‹ Plantes fourragères [microforme]Chapitre 10 sur 43 · PRAIRIES ET DES PÂTURAGES · texte numérisé non relu

PRAIRIES ET DES PÂTURAGES

tout autant de mal qu'une période beaucoup

plus longue par un temps frais et sur un sol humide,

Pour le foin il x

aut Mieux couper à | de graine on

emploie généralement Ja les gerbes en petites 1 de môûrir.

a faucheuse; pour une ré olte Moissonneuse: on assemble

ñoyettes pour que la graine sèche et finisse

On recommande de Couper le foin au ras du sol.

brincipalement de trèfle, qu'elle est très forte et versée par endroits, il laut ajuster la faux de bas des tiges: sinon le chaume les faneuses mécaniques et ui Vont suivre et ne lai 4 rait qu'un fourrage sans valeur à récolter avec le regain, C faut couper une forte récolte de trètle l'avantage d'avoir une surface

Lorsque la récolte se compose

façon à couper au restant constituer:

it un danger pour les râteaux q

‘est lorsqu'il très versée que l'on apprecie bien unie, produite par herse souple après les semis et d'un printemps.

l'emploi d'une rouleau en travers des raies au

On fauche généralement pendant là partie du jour où la rosée empêche de faner et de charroyer, Mais lorsque la récolte de est très forte, qu'elle est humide de rosée et qu'elle colle sur la faux, il vaut mieux Couper Vers la fin de l'après-midi. Le fanage, c'est-àdire le retournement de l'herbe verte, diatement après la coupe,

foin

devrait être commencé immé- Si la récolte st forte, on doit continuer à faner par intervalles jusqu'à ce que le fourrage soit assez sec pour pouvoir être râtelé en rangs et mis en petites veillottes. On devrait, autant que possible, faire ces opérations le jour même où le foin est “upé où le jour suivant, s'il est coupé dans l'après-midi. Le fourrage vert, coupé au moment le plus propice pour la fenaison, contient généralement environ Quatre-vingt p.c. d'eau. Sile temps est beau il suffit d'un jour pour sécher une récolte de Pour qu'elle puisse être mise achève de se farer.

trèfle suffisamment en veillottes, dans lesquelles l'herbe

La proportion d'eau dans le foin prêt à engr ment de douze à quinze Pour cent.

exposé à ressuer et à chauffer dans les tasseries. Une bonne méthode est de couper jusqu'à neuf heures du matin, puis de mettre un homme à faner et à râteler pour le reste du jour.

anger varie générale- Un foin plus humide serait

Les charroyages et l'en- Srangement se font à partir de neuf heur«

heures où quatre heures et demie de 1 deux heures qui restent à mettre en d'être fané. Parfois. cependant, les 4

s du matin jusqu'à quatre ‘après-midi. On emploie les veillottes le foin qui vient

sitiotis prises sont déran-

gées par les orages qui augmentent le travail et sont souvent plus désastreux à la qualité du foin que les chaleurs excessives.

Même pendant les longues pluies il est bon de secouer le foin à moitié fané en le retournant à la fourche ou à la faneuse afin de l'empêcher de se tasser et de se remplir d'eau. Le foin est plus exposé à perdre son goût et sa valeur nutritive s'il repose en une masse humide et compacte que s'il est tenu lâche, quand bien même il est mouillé. Par une journée sèche et chaude, il importe de couper et de faner promptement. Le toin séché au grand soleil est exposé à perdre beaucoup de sa qualité, il est meilleur lorsqu'il est fané sous un vent léger. Par un temps chaud et sec, il est bon d'employer la faneuse immédiatement après la coupe et à intervalles fréquents, et de râteler et de mettre en veillottes lorsque le fourrage est encore très humide, Lorsque la maturation se fait rapidement, il vaut souvent mieux remettre les charroyages pour faucher et faner. On met alors le foin en grosses veillottes.

