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BROME INERME

herbes plus précieuses lèveraient mal. Quoiqu'il réussisse sur des sols assez frais on lui réserve de préférence ceux qui contiennent peu d'humidité. On l'estime beaucoup à cause de sa résistance à la sécheresse; dans les étés secs il produit plus de fourrage vert que toute autre herbe. Le brome inerme est surtout estimé dans les parties des provinces des prairies où la chute de pluie est faible. Il convient pour l'Ouest du Canada à cause de sa rusticité et de son aptitude à supporter des changements de climat subits et considérables. On le cultive beaucoup en Hongrie où le climat ressemble assez à celui de l'Ouest canadien.

Habitudes: De même que la plupart des autres herbes vivaces, le brome inerme pousse assez lentement la première année de semis. La deuxième année, la récolte est forte et il atteint généralement son maximum de rendement la troisième année. A cause du tallage prononcé de la souche, le gazon devient bientôt trop serré et il faut labourer pour maintenir le rendement. Une fois établi il est persistant et ne disparaît qu'à la suite de façons aratoires répétées. Il se met à pousser de bonne heure au printemps et continue à produire des tiges et des feuilles jusqu'à une époque avancée de l'automne.

Valeur agricole: Son aptitude à fournir du fourrage vert, même dans un été chaud et sec, le rend précieux pour les pâturages, mais au point de vue de la valeur nutritive il ne saurait être comparé au pâturin du Kentucky par exemple. D'autre part il supporte bien le piétinement des bestiaux et des moutons ce qui en fait une plante précieuse pour les pacages sableux et graveleux.

Fourrage: Les opinions diffèrent sur la valeur nutritive du foin, mais on peut affirmer qu'il est à peine comparable au mil de qualité moyenne. Cultivé pour son foin dans un climat sec, il vaut généralement mieux le semer sur sol nu, c'est-à-dire, sans plante-abri. A la ferme expérimentale de Indian Head on a trouvé que dix à douze livres de graine à l'acre suffisent. On obtiendrait une meilleure récolte la première année en employant plus de graine, mais moins bonne ensuite car les racines s'épaississent et produisent un gazon trop serré. Il faut le faucher avant la floraison car il durcit et perd sa succulence et beaucoup de sa valeur nutritive. Dans des conditions favorables on peut faire deux coupes de foin en une saison, mais la deuxième coupe est assez légère et se compose principalement de feuilles. Tous les bestiaux sont friands de son foin. Il convient aussi bien à la production du lait qu'à celle de la viande. Cependant ses propriétés laxatives le rendent peu propre à l'alimentation des chevaux de travail.

Graine: Cultivé pour sa graine, on coupe le brome inerme quand les épillets ont une nuance violet-brunâtre. Si l'on coupait trop tôt, la graine serait légère et de mauvaise qualité. On peut, sans risque, laisser la graine mûrir parfaitement avant de couper car elle est peu exposée à tomber. Les méthodes de récolte et de fanage sont les mêmes que pour les céréales.

Qualité de la graine: Les graines sont brun clair avec une teinte pourpre caractéristique; elles ont près d'un demi pouce de long et sont plates et légères. La glume porte une courte barbe au sommet mais elle est généralement sans barbe et tronquée. La graine contient ordinairement beaucoup de balle et de débris de paille cassée. La bonne graine pèse quatorze livres au boisseau.

BROME DES CHAMPS {Bromus arvensis L.)

Graine, planche 27, fig. 21.

Description botanique : Le brome des champs est une plante annuelle ou bisannuelle, à tiges de un à trois pieds de hauteur, généralement en toufifes nombreuses et à feuilles plutôt larges et molles. La couleur générale de la plante est vert grisâtre caractéristique. On la distingue facilement des autres bromes par les poils mous qui recouvrent ses parties inférieures. La panicule est forte, étalée même après la floraison, d'une teinte pourpre caractéristique. Les glumes extérieures de la fleur sont munies de longues barbes; sous tous les autres rapports les épillets sont semblables à ceux du brome inerme.

Distribution géographique : Le brome des champs est propre à l'Europe, à la Sibérie et à l'Asie Mineure. Il a été introduit dans quelques parties de l'Amérique.

Habitat: Il se rencontre dans les endroits incultes, le long des chemins et des sentiers et dans les champs, où il pousse parfois comme une mauvaise herbe.

Valeur agricole: On a essayé de cultiver cette herbe. Comme elle est de peu de durée elle ne peut être utilisée que dans de courtes rotations. Elle pousse rapidement et donne une récolte abondante. Il serait donc possible de l'utiliser en culture dérobée. Elle n'a pas encore été suffisamment essayée au Canada.

