QUATORZIÈME INSTRUCTION
QUATRIÈME COMMANDEMËinT.
tUB. Z.E8 DETOXES DBS BNVANt.
HonoM pairem tuum et matremtuam ut sis îangosvtu super terram, ( EjLod. c. xz. )
HûnoreK votre père et Totre mère afia que tous yîne» long-temps sur la terre.
Jj^ORBas social repose sur PobservaUôn mut aelle des devoirs d^infërieurs et de su périe urs . De ces petits états qu^on nomme familles se composent les monarchies et les empires. La société tout entière est pleine de vigueur et de prospérité j si Punion et la vertu régnent dans les familles* C^est pour nous faire atteindre ce but^ que le Seigneur a dicté le quatrième précepte qui est le premier de la se* conde table (£]pA. vi , 2) y et qu^une récompense terrestre et sensible est spécialement attachée à son observation.
Honora patrem tuum et matrem tuam, ut sis longœvus super terram. Écoutez, vous enfans qui faites la félicité de ceux qui vous
SUR lES GOMMAKDEMBNS DE DIEtf. 289 liEiirent aa jour. Une longue carrière, une santé florissante, un bien-être presque continuel, des enfans qui répandront à leur tour mille charmes sur votre existence , voilà ce qui vous attend. Honora patrem tuumet ma" trem tuam... Mais quel est-il donc cet hon-* néur que Ton doit aux parens, et non seulement aux parens , mais aux instituteurs et institutrices , mais aux pasteurs ecclésiastiques^ c^est-à-dire à ceux qui nous donnent une vie plus précieuse que celle du corps?
L^honneur à rendre à nos parens spirituels tt temporels consiste en ces quatre choses :
les aimer, les respecter y leur obéir et les assister.
Premier devoir. Les aimer. Qui serait asse« barbare pour étouffer un sentiment que la nature et la religion nous inspirent?... Les aimer! Et comment ne pas aimer ceux dont Dieu s^est servi pour nous mettre au monde?
Nous sommes une portion d^eux-mêmes ; et tputes les douceurs de la vie, nous les tenons d^eux. Gomment ne pas aimelr ceux qui ont topt fait pour nous?.... ce Yôiis devez vous <c souvenir de ce qu'a souffert votire mère (ce ce sont les paroles de Tobie à son fils), et à ce combien de périls elle a été exposée, lorsc< qu'elle vous portait dans son sein...»(7<>i. ly, 3.) Portrait des soins d'une mère qui écoute le souffle de Texifant qu'elle nourrit^
StÇO, PLANS DB DISCOURS
qui sacrifie ses goûts, ses plaisirs et sa santé, qui est prête à donner sa vie... Ce qui semblerait ignoble à toute autre , Thonore à ses propres yeux. Des bommes, qui dans leurs autres rapports avec la société , se montrent féroces et barbares, sont-ils pères? Ils connaissent les émotions et les tendresses paternelles ; ils amassent pour les enfans ; ils veulent établir iedrs enfans*.. Cet amour paternel est un poids qui descend et se précipite avec impétuosité : il ne i*emonte pas de même»
Second devoir. Les respecter. Ce respecta produit une grande idée des parens et de leur autorité. Les parens sont les auteurs de notre être: nous sommes leur propriété et leur oavïage. Les parens sont une sorte de divinité sen^ble } et on leur doit un culte presque religieux. L'autorité des pères et des mères vient de Dieu lui-même qui la leur confie Remontez à l'origine des histoires 5 les cbefs de familles furent les premiers rois et les premiers sacrificateurs que le monde ait connus.
