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s^il faut le dire, elle a un saint aveuglement.. • Ab ! chrétiens j n^ayons une critique sévère que pour nous-mâmes. NUnterprétons point en mal les actions de nos semblables ; n^en snspectons point les motifs ; ne soulevons le voile qui recouvre toutes choses que pour apercevoir nos propres défauts. . . Ne serait-ce point le contraire? Nous voyons une paille dans Toeil du prochain , dit le saint Evangile^ €t nous ne voyons pas une poutre dansle nôtre • Trabem in oculotuo non acides (Meiiih. vu, 5).
Poursuivons. La chanté en quatrième lieu ne se pique et ne s'aigrit de rien : N'en i/rt'tatur. (iGor. xui,5.)Pointd^ombrage, point d^exigence, point d^envie... Je voudrais que tous prophétisassent, s^écrîait un ai^cien juste. {N'uni. XI, 29.) Hé! que J.-C. soit annoncé, n^est-ce pas ma plusgrande joie?s^écris^it saint Paul. {Philip, 1, 18.) On se trompe, si Ton croit contrister par là ma captivité. Les personnes avec qui nous vivons réussissent-elles mieux que nous et sont- elles plus aimées?
Soyons les premiers à applaudira leur mérité, et nous participerons ainsi & leurs succès.
Quod tuum est per laborem , nysum peramo* rem. (S. Aug.)
5^ La charité ne prend point Jin. Charitar nunqùàm excidit. (1 Cor. xin ^ 8.) Les défauts des hommes et leur ingratitude ne sauraient la tarir. Seule elle forme des liens du-
8U& LES C0MMA:I71>£»IENS DE DIEU. 25^ tables. Vanité des amitiés humaines j leur instabilité. Vanité de tout ce qui passe ^ comme la fortuné et la beauté. La charité a un fondement plus assuré ^ un fondement éternel, v Dieu reste, et la récompense est certaine* N'ayez donc ni décôuragement^ni lassitude, ni ennui. Dieu resté, vous dis-je; et la récompense ne saurait tromper vos vœux.
Telles sont, mes chers frères, les idéesque saint Paul nous donne de la charité. Maintenant élevons nos vues encore plus haut, et cherchons aussi dans les exemples de J.-C.
les caractères que doit a voir notre amour pour nos semblables.
II« PARTIE. Le Sauveur est le modèle d^ chrétiens. C'est sur lui que nous devons tenir nos regards attachés ; Aspicientes in auctorem Jidei. (Heb. xu , 2.) La manière dont il nous a ai mes est, selon ses divins oracles, la manière dont nous devons aussi aimer nos frères. Or je trouve que J.-C. a eu pour nous un amour universel, personnel , gratuit et infini. Notre charité pour le prochain a-t-elle donc quelque ressemblance et quelque proportion avec la charité que J.-C. nons témoigne?
\^ Amour universel de Jésus. Le soleilluit sur tous... Le champ dn juste et celui de Pin*juste sont fertilisés. (MaUh. v, 45.) Dans
^6o PtÂfts BS BtseouM .
Tordre de la grâce aacunn^estexclas da prîjt de la rédemption y s^il ne s^exclut lui-même. Pro omnibus fnprtuuSé.. (2 Cor. y.) Et voas^ cbréti/ens j trouvez un homme qui ne soit pas limage de Dieu et qui ne puisse pas deyenir "un ëlu : on vous permet de ne point Paimer* C^est un Samaritain; c^estun hérétique : aimes toujours. La charité ne s^arrête qu^aux portes des enfers : ne repoussons que le démon et le péché.
s,^ ^/nourper^nne/. II ne faut pasque cette i^harité générale ne détermine aucune application particulière. Dieu, ditnnPèrede PEglise, prend soin de tous les hommes comme s^ils étaient un seul ; il prend soin d'un seul comme s'il s'agissait de tous. Sic curât omnes quasi unum; sic unum quasi omnes. (S. Léon.)£t qui de nous ne doit s'écrier avec saint Paul : C'est moi que J.-C. a aimé; c'est pour moi qu'ils'est livré {GaL 11, 20)? De même , que chacun de nos semblables soit pour nous à chaque instant et à chaque occasion un objet qui nous devienne de plus en plus cher : c'est actuellement 9 c'est tendrement que nous devons témoigner à chacun d'eux les sentimens de bienveillance qui nous animent.
