‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 47 sur 83 · COUR UN CINQUIÈME DISCOURS OU INSTRUCTION · texte numérisé non relu

COUR UN CINQUIÈME DISCOURS OU INSTRUCTION

Suite du prebuer gommaj^dement^

êVK LA CONFIAVCS EN DZEIT.

Sonum est tonfidere in Domino quant confidere i/^ homine.

Il vaut mieux mettre fa confiance dans le Seigneur ^ne dans de faibles mortels. ( Ps, cxyiiy v. 8. )

KiXORDE. Si nous nous connaissions ^ si noul^ connaissions bien Dieu , quels motifs n^au»

rions-nous pas de nous défier de nous et de nos forces? Et que de raisons pressantes dVspérer au Seigneur ! L'homme sans Dieu ^ rhomme abandonné à lui-même , Phomme de la nature est faiblesse dans sa chair ^ aveuglement dans son esprit et dépravation dans ^ Tolonté. Mais au contraire ^ si la Religion^

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fii Diea son auteur nous régit et nous gon^ Terne j tout se range à sa voix : la chair se soumet à Tesprit; Pesprit à la vérité; la volonté à tous ses devoirs. Telle est la force que Dieu nous communique ; et voilà Phomme de la grâce. Mettons sous vos yeux Pun et Pautre tableau, et apprenons, je le répète , à nous défier d^une part et à espérer de Pautre.

I" PARTIE. Nous avions été créés dan»

un état dUnnocence : mais notre nature est déchue. Versons des larmes amères sur les ruines d^un bel édifice.... i^^La chair aujourd'hui nous assujettit et nous domine ; elle nous déprime en bas. Depuis la funeste altération causée par le péché , tous nos sens conspirent à nous corrompre et à nous perdre...,. Obligés de réparer nos forces, noua trouvons dans les alimens qui nous sustentent un attrait de sensualité et des pièges renaissans. Le sommeil notis efféminé et ramène dVutres combats. Je n^ose parler de ce penchant honteux et si difficile à vaincre , qui enveloppe presque tous les hommes et presque tous les âges. Voyez, dans les livres de I9 Confession de saint Augustin , ce qu'il lui en coûta pour renoncer à des voluptés funestes et vaincre des habitudes invétérées. O Dieu!

qu^est'ce que Phomme, si vous ne venez &

WB. l.Bé C03SIMANDEMENS BB WEtT. J 97

son secours? Une cendre vile ^ une poussière immonde. -

2^ Poursuivons. Dés que nous rompons notre union avec le Créateur , que de ténèbres assiègent notre esprit ! Faible alors et égaré y il se jette y il se répand sur les créatures ; il sVpaissit avec elles. Saint Augustin nous parle de vapeurs noires et impures qui le remplis-^ saient des plus grandes obscurités. Les idées deviennent basses et rampantes. Jugez-en par les hommes du siècle... Que d'en^euts et d'illusions ! Quel oubli de notre fin dernière !

Quelle ignorance de nos fautes et de nos de* voirs ! Nous ne sommes habiles et clairvoyant que pour découvrir les torts de nos sembla* blés et leurs obligations.

3® Lorsque nous appartenons au vieil Adam y lorsque nous ne sommes point encore revêtus du nouveau , ce qu'il y a de plus malade en nous .^ c'est le cœur. Nous restons vides et affamés ait-dedans ; ou plutôt y du dérèglement de nos amours il naît dans notre sein une triste et nombreuse famille qui se^ licencie y se révolte et nous fait une guerre implacable. Legio mihi nomen est , disait le possédé de l'Évangile. ( Marc, v , 9. ) Que de passions nous tyrannisent! Disons mieux: Y en a;t-il une seule qui ne nous tyrannise pas? Ame cirimincUe , ame malheureuse y que

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de larmes vous répandez ! Que d'occasîonà nouvelles vous aurez d'en répandre î Que de ipésointions faîtes et que de résolutions violées ! Et la vîe se passe dans un cercle de douleurs et de fautes !

