‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 8 sur 83 · ORAISON MENTALE · texte numérisé non relu

ORAISON MENTALE

JLex tua meditatio mea est.

Votre loi est le sujet de ma méditation. (Pj. cxyiii. )

Pkière publique , prière particulière, Pune et l'autre vocales. Prière ou oraison mentale r en quoi elle consiste. Peut-on imposer ce jong aune Jeunesse inquiète, à des personnes du sexe , légères et dissipées, à des hommes sen«

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stteU qui ne s'occupent qae de leurs intëréts pvéseQS?... Je parle ici pour tous; et voici le partage de mon discours : obligation de médi<ter; avantages qu'il y a à méditer; vains prétextes qn'on allègue pour ne méditer pas.

I'® Réflexion. // est nécessaire de méditer Un chrétien est obligé de connaître Dieu et de Taimer, de le servir en opérant son salut ^ et de fréquenter les Sacremens.

Or y comment connaître et aimer Dieu, si Ton ne pense à lui , si l'on ne s'occupe de ses adorables perfections , de sa sagesse , de sa providence, de sa justice et de sa miséricorde? Peut-on le faire sans méditation?

Nous devons servir Dieu en accomplissant ^ loi y et travailler ainsi à notre salut ; mais cette grande affaire comme tontes les autres demande de la prévoyance 9 des réflexions et une continuité de soins. Ne faut- il pas dès-lors avoir les jugemens de Dieu devant les yeux et les années éternelles dans l'esprit ? Ne fautil pas étudier les obstacles et les facilités 9 ses misères et ses défauts , ses affaiblissemens et ses chutes? Cela peut- il se faire sans médi« talion?

Vous devez fréquenter les sacremens; mais pour renouveler votre ame dans le bain salutaire de la péniteiice, il faut rentrer en vous , interroger votre conscience , v^s babi* tudes. • • Vous exciterez- vous à la contrition j si

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VOUS ne réfléchissez sur la grièveté du pécTié^ sur ses suites étemelles et temporelles? Y aura- t-il satisfaction , si \ous ne considérez la nature de la réparation que vous devez àDiea et au prochain^ et les moyens de la faire? Je li'emble pour vos communions ^ si vous ne vous êtes occupés à loisir de la grandeur da Sacrement , de Pexcès de Pamour que nous y témoigne la sainte et adorable Victime, si voua ^e pensez aux dispositions qu^exigent les divins mystères et à leurs fruits. Les vertus théo* logalesperdent leur supportsans la méditation^ Le^ vertus morales ont besoin dVUe : c'est rhuile qui conserve la lumière dans la lampe i c'est le feu qui produit la chaleur et le moa« vement.

Delà tant de recommandations expresses que nous fait la Sainte Ecriture. Tout grossiev q[u'était Pancien peuple, il fallait qu'il méditât. Textes du Pentateuque : « Que les préce ceptes divins se remuent entre vos yeux.

c< Tenez-lessans cesse liés à votre coeur. . .Lorsc< que vous marchez , qu'ils vous accompace gnent ; lorsque vous dormez , qu'ils vous ce gardent; et en vous réveillant, entrètenez- <t vous avec eux. » ( Deuter. vi, 8. ) Textes des psaumes i«' et ii8. In lege Domini valuntas ejus, et in lege ejus rheditabitur nocte lac die,, . Et erit iantfuàm lignum quod plan» Itatum est seçùs decursusaquarum»^. (Ps. i.)

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J.-C. nous a dit ces trois paroles : Considërez^ \ei\\ez et priez. (• Marc, xiii, 33. ) Point de vigilance , point de prière ^ si Ton nVst pénétré des vérités saintes ? Le sera-t-on ^ si l'on y pense faiblement ?....l

Pourquoi tant de ma nxse répandent- ils sut la terre? DesolaUone desolata est terra, eà quod nullus sit qui recogitet corde..,* ( Jer. zii. ) Utinam sapèrent et intelligerent , ac nO" ^issima proyiderent!..., ( Dent, xsxii. ) «$ï cognovisses, fot-il dit à Jérusalem. (Zuc.xix.)

Demander si nous devons méditer , c'est demander si nous devons être chrétiens.

1I« Réûexiou.Jti^antagesde la méditation :

source de ferveur ^ source de lumières, source de coosolalious.

SourcedeJèryeur.hesgrêLcessoni plusabon* dantes; les encouragemens se multiplient ; les dangers diminuent ; les forces augmentent H le cœur s'embrase : concaluit cormeum^ in meditatîone med exardescet ignis. On ne marche plus, on court , on vole dans la voie du Seigneur. Ah ! je puis répondre de la sainte ardeur et des progrès de celui qui médite, comme je répondrais aussi de Paffaibl issement et de la tiédeur de celui qui ne médite pas.

