SUR LES COMMANDEMENS SE DIEIT
reux père j mon fils était mort, il est ressus^ cité ; mon fils était perdu j et il est retrouvé. Mortuus erat et réyixit^ perierat et intfentus est.
Continuons ayee les saintes Ecritures; Comme un oiseau rassemble sous ses ailes ses petits dispersés , le Seigneur nous réunit y nous réchauffe et nous nourrit. Comme uû ami d^autant plus empressé de rentrer en grâce avec nous que nous le rebutons davantage 9 il se tient debont à la porte de notre coeur pour étudier le moment de s^en fair»
ouvrir l'entrée lEcce sto ad ostium etpulsom (Apoc. III) 20.) Fatigué des longs délais de notre ingratitude , il s'assied avec tristesse pour nous attendre ; il élève une voix plain* iive et gémbsante pour fléchir notre dureté.
Ah ! mes frères , qu'un Dieu qui gémit j qu'un Dieu qui pourrait foudroyer et qui se contente de se plaindre , est aimable ! Quoi ! il nous demande de lui donner tout notre amour: Prazèe^JiU mi, cor tuum (Prov.
XXIII 9 a6);et pour l'obtenir, il nous offre le premier le sien ; et nous ne voulons pas ! Il nous comble de ses bienfaits , et nous résistons encore ! Dieu nous aime , et nous ne l'aimons pas ! .11 ne cesse de penser à nous^ de veiller & notre bonheur , et nous ne pensons pas à lui ! II nous tient devant ses yeux; U nous porte lui-même : et nous détournons
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nos regards pour ne point le voir ! O cieux ^ frémissez d^étonnement j pleurez, portes du ciel , et soyez inconsolables ; Obstupescite ^ cœli, super hoc. (Jerem. ii.) Un ami qui a areça de son ami des marques du plus entier dévouement dans des conjonctures difficiles et qui en attend de nouveaux secours, sent redoubler k son égard son attachement et son amitié j tout son cœur s^épuise en sentimens : et. Dieu veut être le premier de nos amis j et nous ne sentons rien pour lui ! Un fils qui voit le riche héritage que son père lui a acquis an prix de ses travaux et de ses sueurs, qui voit la bonté avec laquelle il le reçoit, il lui parle après ses égaremensy ajoute, s^il est possible, à son amour, à sa tendresse : et Dieu est notre père, le meiI-> ïeuT de tous les pères ; et nous n'avpns pour lui que froideur et indifférence ! Un guerrier a-t-il été presque dès Penfaace prévenu par les faveurs de PÉtat ou du Prince? Il s^expose aux plus grands dangers pour leur prouver sa fidélité et son zèle. Les combats , la mêlée, les assauts les plus périlleux , rien ne Peffraie : et Dieu est un bon roi qui à tout fait et fera tout encore pour nous; et nous ne faisons, et nous ne ferons rien pour lui ! O cieux ! frémissezd^étonnement, et vous, pleurez, portes du ciel, soyez inconsolables : ObstupeS" ùle, cœli, super hoc, et portœ ejus, deso^
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iamini vehementer. (Jerem. ii.) Un ingrat est un monstre dans la société : et que sera^* t-il donc dans la religion ? Un cœur dur, un coear ingrat ; celui qui ne frémit pas à ces mots^ dit saint Bernard, il porte un caractère de réprobation ; il est endurci lui-même.
Non 9 Seigneur, non, je ne veux point être ce prodige effiroyable d^endurcissement et dMngratItude ; non , je ne le serai point.' C'est trop long- temps vous retenir j coulez , coulez , mes larmes. Dites à mon Dieu que je Paimej dites- lui tout au moins que je voudra Taimer davantage. Je ne saurais trop vous le répéter : ô mes chers frères, comblée des grâces du Tout-Puissant, enrichis de ses dons, objets fortunés de ses miséricordes et de ses complaisances, soyons reconnaissans. Pensons sans cesse et dans Peffusion de nos âmes au meilleur des maîtres, au plus ten« dre des pères. 'Bendons amour pour amour :
îl est si doux d'aimer le Seigneur et de lo servir !
Craignons, ai nous repoussons la tendresse du Dieu sauveur, d'éprouver un jour les châtlmens du Dieu vengeur. Craignons que les coups de grâces , selon le langage de notre plus éloquent prélat (^Bossuei)^ ne se changent un jour en coups de foudre. O vérité effrayante ! O menaces qui vont peut-être s'accomplir! Craignons d^étreParbre mort que Iç
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jaidinierarraclie et jette au fea^le figuier stëlile qu'un Dieu lui-même a frappé de malédic<^ tionetd'anat]ième(Matth.'xxi) 19); craignons d'être le peuple <{u'il réprouve y la Jérusalem infidèle qui fut donnée en exemple à tout« la terre 9 et dont la dernière ruine fit con* naître combien est épouvantable la tempête des divines vengeances qui éclate enfin sur les ingrats. :
Pardon , Seigneur j pardon. Suspendes Tarrêt de notre condamnation et retenez votre bras. Assez et trop long-temps, 6 moa Dieu, j'ai yécu dans une sorte d'indifférence <et d'insensibilité, dans l'oubli de vos grâces et de tous mes devoirs. Mes plus belles an- Aiées, je les ai perdues en ne vous les consa<« crant pas ; les richesses dont voi)s aviez com« hié mon ame, mon ingratitude les a toutes dissipées. Comme une eau fugitive , elles s'écoulèrent entre mes mains. Fallait-il donc qu'on me rappelât enfin & la reconnaissance que je vous dois? N'était-ce pas à mon cœur à m'en instruire? Ah! qu'il sorte de la léthargie funeste dans laquelle il s'était plongé: honteux de ses égaremens et fidèle à vos dons, qu'O vous bénisse sans cesse, 6 mon Seigneur, 6 mon Dieu ; qu'il s'occupe à jamais de vous et de votre amour. Et n'est-ce pas son plus grand intérêt et sou bonheur de
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VOUS aimer, comme le plus grand malheur serait de ne yous aimer pas ?
O Dieu ! faut- il s'écrier ici avec saint Augustin j 6 amour ! 6 charité ! 6 feu , qui brûlez sans vous éteindre , allumez-moi 3 enflam* znez-moi ; embrasez-moi ;. consumez-moi. O ignis qui semper ardes et nunquàm extinguéris, caritas, Deus meus, accende me*
Puissent ces sentimens , mes chers frères ^ se graver de plus en plus dans vos âmes , et y produire des fruits durables dans le temps et Pé terni té ! C'est la grâce que je vous souhaite.
:ibo TZAVS DE BISCOTTAS