Ce respect filial fait que Ton craint excessivement de déplaire à ceux qui en sont, l'objet. On les aborde avec une sorte de saisissexnent ; on leur parle avec un abaissement intérieur et une soumission profonde : les plus grands potentats nous en imposeraient moins.
lioin d'ici ces mignardises et ce tutoiement
Sm X.CS eôHMAKDEMEKS DE DIEtT. flj^l d^une iDdécence extrême qui se sont intro** duits dans nos mœurs et qui déplacent les âges et les rangs... Il mériterait que le Ciel l'écrasât , Pen&nt plein d'arrogance qui conteste avec ses père et mère , qui prend -vîs-à-vî»
eux l'attitude d'une égalité monstrueuse , qui fait entendre cette énorme impertinence :
Vous m'ennuyez; qui repousse et injurie uu père âgé , une mère exténuée ^ trop exigeante peut- être , mais qui est mère. Gham voit son père dans un état digne de compassion ; il en iait un sujet de raillerie : lui et sa postérité gémiront dans un honteux esclavage. ( Gen.
IX , 22-25. ) Une mère outragée par ses enfans avait prié contr'eux : ceux-ci ontun tremblement horrible de tous leurs membres et 6ont donnés en exemple à toute l'Afrique.
Lisez ce fait et celui de la délivrance miraculeuse de ces infortunés dans les sermons Sas let 323 de saint Augustin et dans son admirable ouvrage de la Cité de Dieu.
Troisième devoir. Obéira sesparens dans tout ce qui n'est pas contraire à la loi du Seigneur. Cette exception est de droit : Dieu est le premier père et le premier maître.
Obéir, à l'exemple des premiers patriarches qui y mariés et avancés en âge , restaient assujettis à leurs pères, comme l'auraient fait les plus jeunes enfans.
Obéir j à Texemple de J.-C. qiiî montrait une si parfaite soumission â Marie et à Joseph: £t erat subditus illis, ( Luc. ii , 5i. )
Avoir la plus grande déférence pour ses parens et s'éclairer de leur expérience , lors-^ qu'il s'agit d'entrer dans le mariage , ou d'em* l)rasser un état de \ie.
Obéir à ses pareus avec promptitude, avee affection , toujours, et même après leur mort, en satisfaisant ponctuellement à leurs volontés dernières*
Loi de Moïse contre l'enfant qui refuse avec mépris d'obéir à ses parens:cclls le prencc dront , et le mèneront aux anciens de IsÈ a ville et à la porte où se rendent les jugece mens 5 et ils leur diront : Voici notre fils qui ce est un rebelle et un insolent : il méprise et xc refuse d'écouter nos remontrances , et il ce passe sa vie dans les débauches , dans la discf solution et dans la bonne chère. Alors le ce peuple de la ville le lapidera, et il sera puni ce de mort , afin que vous ôtiez le mal du mice lieu de vous, et que tout Israël tremble , ce en apprenant cet exemple. » {DeuU xxi ,
Quatrième devoir, assister ses parens daps toutes leurs peines, dans les maladies , flans la vieillesse, dans la pauvreté, aa Ut de mort , et leur procurer tpus les soulagemens spirituels et corporels. Quelque dévouement
SUR LES CÔMMAKDEMBKS DB DIEU. SpS qu^on ait , on est toujours au-dessous de ce qu'on devrait faire et de ce qu^ils ont fait pout nous, ce Mon fils , disent les livres saints ce ( EcclL m, 14, i5) y soulagez votre père ce dans sa vieillesse ^ et ne lui donnez aucun ce chagrin durant sa vie. Si son esprit s'af{ai« ce blit, supportez-le ; et ne le méprisçz pas à ce cause de Pavantage que vous avez au-dessus ce de lui ; car la cKarilé dont vous aurez usé ce envers votre père ne sera point mise en ce oubli. 3>
Je vous conjure tous , mes frères , d'examiner sérieusement avec moi et devant Dieu si vous avez aimé, respecté , assisté vos pères et mères et si vous leur avez obéi autant que vous le deviez. Ah! que de fautes à se reprocher ! In multis qffendimus omnes. ( Jac.
III , 2. ) Couvrez-les , effacez-les en faisant mille excuses à vos chers parens et en ayant pour eux un redoublement d'amour , de vénération , de soumission et de soins tendres et empressés.