‹ Plantes fourrangèresChapitre 112 sur 168 · RÉCOLTE ET CONSERVATION · texte numérisé non relu

RÉCOLTE ET CONSERVATION

La gale des tubercules est produite, d'après Roze, par k Micrococcus pellicidus. La surface des tubercules atteints est rugueuse, et leur développement est arrêté. On la prévient par la désinfection des plants, et par l'allongement de la rotation.

Suppression des tiges.

On a proposé de recueillir les tiges de la solanée tubéreuse pour en faire du foui't'age. C'est du reste ce que l'on fait en Suède et en Norvi;ge. Mais cette opération ne saurait être recommandée, car elle diminue dans de très grandes proportions le rendement en tubercules. D'après Anderson, en Angleterre, l'enlèvement des feuilles diminue la récolte dans les proportions suivantes r

Le ï août de ; . 77 p. 100,

Le 10 — de 60 —

Le 17 — de 5S —

Leï2 — de 38.5 —

Leï9 — de : 24,5 -

Le 5 septembre de 11 —

la récolte ayant été faite le 28 septembre.

D'aprèsM. Mollerat, lesfeuillesétantenlevéesâlafloraison.la récolte était de 43 ; après la floraison, de 163 ; un mois plus lard, de 307 ; et avant la récolte, de 417. Comme pour la betterave, c'est nne pratique h condamner.

Rdoolte et conservation.

La première question qui se présente à l'esprit relativement h la récoite de la pomme de terre, est celle de savoir à quelle époque il convient de la faire. On conçoit tout d'abord que la date de l'arrachage rationnel doit être essentiellement variable, suivant le plus ou moins de bâlivilé des variétés. Sous ce rapport nous pouvons classer les variétés que nous avons citées dans l'ordre qui suit :

1° Variétés h&tives de grande culture : Flocon de neige. Grosse jaune deuxième hùlive, Blanchard;

37â POMME DE TEaRE.

2° Variétés intermédiaires: Early rose, Seguin, Quarantaine violette, Chave, Albert, Vosgiennp,

3° Variétés tardives : Magnum honum, Zélande, Van dei- Veer, Richter's Imperator, Farineuse rouge, Jeancé, Saucisse, Chardon, Saucisse blanche.

En principe, il faut se guider, pour l'an-achage, sur la moi-t complète des tiges. Avec celle-ci ces^te l'assimilalion et par suite la croissance des tubercules. Mais il faut se garder d'arracher, à moins d'impossibilité, tant (ju'il existe k l'extrémité des liges, qui paraissent presque mortes, une petite rosette du feuilles, car le grossissement des lobeivules se continue tant qu'il ï a un reste de vie dans les liges.

Dans nos expériences d'Arche^illiers, nous avons arraché de la Richler's Imperator au 8 septembre, alors que la Saucisse était mûre ou peu s'en faut, et nous avons obtenu un rendement inférieur de 25 p. 100 è celui de la malurilé complète, comme le montre le tableau suivant :

!»uci$». Ourdon. R, Inperalor.

quinlaui. quintaut. quinUiai.

Recolle au S septembre . . 300 265 310

Râcolte k maturité complète :

S5 septembre 300 « h

2 octobre » -'0 «

Différence 0 S 100

C'est en réalité seulement en oclobre qu'il convient d'arracher les variétés tardives qui nous intéressent le plus à cause de leur grand rendement.

Quel que soit le mode d'arrachage que l'on suive, il faut profiter du moment où le sol est le moins humide possible; autrement les tubercules seraient très sales, très difficiles à nettoyer et à ramasser.

On arrache les tubercules à l'aide d'instruments à main ou d'instruments attelés. Lesoutilsdont on se sert pour l'arrachage k la main sont la fourche ou le croc? Mais on ne doitrecounr k ces outils que dans la petite culture.

L'arrachage avec tes instruments atlelés est bien plus rapide, el il est aussi parfait quand il est bien conduit. C'est avec la

BÉCOLTK BT CONSERVATION. 373

charrue ordinaire, le butteur ou aveo lo chari-ue arraclieuse que l'on déterre les tubercules.

Voici comment on opère ave.^ la cliarrue ordinaire : on enraye un peu à gauche de la ligne de pommes de terre, par exemple, et on retourne ainsi toutes les touffes presque complètement. Des femmes suivent la charrue et ramassent tous les tubercules mis à nu. On donne ensuite un hersage trts énergique; Jes tubercules qui n'éteient pas venus à la surface y sont amenés. On les ramasse. Un scarîliage en travers fait sortir les derniers tubercules du sol.

