‹ Plantes fourrangèresChapitre 127 sur 168 · COMPOSITION. —.VALEUR ALIMENTAIRE · texte numérisé non relu

COMPOSITION. —.VALEUR ALIMENTAIRE

et que toute ta chair est franchement jaune, au lieu d'être blanche. Ce navet devient moins gi-os, mais il est plus rustique et résiste mieux au froid. On estime qu'il est doué d'une plus grande valeur nutritive ; sa chair est du reste plus ferme et moins aqueuse.

En Belgique, on cultive avec avantage le navet ovoïde de Flandre à coILt vert.

Enfin, dans le centre de la France, on cultive surtout la rave d'Auvergne à collet rouge (Qg. 130), qui réussit surtout bien dans les terrains calcaires. La racine, très grosse, est d'un blanc violacé, le collet violet et la chair blanche. C'est une variété très précoce.

Composition. — Valeur altmentairo.

Dans les pays de culture du navet, on fait consommer parle bélail les feuilles aussi bien que les racines. Nous donnons cidessous lacomposition immédiate des unes et desaulres, d'après les analyses publiées par M. DenailTe, ingénieur-agronome :

N. d'Alsace

H. du Palalinat..

N. d'Auverime . . .

N. de Norfolk rosi N. du Limouiiin. ■

*> Feuilles.

Navels d'Auvergne et

du Limousin 91,40 3.10

T. collet rose et collet

Moyennes B1,3S 3,04 0,22 3,99

1,fi.S

S.fit

ei.ËS

t,fi3

91,'re

éffl NAVET. -

On voit que le navet, comme ses feuilles, constituent des aliments très riches en eau. On y trouve autant de matière sèche, que daosla majorité des betteraves fourragères cultivées selon les anciennes méthodes, mais beaucoup moins que dans celles qu'on obtient d'une culture rationnelle. Toutefois, il faut remarquer que la racine de navel est sensiblement plus riche en matière azotée brute el aussi en albuminoïdes que celle de la betterave; on peut, en effet, estimer d'après Lebmann, à 0,5 ou 0,6 p. 100 dans les racines comme dans les feuilles, le taux des amides : il y a donc en moyenne dan« le navet, 1 p. iOOd'albuminoldes, et dans les feuilles, 1,5p. 100." Cela explique la grande valeur de cette plante fourragère.

'< Le navet est une excellente nourriture d'engraissement pour les moutons et les bètes bovines. On en fait un grand usage dans le Limousin et dans le Périgurd, pour l'engraissement des bœufs. Il convient aussi aux vaches laitières, à la condition de ne pas en faire leur régime exclusif, car il pourrait alors communiquer un goût spécial au lait et au beurre. En Alsace et dans le Palatinat il est estimé pour la nourriture des chevaux. Voici comment l'apprécie dans ce but, John Stewart, dans son Économie rfe Fécurie: «Les navets sont géné- , Paiement employés à la nourriture des chevaux de ferme et de gros trait, et il y a peu de temps que l'on a commencé à en faire usage dans les écuries des messageries, oij ils ont détrôné les carottes. Les navets de Suède (rutabagas) sont ceux que l'on préfère ; les blancs communs et les jaunes ne valent pas grand'chose. D'après Thàer, 60 kilogrammes de navels de Suède sont égaux comme nutrition à 11 kilogrammes de foin. Pour des chevaux de trait, marchantau pas, les navets peuvent tenir lieu d'avoine ; pour les chevaux de vitesse, ils épargnent plutdt le foin que l'avoine. Les navels bouillis exhalent une odeur agréable, ce qui semble donner au cheval du goût pour cet aliment. Cette racine engraisse rapidement les chevaux et leur donne un pelage doux, brillant, en même temps que la peau s'en trouve assouplie.

" Les navets sont parfois donnés crus aux chevaux, et, dans ce cas, ils sont lavés et coupés en tranches, mais généralement c'est cuits qu'on les leur distiibuu, et alors ils sont ou bouillis

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OU cuits à la vapuur. Mangés crus, ils peuvent provoquer une indigestion, et en même lemps les chevaux ne les aiment pas autant On ne les distribue guère plus d'une fois par jour aux chevaux, et de préférence le soir après le travail. On pourrait les donner plus souvent, mais on aurait à craindre que les .chevaux ne s'en dégoûtassent ; et si on veut les leur donner pendant plusieurs semaines consécutives, il ne faut pas leur .en donner plus d'une ou deux fois par jour ; dans ce dernier .cas, la quantité doit être restreinte. Le cheval dont la ration est limitée en mangera volontiers en tout temps, mais nourri de cette manière, il ne doit point être assujetti à un travail pénible. Oe la paille ou du foin et des navets engraisseront vite un cheval oisif, et même lui permettront de faire un travail lent ; toutefois, pour un travail complet, le cheval aurait besoin d'une trop grande quantité de cette nouiriture pour se conserver en bonne condition tout en faisant son travail ; et s'il lui fallait opérer un travail de vitesse, il lui faudrait manger beaucoup plus qu'il n'en pourrait porter. Ordinairement, comme je l'ai dit, on ne leur donne Aeè navels qu'une ~ fois par jour, et on leur fait une masch, composée de paille de fléau, de graine de foin et d'un peu de grain, ordinaii'ement desféveroles, qui sontcuitesensembleaveclereste.il faut toujours que les navels soient lavés, qu'ils bouillent longtemps, et, s'ils sontgros, il faut avoir soin de les couper, »

Climat

Le navet prospère surtout sous un ciel brumeux et dans une atmosphère humide. Sa végétation dans les variétés tardives, se prolongeant pendant l'hiver, il convient de réserver celles-ci pour les pays à hivers doux comme l'ouest de la France et les lies britanniques. U i-este en végétation tant que la température moyenne atteint 9° centigrades, et demande, d'après Haberland, de I 400" àl 600° de chaleur moyenne pour atteindre son développement. Il convient donc de le semer assez tôt pour que l'on puisse compter sur cette quantité de chaleur avant les fortes gelées. Mais dans notre climat, il ne faut pas te f emer avant le mois de juillet, car on risquerait beaucoup

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