‹ Plantes fourragères [microforme]Chapitre 30 sur 43 · TRÈFLE BLANC. PE · texte numérisé non relu

TRÈFLE BLANC. PE

Distribution géographique: Le trèfle blanc est propre à toute l'Europe, au sud-ouest de l'Asie, à la Sibérie et au nord de l'Afrique. On prétend également qu'il est indigène au Canada et aux Etats- Unis mais ceci est douteux. Les localités où il se rencontre naturellement au Canada sont celles dans lesquelles il a échappé à la culture et le fait que toutes les espèces indigènes de Trifolium ne se rencontrent qu'en Colombie-Britannique et qu'elles forment un groupe très ditférent des espèces européennes indique que le trèfle blanc n'est pas propre à ce pays mais qu'il a été introduit par les premiers colons,

Historique: Le trèfle blanc a d'abord été cultivé en Hollande, d'où son nom anglais “Dutch Clover'':; on le cultive actuellement dans toute l'Europe et pratiquement dans toute l'Amérique du nord,

Culture: I! croît spontanément dans les prairies et les pâturages, le long des chemins et des cours d'eau, dans les vallées et les montagnes. Il vient sur une grande variété de terres sableuses, graveleuses, franches et argileuses. Il prefère les sols frais, bisn égouttés, qui renferment de la chaux et de l'humus. IH redoute les sols trop lourds ou qui contiennent de l'eau stagnante.

Climat: Le trèfle blanc se plaît particulièrement dans les climats plutôt humides et modérément chauds.Il résiste aux froids excessifs pourvu que les autres conditions soient favorables. Il peut également supporter une longue sécheresse à condition que le sol rontienne assez d'humidité. Il est vrai que la plupart des racines sont assez superficielles et la végétation est donc affectée par la sécheresse mais la racine principale pénètre à une profondeur considér:ble et les plantes survivent lorque le sous-sol contient assez d'eau. Au Canada c'est dans les Provinces maritimes, dans les régions des Grands Lacs et sur la pente du Pacifique que le trèfle blanc réussit le mieux. II est peu adapté aux provinces des prairies.

Végétation: Une fois qu'il a pris racine le trèfle blanc couvre rapidement le sol. Les tiges rampantes émettent beaucoup de rejetons et de racines et forment promptement de grandes plaques. Les capitules produisent de nombreuses graines qui tombent à terre et conservent longtemps leur vitalité. Quelques graines tombées sur le sol peuvent en peu d'années faire des plaques de trèfle d'une grandeur surprenante. Cette facilité de propagation explique la présence du trèfle blanc dans des endroits où il n'a pas été planté et fait voir également pourquoi on le considère comme étant indigène au Canada.

Le développement est lent en temps sec mais la plante se remet Promptement à pousser lorsque la pluie tombe. Les plantes qui germent de bonne heure au printemps fleurissent généralement l'automne de la même année. La deuxième année et les années suivantes elle produisent beaucoup de capitules, qui, lorsque les plantes sont tenues en échec par le pâturage, continuent à reparaître presque toute la saison.

Valeur agricole: Le trèfle blanc ne peut guère être utilisé comme plante à foin à cause de sa végétation basse. Il convient principalement pour les pâturages, soit seul, soit comme herbe de pied dans les mélanges. Il a une valeur toute spéciale pour ce dernier but. Il recouvre promptement le sol et fournit un pacage très nourrissant, recherché de toutes les sortes de bétail. Il résiste bien au piétinement et le pâturage au ras du sol, loin de lui faire du mal, provoque une nouvelle végétation. Lorsque l'humidité est suffisante il donne un bon pacage du printemps à la fin de l'été. Comme il est vivace il convient tout particulièrement pour les pacages permanents et les pelouses. On sème de six à huit livres de graine à l’acre.

Graine: La graine du trèfle blanc se vend plus cher que celle de la plupart des autres espèces de trèfle et dans les saisons raisonnablement humides sa production est une industrie très avantageuse mais dans les sécheresses prolongées la récolte est faible. La production moyenne est quatre à cinq boisseaux à l'acre.

Cultivé pour la graine on le fait pâturer généralement au printemps; parfois on fait une coupe de foin au commencement de la saison pour encourager la production des capitules. Comme la floraison s'étend sur une longue période, la maturation est parfois inégale. La récolte de graine devrait être coupée lorsque la plupart des capitules sont devenus foncés. Les manutentions exigent le plus grand soin.

Qualité de la graine: La graine du trèfle blanc est d'aspect rouge jaunâtre; tout échantillon se compose d'un mélange de graines rouges et jaunes. On croit généralement que la bonne graine est d'un jaune clair et que la semence rouge est vieille et a une faible faculté germinative, mais des essais de graines rouges et jaunes, prises dans des échantillons commerciaux, ont fait voir qu'il n'existe pas de différence essentielle dans la germination, pourvu que les graines rouges soient bien nourries et que leur développement soit normal.

Le poids légal de la graine est de soixante livres au boisseau.

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TRÈFE D'ALSIKE ( TriFolium bybridum £=}

TRÈFLE D'ALSIKE.

