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PLANTES A DETRUIRE DANS LES PRAIRIES

et la fumure du sol, qu'on peut les déti-uire et en débairasser les prairies.

Prêles (Equisetum) (fîg. 35). — Les prèles végètent surtout dans les sols humides et ferrugineux. Elles sont indigestes et même malfaisantes pour le bétail quand elles existent en trop grande quantité dans le fourrage.

Patience {Rumex patienta) (fig, 36). — Cette plante vivace, à racine puissante, prend souvent dans les prairies un grand développement. It faut la détruire car elle nuit beaucoup k la production de l'herbe. On y arrive facilement en l'arrachant à la pioche avant la floraison, pour empêcher la dissémination des graines.

Oseilles {Rumex acetosa; R. aeetosetla) (fig. 31). ^ Ces plantes ne deviennent abondanles que dans les sols acides. Le chantage les fait rapidement disparaître.

Bistorte [Polygonttm bistorta) (flg. 38). — Elle se rencontre surtout dans les prés humides et tourbeu.\, ou dans les pâturages de montagne. On la combat par l'assainissement et l'emploi des engrais chimiques, tl en est de même de l&penicaire {P. persicaria).

Plantain (P/anta9o)(fig.39).— Les plantains se développent surtout dans les terrains secs et sablonneux. Ils tiennent beaucoup de place et ne donnent qu'un fourrage médiocre. Comme ils produisent beaucoup de graines, leur multiplication est rapide. On limite leur propagation en les coupant au-dessous du collet.

Milleteuille {Ackillea miUefoU«i>) (f'g- 40). — Très médiocre comme fourrage à l'état vert, elle donne un foin dur et sans valeur. Elle est très traçante, et sa destruction est difficile. 11 faut la faucher avant la floraison pour l'empêcher de répandre ses semences.

Pétasite des prés {Petasites pralensis). — Cette plante, sans être nuisible, forme quelquefois dans les prairies des touffes épaisses, qui occupent la place des graminées et des légumineuses. 11 faut la détruire par le fauchage répété et au besoin par l'arrachage.

Narcisses {Sareiasus pseudonarclssus et Narcissus poeticus] .{flg. 41). — Dans les fonds humides, on voit parfois ces plantes

- Plantain lancéolé.

;■ *1 L — Narcisse.

Fig. i2. — Sauge des prés.

- Centaurée jacée.

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foiiner de larges lâches envahissantes. Il est nécessaire de procéder à-l'assainissement et è l'arrachage. Si les plantes persistent, il faut défricher.

Sauge des prés {Salvia pratensis) (fig. 42). ~ Elle a des tiges dures, sans valeur. U faut donc en prévenir la multiplication exagérée. On larrache à la pioche.

Centaurée jacée {Ceniaureajacea) (fig, 43).— En petite quantité, elle n'est pas nuisible dans les prairies, mais elle est ti-ès dure et délaissée par le bétail. Aussi faut-il l'arracher parce qu'elle occupe beaucoup de place inutilement. Il en est de même de la centaurée des prés (C. pratensis).

Dans beaucoup de contrées, le trèfle, la luierne, le sainfoin forment les principales plantes fourragères cultivées dans les terres labourables. Mais la difficulté de faire revenir trop souvent ces plantes sur le même sol, la nécessité d'augmenter les ressources fourragères et de diminuer les frais de maind'œuvre, ont depuis un certain nombre d'années conduit k l'introduction des graminées fourragères dans les assolements, soit en mélange, soit séparément.

Cette culture des graminées fourragères a surtout pris une grande extension sous le climat humide de l'Angleteire, puis en Allemagne. Dès 1865, dans le Nord-Est, celle pratique fut introduite dans certains déparlemenis, pour suppléer à l'absence des prairies naturelles et faciliter l'élevage ef l'engraissement du mouton. Aujourd'hui, un peu partout, on crée des prairies temporaires fauchables ou des pâturages.

Les prairies ou lesp&lurages temporaires font ou non partie des assolements. Leur durée est limifée suivant les terrains et les climats, à deux, trois, ou même six années ou plus, quand on fait succéder la pâture au fauchage. Il faut avoir sur le territoire de la ferme autant de soles fourragères, sans compter celles qui sont destinées aux prairies artiliciclles de légumineuses, et aux racines, que les prairies pâturages peuvent durer avantageusement.