On peut aussi employer un butteur, qu'on fait passer an milieu de l'ados qu'il sépare en deux, en rejetant la terre et

Pig. H5. — Arracheuae de pommes de terre (Bajnc).

les tubercules à droite et k gauche. On passe du premier rang au teoisième, puis ainsi de suite. On revient quand tous les impairs sont terminés, retourner les rangs pairs. On ramasse les tubercules à la suite du butteur. Mais le travail de cet instrument ne suffit pas. Comme après la charrue, on donne un hersage très vigoureux en travers, qui ramène à la surface la plupart des tubercules que la première opération n'avait pas atteints. On les ramasse. Alors un labour ou un quasi-labour est donné avant lasemaille qui doit suivre. Les derniers tubercules sont par là extraits.

La charrue arpacheuse(fig. llli] s'emploie comme le butteur. Elle a l'avantage de très bien ramener les tubercules à la surface en les séparant de la terre.

Dans les sols légers, il suflit de laisser les tubercules épars pendant quelques heures sur le terrain apri's l'arrachage, si

lo temps n'est pas pluvieux, pour qn'oo puisse les amasser et les transporter au magasin. Les tubercules ne doivent pas être entassés humides et surtout enrobés de boue, car alors la pourriture se manifesterait dans la masse. Mais si les pommes de terre sont bien propres et exemptes de terre, il n'est pas nécessaire que la dessiccation soit complète pour qu'elles se conservent bien ; on peut sans ci'ainte amasser les tubercules lorsque la surface exposée h l'air est bien sèche, bien que le cûté qui repose sur le sol montre encore un peu d'humidité.

Les pommes de terre destinées & ta consommation doivent être conservées pendant tout l'hiver. La grande quantité d'eau qu'elles contiennent, la rapidité avec laquelle elles pourrissent quand ellesont été meurtries et atteintes parla gelée, ou qu'elles sont atteintes de la maladie, obligent à une surveillance et k des soins pai'ticuliers. Les conditions essentielles & remplir pour assurer leur conservation pendant l'hiver, en les empêchant de pourrir et de germer, sont : de les mettre à l'abri de la gelée ; de les garantir de la chaleur et de l'humidité ; de les préserver de la lumière.

On les emmagasine à cet effet en silos, en celliers ou en cave. Les silos s'établissent dans les mêmes conditions que poui' les betteraves, mais on les fait moins larges. Les pommes de terre saines et non attaquées par la maladie s'y conservent très bien. Mais si l'on craint les ravages de celle-ci, il faut préférer les celliers, les magasins ou les caves où l'on peut souvent visiter les tubercules et les trier en cas de besoin. On estime que 1 000 kilogrammes de pommes de terre occupent un volume de 1"",54

De temps immémorial, la carotte était cultivée, sans éclat, dans les sols sablonneux du Suffolkskire, lorsqu'on 1761 Billing adressa à la Société d'agriculture un mémoire sur cette plante et la tira de l'oubli. L'illustre Arthur Young la recommanda avec enthousiasme. Mais on doit ajouter que le défaut que présente celle plante de germer avec lenteur, puisqu'elle

demande de trente à quarante jours pour lever, a été un obslacle h l'extension de sa culture dans les sols où les mauvaises herbes se développent avec une grande facilité.

Quoi qu'il en soit, cette racine fourragère est cultivée avec avantage autour de nous, dans les terres moyennes du limon des plateaux et de J'argile à silex. Outre sa valeur alimentaire et par cela même, elle jouit d'une certaine faveur sur le marché des villes pour l'alimenlalion d'hiver des chevaux.

Dans les milieux qui lui conviennent, la carotte ne le cède en rien à la betterave au point de vue du rendement. Sa culture est réellement rémunératrice, avec un rendement moyen de 40000 kilogrammes i l'hectare. A la ferme de Cloches où nous avons plus spécialement étudié cette culture, les frais de production à l'hectare atteignent, d'après M. Oscar Benoist, le taux suivant :

Loyer et impôts 90 francs.

Laîwurs el hersages ■80 —

500 Idl. de superphosphate et 250 kil.

de nitrate , lOÏ fr. 50

Semence et semaillc 30 francs.

Binages 105 —

Bécolte, mise en silos 130 —

Total S37 fr. 50

Les 1 000 kilogrammes de carottes fourragères reviennent donc ù 13 fr. 44.

On trouve h vendre 35 francs les 1000 kilogrammes les carottes hien saines, et comme lesfraisde transport atteignent à Cloches 6 francs par tonne, c'est au prix de 29 francs à la feime qu'on en a le débouché. Dans ces conditions de la vente pour l'alimentation des chevaux des villes, la culture de cette plante peut donner un bénéfice brut à l'hectare de 622 francs.

