit de prière ou souvenir habituel d© Dieu. Parler à Dieu qui, ne dédaigne pas de Jious répondre. Un fils pense à chaque instant à son père..... Tendre sollicitude d'une épouse. Elle écrit à son époux , dévore avec «vidîté ses lettres.,.*. Elle se représente toujours l'objet le plus cher à sa tendresse... Ici il prenait un repas modeste ; là, dans cette ^Uée il réunissait ses enfans.:... Et nous 6 fantômes de chrétiens ! Notre oubli de

Dieu.

a» Obsêhation des commandemens, jRîen ne montre mieux notre attachement enver»

la personne aimée que le soin delui complaire

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tt de prévenir même ses désirs. Passages de la sainte Écriture : Si quis dHîgit me, sermo^ nem meum seivabit. Celui qui ne m^aime j>o!nt, ne garde point ma parole. {^Joan, xiv^ 5i3 j 24* ) ^ n^est pas celui qui me dit : Seigneur , Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux , mais quiconque accomplit la vo-^ lonté de mon Père. ( Matth. vn j ai . ) Qui dicit se nosse eum et mandata ejus non eus»

todit , in hoc Veritas non est. ( 1 Joan. u y

3^ Fuite du péché. Le pêche souille le bel iOeuvre de la création. Le péché est une révolte contre Dieu 5 c'est le meurtrier de J.-C. j c'est le soufQe exterminateur qui éloigne TEsprit divin, (x Thess. v, 19.) Feriez- vous ^otre société la plus douce de l'assassin de votre père? Le flatteriez- vous? Le caresseriezvous , cet assassin horrible? Couronne d'épines, crachats et autres tourmens renouvelés.

4^ Communion fréquente. Est-il possible que Dieu habite avec l'homme ( a Par. vi , 18), se donne à l'homme et s'incorpore à l'homme? C'est îcile chef-d'œuvre de l'amour. Mais quoi ! un fils qui se refuserait aux plus douces invitations de son père, qui lui dirait: Que je vous voie une fois l'année , c'est assez. Application. Routine et sacrilège que nous avons à craindre de la part de nombre de ehré liens.

éxm IBS coMMAiirDBMSirs DB miEu. 19S Prière pour demander à Dieu son saint

amour , et résolution de le manifester par

toute sa conduite.

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