Dans les systèmes de cultures où celles-ci sont destinées k occuper quatre années le même terrain, on les fauche d'ordinaire pendant les deux premières années, et on en tire en outre un p&turage d'automne. On les soumet ensuite exclusi-

m nt à la dépalssan ce jusqu'au terme de leur durée. Ailleui's on I nsacre uniquement à la pâture. Mais toujours ou

mm n à les faire consommer sur place par les bëtes cheal u bovines, et ce n'est qu'après leur passage qu'on les

i au moutons.

A ant de défricher une prairie temporaire qui a atteint le terme de son existence utile, on a toujours eu le soin d'en établirune nouvelle de même étendue, afin que les ressources fourragères de l'exploitation restent constantes. Ainsi, chaque année, on crée une prairie temporaire, si l'on défriche un pâturage.

Le sol consacré aux prairies temporaires et soustrait aux labours annuels s'enrichit en azote d'une manière qui n'est pas sans importance, comme du reste on le constate dans les prairies naturelles. Par le défrichement et la culture subséquente, on tire parti de cet azote, qui provient principalement de l'atmosphère, de sorte que l'on doit considérer les prairies temporaires comme des cultures collectrices d'azote et par suite améliorantes.

Préparation du terrain. — Une condition essentielle pour réussir, c'est de préparer le terrain destiné à être couché en herbe de telle sorte qu'il soit aussi propre que jiossible. U faut en effet assurer aux graminées que Ion va semer, non seulement une table hien garnie, mais aussi défendre absolument auï parasites de s'y montrer. Ces plantes avides auraient bien vite pris le dessus et ce n'est plus une prairie temporaire, mais une friche que nous obtiendrions. D'où la nécessité de veiller à ce que les cultures qui précèdent l'ensemencement soient des cultures nettoyantes et non des cultures salissantes.

Nous estimons qu'on a les plus grandes chances de réussite lorsque, après une récolte d'avoine, on fait une récolte de betteraves, de pommes de terre ou de mats, soignée comme nous allons dire, pour la faire suivre par une céréale de pnnlemps dans laquelle on sèmera ta prairie pâturage. La succès-

sion des cultures à donner serait la suivante: aussitôt la moisson de l'avoine, un labeur de déchaumage, pour mettre sens dessus de dessous toutes les mauvaises plantes poussées. Le hei'sage elle roulage qui suivent immédiatement ameublissent la surface et mettent toutes les graines de plantes adventices dans les meilleures conditions pour germer et lever à ta première pluie favorable. Dès que, sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, le sol aui-a verdi, vite on donnera un profond labour qu'on laissera exposé tout l'hiver à l'action ameublissante des intempéries. Au printemps, on donnera toutes les façons nécessaires pour mettre le sol en parfait état. Un ne lui ménagera ni le fumier, ni les engrais de commerce, pour oiitenir de bonnes betteraves, alin que cette récolte puisse bien payer les binages qu'on aura soin de ne pas épargner. Après la récolle, on donnera avant l'hiver un fort labour, moins profond que celui destiné auparavant aux betteraves. Si la température douce de la saison fait verdir le terrain, un scarifiage aura raison des plantes adventices. Enfm dès les premiers jours du printemps, aussitôt qu'il sera possible d'entrer dans les tei-res, on préparera le sol pour la céréale de mars avec les soins toulparticuliersqu'exige le butquel'on poursuit Des plantes auxquelles il faut recourir. — Il y a une différence essentielle enti'e l'ensemencement des prairies temporaires et celui des prairies permanentes. Dans les premières, en effet, on ne cherche pas à former un gazon proprement dit, mais seulement à cultiver pour un temps une ou plusieurs graminées, choisies suivant leur destination et leur produit, le sol et le climat. Ces plantes doivent remplir plusieurs conditions : 1° Avoir un développement prompt et sûr. 2° Donner une récolte abondante, d'une grande valeur nutritive. 3* Être d'une destruction et d'une extirpation facile par les labours: en conséquence, elles ne doivent pas se multiplier facilement par leurs racines comme le chiendent, ni par la dissémination de leurs graines, comme les mauvaises herbes en général. Dans ces sortes de cultures fourragères, il est toujoui* nécessaire, si l'on veut que leur durée soit de plusieui'S années, d'associer ensemble un certain nombre de plantes. Cela est indispensable pour tirer le meilleur parti

des forces produclives du sol considéré, pour assurer la durée de la prairie, et pour la mettre en rapport avec sa destination. On peut établir une prairie pâturage : soit pour ta faucher pendant la premiëre et même la seconde année, et la soumettre ensuite à la dépaissance, soit pour la pâturer dès son origine. On peut d'autre part la destiner ou aux jeunes bêles bovines, ouauxvacheslaitières, ou à l'engraissement, ou à l'élevage des moutons, ou enfln à leur préparation & ta boucherie. 11 est évident que dans ces diverses ci ■'constances il ne faut pas agir absolument de même.

