C. rouge gros 9â
Les choux feuillus sont sensiblement plus nourrissants que les choux pommés à poids égal. Les uns et les autres constituent des aliments 1res aqueux qui ne conviennent qu'aux bètes bovines et aux porcs. Us sont li-ès estimés pour l'engraissement, car ils sont doués d'une très grande digestibilit<^. Ils conviennent aussi aux vaches laitières, à la condition de n'être distribués qu'en moyenne quantité. Les feuilles étant relâchantes, on ne doit pas en constituer la nourriture exclusive desanimaux.mais les donnerdans une ration comprenant des foui-rages secs.
Cxigenoes. —
Dans 1000 kilogrammes de chc
suivantes de principes fertilisants
Fumure.
ux on trouve les quantités
Aride phosphorique . .
Potasse
442 CHOUX-POURRAGEBS.
En bonne culture les choux donnant un produit de SO tonnes «nlëvent ilonc au sol environ les poids Suivants de matières fertilisantes :
Acide phosphorique .
Le chou est surtout exigeant en potasse et en azote. Une forte fumure <le fumier de ferme bien décomposé lui sera très profitable. La dose de 40 tonnes à l'hectare n'est pas trop forte ; il fatity ajouter toujoui-s un peu de superphosphate (400 kil.), surtout dans les terres pauvres en acide phosphorique, car cet engrais hâte beaucoup la végétation, dans le cas même où il n'augmente pas la quantité produite. Si l'on ne pouvait employer autant de fumier, il conviendrait de semer 200 kilogrammes de nitrate, d'aller k 600 kilogrammes de superphosphate et d'ajouter 150 kilogrammes de chlorure de potassium. Le nitrate serait distribué aussitôt la reprise des plants.
Climat
Le chou aime un climat humide et un ciel biTimeux. 11 redoute les hivers ti-op rigoureux et les étés trop chauds ;d"où il suit que la région occidentale de la France lui est surtout favorable ; c'est là aussi qu'il est le plus cultivé.
Sol.
Les terres ai^ileuses, profondes et riches, douces et fraîches sans excès d'humidité sont les meilleures pour sa culture. Elle réussit bien sur les défrichements de prairies basses, les dessèchements de mai-ais et d'étangs. Elle donne encoi* des produits passables dans les argiles compactes et humides pourvu que la chaleur n'y manque pas; autrement les choux pouri'iraient. Ils ne viennent bien en terres légèi-es que sous un climat humide et brumeux.
Culture.
La préparation du sol est la même que pour les rutabagas. On fait aussi les semis en pépinière, et il est avantageux de repiquer une fois les plants dans la pépinière avant de les mettre en place délinitivement. Le repiquage en plein champ se fait au plantoir ou à la eliarrue. Pour les variétés les plus vigoureuses, et pour les sols les plus fertiles, on plante à un mètre de distance. Dans les eas ordinaires, on espace^lea plants de 70 centimètres en quinconce.
Dans l'ouest, on commence à enlever les feuilles inférieures dès le mois d'octobre ; on cueille chaque jour successivement dans toutes les parties du champ les feuilles nécessaires à la consommation. On continue tout l'hiver sans autre inten-uption que pendant les gelées. En mars, on coupe les tiges au niveau du sol, on les coupe en quatre et on les donne au bétail.
On récolte les clioui pommés le plus tard possible avant les gelées. Toutefois, on doit i-écoller plus tôt les choux qui éclatent. Dans l'ouest, on commence en octobre, pour terminer à la lin de novembre, La conservation des choux pommés pour l'hiver est assez difficile. Il faut les présen er du froid et surtout de la poun-iture. A cet effet, on ouvre une fosse en terre bien assainie, on y place les choux l'un à cûtë de l'autre, tète en bas, racine en l'air, et on recouvre de paille. Quant il gèle on augmente l'épaisseur de la couverture.
Les choux feuillus peuvent rendre de 40 à 60 mille kilogrammes, et les choux pommés de 40 à4i) tonnes.
TOPINAMBOUR (Hetianthus luberoeus).
Originaire du Mexique, le topinambour est cultivé en Europe depuis le commencement du xvir siècle ; mais sa culture est restée confmée chez nous en Alsace et en Sologne.
Il donne des produits abondants même dans les sols médiocres; il peut se perpétuer pendant plusieurs années sur le même terrain et ne nécessite que peu de frais. Il n'est sujet
i4i TOPINAMBOUR.