Les méthodes de fanage et de charroyage se sont modifites à mesure que la main d'œuvre se faisait plus rare et plus chère. On ne met plus le foin en veillottes depuis que l'on emploie la charsreuse. On charge du rouleau même, dès que le foin est assez fané; cette méthode donne de bons résultats.

La fenaison n'est plus un travail pénible de nos jours, bien différent de celui auquel étaient astreints les premiers colons qui coupaient l'herbe à la faucille, retournaient le foin à la fourche, le râtelaient avec des râteaux en bois et le chargeaient et le déchargeaient à la main. Dix acres en foin représentaient une entreprise assez considérable pour le pionnier; aujourd'hui sea petit-fils avec moins d'aide mais plus de machines, récolte facilement cinq fois cette superficie. Les souches et les pierres ne gênent plus le passage de ses machines; son grand-père en a fait des clôtures. Assis sur sa faneuse mécanique il peut retourner autant de foin en une heure que son arrière grand'mère aidée de ses filles pouvait faire en un jour. Aujourd'hui le râtelage, le chargement et le déchargement se font presque entièrement avec le cheval.

L'effet des graines de mauvaises herbes: Avec l'évolution des machines et des moyens de transport sont venues les mauvaises herbes qui se sont répandues partout. Peu de gens se rendent compte des pertes que causent les mauvaises herbes dans nos cultures fourragères. On apprécie facilement la dépréciation qui résulte de leur présence dans un champ de grain, il n'en est pas de même dans le

foin dont Je rendement total Peut être

récllement augmenté par leur présence,

C'est dans es Pâturages infestés que l'on peut Je micux étudier les Mtvaises herbes. On remarquera que plusieurs espèces, évitées par le Lai] Paraissent moins répugnantes aux « hevaux et sont même parfois rechers hées par les Motltons. [l'en est de très véné. neuses, comme le panais d'eau, d'autres, comme les Moutardes, les

Marguerites et les bardanes, ne dey iennent dangereuses que lorsqu'elles

sont consommées en duantités considérables où pendant une longue

période. On s'aperçoit de leur Nature Vénéneuse par la mauvaise santé persistante des animaux. Dans Un pâturage, il est rare que les bestiaux consomment assez de Mauvaises herbes pour devenir malades, à moins que les bonnes ne laissent complètement défaut, Quand on les laisse lourrager dans Je champ, les ANIMAUX, CL parti- Culièrement les bêtes à cornes, se POTTER généralement mieux que lorsqu'on les rationne à l'étable, même “AVee une nourriture plus

nutritive,

Personne n'ignore la Saveur Âcre du svsimbre oflicinal, de la Cameline, de la bourse À pasteur et d'autres membres de la famille des moutardes, ces plantes contiennent un Violent irritant: CCUX qui Connaissent la sensation causée par un Cataplasme de moutarde n'auront pas de peine à comprendre les cllets que ces plantes peuvent Produire lorsqu'elles sont consommées en quantité avec des fourrages hachés. Données pendant longtemps € avec du foin où du grain, leurs effets sont moins prononcés. On les remarque tout d'abord dans l'urine: puis des ulcères profonds se forment sur l'animal, semblables parfois à CEUX produits par des applications prolongées de Cataplasmes de moutarce ct qui se guérissent difficilement.

La plupart des Membres de la famille des lychnides contiennent de la saponine qui est nettement vénéneuse, Les ANIMAUX qui mangent du foin infesté de lyehnide ne meurent pas, car la Proportion de Saponine n'est pas suffisante pour les tuer, mais ils sont en mauvais état de santé, la digestion est imparfaite, l'appétit Mauvais, ils sont faibles, la peau est brûlante et ils Maigrissent graduellement.

Les boutons d'or sont très âcres et causent des plaies dans la bouche des animaux; les Lestiaux ne Veulent pas paitre dans les prairies qui en sont infestées, Consommés en grande quantité où pendant longtemps, les boutons d'or causeraient, dit-on, l'avortement chez les vaches.

