‹ Plantes fourrangèresChapitre 111 sur 168 · MALADIE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MALADIE. — TRAITEMENT

C'est une dépense de 23 francs par hectare, à laquelle il convient d'ajouter l'intérêt et l'amortissenient de la machinp. Cette dépense varie avec les exploitations et ne peut être fixée que dans chaque cas |>articulier. Dans nos fermes de Beauce, où nous utilisons le pulvérisateur à traction pour déti'uire les moutardes sauvages dans i

Pig. 114. — l'ulvérisateur k traction (Vermorel).

timons au plus à 3 francs par hectai'e ; il en résulte que la dépense totale ne va pas au delà de 36 francs.

Un traitement unique suffit, en général, et il doit être fait au moment de la iloraison des pommes de terre.

,^ous avons fait, en 1890, avec M. Oscar Bcnoist, des expériences pour nous assurer par nous-mêmes de l'efficacité des préparations cupriques ; les résultais ont été les suivants :

Variilf ïulliï^e (Hollandt). Tubercules Tubercules

Excédent dû au traitement. . . 607ï

Coogk

Dans un aulre essai fait à Villars avec M. Courtois, le traitement eu pro-sodique préventif a pi-ocui-é un excédent de 22 quintaux à l'hectare avec la variété de Hollande, et dans la partie traitée, on ne trouvaitpas de tubercules malades à l'arrachage- Cea essais, après ceux d'Aimé Girard, sont suffisants pour justifier la confiance des culUvateui-s dans la méthode.

Autres maladies de la pomme de terre.

Depuis quelques années (1898-1900) on a observé, surlout dans la région de l'ouest, une nouvelle maladie de la solanée qui nous occupe, à laquelle on a donné le nom de Brunisture. Getle maladie ne débute pas avant la seconde quinzaine de juillet. En voici la description, d'après M. Delacroi.\, directeur de la Station de pathologie végétale, à l'Institut national agronomique : " Les pieds atteints semblent cesser de se développer ; les feuilles jaunissent, puis deviennent d'un fauve grisÂtre et se dessèchent. La base des tiges montre souvent h sa surface des taches livides, et en section, des plages brun-clair, remontant plus ou moins haut. La partie souterraine présente des plaies parfois cicatrisées, auxquelles on ne peut en général attribuer d'autre cause qu'une lésion d'insecte ou d'un autre animal du même groupe.... 11 est logique d'attribuer à ces plaies le rôle de porte d'entrée du germe pathogène qui, dans ce cas, serait véhiculé par le sol. On doit d'ailleurs accorder le même rûle à d'autres plaies accidentelles, plaies de binage, par exemple. Pourtant, ces plaies, d'origine diverse, ne se rencontrent pas nécessairement, disons simplement que lorsqu'il en est ainsi, la maladie n'est pas acquise, elle est congénitale et en quelque sorte constitutionnelle, le tubercule mère qui a servi à la plantation était envahi dans la culture antérieure et il a produit des pousses parasitées dès l'origine. On comprend aussi que, suivant le cas, on puisse, à un moment donné de la végétation, ne trouver sur un pied que quelques tiges atteintes, ou bicn^ et surtout quand la maladie est congénitale, observer souvent l'apparition du mal sur toutes les tiges à la fois.

Les tubercules sont atteints au même titre que les tiges

AUTRES MALADIES DE LA POMME DE TEHHE. 3e»

Et, pour les méines raisons que les tiges, la totalité des tubercules d'une kiulTe ou une partie seulement monti-e des symptômes de la maladie. Le tubercule atteint présente, à la coupe, des taches d'unjaunepàle au débutqui, par lasuite, brunissent notablement. C'est vers la pointe, h l'endroit où nait le tubercule sur un rameau, qu'on voit apparaître le brunissement ; et, sur les tubercules encore jeunes, on peut, sans difficulté, suivre les progrès de la lésion, depuis le rameau jusque dans le bourçeon tubérisé qui s'y insère. Lorsque l'infection est précoce, et surtout lorsqu'elle est congénitale, les tubercules envahis restent petits à cause des difficultés créées à la circulation de la sève par la lésion elle-même ; ces tubercules insuffisamment nourris ne prennent pas leur développemeni normal ; Ils sont souvent ridés et mous.

Après la récolte, les ^hercules malades ensilés ou conservi^s en cave, et en état de résistance insuffisante, sont souvent la proie de saprophytes variés qui les tuent et les rendent inutilisables.

Les racines proprement dites peuvent être envahies aussi bien que les tiges aériennes ou les tubercules; mais il est à observer que l'infection ne les gagne que plus tardivement. Il n'est pas absolument rare de les trouver encore saines lorsqu'on voit toutes les tiges atteintes. Quand la base des tiges est mort« et la plante entièrement desséchée, on pourrait supposer que le pied malade a végété plus vile et mflri prématurément ses tubercules ; mais l'état des lubercules montie aussi leur faible développement. A l'arrachage on voit souvent les tiges mortes couvertes à leur surface de moisissures qui ne sont que des saprophytes et dont la présence est secon daire.

La date de l'apparition de la maladie, vers le !'> juillet en général, n'est pas absolument fixe ; elle est e.\ac[e seulement ))Our les variétés plutôt hâtives, comme la Jaune de Hollandt Les espèces plus tardives, la Richeter's Imperator paraissent le plus souvent indemnes à celte époque.

L'observation montre encore que les variéli'-s qui soufflent le plus du mal sont celles qui sont le plus tôt envahies ks variétés hâtives. Les variétés à maturité tardive ne --nnl

«tteintes souvent qu'en fin d'août ou même en septembre ; elles mûrissent en général leurs tubercules qui ne s'infectent qu'en petit nombre.

Qetie régie a montré pourtant quelques exceptions dans l'ouest.

La maladie apparaît fréquemment dans les sols propices à la culture de la pomme de terre, où la durée de l'assolement est parfois écourtée. Mais on la rencontre aussi dans des terres de défrichement de vignes ou de bois, sur des sols où, de mémoire d'homme, on n'a jamais cultivé de pomme de terre. Elle est peut-être plus fréquente sur les terrains calcaires, mais elle a sévi très gravement sur des sols siliceux, argileux ou mixtes.

La cause de cette maladie est une bactérie, le Baeiilus solanincola, qui peut se conserver dans le sol. On pourrait l'y détruire en l'arrosant abondamment avec une solution & 1 p. 120 deformol du commerce dans l'eau. Maisie procédé est trop coûteux pour être pratique. Il -faut se borner, comme le recommande M, Delacroix, à suivre un assolement de trois ou quatre ans au moins, à n'employer, pour la plantation que-, des tubercules entièrement sains, et pour plus de sécurité, h les désinfecter en les immergeant pendant une heure et demie dans la solution de formol à 1 p. 120. La solution doit être faite au moment de l'emploi, sous peine d'être inactive, car l'aldéhyde formique se volatilise rapidement à la température ordinaire.

Dans les exploitations oili la maladie de la brunissure a fait son apparition, il conviendra de renouveler les plants en les ti rant d'une région où ils sont indemnes de toute atteinte.

Il faudra aussi éviter absolument de se servir de planis coupés, car l'infection se fait très facilement dans ce cas.

Une autre maladie désignée sous le nom de gangrène de la tige attaque aussi parfois les pommes de tene en végétation, surtout celles qui proviennent de planis coupés. Les tiges malades s'altèrent profondément à leur base et périssent rapidement. Le mal est dû à une bactérie, le baeiilus caulivorus On combat préventivement cette maladie comme la précé~

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