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Acide phosphorique

Le rendement en racines de notre récolte, étant donné que nos pots ont onze décimèlres carrés de surface, s'est éle\é

EXIGENCES E» £L&HENTS FERTILISANTS. 393

d 35!) grammes de matière sèche par nit'tre carré. Dans nos expériences de Cloches sur la culture en. ordre serré, nous avons trouvé que la carotte blsnclie des Vosges renfermait 12 p. 100 de matière sèche; il en résulte que le poids brut de notre récolte s'élevait à 3"", 95 par mètre carré ; c'est un rendement par hectare de 29500 kilogrammes. Dans les sols qui lui conviennent particulièrement, et avec une culture soignée, on obtient facilement de 40 à SO tonnes de racines. Voyons quelle est pour une récolte de 40000 kilogrammes le prélève^ ment de principes fertilisants :

D'après nos recherches présentes, une tonne de racines avec ses feuilles et ses radicelles puise dans le sol :

' kiJ.

Azote .1,12

Acide phosplioriqui; 1,77

l>olasse e."S

Cham 3,8!)

Il en résulte qu'une récolte de 40 tonnes de racines tîi-e du sol, par heclire :

Azole 1^5 kllogiammc.

Acide pliosphorii|uc 71 —

Potasse ï7l —

Chaux m —

Nous avons constaté des récoltes de carottes atteignant 60 et même 80 tonnes métriques à Cloches et à Planchev ille. Les exigences en principes fertilisants admises ci-dcssub sont donc souvent dépassées.

A égalité de récolte, la carotte prélève sur les ressources du sol et les engrais presque la même quantité d'acide phosphorique que la pomme de terre, mais sensiblement moins d'azote, de potasse et de chaux. Elle exige plus de chaux que la betterave, mais beaucoup moins de potasse, moins d'azote et moins d'acide phosphorique.

Pendant la première période d'un mois, la végétation est lente, et la production de la substance sèche relativement très faible. Mais l'azote et la chaux sont absorbés avec une certaine avidité. Pour la potasse et l'acide phosphorique.

l'absoi'pliun ut n ma le moins rapide que celle de la formation de ta ub lan e che. 11 y a là l'indication de l'utilité de fou rn alaj u plante de l'azote facilement assimilable et de la né 1 d un sol bien pourvu de calcaire impalpable.

Si l'on considère le travail radiculaire, on constate qu'à cette époque il est déjà élevé, surtout pour la potasse, la chaux et l'azole; mais il est moins considérable que pour la pomme de terre et la botli-ra^e.

Pendant la période suivante de deux mois, de la mi-juin ù la mi-août, lactivité de la végétation commence il s'accroître fortement, de même que l'intensité de l'absoi-ption. Pendant les soixante-quatre jours de cette période la plante a formé 25,37 p. 100 de sa matière sèche, et a absorbé les propoi'lions suivantes des principaux éléments nutritifs i

Azote 21,83

Acide phos])hori([uc 1 1 ,29

l>olassi! 26.77

Choux 38,50

Tandis que l'absorption de l'azote reste parallèle à la formation de la matière organique, celle delà chaux surtoul, puis de la potasse prennent le dessus ; quant à l'absorption de l'acide phosphorique, elle demeure la plus lente. Le besoin de chaux soluble et de potasse domine donc k cette époque.

Le travail radiculaire, d'un autre côté, s'élève beaucoup ; il passe de 14 à 22 en nombres ronds ; s'il n'a pas atteint son maximum, il s'en est beaucoup rappi-oché. Pour l'azote, il reste à peu priis slationnaire ; il double presque pour la potasse et la chaux, et il est plus que double pour l'acide phosphorique.

Mais c'est pendant la dernière période de la végétation, à partir du 15 août, que l'absorption des éléments minéraux prend la plus grande activité. Pendant celte époque, la plante constitue 70,74 p. 100 de sa substance sèche et absorbe les proportions suivantes de ses principes alimentaires:

Aïole 74,0« p. 100.

Acide pi ios|ilioriqup 88,33 —

l'olasso .■ 72.61 —

Chaui 00,48 —

Cîooi^le

EXIGENCES EN ËLËMENTS FERTILISANTS. 395

L'absorption de l'azote et de la potasse devient parallèle à la formation oi^anique, celle de la chaux devient un peu inférieure, tandis que celle de l'acide pliosphorique se relÈve fortement. Quant au travail radiculaire, il atteint son maximum pendant cette période. S'il baisse pour la chaux, il 8e relève sensiblement pour l'azote et la polasse et fortement poui' l'acide phosphorique.

En ce qui concerne i'azole, nous voyons donc que la carotte l'absorbe avec une assez grande régularité dans tout le coui-s de sa végéUlion. Elle demande au début un peu d'azote facilement assimilable et pour le reste est capable de se contenter, pourvu qu'ils soient abondants, des engrais à décomposition progressive, comme le fumier de ferme.

Pendant les deux premiers tiers de la durée de sa végétatiun la carotte a une grande avidité pour la chaux ; l'emploi des superphosphates qui livrent du sulfate de chaux »oluble, est donc tout indiqué, bien que l'absorption de l'acide phosphorique soit lenle et surtout localisée dans le dernier tiers de la vie de la plante.

Pour la potasse, la carotte, tout en en absorbant beaucoup, ne manifeste une avidité spéciale pour cette base que dans le deuxième tiers de sa vie. Comme en ce qui a rapport à l'azote, elle peut se contenter d'engrais potassiques à action continue, et sous ce rapport le fumier de ferme est tout indi<iué.

Nous estimons en résumé que la carotte demande une forte dose de fumier de ferme bien décomposé, avec adjonction d'une petite quantité de niti-ale et de superphosphate.

Pour corroborer ces conclusions générales, nous allons examiner les résultats que nous avons obtenus des engrais divers dans diverses cultures expérimentales faites à la ferme.

Dans notre champ d'cxpéiiences de Cloches, eu collaboralion avec M. Oscar Benoist, nous avons cultivé, en tS90, la carotte blanche des Vosges. Cette racine suivait iln blé, qui fut déchaumé aussitôt api-ès la moisson de 1890. -Au début du printemps de 1891, le sol reçut un bon labeur de 20 centimètres de profondeur, qui servit à enfouir le fumier sur les parcelles l et 2. Les engrais chimiques, semés vei-s la lin d'avril, furent entern'-s par un. labour supepticiel. Enfin, le*

15 mai, on sema les carottes en lignes espacées de 60 centimètres. Au dépressage on les réduisit à 13 au mètre ca.vi'é ; le tableau suivant donne les résultats obtenus :

Carolles blanches des

Vo,,„.

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