SUITE DU PREMIER G0MMANDEME3HT
BVK Z.A StrVEESTITXON ET L^MPlili.
Dominum Deum tuum adorabis* ( Matth. c. it. )
Je termine aujourd%ai Pexplicationdu premier commaDdement de Dieu , en vous instruisant sur la superstition et Timpiété.
!'• PARTIE. La superstition est une observance vaine et dangereuse^ un culte mauirais rendu k Dieu ou à la créature contre Tordre de Dieu etPesprltde la véritable religion. Ten donnerai des exemples.
Celui-là est superstitieux qui , vivant dunâ le péché et voulant 7 vivre ^ met une confiance que je puis appeler matérielle , dan$ telle image y telle relique , tel pèlerinage ou telle prière récitée un certain nombre de fois....
Celui-là est superstitieux qui attribue i certaines choses des vertus qu^elles ne peuvent AToir : ainsi le sel qui se renverse ^ deux .
n^O PLAM DE BI5CÔVR9
petits meubles qui s^ajusteat en croix , le nombre de treize^ les songes, le cri d^un oiseau , Papparition d^une comète, voilà ce qui vous fait appréhender avec puérilité des événemens sinistres. Vous distinguez des jours heureux ou malheureux. Saint Paul se plaint des Galates à ce sujet : Dies obsetvatis, et menses, et tempora, et annos. (Gai. iv, lo.) Jecrains dès-lors, ajoutait-il ,d*avoir travaillé en vain au milieu de vous.
Celui-là est superstitieux qui cherche hors de Dieu la guérison de^ ses maux et la connaissance de l'avenir. Parlerai- je de tel remède qui n'a aucun rapport avec une maladie , maïs appliqué de telle ou telle manière ?.... Parlerai- je de telles herbes cueillies à telle fèteî Je sais que le Démon peut faire d'habiles conjectures et qu^'il n'est pas sans pouvoir : mais parlerai- je des imposteurs qu'on nomme sorciers, et des faiseurs d'horoscopes? Parleraî-je des sortilèges et de certains maléfices prétendus?... O Dieu! quelle est la faiblesse de l'esprit humain!... Dieu seul peut vous guérir. Il ne tombe pas sans lui un seul che- Teu de votre tête. L'avenir n'est connu que de Dieu.
Si j'habitais une campagne éloignée, avec quelle délicatesse extrême je combattrais les idées superstitieuses? On craint avec le pauvre peuple qu'en arrachant l'ivraie, on n'ar-
SUR LES COMMANBBMEKS BE DIEU. 2^1 Tache aussi le bon grain. Ne forte eradicetis simul et tnticum, (Matth. xtii, ap.) J'oserais cependant dire : Faites usage de votre sens naturel ; réfléchissez ; consultez les mai* très en Israël ^ vos pasteurs les plus éclairés et les plus vénérables.
Deux inconvéniens gravés naissent de la superstition. 1^ Vous offensez Dieu. 2^ Vous nuisez à la Religion elle-même.
Vous offensez Dieti^ et comment? Vous méprisez ses ordres ; vous foulez aux pieds les défenses et Penseignementde son Église; vous ne voulez point écouter vos pasteurs ; vous transportez à une créature la toute-science ^ la toute* puissance qui ne convient qu'à Dieu j vous attendez quelque chose de Pennemi de Dieu ; vous désirez traiter aveclui. Saûl^ pour qui c'était une habitude de désobéir au Seigneur, veut interroger le père du mensonge,' comm^ pour découvrir en dépit de Dieu même ce que Dieu lui tenaitcaché. Le prophète Samuel sort dutombeau^etfaitàSaûl une manifestation si terrible,,que ce prince reste écrasé sous le poids de sa douleur, (i Reg. xxviii.)
^^ Vous nuisez à la Religion. Voici de quelle manière : vous apprêtez à rire à l'homme du monde , à l'hérétique et à l'infidèle , par vos pieuses absurdités. De là des sarcasmes et deà imputations calomnieuses contré une religion source de lumières et de ra^n,
une religion amie des sciences j une religi(Hi qui adore en esprit et en yérité...
