CHAPITRE QUATRIÈME
SOMMAIRE
Co,,li,,u».ion de la .aille de la eolonne. Avanoemeut du monolithe s,„- le plan incliné, e. son transport sous le .raud écba
faudage. Description de cette charpente et du massif en maçonnerie nui lui servait de hase Plate for,,,! ,
échafaudage et position des cahestans, des càhles et des moufles. L colonne é^eJ^f ^^itTClX^^ satisfaisant de cette épreuve. ' o.iuieui. nesuitat
Le i3 juillet, leuclenialn du débarquement, je fis dresser une tente au-dessus de la colonne pour protéger et avancer plus commodément sa dernière taille. Comme ce travail exigeait des soins 'minutieux et paraissait devoir se prolonger au delà du terme fixé, je me contentai de faire exécuter en divers sens, sur la colonne, plusieurs rainures qui l'attaquaient au vif et déterminaient son galbe.' En agissant ainsi, j'avais pour but de diriger plus promptement le monolithe vers les échafaudages, après avoir écarté les difficultés qu'eût nécessairement présentées l'achèvement de sa taille après son érection.
Dans le même temps que i5o ouvriers travaillaient ainsi sur la colonne, 600 charpentiers achevaient le plan incliné et le chemin élevé pai- lesquels elle devait monter et s'avancer pour arriver auprès du piédestal. En neuf jours elle avait fianchi une distance de 840 pieds, et était placée à l'extrémité supérieure du plan incliné, à 35 pieds au-dessus du niveau de la place (v. la pl. 21).
Je ne crois pas nécessaire de décrire les moyens que j'employai pour faire monter la colonne sur le plan incliné , par la raison qu'ils sont les mêmes que ceux dont on s'est servi à la carrière pour la faire descendre du lieu de son exploitation vers le port.
Depuis l'arrivée du monolithe, l'intérêt pour le monument croissait au point, que ce n'était qu'avec peine que l'on pouvait contenir une foule de gens qui cherchaieut à franchir les enceintes. Tout ce monde, malgré les dangers que paraissaient offrir de semblables travaux, rassuré par la solidité des charpentes et la puissance des machines, admirait sans effroi l'énorme cylindre roulant sur le plan incliné, et pivotant sur lui-même, pour corriger la direction oblique que lui imprimait l'inégalité de ses extrémités.
Le plan incliné avait 490 pieds de longueur et 100 pieds de largeur. Sa construction augmentait de solidité en raison de sa plus grande élévation, qui était de 35 pieds; la planche 18 indique, sous les lettres ab, cd, ef, gh, les quatre systèmes différents dont je me suis servi. Je ferai remarquer ici, que pendant le trajet de la colonne sur le plan incliné, aucun mouvement n'eut lieu dans ses charpentes, mais que la pression fut si forte sur les poutres du chapeau et celles placées au-dessus, sur lesquelles la colonne passait directement, qu'elle en faisait sortir avec violence l'humidité contenue dans les bois, qu'on voyait s'échapper en petits jets.
D'après l'état des localités ( v. la pl. 89 ), le plan incliné, parvenu à la hauteur de 35 pieds, se détournait à angle droit vers la place du Palais, et formait alors un chemin horizontal, qui aboutissait à la plate-forme, vis-à-vis du grand échafaudage construit au centre. C'est à la jonction de cette rampe avec le chemin que je fus forcé de suspendre la marche de la colonne pendant deux jours que durèrent les préparatifs pour la placer sur un chariot et la tirer sous cet échafaudage ( v. la pl. 18 bis).