Plusieurs membres de la famille des tournesols ne sont pas sains et quelques-uns d'entre eux Sont tout à fait vénéneux. L‘herbe à

oux est un irritant; on croit que son pollen cause la fièvre des foins. herbe de St.-Jacques (Senecio Jacobæa), commune dans certaines parties des provinces de l'Atlantique, est également la cause de la maladie du bétail de Pictou. Cette herbe, semblable en cela à beaucoup d'autres plantes, qui sont vénéneuses pour certains bestiaux et sans danger pour d'autres, ne fait aucun mal aux moutons.

Les animaux à l'étable auxquels on donne du foin rempli de mauvaises herbes et qui n'ont pas d'autre alternative que de le manger ou mourir de faim, le fouillent généralement et ne mangent que la partie savoureuse. Pour prévenir cette perte on hache leurs fourrages. Ce foin haché est souvent malsain à cause des mauvaises herbes qu'ilrenferme. Les vaches laitières ne le mangent que poussées par la faim et ne donnent souvent qu'un gallon de lait d'odeur désagréable au lieu de trois gallons de bon lait qu'elles pourraient donner par jour. Sur une ferme infestée de mauvaises herbes les bestiaux, et particulièrement les bêtes à cornes, sont dans un état chronique de mauvaise santé et de maïgreur. Les mauvaises herbes diminuent donc beaucoup la valeur d'une récolte fourragère quand elles ne la détruisent pas entièrement. En établissant une prairie, il est donc très important de faire disparaître les mauvaises herbes dangereuses avant de semer la graine d'herbe.

La durée des prairies et des pâturages dépend du mode d'exploitation adopté, de la naïure du sol et du drainage. Pour les terres tlevées à bon égoutiement naturel et soumises à une culture mixte, on recommande de courtes rotations qui comportent deux ans en gazon de trèfle rouge et de graminées. Immédiätement après avoir enlevé la récolte de foin de la deuxième année, on peut labourer la prairie et la mettre en jachère pour le reste de l'année afin d'extirper les mauvaises herbes. Une application de fumier de ferme, incorporée au sol par un labour mince ou un hersage, devrait mettre le terrain en état de porter une culture sarclée l'année suivante: cette culture sera suivie, l'année d’après, par une céréale dans laquelle on sèmera de nouveau du trèfle rouge et des graminées qui resteront deux ans sur le sol.

La rareté de la main-d'œuvre à fait adopter une culture moins intensive dans certains districts. La luzerne donne de plus forts rendements et exige beaucoup moins de travail. existe des espèces rustiques, notamment de la luzerne rustique où moyenne, et les cultivateurs qui se procurent des semences appartenant aux meilleures espèces, produites dans le nord, peuvent compter obtenir des récoltes

satisfaisantes plusieurs années de suite, pourvu que la terre soit bien

égouttée et qu'elle ne soit pas infestée de mauvaises herbes vivaces.

Dans les districts où la neige recouvre la terre et protège la récolte, l'hiver est moins à craindre, Dans la péninsule de Niagara on voit des luzernières de luzerne rustique de plus de trente ans qui produisent encore beaucoup de fourrage. La luzerne qui n'est pas bien protégée est exposée à être détruite par les hivers rigoureux, et peu de champs continuent à donner de bonnes récoltes pendant plus de cinq ou six ans.

ist les alé argileux et humides, les bords de rivières, il est souvent nécessaire «u il peut être plus commode de laisser la terre en prete où er picurage permanent pendant de longues périodes. Il est ‘ificile, an ce.nmencement du printemps, de préparer des fonds humides à ia : alture des céréales et les bords de rivières qui ne sont pas enherbés sont exposés à être inondés et creusés par l'eau. Le sédiment déposé par les inondations de printemps entretient généralement la fertilité de ces terres, et si l'on réussit à y établir les herbes les plus convenables, on peut en attendre de forts rendements de bon foin pendant bien des années.