Source de lumières. On entre avant dans les motifs et Pesprit de la loi ; on découvre ses devoirs dans toute leur étendue et les or*^ dônnances duSeigueur dans toute leur beautés

Jn lumine tuo mdebimus lumen* On voit la vertu dans tous ses attraits ^ le \ice avec toute sa difformité y sa conscience avec toutes ses souillures. Le monde ne trompe plus et ne corrompt plus. Que je lise et entende les plus belles choses, je n^en recevrai qu^une impres* sion superficielle et passagère , si la méditation ne se lesapproprie^neles creuse en quel* que sorte et ne se les applique. Que j^aie les meilleurs exemples sous les yeux , que xaç serviront- ils si je ne m'interroge , si je ne me compare, et si je ne me réprimande moi-même?

Source de consolations ^ disons mieux : de joie, de sérénité et de délices. Si Ton aime à ^'eâtreteniravec un parent et un ami^u'estr ce de converser avec Dieu et de vivre en Dieu? Quam magna multitudo dulcedinis tuœ..,!

^Torrente w>luptatis tuœ potabis eos. Les voilà , ces noces de PÂgnea^u avec Pâme fidèle. . • L'Epouse s'écrie dans le Cantique des canti* ques X Nous courrons à l'odeur de vos par* films,,.. Je ne sais comment alors toutes les pensées tumultueuses s'apaisent , le cœur est transporté et ravi, le corps lui-même est soulagé, ranimé par ce saint exercice et y perd sa pesanteur. Bonuh i est nos hîc esse. (Matth. XVII', 40 ^^ * Seigneur, faudra- 1- il donc interrompre ce $aint commerce et retourner aux occupations ordinaires de la vie ?

. lie nous étonnons pas que les Saints et les

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âocteuTS de PEglise, les foadatenrs d'Ordres et de monastères , les personnes animëes de Fesprit de Dieu , aient recommandé et prati* qné des méditations et des retraites.

II L« Réflexion. Fains prétextes.... i^ Qai sais* je pour faire oraison? Cet exercice est au-dessus de mes forces. Vous tous trompez.

Vous qui m^en tendez I tous méditez toas et souTent : il ne s'agirait que de changer d'objet. Méditations que fait un homme de cam* lia^ne pour payer tard ou ne payer pas. Son habileté i calcoier et à tromper. U6i esithc" iaurus tuus, ibi est cor tuum . (Matth. ti^ ai .) Avec moins d'efforts , il méditerait sur la di» TÎne incarnation et sur ses snites.-»Une jeune personne a tout disposé , tout prévu pour sa parure... Désire- telle une partie , une promenade , une entrevue? ELlle ploie tontes les eirconstances ; le tentateur apprendrait d'elle de nouvelles ruses ; et la vigilance d'une mère habile est encore plus habilement trompée.

— \vez-\ons un procès important et ftcheux?

Pxopnétaîres obscurs , artisans^ marchands^ hommes étrangers à la science des lois , les /urisconsultes tous devront de nouvelles lu* miéres et des observations profondes.... Ah!

combien les enfans du siècle sont-ils plus avisés et plus réfléchissans pour le sable de cette terre , que les enfans de lumière ne le «ont,««r..? {Luc. XVI } 8.) Dana tous les étaU>

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on médite rétablissement de sa famille j se»

marchés , ses affaires , ses plaisirs ; le dirai-)e? ses crimes. Il n^j a que pour Dieu que Pon ne sait pas méditer.

2° Je n^ai pas le temps. A peine puis-je réciter une prière vocale ••.. Vous n^avez pas le temps! Cest Pintérêt du salut et de Péternité. En comparaison tout est bagatelles :,^^- 4:inatio nvgacitatis. ( Sap. iv, 12. ) Desrois^ des empereurs et des ministres ont médité :

ils portaient le poids des empires. Siyous don* niez à la méditation la moitié du temps que TOUS donnez à d^insipides et d^interminables discours...! Vous avez des heures pour vos repas ; et votre ame, cette triste immortelle ^ restera- t-elle sans nourriture? Vsquequà gravi corde....? ( Ps. iv. )

3^ Je suis si sec y si froid et si distrait! J^ai compati à vos peines , mon cher frère , et je vous ai répondu au deuxième discours. Vous êtes sec y vous êtes froid et distrait! Mais dites-le à Dieu et ne cessez de le lui dire. Conjurez-le de mettre le feu au bois du sacrifice é Aidez-vous par des paroles prononcées , par des actes et des lectures. Peu àpeu vousprendrez goût à la réflexion ; elle vous deviendra plus facile. Si parfois votre esprit s^égare encore, ne vous troublez point. Poursuivez le fugitif ; ramenez- ledoucement et sans efforts. S'il vous faut courir ainsi après vous-même |

" so-R. LA pAiins; Zj

"tous n'en trouverez pas moins de riches et d'abondantes bënédJctions.

Conclusion. Méditons , mes chers frères; C?est notre devoir ; c'est notre bonheur ^ et ioin de nous d'illusoires prétextes. Et puisque voici le temps favorable , les jours de salut ( %Cor. VI 9 fi) ^mettonssouslesyeux de notre foi les grands mystères qui vont s'opérer •.•••

Nota. Après les fêtes de Noël , de la Circoncision et de l'Epiphanie ( voyez les dis' cours qui se rapportent à ces solennités dans la cinquième partie de ce recueil ) , on peut reprendre le cours de religion et traiter à fond de l'Oraison dominicale.

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