à aucune maladie et n'est pas attaqué par les insectes.
Le tubercule est employé à la nourriture des voches et des chevaux, ainsi que des moutons. On les an-ache au fur et à mesure des besoins delà consommation, car ilsse ramollissent rapidement ù l'air, et ils sont d'autant plus appréciés du bétail qu'ils sont plus récemment arrachés.
Les tjges et les feuilles forment un excellent fourrage. On les fait consommer vei-fes ou sèches, mais quand on les coupe en vert, la production en tubercules est diminuée. Aussi \ autil mieu:i attendre que les tubercules aient acquis tout leur développement pour les couper et les faire sécher. Enfm les tiges de topinambour forment un bon combustible.
Composition.
Les tubercules de topinambour récoltés k la maturité présentent, d'après MM. Muntz et Gii-ai-d, lacomposition immédiate suivante :
Matières azotées 2,46
— grasses 0,20
Inuline 2,47
Sucres 8..'i6
Cellulose soccharifiable (Pentosanes) 0,83
— brute 0,83
Substances Don nzotéos diverses 1 ,23
Matières minérales 1,S0
11 est par conséquent plus nutritif que la carotte et que la betterave fourragère, car sa digestibilité est très élevée; on lui a trouvé en effet les coefficients suivants :
MaUère sèche 90,38 p. 100.
~ azotée 80,60 —
Sucre inuline 100,00 —
Graisse.. 54,62 —
Matières azotées diverses 69,90 —
Penlosaoes 84,20 —
ebrulo 90,40 —
Les mêmes auteurs nous donnent i
immédiate des fanes, comprenant les feuilles et les tiges, et celle des feuilles seules, à différentes époques de l'année. Nous rapportons leurs résultais dans le lahleau suivant ;
saccharifiables
Matières non azotées divers
' Feuilles seules.
Matières aîotèes
grasses
— sacchariflables...
Cellulose brute
Matières azotées diverses..
Gendres...
OH des fan
3,oe
Les fanes sont supérieures aux tubercules en ce qui concerne la richesse en matièi-e azotée, mais elles sont plus ligneuses et plus pauvres en substances sacchari fiable s. A mesure qu'elles vieillissent, elles se lignifient davantage et deviennent plus pauvres en substances vraiment nutritives. D'autre part, la valeur alimentaire des fanes est diminuée parce fait que plus elles sont &gécs, moins les animaux en tii'ent bon parti. Celles provenant de la l'écolte de juillet sont entièrement consommées, parce qu'alors les tiges sont tendi-es. La coupe de septembre laisse un déchet non mangé qui dépasse 33 p. 100 ; et pour celle d'octobre, la perte est de 50 p. tOO. Toutes les feuillessont bien consommées, mais la partie grosse des tiges reste dans le râtelier,
La proportion des feuilles pour cent de fanes varie avec l'ftge d'une maniëi-e très sensible. Elle est de 60 p. 100 en
„, .,C;oi,.;ie
juillet, et de 45 p. 100 en septembre. D'après Boussingault, lOOkilogrammes de tubercules con-espondent à 96 kilogrammes de fanes.
Les tubercules de topinambours sout très appi-éciés par tous les animau.x. Boussingault estime que 2S0 kilogrammes de lubciy:ules remplacent 100 kilogrammes de foin. Toutefois il ne faut pas les faire consommer en quantité exagérée à l'état cru, car ils peuvent produire la météorisation chez les ruminanls, et la fourbui-e chez les chevaux. Parfois ils produisent une sorte d'ivresse qu'on s'explique par la forte proportion de suci* fermenlescible qu'ils renferment. Lorsqu'ils sont soumis k la cuisson, ces petits inconvënienls disparaissent complèlement; ils conviennent alors très bien à l'engraissement du porc.
Un des inconvénients du topinambour dans l'alimentation des animaux, c'est qu'à cause des anfractuosités des tubercules, il est difïicile à bien nettoyer de ten'e, surtout dans les sols compacis et quand la l'écolte est faite par un temps humide. Il faut toujours les soumettre à un lavage énergique qui n'est pas toujours suffisant, avant de les passer au coupe-racines, dont les lames sont d'autant plus vite émoussées que le nettoyage est moins parfait.
Climat.