L'engraissement des prairies de longue durée se pratique généralement en Europe. I se fait un peu dans les provinces de l'Est du Canada mais très peu à l'intérieur du pays. Une application de fumier de ferme, bien pourri, épandu tous les deux ou trois ans, au commencement du printemps, fait beaucoup de bien. C'est le meilleur moyen de tenir une prairie en bon état. Le fumier en dé- Composition, épandu à la surface, forme un paillis qui retient l'humidité. Les trèfles sont Souvent avantagés par l'apport de potasse, de chaux, sous forme de plâtre, etc., mais ils répondent peu aux fumures azotées. Les vicilles prairies répondent rapidement quand on leur applique, au commencement de la saison, du nitrate de soude à raison de cent livres Par acre. Sur les terres basses, naturellement humides, on peut obtenir de bons rendements en semant, tous les deux ou trois ans, trois cents ou quatre cents livres, par acre, d'un engrais mélangé où de poudre d'os riche en azote.

Comparés aux sols bien cultivés et soumis à un assolement régulier, les pâturages Permanents ne donnent qu'un bien faible revenu. Dix acres de bonne luzernière coupés en vert produiraient autant de fourrage nutritif que quarante acres de pâturage permanent. Les pertes résultant du piétinement des animaux sont beaucoup plus fortes dans les prairies temporaires de trèfle et de mil que dans les prairies permanentes, composées d'un mélange d'herbes, mais le rendement des premières est généralement beaucoup plus élevé et le fourrage plus accessible au bétail. Les pâturages permanents sont surtout utiles pour les moutons. On ne les recommande pas pour

les bêtes à cornes sur les terres faciles à cultiver, à moins qu'il ne soit impossible de se procurer la main-d'œuvre nécessaire.

Il est rarement nécessaire de réensemencer ou de renouveler une prairie qui est bien entretenue et bien protégée en hiver. Toutefois on constate, sur certains sols, que lorsque l'on sème plusieurs sortes de graminées et de trèfles une ou deux espèces dominent à l'exclusion des autres. Si l'on a besoin d'une prairie ou d'un pâturage permanent de longue durée, il peut être nécessaire de semer d'autres graminées pour compléter celles qui ont déjà pris racine. ' faut les choisir avec soin et dans un but bien arrêté; par exemple, : agrostide pourra être choisie pour les fonds ou le terres humides, où toutes les autres espèces, à l'exception du mil, ont été détruites. On sème au début du printemps et si la terre est assez sèche on peut passer une herse pointue suivie d'un lourd rouleau pour recouvrir la graine et obtenir une surface lisse.

Les pentes de collines et les endroits exposés dans les prairies nouvellement formées, de même que dans les prairies et les pâturages de longue durée, ont souvent besoin d'être renouvelés et réensemencés après un hiver rigoureux. L'épandage d'une bonne quantité de semence, suivi de la herse ou du rouleau, ou des deux, donne généralement de bons résultats. Si la terre est sujette à durcir ou à se prendre en croûtes sur les superficies réensemencées, on fera bien de mettre une légère application de fumier d'étable bien pourri en couverture.

L'emploi du rouleau au printemps est bon, aussi bien pour les prairies nouvelles que pour les vieilles prairies, surtout celles qui ont gelé et dégelé à plusieurs reprises au commencement du printemps.

LE BLÉ D'INDE (Zea Mays L).

Autres noms français: Maïs, blé de Turquie, blé d'Espagne, gros millet.

Noms anglais: Corn, Indian Corn, Maize.

