TREIZIEME INSTRUCTION
SUITE DU TROISIÈME COMMANBEMEIiT.
•VR C£ QUI SSTDirBNDU AUX JOURS J>E DISIANCB^S ET FÂTE8.
Mémento ut diem sabbati sanctifices, (Ezod. c. xx. )
Jour heureux que celui où la multitude des fidèles, unie de corps , d'esprit et d'ame, se rassemble dans nos saints temples ! Jour }u;a-
sSi MANS DE mscauKS
veux que celui où les fatigues se suspendent ^ les esprits s^exercent aux plus utiles vérités y
les cœu?s se consolent; où le pécheur
fonne la résolution d'un heureux retour, le juste se livre à Tespoir dériver k une plu»
haute perfection {Apoc. xxti , 1 1) j où Phomme rustique s'adoucit et se civilise , où l'enfants'instruit, où les consciences s'épurent!..' Ces fruits salutaires , nous les retirerons , si nous sanctifions les dimanches ainsi que \e l'enseignais dans lé dernier entretien* Réca^ pituler cet entretien.
Ck>ntinuons cette intéressante matière; et après avoir mis sous vos yeux ce qui est ordonné y traitons de ce qui est défendu* Trou
choses: le travail y la dissipation et le
péché.
i<> Le trai^ail corporel ou œuvres serviles (^Exod. XX, 10 ), c'est-à-dire les occupations pénibles du laboureur, du journalier , du vigneron et de l'artisan 5 c'est-à-dire le commerce du marchand, le débit de vin que ferait un cabaretîer (les voyageurs exceptés)} l'ouvrage de filer et coudre, et tout ce qui s^y rapporte ; les charrois, transports demeu'^ hles, mesurages de bois, les achats et les ventes.
Ne croyez pas que j'excuse le notaire qui rédige, le jurîsconsulteqni,en ces saints jours, ikit des consultations ou des arbitrages ^ a
àV% L£S COMMANDBMBNS DE DtElT. 2^5 moins cju^il n^y ait and nécessité réelle ou unç {grande utilité. J^en dis autant des travaux de campagne que peat commander une maturité excessive y on la crainte d^un orage ;*• de même sHl s^agit du débit des remèdes ou de celui des comestibles qui sont d^une consommation journalière . • •
Vous savez ) mes frères, que des autorités éclairées viennenten ce moment de proscrire dans cette ville de crians abus qui déshonoraient la sainteté du dimanche. La crainte des hommes Qbtiendra de vous ce que la crainte de pieu nVût îamais obtenu. •• -— Mais si je ne travaillais pas y d'autres travailleraient...; si je ne vendais pas, d'autres vendraient et auraient tout le pixy/it,». Langage ignoble! O hommes de peu de foi , cherchez d'abord le royaume de Dieu, et le reste vous sera donné par surcroit. Qiiœriteprimàm regnum Dei,..
(Matth. VI, 33.) Pietas ad omnia utilù est.
^1 Tim. IV, 8«) Que de bénédictions se répan« draient sur vos travaux, si vous étiez pi us fidèle à la loi du Seigneur !... Nisi Dominus œdifl-' caverit domum. (Ps. cxxvk)«— Mais, a joute- 1** on encore, il vaut mieux travailler que médire. Ce propos si souvent répété m'y faitsoup* çonner quelque sottise. Il vaut mieux travailler que médire : soit ; ne faites ni l'un ni l'autre. Il vaut mieux se rompre une jambe que de perdre la vie : soit} conservez, si
VOUS pouvez, Tintégrité de Tos membres et YOtre vie...
2<> Cette morale bous est étrangère , diront la plupart de ceux qui m'entendent. Votre tour viendra peut-être , si je vous entretiens de la*seconde contravention :... la dissipa* tion. Elle consiste en des repas somptueux et prolongés qui empêchent d^assister à vêpres, en des danses, des parties de campagne, des promenades oiseuses et des conversations insipides. Mais quoi! quelle étrange se vérité !... Ah ! mes frères , on sera toujours absurde et ridicule en voulant rendre le monde chrétien. —Cependant, direz-vous , le dimanche est le jour du repos. Entendons-nous ; c'est le jour de la cessation des travaux qui vous absorbent, afin que vous puissiez vaquer à votre salut; c'est le jour de la sanctification. . . Mais l'usage ! J.-C. est la vérité , disaient les Pères d'un concile. ( ConciL Carûi. ) Il ne se nomme pas l'usage... Mais les personnes pieuses cou* rent elles-mêmes aux fêtes des patrons , invitent leurs connaissances , passent les nuits de ces saints jours à voir les danses ou à dan« serelles-mêmes.. é Je réponds qu'elles pèchent grièvement et qu'en cela elles ne sont point pieuses; et irritai^erunt me... Sabbata mea molas/erunt.
Z^ Je parle à regret de la troisième contravention : du péché. On ofïense plus Dieu au
SUR LES COMMAND£MEKS BS DIEU. 28^ joordu dimanche que dans toute la semaine.
Il a fallu presque nous réjouir , lorsqu'on a supprimé des fêtes. Nous avons dit: Il y aura donc moins de profanations , moins de scandales et de rixes. ..
Ecoutez j hommes de campagne que je Yois et qui êtes venus à la ville. Ecoutez , peuple. Les dimanches sont les jours du démon, des tavernes et des danses. Je n^ai pu souiller la chaire évangélique par ce mot taverne, que vous ne vous soyez représenté ces maisons d^intempéranceet de jurement où... C'estan jour du dimanche que de jeunes effrontées cherchent à provoquer au péché;... que de jeunes garçons préméditent dans les soirées et jusqu^au milieu des nuits la séduction et le crime!... GVst au jour du Dimanche que les domestiques oisifs passent les maîtres en revue ; que des calomnies et des médisances empestées mettent en feu et les villes et les campagnes !
Mes frères", je vais encore vous le répéter.
La colère du Seigneur éclate de toutes parts. Nous abandonnons le Seigneur: il nous abandonne. Prévenons de nouveaux eflets de son conrroux; et employons les saints jours à demander grâce et à obtenir de nouveaux bienfaits.
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