Le topinamboui' est ti'ès peu exigeant sous le l'apport du <'.limat. Il s'accommode de celui des diverses régions de la France. Ses tubercules supportent sous terre un degré de froid auquel ne i-ésistent pas nos autres plantes tuberculeuses ; mais l'excès d'humidité le fait périr. Il résiste à une sécheresse intense.
Sol.
tiette plante s'accommode de toutes les terres, sauf des sols marécageux, depuis les terrains argilo-calcaires et les terres franches, juwiu'aux sols sablonneux arides ou graveleux, et aux calcaires pui-s.
Girardin a fait des essais de culture dans des sols divei-s et a
obtenu lesrésuUafs suivants, comme raïKlement de huittubercules pesant au moment de la plantation chacun 60 grammes ;
Subie d'aliuvion 80,868
Sol lourbeui très sec Ï6,768
Argile sableuse 22,S68
Terre calcaire 18.908
Ce sont les sols secs et légers qui sont les plus convenables. Exigences. — Fumure.
D'après les rechei'ches qu'a poursuis ics pendant douïc ans M. Le Chantier, directeur tie la station agionomique de Rennes, une récolte de topinambours donnant par hectare 30000 kilogrammes de tubercules puise dans le sol pour se constituer, tiges et feuilles comprises :
Aiote 13u kiUigraniiiie!-.
Adde phosphoriquii liO —
Potasse 280 —
Comme la pomme de terre et la belterave, le topinambour est donc ti'ès avide de potasse. 11 consomme un peu plus d'azote qu'une belle récolte de blé, et sensiblement moins d'acide phosphorique.
Dans le sol du champ d' expériences de la station agronomique de Rennes, dont notre savant et regretté collèj,'ue a bien \oulu nous l'émettre un échanlillon, on a trouvé :
Le Charl[er. Garola.
Azote total par kilogramme... 1,9 »
Acide pliosp borique total 1,0 «
— assimilable. » 0M2
Potasse atlaijuable 3.4 »
— assimilable » OMS
« Cette terre n'est pas calcaii-e et a une i-éaction acide. Quoique riche en anote, elle a jwu d'aptitude à nitrilier. Elle serait bien pourvue de potasse et d'acide phosphorique, si ces derniers éléments ne s'y ti-ouvaient en très faible quantité
4tô TOPINAMBOUR.
sous forme assimilable. La culture a donné les résultats moyens suivants :
Taliercuïefl par hecUr« quintaui.
Sans engrais (moyenne de quatre années)... 1*6 Chlorure de potassium seul (quatre années). S7S Chlorure de potassium et superphosphate
(quatre annéesi 292
Excédent dû a la potasse 132
— dû au superphosphate 14
— p. 100 de la récolte sans engrais :
1" Potassf 90.4 p. 100.
2° Acide phosphorique 9.5 —
" L'effet de l'engrais potassique seul est remarquable, et celui de l'acide phosphoi'ique est sensible, quoique beaucoup plus faible.
" D'une séi-ie subséquente d'essais, qui ont duré trois ans, nous déduirons l'effet de l'azote :
Taberculea par hectare iiuinlaui.
Sans engrais lût
Superphosphate et chlorure de potassium., 226 — chlorure et nitrate 337
" L'excédent dû à l'engrais complet étant de 236 quintaux et celui dû à l'enjcrais sans azote de 135 quintau.'c, reffet de la fumure azotée est marqué par un surci'oit de tubeivules de 111 quintaux, soil 100 p. 100 du produit du soi sans engrais.
" La plante qui nous intéresse est donc très sensible aux engrais potassiques et azotés, et moins au\ engrais phospiiaté^. Dons une terre de composition moyenne, renfermant Os',a d'acide phosphorique et Os',3 de potasse assimilables, il conviendrait de donner 200 kilogrammes de supei'phosphate et 200 kilogrammes dechloi'ure de potassium. Le sol renfermant une dose de 1 gramme d'azote par kilogramme, et étant calcaire, on donnerait en outre 400 kilogrammes de nitrate de soude en deux fois. Dans les terres pauvres en acide phosphorique el en potasse assimilables, on forcerait les doses de superphosphate et de chlorure de potassium jusqu'à 400 kilogrammes. )> (Engrais par l'auteur.)
Variétés.