Description botanique: Le blé d'Inde ou maïs est une des graminées annuelles les plus élevées et les plus vigoureuses. Les tiges, dont la hauteur varie dans les divers types et variétés, sont pleines, tandis que celles de la plupart des autres graminées sont creuses. Les feuiiles, longues, larges, ondulées, se terminent gra-

duellement en pointe à l'extrémité. Au sommet de la tige se trouve une forte panicuie, à rameaux étalés et chaque rameau porte de nombreuses fleurs. Ces fleurs ne contiennent que les étamines ou organes mâles et ne peuvent normalement former de graines. Les fleurs femelles, qui ne contiennent que des pistils, ou organes femelles, sont disposées en rangs sur des épis charnus, à l'aisselle des feuilles moyennes. C'est sur ces épis que se forment les graines. Au début les épis naissants sont enveloppés d'une gaine ou spathe de larges feuilles et les fleurs sont invisibles. Au moment de la floraison, une houppe de fils soyeux, longs et minces, d'un vert jaunâtre ou roux< àtre, sort du bout de l'épi. Ces fils, appelés les ‘soies” sont les extrémités des fleurs femelles; ils attrapent le pollen poussiéreux qui se forme dans les fleurs mâles et que le vent dissémine. De même que dans les autres inflorescences de graminées, l'épi commence à se développer à la base et croît en montant. Aussi les premières soies visibles appartiennent aux fleurs les plus basses; dans des conditions normales, celles-ci sont donc fécondées avant les fleurs supérieures. Si, pendant la dernière partie de la floraison, la température est défavorable, le pollen n'est pas transporté et déposé sur les soies, et la partie supérieure de l'épi reste partiellement ou entièrement stérile car les graines ne peuvent se former si les fleurs ne sont fécondées.

Historique et distribution géographique: Le blé d'Inde est évidemment d'origine américaine. Les Indiens le cultivaient bien avant la découverte de l'Amérique. On dit que les Incas du Pérou construisaient de grands entrepôts pour en faire des provisions en cas de famine. Les premiers explorateurs du Canada l'ont rencontré

dans la vallée du Saint-Laurent. On trouve souvent des épis t Inde dans les vieux sépulcres indiens. Ils ont été déposés là : .es morts, comme provision pour le long voyage aux heureux terrains de chasse.

On ne sait au juste où et quand il a été cultivé en premier lieu ni de quelle plante sauvage il descend. On croit généralement que sa culture a pris naissance dans le centre de l'Amérique et s'est propagée au nord et au sud. On n'en a jamais trouvé à l'état sauvage. On peut en conclure que le maïs sauvage avait disparu avant que les bot: ‘es en aient fait la recherche, ou que c'est une plante si différenw de l'espèce cultivée qu'il est impossible de l'en distinguer aujourd'hui. Cette dernière supposition est la plus généralement adoptée et la plante mentionnée comme l'esnèce primitive probable est le Téosinte mexicain (Euchlaena mexicana Schrad.). Quoique

36 PLANTES FOUNRAGÈRES, PKAIRIES ET PÂTURA! ES.

très différent du blé d'Inde au point de vue de l'apparence génerale le Téosinte s'en rapproche cependant beaucoup. Les hybrides obtenus par le croisement des deux espèces produisent des graines germables. Ce n'est pas là, à vrai dire, une preuve concluante que le blé d'Inde descend du Téosinte, mais c'est une indication, car dans tous les autres cas connus les hybrides des espèces distinctes de graminées sont stériles.

Climat: Le blé d'Inde vient du sud: il exige donc un climat chaud et humide. Dan: le nord, où les saisons sont courtes et la température relativement fraîche, il n’y a que les variétés les plus hâtives qui puissent arriver à maturité dans des conditions ordinaires.

Sol: 11 exige un sol fertile et chaud et donne ses meilleures récoltes sur une terre franche, grasse, riche, profonde, bien égouttée, mais contenant une quantité abondante d'eau. Une bonne provision de matière organique, qui fournit des principes nutritifs facilement assimilables, augmente beaucoup le rendement, Les sols sablonneux, pauvres, ou ceux dont le niveau d'eau est très près de la surface, ne permettent pas aux racines de recueillir assez de nourriture. Dans les argiles lourdes où dans les terrains qui reposent sur un sous-sol imperméable, la végétation est lente et le rendement peu sûr, principalement pendant les sécheresses.