TRÈFLE D'ALSIKE (Trifolium hybridum 1.)

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Planche 20; graine, planche 27, fig. 3 Autre nom français: Trèfle hybride.

Nom anglais: Alsike clover.

Description botanique: Le t le d'alsike est vivace, à tiges dressées où généralement ascendantes qui ne s'enracinent pas à la base comme celles du trèfle blanc. Elles atteignent généralement une hauteur de un à deux pieds et sont rameuses dans leur partie supérieure. La plante entière est sans poils, et, pour cette raison, de couleur plus claire que le trètle rouge. Les folioles sont plus courtes et relativement plus larges. Les capitules ont des queues beaucoup plus longues que ceux du trèfle rouge et ressemblent plus à ceux du trèfle blanc. IIS en diffèrent cependant par ce fait qu'ils naissent aux parties supérieures des tiges, généralement près du sommet des branches. En couleur les fleurs tiennent le milieu entre le trèfle rouge et le trèfle blanc. Il ne faudrait pas en conclure cependant que le trèfle d'alsike est un hybride, comme son nom latin le donnerait à penser; cette conclusion serait tout à fait erronée. La couleur des fleurs varie généralement de blanc à rose dans le même capitule car elles sont blanches lorsqu'elles sont jeunes et deviennent graduellement roses. Bus toutes les espèces de trèfle, les fleurs commencent à se développer à la base du capitule. Comme les fleurs de trèfle d'alsike sont roses lorsqu'elles sont entièrement développées et blanches lorsqu'elles sont jeunes, il est facile de cemprendre pourquoi le capitule est généralement rose ar: bas et blanc au sommet.

Biologie de la fleur: De même que tous les autres trèfles, le trèfle d’alsike est fécondé par les insectes, mais il livre son nectar aussi bien à l'abeille ordinaire qu'au bourdon. La première a donc plus d'importance dans la fécondation de ce trèfle que dans celle du trèfle rouge. Une fleur visitée par une abeille se comporte de la même façon que celle du trèfle rouge; comme celle-ci elle reste stérile lorsqu'elle ne reçoit pas le pollen d'un autre fleur. La fécondation croisée est essentielle entre les différentes plantes.

Après s'être ouvertes les fleurs persistantes brunissent et s'inclinent plus ou moins. Elles tombent facilement, surtout lorsque les capitules sont secs. Dans le trèfle rouge les fleurs mûres sont plus solidement attachées aux capitules. La gousse du trèfle d'alsike est

plus longue que celle du trèfle rouge; elle fait un peu saillie au-dessus du sommet de la fleur et contient de deux à quatre graines.

Distribution géographique: Le trèfle d'alsike est propre à l'ancien monde, il se rencontre dans le nord de l'Italie, au nord de la Suède, dans le centre de la France, au sud et au centre de la Russie. On le trouve également dans le sud-ouest de l'Asie et dans certaines régions du nord de l'Amérique. Il croît spontanément le long des chemins et des cours d'eau, dans les prairies fraîches, sur les pentes des montagnes,

Historique: Le trèfle d'alsike tire son nom d'une petite paroisse du centre de la Suède, appelée Alsike où on a commencé à le cultiver il y a environ cent ans. Son emploi s'est généralisé en Europe vers le milieu du dix-neuvième siècle et sa culture est maintenant répandue dans tous les pays européens, à l'exception des pays les plus au sud. Au Canada il n'est guère cultivé d'une façon appréciable que dans les provinces de l'Est. On le trouve souvent échappé à la culture dans les provinces maritimes, Québec, Ontario et la Colombie- Britannique.

Culture: Le trèfle d'alsike préfère les localités où l'humidité est abondante dans l'air et dans le sol. Les sols qui lui conviennent le mieux sont les sablo-argileux frais ou les argiles. De même que le trèfle rouge il se développe lentement. Le centre de l'Ontario renferme des terres argileuses et graveleuses, riches en chaux, qui lui conviennent tout particulièrement. Il vient bien dans des terrains trop humides pour le trèfle rouge ordinaire. Sur des terres mal drainées où ce dernier échouerait sûrement, le trèfle d’alsike réussit pourvu que les autres conditions soient favorables.

Climat: Le trèfle d'alsike n’a pas été cultivé avec succès au Manitoba et en Saskatchewan. La cause peut en être l'hiver rigoureux ou la saison sèche ou encore les deux. Il semble, d'après l’expérience acquise en Europe, que cet échec dans les provinces des prairies doit être attribué principalement à la sécheresse de l'été. La sécheresse prolongée empêche les jeunes plantes de se développer convenablement avant l'arrivée des froids et les expose à être détruites par l'hiver. Même les vieilles plantes bien établies souffrent plus de la sécheresse que le trèfle rouge. La cause doit évidemment en être attribuée au manque de profondeur des racines du trèfle d'alsike qui ne lui permet pas d'aller chercher de l’eau dans le sous-sol; dans les district secs et bien irrigués on obtient de bons rendements.