H y a deux variétés de topinamboure ; la variété la plus commune aies tubercules l'oses (fig. 137], et l'autre des tubercules blancs ou jaunes (fig. 138). La première est plus rustique mais un peu moins productive que la seconde ; elle est par
Fig. 137. — Topinambour rose.
conti-e un peu plus riche en matière azotée. Les tubercules blancs ont une forme plus régulière et sont plus précoces que les roses. Des essais d'amélioration de la variété blanche ont été faits ces dernières années et ontpermis d'obtenir une sousvariété à tubercules lisses, qui mérite d'être étudiée et fi-xée par une sélection attentive.
Culture.
On prépare le sol comme pour la pomme de terre. On fait la plantation à la bêche, après avoir tracé les lignes au rayonneur, ou de préférence à la chaiTue, aussitôt que le temps le permet. Comme le topinambour ne craint pas la
gelée, on peut aussi planter pendant l'hiver, dans les sols où
l'on n'a pas à redouter l'humidité. Cela diminue d'autant les
travaux toujoui's pcessés du printemps. II faut avoir fini la
plantation pour le mois d'a^Til
si l'on ne veut que la végétation
ne souffi'e.
On plante toujours des tubercules entiers, les morceaux sont sujets h la pourriture et laissent des lacunes dans les lignes. Les gros tubei-cules se développent plus vite que les petits et donnent des pixiduits plus élevés. Lorsque les plants sont ramollis ou ridés, il convient de les humecter d'eau pendant vingt-quatre heures avant de les confier au sol.
On fait la plantation en lignes espacées de 60 centimètres ; le,i tubercules sont enfouis à 8 ou 10 ccnlimÈti-es de profondeur, et on les espace sui- la ligne de 40 ou 60 centimètres. Dans les terres légères on les rappi'oche davantage. Le volume du plant nécessaire par hectare est de lu à 20 hectolitres, pesant de "5 à 80 kilogrammes.
Dès la levée des topinambours, on donne un vigoureux hersage, et ensuite on fait un ou deux binages poui- assurer la destruction des mauvaises herbes et le maintien du sol à l'état meuble. Quand les liges ont 30 centimètres de haut, on fait un légei- buttage en passant le butteur entre les lignes.
Lorsqu'on laisse le topinambour pendant plusieurs années sur le même sol, qui se i-epeuple par les tubercules laissés à l'arrachage, l'alignement de la plantation disparait et les
RËCOLTB. 451
façons d'entretien doivent dans la suite être faites à la main. Mais comme le champ devient très toufTu, on se contente d'éclaircir lesendroitsoùles tiges sont trop seirées. Un champ de topinambours peut donner d'assez bons produits pendani six Jt huit ans, à la condition de le fumer tous les ans. Toutefois il est préft'rahle, au point de vue de l'abondance du rendement, de faire entrer cette plante dans l'assolement et par conséquent de replanter tous les ans.
RéooHe.
Les tiges deslJnées à servir de fourraf;e se récoltent d'ordinaire vers la iin de septembre, au plus tôt, «u dans la première quinzained'octobre. Plus tdt, cela nuirait à la formation des tubercules ; plus tard, on ne pouri'ait les faire sëchei' convenablement à cause de l'humidité de la saison. On les coupe À 30 centimètres au-dessus du sol ; on lie les tiges en bottes peu serrées, qu'on dresse en dizeau circulaii-e et qu'on cnuvie d'un chapeau en paille. On a l'habitude d'arracher les tubercules suivant le besoin depuis le mois d'octobre, jusqu'au mots d'avril.
Pour débarrasser le terrain des derniers tubercules, on peut y cultiver une pomme de terre, ou bien y semer des vesces, du maïs fourrage, ou une plante fourragère à plusieurs coupes ; on peut encore y faire des semis successifs de sarrasin à enfouir en vert.
Le rendemement le plus élevé est obtenu par l'arrachage après l'hiver, car les tubercules continuent à gressir dans le sol en utilisant les éléments des tiges.
Dans les périodes de disette fourragère, on peut faire une récolte de tiges en juillet et obtenir de 15 000 à 2a 000 kilogrammes de fourrage vert. Si celte récolte n'est pas faite trop tardivement le rendement en tubercules n'en est pas trop affecté.
Pour terminer ce qui a trait à cette plante fourragère, nous croyons utile de reproduire ici une note de M. le docteur Cathelineau, propriétaire en Maine-et-Loire, au sujet de sa récolte et de sa conservation.
« On a fait, dit-il, divers reproches à la culture des topinambours : 1° C'est une plante salissante.
2° Elle se conserve mal après l'arrachage.
