‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 59 sur 83 · ONZIÈME INSTRUCTION · texte numérisé non relu

ONZIÈME INSTRUCTION

SECOIO) COIOIANDEMENT.

SUB. I.E JURBMSÏirT.

^o7i assumes nomen Domini JDei tui in vanum.

Vous ne prendrez point le nom du Seigneur Totre Bien \ù vain. £xod. c. xx. )

LiE second commandement da Décalogue et de la morale évangéliqae règle ce qui concerne le jurement. Le jurement est un acte par lequel on prend Dieu à témoin de la vërité decequ^ondit. On jure^soit pour assurer qu^une chose est ou n^est pas j soit pour confirmer une promesse ou une nienacequePon faitàquelqu^un* Voici dans cette matière importante la doctrine à établir. \^ On 'peut jurer dans certaines circonstances^ mais avec des conditions requises. 2P Quatre sortes de péchés graves sont défendus par ce comman* dément.

I« PARTIE, Que Pon puissedans quelques

"^jô pZiANs Bs Biscoims

occasions interposer le nom de Dîea et faire serment ^ nous le savons par la sainte Écritore, ce Dieu , dit saint Paul {^Heb, yi) , dans ce la promesse qu'il fit k À.braham , n'ayant ce point de plus grand que lui par qui il p&t <c jurer, jura par lui-même et lui dit : Âssu-* ce rez-Tous que je vous comblerai debénédica tions. Les hommes, continue P Apôtre , jute rent par celui qui est plus grand qu'eux j <c et le serment est la plus grande assurance ce qu'ils puissent donner pour terminer tous <c leurs différends. »

Aussi saint Paul ne craint-il pas d'employer quelquefois le serment pour ajouter plus de poids à ce qu'il affirme. Il écrit aux Romains: « J.'G. m'est témoin que je dis la vérité; )e €€ ne ments point, ma Sonscience me nsndant ce témoignage par le Saint-Esprit. tH" f^erita; tem dico in Christo, non mentior, (Rom.

IX, 1.) Il écrit aux Corinthiens: ce Je prends <K Dieu k témoin , et je veux bien qu'il me <c punisse de mort si je ne dis pas la vérité ; <ç que c'a été pour vous épargner que je ne <€ suis point encore allé à Corinthe.» (2 Cor.

S'il est permis de jurer, il n'est pas permis de le faire légèrement , le serment étant un .acte religieux où la Divinité intervient et au* quel on ne doit se porter qu'avec un frémissç;Qaient respectueux, a Vous jurerez, dit le

SUR LES COMMâNDSMEK'S DE DfEtf. 277 •c prophète Jérëmie , dans la Terlté., dans le ce jugement et dans la justice. » Et jurahis^ viuit Dominus, in veritate, etinjudicio, et in justitid. (Jerem. iv , 2.) Ces trob conditions sont strictement indispensables.

Jurer dans la writé, c'est ne rien affir* mer avec serment qui ne soit exactement Trai, dont on n'ait nne entière certitude ; c'est ne s'engager à rien avec serment , soit par promesse j soit par menace , qu'on n'ait une volonté absolue de l'accomplir. In ve^, ritate.

Jurer dans le jugement, c'est le faire par nécessité ou pour une grande utilité. Par nécessité : lorsqu'on est appelé devant les tribunaux et que les juges requièrent le serment. Pour une grande utilité : quand par exemple l'intérêt spirituel ou même temporel du prochain demande qu'en parlant on emploie le saint nom de Dieu pour faire plus d^impression sur l'esprit de ceux que l'on veut cou" Taincre : In judicio.

Jurer dans la justice, c'est ne s'engager par serment qu'à des choses justes et raisonnables* Accomplir un serment qu'on aurait fait par un esprit de cupidité ou de vengeance , c'est un nouveau péché : In justilia.

Vous conclurez de tout ceci ^ que les sermens doivent être rares et qu'il ne faut les prêter qu'avec une sorte de solennité. Aussi

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J.-C. blâme-t-il avec force un abus trop ordinaire aux Juifs , qui était d^employer sans cause le serment dans leurs entretiens et dans le commerce ordinaire de la vie. Il veut que Von. se contente d'une affirmation ou d'une «impie dénégation. {Matth. v, 33-37.)

II« PARTIE. Examinons maintenant les péchés les plus graves opposés au second cornmandement. C'est le parjure ; c'est la profanation du nom de Dieu ; ce sont les impré* cations et les paroles grossières.

1^ Le parjure. Crime effroyable qui tient de l'impiété et de l'athéisme. Croit-on que Dieu existe, et ne brave- 1- on pas tousses foudres, quand, pour faire croire une fausseté, on ose appeler en témoignage la vérité étemelle , et l'on s'efforce de la rendre complice et comme garant du mensonge ?N'ê tes- vous pas le meurtrier de la société qui repose sur la sainteté de la foi et des sermens ? Ne vous donnezvous pas une double mort à vous-même en perdant votre ame , pub tout honneur et toute probité?

2.^ Le jurement du nom de Dieu dans la colère. Nom saint, i^om terrible {Ps. ex, 9), qu'il ne faudrait prononcer qu'avec respect ^ avec amour.... Nom tellement sacré, que les Juifs, comme je vous l'ai dit déjà, ne le prononçaient point et n'osaient l'écrire. Et

SUR LES GOMMANDEMENS DE DIEU. 279 aujourd'hui!*.. Il n'y a pas jusqu'aux petits enfans qui ne déchirent nos oreilles et n'affligent nos cœurs par ce jurement que je puis dire monstrueux.

3* Imprécations. Je ne me transporte point dans vos rues que je n'entende de tous c6tés ce serment : Que Dieu me perde, que Dieu me damne, si.... Hé! quel besoin avez- vous d'employer ces expressions qui me fatiguent?

Il y a de l'irrévérence ; et voys vous familiarisez tellement avec ces mots redoutables qu'ils ne produisent plus aucun effet. Souvent encore on invoque le Démon ; et dans des accès d'emportement et de fureur, on se donne à lui avec toute sa famille. Je crois que vous lui apparteniez déjà, puisque vous tenez un semblable langage. Souvent on appelle la mort avec un désespoir plus ou moins réfléchi. Saint Paul disait, il çst vrai: Desiderium habens dissolyi (Philipp. i , 28), mais dans un sens bien différent. Qui ètesvous pour souhaiter votre mort? O découragement! 6 lâcheté! Seriez- vous en état de paraître devant Dieu? Oi!i iriez-vous si vous mouriez ?

4* Enfin, paroles grossières, paroles ordu- TÎères qui se pressent à chaque instant dans la bouche des gens, de guerre et des gens de peine ; signe certain d'une mauvaise éducation et d'une ame brutale •

%So PXiANS DE DISCOURS

Ah! Seigneur, si Ton doit rendre compte d'an discours inutiie i^Màtth. xii, 36), s^il ne tombe pas un mot à terre que votre jugement ne le relève pour le peser dans ses bahnces , veillons aur nous et prions. Mettez vous-même, 6 mon Dieu, unifreinàmabou* cbé et une porte de circonspection à mes lèvres : Pone, Domine, aûtodiam orimeo...

(Ps. CXL, 3-)

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