3® Amour gratuit. Âh ! qu'aucun défaut tie nuise à l'exercice de la charité; sinon nous n'aimerions personne... Ne nous a-t-il pas «té dit d'aimer notre prochain comme uou&«
StTR lfi« CÔMMAlTDfiMlBKS DE MBIT. IlÔÈ mêmes? Sicut te ipsum, (Matth. xxii.) Or nous nous supportons si bien et noas nous chérissons si parfaitement malgré nos imperfections et nos incroyables misères. •• Ayons pour les autres la même mesure qu^envers nous : Sicutte ipsum . Et certes dansqnel temps le Seigneur nous a-t-il aimés? dit saint Paul : Lorsque nous étions eufans delà colère ^ loîn de Dieu par nos affections déréglées , morts par nos péchés. Eramus naturd Jilii irœ...^ Càm eratis longé,,,* Cùm essetis mortui^ (Eph. II.)
4** Amour de J.-C, pour nous infini dans ses effets n SaintPaul y trouvait une sorte d'excès : Propter nimiam charitatem, (Ibid. 4») Le Sauveur nous a prodigué ses grâces sur la croix et dans le sacrement des Autels.... Il a iramolésaviepour nousjilsedonneàhous.»* Notre charité pour nos frères devrait être la plus grande passible, puisque nous ne pouvons l'avoir infinie. Il faut être selon l'Evangile dans la disposition de nous sacrifier à nos semblables : Ità et nos debemus pro fratri»
bus animas ponere, (i Joan. m, 16.) Mais les occasions de mourir pour le prochain sonf rares ; au moinsdévouons-nousàlui dans toutes les circonstances; et vivQns pour lui faire du bien.
Cette morale de la ctiarité qui parait si douce et si consolante^ elle m'efiraie; mxa
a6^ PLANS DE DISCOUKS
Ceux-là sont blasphématears qui par vm âécouragementextrèmecroient ou disent qae Dieu les oublie et ne |H*enâ aacun soin du inonde... (7o4. xxu, i4- ) Dieu votre. père, TOUS oublier! Une mère, disent les saintes Ecritures, oublia-t-elle jamais le fruit de ses entrailles? Mais quand elle viendrait à Poublier , pour moi , ô Juda ! ô Israël , je ne vou5 oublierai poiut. Numquid obliuisci potest mulier infantem suum? ... Ego tamen non obliuiscar tut» (Is. xlix, i5. ) Dieu vous négligea-t'il jamais, lui qui soigne les plus, petits passereaux (Zuc. xii , 7)? Ce Dieu de bonté a compté les cheveux de votre tête 5 il entend vos gémissemens; il exauce voslarmes.
(Pj. ci,ai.)
Comment pouvez-vous croire que Diea laisse flotter à Paventure les rênes du monde ^ lui dont toutes les œuvres annoncent la haute sagesse et manifestent Famour? Nous voyons â peine quelques coins du tableau , et nous voulons prononcer sur toute Pordonnance l Mille ressorts secrets de providence qui nous échappent... Nous connaîtrons un jour les voies admirables dont Dieu s^est servi , et nous adorerons la profondeur de ses desseins.
Il est horrible le crime qu^on commet en s^àttaquant à Dieu par ses discours, en Paccusant de cruauté on dMmpuissance. Punitions exercées sur les Jtti&. Blasphémateur
SUR LES COMMANDEMEKS »B fyttXT. 2(55 lapidé par ordre de Moïse. Peioes civiles aa temps de saint Louis.
Ceifx-li enfin sont blasphémateurs, mais dans un sens différent ^ qui parlent avec irrévérence des Saints. O Dieu ! des bouches grossières ) inspirées ou soufflées par les en« fers, que n^ont-elles pas dit de votre bienheu-. reuse mère et de son inviolable virginilé?Outrager Marie , c^est outrager le Rédempteur lui-mème« De même, ce quWdît des Sainte retombe sur J.-C, auteur de la sainteté; et si les discours licencieux et mordans contre les chefs des Étals sont réprimés par les lois y combien à plus forte raison ne doivent^ils pas Tètre y ceux quW ose se permettre contre Dieu et les habitans du céleste séjour ?
Passons au sacrilège.
Il* PARTIE. Le saerUège estnne pTùÙL^ nation d^une chose sainte. Il y a cinq sortes de sacrilèges^ •« envers les lemples, envers la parole sainte 9 envers lespersonnesconsacrées k Dieu y envers les images et les reliques des Saints, et envers les sacremens.