Variétés: Il y a des centaines de variétés agricoles de blé d'Inde. Cette abondance de variétés s'explique par la promptitude avec laquelle croisements se produisent entre les sujets des divers types. Certaines espèces sont naines n'ayant pas plus de &ix-huit pouces de hauteur, d'autres sont géantes, atteignant une hauteur de vingt à vingt-cinq pieds. Dans quelques-unes, les épis n'ont qu'un pouce où deux de longueur; dans d'autres ils ont jusqu'à seize pouces. Le nombre de rangs de grains, qui est toujours pair, varie de huit à vingt-quatre au plus, suivant la variété, Dans certaines espèces on rencontre des épis anormaux qui n'ont que quatre rangs, tandis que d'autres, plus développés, en ont jusqu’à quarante-huit. La grosseur des grains. leur forme, couleur, composition chimique, etc., sont extrêmement variables. D'après le Dr. E, L. Sturtevant, les variétés peuvent être classées en sept groupes principaux que voici:

1. Les blés d'Inde à gousse (pod corn) où chaque grain est tenu dans une gousse ou petite spathe et où l'épi est également enveloppé

de spathes. Dans tous les autres groupes les grains sont nus dans is spathes. On doute cependant que les blés d'Inde à gousses forment un groupe naturel. Peut-être les spathes qui entourent les épis sont anormales et pourraient se rencontrer dans tous les groupes principaux. Cette opinion s'appuie sur le fait que la structure du

grain varie dans les blés d'Inde à gousse.

. Les blés d'Inde soufflés (pop corn) se caractérisent par une clos excessive de l'endosperme corné, c'est-à-dire la matière nutritive qui forme la plus grande parte du grain ct qui est emmagasinée pour servir aux germes: elle contient peu d'amidon. Dans ce groupe les grains et les épis sont petits. La faculté qu'ils possèdent d'éclater quand on les met sur le feu, c'est-à-dire de se retourner complètement, le dedans en dehors, sous l'explosion de l'eau qu'ils renferment, est plus prononcée dans les variétés qui ont une ndosperme corné sur toute leur surface et il est moins prononcé dans celles qui contiennent un pourcentage plus élevé d'amidon.

- Les blés d'Inde vitreux (flint corn) chez lesquels la partie Pr de l'endosperme est féculeuse et complèteme nt entourée d'une enveloppe cornée dont l'épaisseur varie suivant les variétés. Jacques Cartier à trouvé des variétés de ce groupe dans le voisinage de Montréal.

4. Les blés d'Inde cochés (de: t corn) chez lesc” ls la partie féculeuse centrale de l'endosperme est entourée d’une ‘ouche cornée sur les côtés du grain seulement. L'endosperme féculeux se prolonge ainsi jusqu'au sommet de l'épi. Lorsque cet endosperme sèche et se retire, il se produit des creux où “coches'’ sur le sommet du grain. Les blés d'Inde cochés sont très cultivés aux Etats-Unis. Le nombre de variétés de ce groupe dépasse celui de toutes les autres variétés ensemble.

Les blés d'Inde mous (soft corn) qui n'ont pas d'endosperme corné et chez lesquels le retrait, au cours de la maturation, est uniforme dans toutes les parties du grain. À ce groupe appartiennent les blés d'Inde momies du Pérou et du Chili.

6. Les blés d'Inde sucrés, (sweet corn) qui sont caractérisés par des épis t-anslucides, cornés, et une surface plus où moins plisste, ridée ou fanée. Ils sont très cultivés pour les conserves, surtout dans les parties est du nord de l'Amérique.

7. Les blés d'Inde sucrés féculeux (starchy-swect corn) chez lesquels la partie inférieure du grain est féculeuse tandis que la partie supérieure est cornée et translucide. Ce groupe est peu connu.