I. Aupremier i-eproche, on peut répondre que fout dépend de l'époque de l'arrachage. Profitant de ce que le topinambour ne gèle pas, on a l'habitude de le laisser en terre et de le récolter au fur et à mesure des besoins de l'étable.
Cette pratique est défectueuse :
1° Pair.e que, par les temps de gelée, on ne peut pratiquer l'ari-achage, et si l'on n'a pas de reserves, c'est la disette.
3° Les tubercules, au bout d'un certain temps, ne sont plus reliés entre eux par les rameaux souterrains qui les fixent à la tige ; si la terre est détrempée et le terrain d'une nature un peu argileuse, il en échappe beaucoup à celui qui les récolte, d'où envahissement du champ l'année suivante par les pousses des tubei-cules oubliés.
Or la meilleure époque de l'arrachage dans cette portion du Maine-et-Loire, est du 1^' au 13 novembre, c'est-à-dire immédiatement api-ùs les premières gelées blanches, lorsque les feuilles noircissent et que la végétation est de ce fait an-ètée.
Un ouvrier coupe les tiges à 30 centimètres du sol environ, un autre arrache en tirant sur cette tige, les tubercules qui sont encore reliés entre eux et forment une masse compacte avec la terre. 11 reste ainsi peu ou point de tubercules, llssont laissés en cet état.
La masse des tubercules enveloppée de terre est chaînée dans un tombereau et portée à la ferme.
II. On reproche encore aux topinambours dètre dune conservation difficile, de se ramollir et de se couvrir de moisissures.
Le ait est vrai, mais il est facile d'y remédier.
Les tubercules déchargés à la ferme sont entassés dans des silos construits au niveau du terrain, mais dont le fond, profond de 30 à 50 centimètres environ, est garni de fagots placés cùte à côte.
Sur cette couche de fagots, on entasse sur une épaisseur de 30 centimètres environ les tubercules encore enveloppés de la
RAMILLES ET FEUILLES. t53
terre du champ où ils ont été arrachés, on les recouvre d'une couche de terre de quelques cenlimèlres d'épaisseur prise autour du silo, de nouveau une couche de tubercules, puis de la terre et ainsi de suite.
On le recouvre de leire sur les côtés ; de dislance en distance, des cheminées faites de petits fagots de bois ou de sarments de vigne, en contact avec les fagots qui fiamissent le fond du silo assurent l'aération.
Dans ces conditions, les tubercules ne se rident pas, ne moisissent pas. Ces faits reposent sur une expérience de quati-e ans.
Pour la plantation des tubcivules, il est préférable de laisser en terre jusqu'en mai-s les topinambours et de ne les arracher qu'au fur et il mesui'e de la plantation, la levée est plus rapide.
Pour mettre en pratique le procédé recommandé par M. Cathelineau, on augmente beaucoup les transports, par suite de la terre qu'on laisse intentionnellement adhérente aux tubercules, et c'est là une aggrovation de dépenses. Mais il n'est pas nécessaire de faire ce transport, puisqu'on peu très bien, comme on le fait en Allemagne pour les betteraves, établir les silos sur les champs mêmes où se fait la récolte.
Les agriculteurs romains avaient recours à l'emploi des feuilles d'arbres comme fourrage pour l'alimentation de leur bétail, et cet usage s'est conservé en Italie. Olivier de Serres préconise cette nourriture, « laquelle le bétail aime autant que l'avoine ». Chez nous l'usage de récolter des feuillards s'est conservé dans plusieurs régions, où les ressources fourragères sont mres. Partout, dans les années de disette fourragère, l'emploi des feuilles et des ramilles peut fournir des ressources importantes pour assurer l'entretien des animaux.
Occupons-nous d'abord des ramilles, petites branches ou fagots ;
II y a longtemps que Ilenneberg et Sihomann ont démontré que les ruminants digèrent de 30 h 50 p. 100 du ligneux,
4Si RAMILLES ET FEUILLES.
même de la sciure de bois de sapin ou de la pâte à papier de bois. Mais ces aliments sont par trop pauvres pour qu'ils aient pu entrer dans la pratique, et les animaux, d'autre part, ne les trouvent généralement pas de leur goût. Cela n'a rien qui puisse surprendre. Mais dans les plantes ligneuses comme dans les plantes herbacées les jeunes branchages de la production annuelle sont beaucoup plus riches en éléments nutritifs que les parties plus vieilles.