Si, d'autre part, on considère qu'à la récolte on obtient en outre des racines de 2!> k 35 p. 100 du poids de celle-ci de feuilles constituant un e^icellent fourrage vert pour tous les animaux, on peut conclure que, pour secondaire que soit la culture de cette racine, elle n'en a pas moins à jouer un rfilc important dans l'économie bien conduite de nos exploitations agricoles.

Desopiptîon. — Variétés.

La carotte {Daucus carota), est aussi connue sous les noms vulgaires de racine jaune, pastenade, ou pasionade.

Les tleui-s, disposées en ombelle, sont ordinairement blanches, petites ; celle du centre, stérile, est purpurine. L'ombelle est longuement pédonculée, et creusée «n coupe à la maturité. Les pédoncules arqués et convergents vers le centre à ta maturité, sont supportés par un réceptacle non dilaté. La graine (fruit) porte des aiguillons subulés, distincts, terminés par plusieurs pointes (1 à 3), infléchies en dehors. Les feuilles sontmolles, velues ou glabres. Les inférieuressonloblongues, à segments ovales, et les supérieures sessiles. La tige est rude, dressée, rameuse, peu feuillue au sommet, et atteint facilement un mètre de haut dans les grandes variétés. La. plante est bisannuelle, et fleurit de juin à septembre.

C'est une espèce fort commune et très i-épandue à l'état sauvage. Soumise à la culture, elle a subi d'importantes modiflcations. Sa racine dure et gi-éle, souvent ramifiée, de saveur forte et acre, est devenue très savoureuse, sucrée, de forme conique ou presque cylindriciue à grand diamètre. En trois ou quatre générations, Vilmorin a obtenu du semis de la carotte sauvage, par sélection continue, des racines ti-ès grosses et de bonne qualité.

La carotte est donc une plante dont la racine subit facilement des modiflcations importantes, sous l'influence des conditions de milieu. Aussi les variétés de l'espèce sont-elles nombreuses et présentent-elles souvent des caractères trè* tranchés.

Nous laissons de cAté au point de vue qui nous occupe Ic^^ variétés horticoles. Mais nous ne pouvons pas ne pas citer pour mémoire la carotte à châssis, si fine de saveur, à chair si sucrée. Sa comparaison avec nos variétés de grande cultui-e sera la démonstration la plus lumineuse qu'on puisse produire de l'aptitude à la variabilité de l'espèce qui nous intéresse en ce moment.

On classe les variétés de carottes d'après la couleur, la

DESCRIPTION. — VARIfiTÉS. 311

laille et la forme de leur racine charnue et comeslible. Les

variétés rouges sont les plus estimées pour la consommation

de l'homme, elles jouissent d'un goût plus relevé et ont une

saveur plus Une. U en est

quelques-unes qui sont

sufTisamment productives

pour être cultivées en

plein champ afin de servir

à l'alimentalion du bétail,

et il va sans dire que ce

dernier les apprécie au

même Litre que le roi de

la création. Nous cile-

1° La carotte rouge à

collet vert (fig. 116], 1res

cultivée en Belgiciue. La

radne est très longue et

lisse. La peau et la chair

sont d'un rouge clair

orangé. Le collet, qui

s'élève à 10 ou lli centimètres au-dessus du sol,

est vert. C'est une variété

de très bon rendement,

dont la racine est parfumée.

2° La carotte rouge pdle

de Flandre {iig. m), est Fig. "«- - C.v Fig. ^17.-Ca^otlo ,,. , ? , ,, -, , ratte rongea rouco pâle do

cultivée pour le bétail et collet vorl. Flandre

pour l'homme. La racine

est rouge pâle, de longueur moyenne et très grosse au

sommet; elle est très productive et très estimée.

3° La carotte rouge d'Altringham (fig. 1 18), variété d'origine

anglaise, plus régulièrementcylindriqucetplusallongéequelu

carotte rouge à collet vert, de bon rendement et de bonne

qualité.

Parmi les variétés jaunes on peut cultiver :

Cioogle

i° La carotte jaune à collet vert (fig. 119), longue, et dont te collet teinté <le vert sort franchement de terre, comme pour la variété rouge.

2<* La carotte jaune d'Achicourt, très répandue dans le

Pas-de-Calais, qui lii-e son nom d'un village de la banlieue d'Arras. Sa racine est Ir^s volumineuse, allongée et ne sort

Page 1