S'il s'agit des bovidés, il est utile, si lo sol le permet, de faire naître des plantes un peu élevées, et productives, qui garnissent bien la couche arable. Si l'on a affaire au mouton, il faut préférer les espèces qui résistent à sa dent et fournissent un pâturage continuel. La nature du sol et sa fertilité ont une grande influence sur la réussite. 11 est bon de dii-e qu'il y a des graminées et légumineuses qui végètent dans toutes les terres arables quand elles ont été bien semées en temps opportun. Mais il en est aussi qui ne se développent pendant plusieurs années que sur des sols déterminés.

Les teiTes les plus difficiles à convertir en bons pâturages temporaires sont les terres très sablonneuses, et les glaises peu profondes à sous-sol imperméable, puis les craies.

On crée les prairies temporaires, soit dans les assolements et aloi-s elles ne durent que de trois à cinq ans, soit en dehors de l'assolement, comme la luzerne. Dans ce dernier cas, il faut associer un bien plus grand nombre de plantes que dans le premier, et se rappi-ocher des mélanges propres aux prairies naturelles. Les plantes que l'on peut employer avec avantage pour la création des prairies pâturages temporaires ne sont pas aussi nombreuses que d'aucuns se l'imaginent ; voici les principales ;

Ivraie vivace; Ivraie d'Italie; Dactyle pelotonné; Fléole ; Avoine élevée; Brome des prés; Vutpin; Fétuques des prés, ovine et durefte ; Houlque laineuse ; Paturin commun ; Trèfle blanc; Minette; Sainfoin; A nthylli de vulnéraire.

Quand on a choisi les espèces qui peuvent réussir dans le sol qu'on veut ensemencer (voir page 12), il faut détep-

Cioogle

88 PRAIRIkfS TEMPORAIRES.

miner dans quels rapports on les associera. On tient compte : 1* de la durée; 2° du sol; 3" de la destination. C'est le point le plus délicat de l'opération. Cependant on peut ari-iver à la solution de ce problème. D'abord il convient d'obser\er, dans les lieux en culture et sur le bord des chemins, les plantes qui viennent naturellement, et de déterminer leurs pi'oportions relatives. Ce sont celles qui réussissent le mieux. Puis il faut songer que les espèces dominantes doivent être d'une réussite certaine et assurer la productivité de la pâture. Les piaules accessoires comme tes légumineuses sont destinées surtout à garnir le pied de la prairie et à rendre l'herbage plus nourrissant.

Lorsqu'on crée une prairie permanente, on évite d'associer des espèces très précoces à des espèces très tardives. Ici on a intérêt à le faire pour que le pâturage soit toujours productif.

Rappelons enfin que les légumineuses occupent plus de place que les graminées, et que, par conséquent, celles-ci doivent être semées dans une plus forte proporlion. Dans les solç crayeux, les pâturages à moulons sont diflicites à créer ; on y réussit en associant k des plantes bien vivaces de la chi Corée sauvage. Dans les terres très sablonneuses, la millefeuille, associée à la fétuque durette et h l'avoine élevée, réussit très bien pour les bètes à laine.

Nous allons maintenant examinei- les mélanges à faire suivant les différents cas, et d'abord suivant la duree :

1° Mélange pour un an de durée :

Dactyle pelotonné. Ivraie d'Italie. Avoine élevée. Ti'èfle commun. Minette. Trèfle blanc.

2' Mélange pour une liwÉe de deux ans :

Dactyle. Fléole. Avoine élevée. Ivraie d'Italie. Minette. Trèfle blanc. Sainfoin à deux coupes.

3° Mélange pour une dwée de trois à cing ans :

Dactyle. Fétuques. Fléole. Avoine élevée. Ivraie vivace et d'Italie. Vulpin des prés. Minette, Trèfle blanc Ti-èfle hybride. Sainfoin.

Quant à la quantité de chaque plante, elle varie avec la nature du sol.

Suivant la nature du sol, on emploie en Angleterre, pour

PHAlfilBS TEMPORAIRES, 89

les prairies de plusieurs années de durée, les mélanges suivants, qui sont aussi très usités en Allemagne :

légéPM.