C'est ainsi que, dans la sciure de bois provenant des scieries mécaniques, et par conséquent originaire d'arbres ayant leur entier développement, on a trouvé :
Pin des Vosges 38 p. 100. 1.1 p. 100.
Châtaignier du Monl-Dorc. 50 — 1,16 — Peuplier SO - 2,18 -
Les ramilles fraîches des forêts de hêtres contiennent aussi 50 p. 100 d'eau, et elles présentent la composition suivante, d'après Ramann :
Ebu 50,0p. 100.
Matière azol^Se 3,3 —
Substances graaaes et résines 0,7 —
Amidon et analogues 38,3 —
Cellulose brute . 1*,6 —
Cendres 3,1 ~~
Indépendamment de son état ligneux moins avancé, la ramille de hêtre, prise à la chute des feuilles, est donc bien mieux pourvue de matières nutritives que le bois du tronc, et elle peut se comparer au i-ay-grass d'Italie sans trop de désavantage. I-a seule difficulté que présente le problème de l'utilisation des ramilles dans la nourriture du bétail réside dans leur nature physique même. Le D' Ramann, d'Ëberswalde, a proposé de faire subir aux ramilles la préparation suivante : Après avoir réduit en très petits fragments les fagots, dont les brins ne doivent pas avoir plus de 1 à 2 centimètres de diamètre au maximum, on y ajoute environ 1 p. 100 de malt de brasserie ; puis, après avoir mélangé le tout, on arrose avec des vinasses chaudes, ou de l'eau
chaude. Le las est ensuite abandonné à lui-même. BientOI, la fermentation s'y développe, sous l'influence de la dtastase de l'orge germé. Cette fermentation est plus ou moins rapide, selon la température extérieure. En général, elle dure de un à quatre jours. Sous [son inlluence, l'amidon est transformé en sucre, le bois s'amollit et le tout constitue un fourrage que les animaux digèrent parfaitement. On ne retrouve, en effet, que très peu de fragments de bois dans les excréments.
Le procédé de Ramann a été mis en pratique tout d'abord par M. Jena, agriculteur à Coethen. Ce dernier en a obtenu de très bons résultats. 11 a fait consommer le fourrage de Ftamann, du 10 février au 10 mat, à 110 bétes à cornes, n chevaux, et quelques moutons. On distribuait à chaque espèce les quantités suivantes en substitution à de la paille hachée :
Moutons 0,5
Bœufs 7,3
Chevaux. 3,0
Sur des bœufs, on expérimenta la même ration, dans laquelle la ramille était remplacée par de la paille hachée. Les animaux nourris à la ramille présentèrent, au bout de trois mois, un léger excédent de 19 kilogrammes en tout. La ramille a donc pu être substituée k la paille, poids pour poids, sans que l'alimentation des bœufs s'en soit ressentie.
D'un autre cA(é, M. de Salisch a expérimenté aussi le fourrage Ramann dans sa propriété de Milltsch. il mit en expérience deux lots de bétes bovines, constitués par des vaches et des veaux, de tous points comparables entre eux, et les soumit au même régime alimentaire, du 2S mars au 2 mai, avec cette différence que les 10 kilogrammes de paille que recevait le premier lot avec sea betteraves et ses tourteaux, étaient remplacés, pour le dernier, par 10 kilogrammes de ramilles traitées à la manière de M. Ramann. Les animaux de chaque lot furent pesés individuellement au commencement et à la fin de l'expérience. Les vaches nourries à la
paille virent leur poids s'élever par tète de 21,9 kilogrammes, tandis que les vaches nourries aux ramilles augmentaient de 23,4 kilogrammes. Les veaux de quinze mois donnèrent avec la paille 14,8 kilogrammes de croît, et seulement 10,6 kilogrammes avec ta ramille.
D'un autre côté, M. de Salisch a reconnu par le mesurage direct, que la substitution de la paille au\ branchettes avait produit, sur les animau:t soumis à ce régime, une diminution dans le produit en lait.
Itamann, qui a contrfilé les résultats précédents à l'Aca^ demie de Popelsdorf, près Bonn, a reconnu théoriquement que, plus les rameaux sont finement moulus, mieux leurs principes nutritifs sont utilisés par le bétail. Mais d'autre part, si la ramille est moins finement pulvérisée, la mastication est plus énei^ique, et l' in salivation meilleure. Il y a donc meilleure digestion. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'arriver à une division extrême. Il suffit que le fagot atteigne un état comparable à de la paiile hachée. Ramann affirme que les animaux acceptent très bien le fourrage de fagot non fermenté, et que la fermentation ne l'améliore pas sensiblement.