Valeur agricole: Lorsque Christophe Colomb débarqua aux Antilles on lui présenta une sorte de pain fait avec un grain que les indigènes appelaient ‘mahiz'. C'est de ce mot que viennent les noms français ‘maïs’, et anglais ‘maize’, sous lesquels la plante est connue en Europe. Colomb remporta du maïs avec lui en son pays mais on fût lent à apprécier la plante en dehors de l'Espagne et du Portugal. On la cultive maintenant dans toute l'Europe, surtout en Italie, où le gruau de blé d'Inde (polenta) est la nourriture habituelle du travailleur: en Espagne où les gâteaux de farine de blé d'Inde (tortellas) sont très importants, et dans les pays situés le long du bas Danube. Plus tard sa culture s'est répandue dans toute l'Europe, l'Inde et toute l'Afrique. Toutefois elle n'a pas dans ces pays la même importance qu'en Amérique. Dans l'Amérique du Sud et du centre et dans les Etats-Unis le blé d'Inde est cultivé pour la production du grain et du fourrage. Son importance comme plante fourragère croît à mesure que l'on avance vers le nord. Vers les limites de la zone à blé d'Inde, il est cultivé principalement pou: la production du fourrage.

Fourrage: On donne généralement le blé d'Inde vert pour suppléer au manque de pâturage vers la fin de l'été ou en automne. Tous les bestiaux en sont friands, mais particulièrement les bovins. Parfois on le coupe en vert et on le fait taner mais il retient beaucoup d'humidité et se conserve difficilement pour l'alimentation d'hiver.

Quand on le cultive pour la production du grain, ie fourrage sec dont on a enlevé le grain mûr est dur et ligneux. On peut le hacher, l'humecter et le laisser en tas jusqu'à ce qu'il commence à fermenter, alors il devient plus succulent et forme une nourriture économique et saine pour les bêtes de rente. Toutefois il n'a pas la valeur nutritive du blé d'Inde coupé deux semaines plus tôt et que l’on ensile avec le grain.

Au Canada le blé d'Inde est cultivé comme plante d'ensilage presqu'à l'exclusion de toutes les autres plantes. Même aux limites nord de la zône à blé d'Inde, les variétés hâtives ‘Flint’ naines telles que le jaune à huit rangs, donnent plus de nourriture par acre que toute autre plante fourragère. Dans une localité quelconque, le type et la variété les plus propres à la production de l'ensilage varient suivant

la durée de la saison de végétation et la chaleur naturelle du sol. C'est le blé d'Inde qui arrive à l'état lustré, c'est-à-dire à cette phase de la maturation ou le grain commence à se recouvrir d'une croûte dure à la surface, qui fournit le plus de nourriture à la tonne. C'est ce blé d'Inde qui renferme le plus de protéine, l'élément formateur de chair et la protéine de la meilleure qualité. Au début de la maturation, les éléments azotés dont cette protéine est formée se trouvent sous forme liquide et n'ont qu'une faible valeur nutritive. L'ensilage fait avec du blé d'Inde qui n'a pas uépassé le début de l'état laiteux est généralement sur, et, malgré sa suceulence, c'est une pauvre nourriture pour le bétail, bien inférieure au blé d'Inde qui a presque atteint la maturité.

Il est donc très important de choisir une variété de blé d'Inde qui arrive à l'état lustré même dans des conditions légèrement défavorables de température et assez tôt pour qu'il n'y ait rien à craindre des gelées. C'est là la première considération dans le choix d'une espèce. La quantité de tiges et de grain produite vient ensuite par ordre d'importance. Règle générale, la variété la plus avantageuse que l’on puisse cultiver pour l'ensilage sur un sol ordinaire, c'est-à-dire la variété qui donne le plus de nourriture à l'acre, est celle qui mûrit parfaitement sur un sol plus chaud de la même localité où sur un sol semblable à quarante ou cinquante milles plus au sud.

L'expérience démontre invariablement qu'il est sage, peur la production de l'ensilage, de choisir des variétés hâtives plutôt que des variétés tardives à gros rendement.