Détournons , mes frères , détournons no3 regards d'un si triste spectacle , et voyons ce que produit en nous la grâce de notre Dieu j voyons son triomphe.

II« PARTIE. Dieu, mes frères, fortifia notre chair , Caro autem infiima ( Matth.

xxvi , 4^ ) 5 Dieu éclaire nos esprits ; Dieiv incline et tourne au bien nos volontés.

1^ Dieu est tout-puissant suï les corps comme sur les esprits. A sa voix , les maux invétérés se guérissent 5 les tempêtes s'apaisent ; Pierre marche sur les eaux , et Lazare tessuscîte. Ce ne sont là que de faibles et imparfaites figures.... Une pécheresse pleure , ae convertît aux pieds de Jésus et tourne coritre elle-même ce qui avait servi à sa passion. Augustin s'arrache à ses déréglemens , fait l'édification de l'Église et devient un modèle des plus hautes vertus. Jérôme pratique une continence parfaite. Les martyrs souffrent sans se plaindre les plus incroyables tortures ; et la pénitence a ses victimes. Ce que la grâce a pu dans les uns , elle le peut eu-

srn rss commandemens bb disit. 199 core clans leâ autres : le bras du Seigneur n^est point raccourci.

2^0 Les ténèbres sont dans PÉgypte ; mai& elles ne couvrent point Ph^nreuse terre de Gessen. Que Ton est éclairé , quand on a Dieu pour maître ! Si nous ne repousspns pas sa lumière 9 elle entr^quvrira le nuage épais qu^apaient formé nos passions ; nos cœurs .et nos devoirs nous seront connus. Jugez-en par le changement merveilleux qui s^opère dans les Apôtres au jour de la Pentecôte. Naguères ignoransy terrestres et grossiers, ils devien* nent tout-à-coup des hommes spirituels qui percent les vérités les plus profondes , dont l'Esprit divin élève de plus en plus Pintelli* gence y et qui , à son école , apprécient et dédaignent le monde et ses faux biens. Que d'incrédules nous avons pu connaitre, et qne Dieu a ramenés ! Que de filles de campagne 9 que de pauvres veuves et d'hommes simples y qui ont avec le Seigneur des communications intimes , et dont la science évangélique nous étonne !

3» Enfin , c'est le cœur qui pèche , c'est le cœur qu'il faut guérir. Le Sauveur est ce Samaritain charitable qui panse et cicatrise nos plaies, qui en tempère l'ardeur par une huile sainte , qui en consolide la guérisoii par une liqueur fortifiante, Oh !- quel médecin plus

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puissant ! Selon la doctrine de saint An-

l^stin j il nous détrompe des fausses don* ceurs dn crime ; îl répand en nous d'innocentes délices ; et nous tenons à nos devoirs par les liens du bonheur. Que le ciel et la ferre se réjouissent. Le pécheur rentre eti grâce : c'est aujourd'hui un chrétien fidèle* Tous les penchans se redressent ] tontes les affections s'épurent } et la sainteté se coojomme.

L'homme de la nature ^ mes frères , vous a montré l'extrémité de nos misères; la nou*irelle créature en J.-G. , l'homme de la grâce nous montre l'extrémité des bontés de notre Dieu. Ne nous appuyons donc pas sur nousmêmes ; remontons plus haut. Que tardons* nous? Prions et espérons. Jusqu'ici peut-êtrei 2i'avons-nous pas encore demandé ; peut-être avons-nousmaldemandéjpeut-être avons-nous jrepoussé les dons de Dieu qui nous étaient offerts. Dieu nous ouvre encore ses bras et son cœur : il ne veut pas notre perte, mais notre salut. Âh ! que nos voix se renforcent j que notre ardeur se ranime. Non j non , notre confiance en Dieu ne sera jamais trompée. Unwersi qui sustinent te, non confun* dentur. ( Ps. xxiv. )

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