Enfin dans le régime des vaches laitières, on a pu, sans nuire h l'entretien des bâtes ni à la production, l'emplacer 39 p. 100 de la matière sèche de la ration, par une même proportion de substance sèche de fagot, en maintenant la composition immédiate constante.
Il est donc indiscutable que la ramille constitue un aliment sérieux pour le bétail, en temps de disette fourragère.
Le prix de revient de 100 kilogrammes de ramilles, toutes préparées, a varié de 1 fr. SO à 1 fr, 90 . La mouture à façon, au moulin à tan, se paye 2 francs, et ne revient qu'à 1 fr. 40, quand on est propriétaire d'un tel moulin. Le prix maximum de la ramille prèle à être mangée par le bétail ne dépasse donc pas .1 fr. 90, et il peut tomber à 2 fr. 90 et même moins.
Or d'après les expériences de Ramann, 100 kilogrammes de ramilles ont le même effet nutritif que 33 kilogrammes de foin, de sorte que la valeur réelle du fourrage de
HAMILLES ET FEUILLES. 457
Ramann peut êlre estimée comme il suit, suivant le coure
a fr. 43
s rr. so
3 fr. 50 a fr. 75
On voit qu'il n'y a avantage à employer la ramille que lorsque le fourrage est cher, et c'est bien le cas des années de disette. Chaque fois donc que dans ces circonstances les cultivateurs seront en situation de pouvoir récoller des ramilles, ils ne devront pas hésiter à employer la méthode de Hamann. Les arbres forestiers ainsi taillés n'en souffrent pas sensiblement dans leur production, si la taille est faite avec mesure et à plusieurs années d'intervalle.
Mais ce qui vaut mieux que le bois, c'est la Teuille, qui va nous occuper maintenant. Toutes les feuilles d'arbres ne sont pas aptes à servir de fourrage. Les unes sont absolument refusées par les animaux, comme c'est le cas pour les feuilles de châtaignier ; les autres sont vénéneuses. La consommation de ces dernières peut produire des accidents soment mortels.
Pendant l'hiver, les feuilles de l'If [Taxus baccata) sont d'uDB vénénosité extraordinaire. Il suffit, pour amener la mort, qu'un cheval du poids moyen de 500 kilogrammes en consomme un kilogramme. 500 grammes de ces feuilles tueraient une vache du même poids ; 50 grammes donneraient la mort k un mouton ; 36 grammes feraient mourir un porc de iW kilogrammes.
Les bêles à laine sont empoisonnées par les feuilles de Fusain d'Europe {Evonimus Evropaeits), appelé auK>i Boiscarré, Bonnet de prèlre.
L'Allante, ou Vernis du Japon (Ailantlius glandulosa), a aussi des feuilles et une écorce vénéneuses. La mamâi^e odeur qu'il i-épand, en éloigne généralement les animaux.
Les lauriers rose et cerise sont très i énéneu\, à cause de
l'essence d'amandes amères que contient leur feuillage. La
CJAHOU. — Plantes fouri'agcires, 26 i
BAHILLES BT FEUILLES.
consommation de celui-ci amène rapidement la mort. Il en esl de même du Sumac (AAus taxicodendron). Les feuilles contiennent un suc résineux blanchWre, vésicanl. La dessiccation n'en détruit pas complètement la toxicité.
Le Cytise faux ébénier {Cylisus labumum), dont les fleurs réunies en longues grappes jaunes semblent une pluie d'or, est également vénéneux. C'est d'autant plus regrettable, que son feuillage est abondant et serait très facile à récoll«r.
Le Daphné, Bois-joli (Dapkne mozereum), le Laurier des bois (D. Lanceola), etc., ont des propriétés vénéneuses très marquées que la dessiccation ne leur fait pas perdre.
Les feuilles de noyer doivent aussi être laissées de côté, car on a remarqué que les vaches qui en mangent perdent rapidement leur lait.
Les feuilles de chêne et la plupart des jeunes pousses, au printemps., sont â éviter pour le bétail, auquel elles communiquent le mal de brou.
Ces restrictions posées, pour éviter les accidents, voyons quelle est la composition des principales feuilles d'arbres comestibles. Le tableau que nous donnons ci-après est dû à .M. A,-C. Girard, professeur à l'Institut national agronomique :
Robinier faux acacia..
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