BROME CILIÉ. 93

BROME CILIÉ {Bromus ciliatus L.)

Graine, planche 27, fig. 22.

Description botanique: Le brome cilié est une plante vivace, à souche courte, et qui pousse en touffes ouvertes. Les tiges, de deux à quatre pieds de hauteur, sont assez grêles et généralement recouvertes de poils raides à la base. Les feuilles sont larges, d'un vert clair ou d'un vert presque jaunâtre, de texture molle et couvertes des deux côtés de poils mous et courts. Les panicules sont généralement unilatérales; leurs rameaux longs et penchés portent les épillets principalement aux extrémités. Les épillets sont généralement verts et se distinguent facilement de ceux de toutes les autres espèces de brome par leurs glumes qui sont ciliées de poils longs et saillants. Le lemma (voir page 11) a une barbe plutôt courte et droite.

Distribution géographique : Le brome cilié est propre à l'Amérique du nord. Il est répandu dans l'est du Canada.

Habitat: Il se rencontre dans les bois humides, les taillis, le long des rivières, etc. ; il préfère les endroits ombragés.

Sa valeur agricole est peu connue.

J'ai vu bien des gens n'employer que des graines de légumes préparées, et arrosées à l'avance d'un noir mélange composé de nitre et de marc d'huile; c'était ix)ur que les cosses souvent trompeuses donnassent des grains plus gros, et plus faciles à cuire, même avec un feu modéré. J'ai vu aussi des semences de choix, triées attentivement, dégénérer pourtant, si la patience humaine ne prenait soin, chaque année, de mettre de côté une à une les plus belles. C'est la loi en ce monde; tout empire, et se trouve fatalement ramené en arrière. Ainsi le nautonnier qui, dans sa barque, fait force de rames pour remonter le cours de l'eau; si par malheur il détend les bras un seul instant, aussitôt le fleuve l'entraîne en plein courant et l'emporte à la dérive. — ^Virgile, Les Géorgiques, Traduction d'Henri Lantoine.

Que diriez-vous d'un homme qui sèmerait les criblures de ses céréales? Rien de favorable. Que voulez-vous donc que nous disions de notre côté, de ceux qui sèment moins encore que les criblures du foin. Nous en sommes cependant là et ne pouvons sortir d'embarras qu'en achetant dans les villes des semences qui sortent de la campagne et que nous devrions produire partout dans nos exploitations. — Joigneaux.

RAY-GRASS ANGLAIS OU VIVACE {Lolium perenne L.)

Planche 14 A; graine, planche 27, fig. 24.

Autre nom français: ivraie vivace.

Noms anglais: Perennial Rye grass, English Rye or Ray grass, Common Darnel.

Description botanique: Cette herbe est vivace, à souche rampante, d'où naissent des touffes de tiges feuillées et de rejetons stériles. La plante pousse donc en touffes étalées qui se composent de touffes secondaires reliées par les rameaux allongés de la souche. Les tiges sont tout à fait dressées ou plus ou moins genouillées et ascendantes. Elles sont grêles, lisses et ont généralement de un à deux pieds de hauteur. Les feuilles sont généralement vert foncé et pliées ensemble dans le bourgeon. Sous ce rapport elles diffèrent de celles du ray-grass italien qui sont enroulées dans le bourgeon. L' inflorescence est en épi caractéristique, composé d'un certain nombre d'épillets aplatis disposés en deux rangs. Les épillets sont solitaires à chaque nœud et l'épi est donc assez semblable à ceux du ray-grass de l'ouest et du chiendent. Toutefois, dans le ray-grass vivace, les épillets tournent leur côté étroit vers la tige principale, tandis que dans le ray-grass de l'Ouest et le chiendent c'est le côté large qui est tourné contre la tige. Pour cette raison l'épi du raygrass vivace devient fortement aplati tandis que celui du ray-grass de l'Ouest et du chiendent est plus cylindrique. Un épillet contient de cinq à neuf fleurs et chacune d'elles est entourée de deux glumes sans barbe.

Distribution géographique: Le ray-grass vivace est propre à presque toute l'Europe, l'Afrique du Nord et aux régions tempérées de l'Asie. Il a été introduit au Canada et aux Etats-Unis et il est maintenant très répandu dans notre pays, surtout dans les provinces de l'est.

Habitat: Il croît spontanément dans les endroits incultes et les champs cultivés, sur le bord des chemins, dans les prés, le long des bois.

Culture: II préfère les sols argileux frais et riches et fait une pousse luxuriante dans les sols qui lui conviennent. Le bon égout-

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