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Végétation: Dars des conditions favorables le trèfle d'alsike fleurit vers la fin de l'as:t.mne de l'année où il a été semé. Généralement cependant, à l'arrivée de l'hiver, les plantes sont aussi développées que celles du trèfle rouge. Le printemps suivant la pousse reprend relativement tard et les plantes ne fleurissent pas aussi tôt que celles du trèfle rouge ordinaire. ( énéralement elles sont de deux semaines en retard sur ce dernier et fleurissent à peu près en même temps que celles du grand trèfle rouge. Quand on fauche pour le foin le regain se développe rapidement mais il est rare que l'on puisse faire une deuxième coupe.

Valeur agricole: Dans les prés à foin on cultive généralement le trèfle d'alsike en mélange avec le trèfle rouge et certaines graminées comme le mil et l'agrostide; cultivé seul le trèfle d'alsike est sujet à verser à cause de sa végétation étalée. En mélange les herbes et les trèfles plus forts soutiennent l'alsike et le foin produit est de meilleure qualité. Le mélange généralement employé dans l'Ontario se compose de deux livres de trèfle d'alsike, huit de trèfle rouge et quatre de mil à l'acre. Règle générale, on emploie le petit trèfle rouge ordinaire quoiqu'il soit plus hâtif que les deux autres. Si on coupe le mélange pour en faire du foin au moment où le trèfle rouge est à l'état voulu, le trèfle d'alsike et le mil ne sont pas prêts. D'autre part, si l'on attend que ces derniers soient prêts, alors le trèfle rouge a perdu de sa valeur nütritive. Pour le foin le trèfle d'alsike devrait être fauché quand il est en pleine floraison ou un peu plus tard, c'està-dire lorsque les premières fleurs ont commencé à brunir. Le fauchage tardif n'affecte pas la valeur du foin d'alsike autant que celle du trèfle -uge car les plantes d'alsike restent plus longtemps vertes et succulentes. Généralement on ne peut enlever en une saison qu'une récolte de foin. La récolte se fait de la même façon que pour le trèfle rouge. Règle générale cependant le fanage est plus difficile, surtout si le trèfle d'alsike est cultivé en mélange avec des herbes.

Pâturage: Quoique les animaux ne soient pas aussi friands du trèfle d'alsike que du trèfle rouge, le premier cependant est très estimé pour les pâturages à cause de sa grande valeur nutritive. On peut commencer à le faire paître dès que les plantes sont bien établies et on ne devrait jamais attendre qu'elles aient fleuri. >ar une température favorable un champ de trèfle d'alsike pâturé de bonne heure durera beaucoup plus longtemps que si on laissait les plantes atteindre un plus fort développement. Comme il est vivace il

convient mieux que le trèfle rouge pour les pâturages permanents, Cultivé seul on doit semer de six à huit livres de graine à l'acre.

Production de la graine: Dans des conditions favorables la production de la graine de trèfle d'alsike est une industrie avantageuse, Les plantes produisent un grand nombre de capitules et les fleurs sont à peu près sûres d'être fécondées car les bourdons et les abeilles s'y mettent tous les deux. Le sol doit contenir une quantité raisonnable de chaux, de potasse et de phosphate et pas trop d'humidité. L'excès d'humidité produit une végétation luxuriante et les plantes sont exposées à verser. Ilen résulte que la production de la graine est relativement faible et de mauvaise qualité. On obtient généralement la graine de la première récolte. Parfois on fauche les champs ou on les fait paître au commencement de la saison. La maturation en est retardée mais les plantes sont mieux fournies et produisent une plus grande quantité de graine. Pour prévenir la verse qui affecte la production de la graine on sème parfois jusqu'à six livres à l'acre et l'on obtient de bons résultats. Ces semis épais sont recommandés par les grainetiers pour les sols lourds et relativement frais.

Le trèfle d'alsike destiné à la production de la graine est prêt à être coupé lorsque la plupart des capitules sont bruns et que les fleurs s'enlèvent aisément. Comme les fleurs tombent séparément lorsque la graine est mûre, la récolte doit se faire avec grand soin. Le danger est d'autant plus grand que les capitules sont plus secs et il est donc bon de couper lorsque les plantes sont humides de rosée. Pour les mêmes raisons les autres manutentions de la récolte doivent être faites avec soin. On bat de préférence en temps sec. Règle générale on ne prend qu’une récolte de graine sur un champ de trèfle. Parfois cependant on peut faire deux ou même trois récoltes de graine en autant d'années.

Qualité de la graine: La graine de commerce est jaunâtre ou verdâtre ou parfois très foncée, en masse. Chaque échantillon renferme des graines de différentes sortes. Les unes sont d'un vert jaunâtre, d'autres presque noires, mais la masse à une couleur qui tient le milieu entre ces deux extrêmes. De même que dans le trèfle rouge ces couleurs différentes n'indiquent pas que certaines graines soient plus mûres que d'autres. Le trèfle d’alsike, de même que le trèfle rouge, se compose d'un grand nombre de types qui ne diffèrent pas seulement par l'aspect généra! des plantes mais aussi par la couleur de la graine. Si l'on ramasse toutes les graines d’une seule plante, on trouve qu'elles sont toutes de la même couleur, quel que soit leur âge.

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