Ne parlons pas davantage de la superstt-*^ tion : un mal plus grand encore, mes frères^ et plus répandu, est celui de Timpiété doni je vais traiter dans la seconde partie de cette instruction.
II* PARTIE. Ne point s'instruire de sa religion, ne point en pratiquer les exercices çst un commencement d^Impiété. On ne s^en tiendra pas là. Comme on a des passions et qu^on veutJes satisfaire y comme on est pea délicat sur ses liaisons et ses lectures , ou se fait d'abord des idées larges... On prend et on laisse. .. On doute et on chancelle. •• La vérité fat%ue : pn la nie. On voudrait la faire nier aux autres afin de se rassurer parle nom» hre. Bientôt on ne connaît plus de frein; oa afBcbe une irréligion ouverte. Lorsque Pim-^ pie,. par une marche progressive,, est arrivé à ce point, il perd la société par les, affreux principes qu'il dissémine j il achève de se per* dre lui-même.
lo // perd lasaciété. Si vous persuadez aux hommes qu'ils ne sontpasenfansd^un mèjne père, ni héritiers d'un même ciel, quoique l'Écriture Sainte l'enseigne jsi vous leur ditea qu^ils ont été jetés ici bas à l'aventure, vou^ les dt^suuissez tous, ei Ppus devenons hidiflcf
SUR LES COMMAKDEMSKS 1>S BlEtT. 27a rens les ans aux autres. S^il n^y a ni devoirs moraux à remplir y ni récompenses y ni peines i attendre, le vice et la vertu ne sont plus que des chimères; on peut tout entreprendre , tout oser... L^honneurde vos épouses nVst pas en sûreté; On ne respectera pas même sa propre famille. Mais le sentiment ! Péducation ! Le sentiment est absorbé par Pembra* «ement d^une passion violente ; Pédncation n^est pas le partage de tous ; puis elle veille sur les dehors ; et il faut porter le remède aa dedans. L'éducation se tait dés qu^il n'y a pas de témoin et que le secret est absolu. Otant la. religion I vous 6tez le ciment de Fédifice social. Tout se désassemble. Brigandages et révoltes. Tribunaux qui frémissent des crimes qu'ils oot à juger. Jeunesse impétueuse etin« subordonnée que rien n'arrête. ••;. Remettes la Religion en honneur; tout renaît avec elle. 2^ L'impie achèi^e de se perdre dans le sens le plus étendu qu^on puisse donner à ce mot»
Plus de consolation ; plus d'idées grandes et majestueuses; plus de contre-poids à vos chagrins; plus de soutien dans vos maladies ; plus de répression pour vos désirs. Dégoût et satiété; votre cœur restera mécontent et solitaire. Le remords accable; l'existence devient odieuse. On était fait pour la religion ; et l'on est dans un état violent dès que l'on se jette hors de son sein... Et l'éternité! Laquelle
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de ses deaz portes s^ouvrira sar vous? Pen* sez-y... Qa^ajoaterai-je? Ce jeune insensé qui sVst détruit ; cette fille déshonorée qui attente au fruit de ses entrailles^ ce père qui succombe alors à sa douleur profonde.... Impiété ! voilà votre ouvrage. Chrétiens , remontez à la source.... Que le tableau fidèle que je vous ai offert vous effraie et vous corrige. Résumons. Les uns croient trop; c^est superstition. Les autres ne croient pas assez j c'est impiété. Nous^ mes frères, soyons dociles à la voix de Dieu et à celle de son Église. Qu'une foi pure se grave dans nos esprits et dans'nos cœurs. Combien les preuves de no* tre sainte religion ont éclaté! Testimonia tuap Domine , credibilia facta sunt nimis (Ps* xcii) 5.) Croyons donc, vivons et mourons dans notre sainte croyance. Ainsi soit-il»
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