Pour la production du fourrage on plante généralement le blé d'Ind: en rangs, à raison de douze à vingt pintes de bonne semence à l'acre. L'écartement entre les rangs ne doit jamais être de moins de trente-six pouces pour les variétés hâtives et courtes, et de quarantedeux pouces pour les variétés tardives et élevées.

Quand on plante deux ou plusieurs variétés de blé d'Inde pour l'ensilage, il est bon de les planter séparément, surtout si l'une des espèces est plus élevée ou fleurit plus tard que l’autre. Quand les variétés plus petites et plus hâtives sont plantées en mélange avec les espèces plus développées et plus tardives, les premières sont généralement mal fécondées et leur rendement de grain en souffre.

Semence: Il faut s'attacher à prévenir les croisements entre les variétés. Le vent transporte le pollen à de longues distances et les semences de variétés cultivées dans un rayon de 400 verges l'une de l’autre sont sujettes à être plus ou moins impures.

Le blé d'Inde égrené, de même que le blé d'Inde en épis, retient beaucoup d'h‘imidité: à moins que l'on ait pris des soins tout spéciaux pour faire sécher la semence avant de l'emmagasiner, sa vitalité peut souffrir beaucoup d'une forte chaleur ou d'une forte gelte. Le blé d'Inde tout à fait mûr et destiné à la production de la semence devrait être coupé et séché sur la tige avant d'être Cpluché, c'est-à-dire dépouillé de ses spathes. Si le temps est humide, peu favorable au fanage, il faut employer des moyens artificiels pour faire séche, la semence sur l'épi. On doit la protéger contre la gelée jusqu'à ce que la rafle (coton) soit tout à fait séchée et cassante. Un germe noir, à enveloppe ridée, indique que la graine a souffert de la gelée,

MILLETS.

Les inillets comptent parmi les plantes les plus anciennes en agriculture. On les cultive depuis un temps immémorial en Asie et dans certaines parties de l'Europe, où la graine sert principalement à l'alimentation de l'homme. En Amérique ils servent à la production du fourrage. Au Canada ils sont rarement employés dans les assolements réguliers mais on les utilise comme cultures dérobées.

Tous les millets exigent une terre franche, riche, contenant beaucoup de principes fertilisants, près de la surface, et une bonne quantité d'eau. Dans des conditions favorables la végétation est rapide et l'on obtient une récolte serrée en peu de temps. La récolte peut être utilisée sous forme de foin, de pâturage ou d'ensilage. Les nombreuses variités cultivées au Canada et aux Etats-Unis appartiennent à quatre espèces très différentes d'aspect général.

Quelle est la première chose? Bien cultiver. Quelle est la seconde? Bien labourer. Quelle est la troisième? Fumer.—Un champ, s'il n’est pas fumé se refroidit; si on le fume trop, il est brûlé; il vaut mieux fumer souvent qu'avec excès.—Pline, Histoire naturelle, 23-79 AC.

Apprenez qu'il n'y a qu'une chose en culture.—Avec elle tout vient et sans elle on n'a rien... ... Qu'est-ce que c'est, demandent-ils?. . Du fumier, répond Liset. , C'est le maître laboureur, c'est le grand cultivateur. Dans la plaine, on croit s'enrichir avec du grain, on sème toujours. Qu'arrive-t'il? Le fumier manque, la terre se lasse et le laboureur se ruine en travaillant. Apprenez-le, tous et chacun, le fumier est la richesse du fermier. Voulez-vous savoir une autre chose, la voilà: La terre ne s'améliore que par le fumage et Je labourage; clouez çà dans votre caboche.—Bujault.

Qu'est-ce que bien cultiver? r° labourer, 2° labourer, 3° fumer. C'est aussi employer de la bonne semence, semer copieusement et enlever toutes les mauvaises herbes qui peuvent pousser pendant la saison.—Caton, 95-46 a.J.C.

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