Cependant l'opération, qui se poui-suivait avec tant de succès, courait la chance de se compliquer dans le cas où les 72 rouleaux placés sous ce chariot viendraient à s'écraser sous la charge du monolithe. En me servant de rouleaux en fonte, j'avais à craindre que, vu leur pesanteur, ils ne s'engageassent dans le plancher. Employer des rainures et des boulets en métal, comme fit le comte de Calbury lorsqu'il transporta le rocher du monument de Pierre le Grand, m'entraînait à des préparatifs coûteux et longs qui eussent retardé les travaux. Faire glisser le monolithe était incertain, dans la crainte des efforts qui pouvaient être produits sur une charpente aussi élevée. Ce ne fut donc qu'après avoir réfléchi à ces divers moyens, que je me décidai à faire avancer le monolithe par le même procédé dont j'avais fait usage, lorsque je fis arriver sur l'emplacement des portiques les 48 colonnes de l'église Saint-Isaac. Ce procédé, qui me réussit parfaitement, consistait à placer la colonne sur un chariot, et à la tirer, au moyen de 8 cabestans, jusqu'à la place qu'elle devait occuper. Ce chariot, sous lequel étaient disposés les rouleaux, se divisait en deux parties; sa largeur était de 11 pieds 4 pouces, et sa longueur de 82 pieds, lorsque les deux parties étaient réunies. Il était composé de neuf rangées de poutres, maintenues entre elles par treize autres poutres sur lesquelles reposait le monolithe. Le chariot était encore consolidé par quatorze armatures en fer fixées avec boulons, qui l'entouraient, et qu'on avait garnies des anneaux où devaient être attachés les câbles ( v. la pl. 24).
Élevé à i54 pieds de hauteur, le grand échafaudage offrait sur ses quatre faces la forme d'un triangle cquilatéral. Son plan, composé de 3o montants, était disposé en sorte que 10 d'entre eux, plus élevés que les autres, servaient de points d'appui directs aux efforts de la masse. Ils étaient liés à leur partie supérieure par 5 fermes, surmontées de doubles madriers, auxquels étaient suspendues les moufles. Cette charpente, consolidée par 28 arcs-boutants et des moises assez heureusement combinées, laissait dans son milieu, jusqu'à la hauteur des fermes, un espace libre, de 20 pieds de largeur, dans lequel était le monolithe. Les poulies de renvoi avaient été fixées aux sablières des 12 montants principaux, en sorte qu'elles ne pouvaient se détacher sans renverser le système.
Cet échafaudage, remarquable par sa solidité et la simplicité de sa composition, était construit sur un massif en maçonnerie de gros moellons, dans lequel étaient intercalées plusieurs liaisons en briques. Cette maçonnerie formait à sa base un carré de 94 pieds de côté, et entourait le piédestal du monument; elle était terminée à sa partie supérieure par 3o blocs en granit qui correspondaient aux montants de la charpente ( v. les pl. 22 et 23 ).
Avant d'entreprendre la construction de cet échafaudage, j'en fis faire sous mes yeux un modèle, que j'exposai pendant plusieurs mois aux regards des personnes instruites qui se trouvaient à Saint- Pétersbourg, afin de m'enquérir de leurs avis et être à même de profiter de leurs conseils. Ce ne fut qu'après m'étre assuré de leur suffrage, que je me décidai à le faire exécuter. A ce modèle de la charpente était joint le monolithe sur son chariot, avec ses câbles, ses moufles et ses cabestans le tout dans de justes proportions, en sorte que l'on pouvait se rendre un compte exact de l'opération lorsqu'il s'agirait de l'érection. Ce modèle, sur une échelle d'un pouce pour pied, me fut fort utile en ce qu'il fàcilita aux ouvriers l'exécution de la charpente, beaucoup mieux que les plans et qu'il me fit reconnaître les endroits les plus propres pour placer les moufles de manière à éviter le fiottement des câbles '.
■Les sieurs Fa.afon.ieff, Bouikoff et Kess,-,rine, sont les habiles charpemiers qui on, construit cet échafaudage. Ils furent
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et par M. Pœhl, constructeur prafcen qu, meta.t également attaché. Le décetnik Ivan StalarolT n,e fut aussi d'uu orand secours dans cette importante opération. *
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Dans le chapitre suivant, je ferai connaître les dispositions et Tordre que j'ai voulu faire observer pour lereetton du monolithe; je me bornerai à dire iei, ,ue, le .8 août! jordonnai une épreuve harpentes que je hs élever la eolonne à .o pieds de hauteur, et quelle resta suspendue sur ses cables pendant une heure que mes ouvriers mirent à retirer la première partie du chariot Cette épreuve ayant réussi, je fis placer dans la journée du 29 les tentes pour LL. MM. II., nui avaient daigne annoncer qu'EUes honoreraient l'opération de leur auguste présence