..«. Erwen les temples. Nous ne vous rappellerons pas ces jours de douloureuse me-:
moire où une multitude frénétique venait dans nos églises célébrer des danses tnmultneuses.et abominables , se livrer k Pintempérance y tenir des assemblées d'irréligion et
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de révolte^ mutiler les statues, souifler les murs j renverser les autels , là où le Sauveur s^était immolé) où les Anges avaient adoréavec prosternement , oùles fidèlesavaient été régénérés, absous et sanctifiés. Ces désordres ne sont plus.: les lois protègent le Christianisme... Mais venir dans le saint temple pour •voir des personnes d'un sexe différent, pour être vu, pour causer avec indécence , pour se tenir dans une posture peu convenable , pour dédaigner de fléchir les genoux. .. Que ces fautes sont ordinaires ! Il faut un extérieur si composé , si respectueux dans la demeure des princes... Hé quoi! dans le palais du Roi desrois...!
En%fers la parole sainte ou la sainte
Écriture. Saint Augustin veut qu^on ait pour elle le même respect que pour le corps de Jéaus-Christ. Mais on entend avec malignité la prédication évangélique ; maisonPapplique aux autres ; mais on la tourne en ridicule j mais on plaisante sur des vérités dignes de notre vénération; mais on convertit les oracles les plus sacrés en paroles bouffonnes!. • Craignez, chrétiens , que Dieu ne vous livre a un aveuglement consommé; craignez qu'il ne vous envoie la famine de sa sainte parole. ^Arnos. viii, ii.)
Eni^ers les personnes consacrées à
Dieu. Que u'avon^-nous pas vu et que ne
suit LES COMMANDEMEKS BB DIETT. V^^J
TOjons- nous pas encore? Les dénoncer, les fi*appery contracter avec elles des mariages impars y tomber en faute avec elles , les calomnier, en médire... Se railler de Tétat re-^ ligieux et de ses observances^. • Se railler de la dévotion et des personnes qui la pratiquent. Être ennemi déclaré du sacerdoce : Qui vos spemit, me spemit, (Luô. Xy 16.) Jésabel porte la peine des mauvais traitemens qu^elle avait faits aux prophètes. Enfans qui insultent Elisiée, dévorés par les ours. {^Jieg. 11 , 23. ) Les pasteurs de PEglise, soit assemblés, soit dispersés, quandils jugent, ils sont infaillibles; mais ils ne sont pas impeccables,.. Savoir distinguer le ministère du ministre et les abus qu^on se permet de la chose dont on abuse.
...Envers les images et les reliques... Honneur suprême qui se rend à Dieu seul. Hon* neur secondaire qui se rapporte aux Saints et qu^on leur a décerné dans tous les temps.
Si Ton vous arrachait ce portrait; si Ton. remuait les cendres de vos ancêtres et qu^oa troublât la paix de leurs tombeaux. •• Si Ton mutilait les statues des princes... Quelle dou* leur! Pourriez-vous maîtriser vos transports? Et vous ne voulez pas que nous respections profondément et que nous chérissions les représentations et les restes des héros du Christianisme, àe ceux qui ont le plus honoré le siècle et TEglisiB !
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Sacrilège enfin envers les sacremens. Le« détails ici seraient immenses. Mauvais choix de parrains et de marraines an baptême. Enfans qui se présentent d^eux-mémes à la confirmation ) ou qui la reçoivent sans disposition aucune. Horrenrs dites sur la confession* Indiscrétion du sexe qui révèle les avis donnés. Dissimulation des fautes. Communion en mauvais état. Doctrine de saint Paul sur ceux qui avalent leur jugement et leur condamnation.
( 1 Cor, XI, 219.) Que faites-vous? Barbares, arrêtez; vous égorgez le divin Agneau ^ vous ne vous en nourrissez pas. Si inimicus meus rnaledixisset mihi ^ sustinuissem utique»
(Ps. LIV, i3)*
Ne nous étonnons pas , mes frères , de tant de guerres et de fléaux. Le Ciel est irrité des blasphèmes et des sacrilèges qui déshonorent la face du Christianisme ; sa vengeance se répand à grands flots sur la terre : Ira Dei su» fer terram. Désarmons son courroux et redoublons )i03 hommages.
SUR XES C0MMANDBMBK8DE DISU. 269 ^ ••^