L.—Lemma. P—Stigmates
Pa.--Palea, 0.—Ovaire er - ;
St—Etamine. Dans le blé, l'avoine et l'orge, le pollen
est généralement transporté avr stigmates avant que les glumes de l'épillet commenc t de se séparer: chaque fleur est donc fécondée par son propre p :n. Il n'en est jamais ainsi chez les graminées dont nous parlons dans ce volume. Les étamines ne sont prêtes à répandre le pollen qu'après que les glumes se sont ouvertes, et ainsi le pistil est toujours exposé à être fécondé par le pollen d'une autre fleur. En outre, dans beaucoup de graminées, les étamines et le pistil d’une même fleur ne mûrissent pas ensemble et cette circonstance favorise encore cette fécondation croisée.
Fruit: Après avoir été fécondé, l'ovaire des graminées se développe en un fruit qui renferme une seule graine, A proprement parler, les graines de blé d'Inde, de blé et de seigle sont des fruits qui contiennent une semence, tout comme la noisette est un fruit qui renferme une semence. En réalité la graine de mil, (fléole des prés) dépouillée de sa balle, est un fruit qui renferme une seule semence. Dans la plupart des graminées le fruit reste enveloppé des glumes, et le tout est appelé la graine. C'est ce qui se passe par exemple chez les ray-grass, les fétuques, les pâturins, les agrostides, le mil non décortiqué, etc., dont la semence, à proprement parler, est un fruit enveloppé de balles ou glumes. Comme cette expression ‘graine’ est généralement employée, nous nous en sommes servis dans cette description des graminées pour désigner le fruit enveloppé de ses glumes, comme on le trouve généralement dans le commerce.
Valeur agricole: Toutes les herbes sauvages, où à peu près toutes, peuvent servir de nourriture au bétail à une phase ou à une autre de leur existence. Même les herbes des déserts ou des localités inhospitalières, qui sont sèches, ligneuses, peu savoureuses pendant la plus grande partie de l’année, peuvent fournir une nourriture nullement à dédaigner lorsqu'elles sont jeunes ou rafraîchies par la pluie. Toutefois, les herbes sauvages ont généralement beaucoup moins de valeur que les herbes cultivées. Ces dernières sont mieux soignées, elles ont plus de nourriture à leur disposition, la lutte pour la vie leur est moins pénible, elles peuvent donc faire une pousse plus énergique et rendre une meilleure qualité de foin ou de fourrage.
Lorsqu'on se propose de cultiver une herbe sauvage ou même une variété cultivée, il faut tout d’abord s'assurer si le climat et le sol lui conviennent et si elle répond au but pour lequel on la cultive. Différentes herbes peuvent avoir différentes exigences. Toutes, bien entendu, exigent une provision suffisante d'eau et de nourriture, mais ce qui suffit à une pourrait ne pas empêcher une autre de mourir de faim. Une quantité d'eau qui provoquerait une végétation luxuriante d'une certaine graminée pourrait nuire à une autre espèce, peut-être proche parente de la première. Par exemple, la fétuque ovine vit à l'aise là ou la fétuque des prés souffrirait beaucoup. D'autre part, le dactyle pelotonné languirait dans un terrain frais et acide où la calamagrostide, le vulpin des prés et le pâturin des marais pousseraient avec vigueur. Il importe donc de choisir des varictés adaptées à la localité.
Certaines herbes comme l'agrostide qui ont des racines rampantes. ct poussent à partir du début même du printemps jusqu'à la fin de
l'automne, lorsque la température est favorable, conviennent tout particulièrement pour les pâturages car elles résistent au piétinement et fournissent une nourriture verte toute la saison. D'autre part elles ne valent pas grañd chose pour faire du foin car la plupart des feuilles sont assez près de terre. Le mil (fléole des prés) et les herbes de ce genre sont moins bonnes pour les pacages, car leur croissance
en touffes et leurs racines traçantes les exposent à être déracinées ou du moins à souffrir du piétinement, mais ce type de graminée fournit un foin excellent,
Le développement et Ja durée d'une herbe sont également des facteurs importants. Il en est qui se mettent à pousser très tôt au printemps et qui sont précieuses lorsqu'on à besoin de foin ou de pâturage hâtifs. D'autres commencent tard, poussent assez lentement et conviennent pour la production de foin ou de pâturages tardifs. Quelques herbes durent peu et meurent après la première ou la deuxième année: le ray-grass italien, par exemple, peut servir dans un assolement de courte durée, mais ii ne vaut rien pour un pâturage permanent, La plupart des herbes vivaces atteignent leur complet développement la deuxième ou la troisième année après avoir été semées et sont utiles lorsqu'on désire établir une prairie ou un herbage permanent.
Il est rare que l'on cultive une variété seule, à moins que ce soit pour la production de la raine, car les mélanges de graminées ou de graminées et de trèfles donnent généralement un rendement plus élevé et de meilleure qualité. Par exemple le dactyle pelotonné est généralement cultivé avec d'autres variétés: cultivé sevl, il fournirait un fourrage grossier, peu digestif et peu savoureux. Pour obtenir le plus gros rendement possible de bon fourrage, on emploie donc des mélanges qui donnent la plus grande quantité possible de foin ou d'herbe de la plus haute valeur nutritive.
Pour obtenir un fort rendement, il ne suffit pas de choisir ces herbes qui produisent beaucoup lorsqu'elles sont cultivées seules ; il faut encore qu'elles soient adaptées au sol et au climat, qu'elles s'accordent ensemble et qu'elles utilisent au mieux possible chaque pouce de terrain. Quand on désire avoir du foin, la valeur du mélange ne dépend pas seulement de la valeur des herbes prises séparément mais aussi du fait qu'elles mûrissen: ensemble. Un mélange idéal se compose d'espèces qui arrivent à floraison en même temps. Pour le foin, on fauche généralement au début de la floraison. Si l'on cult vait ensemble des espèces très hâtives et très tardives, le rendement serait relativement faible et la qualité du foin infér'eure. Le sol, la chute de pluie et d'autres facteurs déterminent les sortes que l'on doit employer.
On cultive souvent les trèfles avec les graminées: ce mélange donne une nourriture mieux équilibrée et n'appauvrit pas autant le sol que les graminées seules, qui exigent beaucoup d'engrais. Une tonne de foin de mil contient environ dix-huit livres d'azote, six livres et demie d'acide phosphorique et vingt-huit à trente livres de potasse ; c'est là un peu plus que n'apporte à la terre une tonne de fumier de ferme frais ordinaire, Si l'on n'applique pas d'engrais chimiques, il est évident que la culture continue du mil épuisera rapidement le sol; il en est de même, d'une façon géntrale, des autres graminées. Les plantes légumineuses (voir page 20) sont très précieuses parce qu'elles accumulent l'azote de l'air et améliorent le sol. Les trèfles apportent de l'azote au sol et maintiennent ainsi une partie de sa fertilité.