Vulpin des prés l.i

Pétnques des prés î,3

Ray-grass anglais 11.0

Minette 1.*

Paturin des prés 2, S

Trèfle intermédiaire l.i 1,* 1.4

— des prés 1,4 1,4 1,4

— blanc 4.1 4.K 4,6

Fléole » 1,4 3,2

Ces quantités s'entendent pour les semis dans une céréale ; quand on sème la prairie seule on augmente les quantités de 50 p. tOO,

Sols calcahts.

Ray-grass IS kilogrammes.

Brome dea prés 9 —

Sainfoin double 24 —

Minette 4 —

TréDe jaune des sables 2 —

(Heuïo.)

Sol$ argilo-$abUtix.

Ray-grass 15 kilogrammes.

Dactyle 4 —

Houlque 1 —

Péluque des prés 5 —

Fléole 1 -

Trèfle 5 —

— blanc 2 —

(Heuzé.) Suis crayeux.

Brome 15 kilogramiiies.

Féluque dure 6 —

Ray-grass 5 —

Sainroin Ï4 —

Minette 4 —

Piniprenclle 3 —

Trèfle jaune <teg sables 1 —

Chicorée sauvage - ' —

90 PRAiniBS TBMPOEtAIRES.

Sois sablonneux.

Avoine i\evéB 30 kilogrammes.

Ray-grasa 10 —

Féluque durette 6 —

Mn 4 ~

Tr (1 blan 2 —

Mil f ull 1 —

N n pi ) on dans la Haule-Mame, dans des terres

si 0 argl us très peu calcaires, le mélange suivant qui

no d nna t d p airies pâturages de six ans de durée :

Ray-grass anglais et d'ilalie.... 3S tilogrammes.

Trèfle blanc 6 —

Minelte 8 —

Sainfoin double '. . 60 —

Pendant-les deux premières années on obtenait deux coupes rendant de trois à cinq mille kilogrammes chacune et un pâturage à l'automne. Durant les quatre années suivantes, la prairie était pâturée par les moutons d'une manière permanente. On la défrichait ensuite pour y cultiver des betteraves

Nous terminerons cette étude parla note suivante qui noua a été envoyée en 1SS4 par un de nos amis, M. Alfred Raulin, propriétaire agriculteur à Bar-le-Duc, en faisant observer que. aujourd'hui encorêi le même système de culture est continué parce qu'il est resté avantageux :

(c Tu me demandes des renseignements sur nos pâtures ? Je te dirai que nous en sommes toujours aussi enthousiasmés. C'est à un tel point que dans une ferme de 72 hectares, il ne nous reste plus à labourer que cinq hectares, réservés à dessein, pour avoir environ 1 hect, 1/2 de betteraves, un peu de luzerne, et le reste en avoine, oi^e ou blé, juste, en un mol, de quoi nourrir les deux chevaux dont j'ai besoin. »

Main-d'œuvre. — « Je n'ai plus besoin, comme personnel, que d'un homme et de sa femme, pour cultiver le peu de terres qui restent, veiller s'il ne manque rien aux clôtures et conduire de l'eau quand II en manque dans les mares que j'ai établies dans les pâtures.

<t J'ai en outre deux bei^ers pour faire paître les moulons dans les champs épars où je no pouvais faire de clos. » RisuUats. — « Nous avons engraissé cette année : Moutons 600

Nous avons nourri en outre :

Vaches laitières 6

Chevaux 2

" Avec les nouvelles pâtures que nous avons créées cette année, nous pourrons engraisser vingt bœufs de plus. »

Produit-argent des bétes à l'engrais. — <• Depuis huit ans que nous avons commencé k changer noire système de culture, les bœufs nous ont produit en moyenne cent francs par tête et les moutons Sa 40 fr. l'un. «

CÉréales. — " Pour produire des céréales avec les prix de vente actuels, le prix de la main-d'œuvre et les exigences des serviteurs, il n'y a qu'à perdre ; — la viande seule peut nous laisser un moyen d'existence, car sa consommation va toujours en augmentant. L'agriculteur doit devenir commerçant et industrieux, sous peine de ruine. »

Consommation dit pdltirage. — << Il est essentiel de mettre les animaux de bonne heure dans les pâtures, c'est-à-dire Un mars ou commencement d'avril. — Alors on ne voit presque pas d'herbe, mais le peu qu'il y a à cette époque est de très bonne qualité, et suffit pour nourrir le bétail. »

Choix des animaux. — " Il faut être difficile pour le choix des bestiaux : préférer les animaux de 4, C ou 6 ans, ayant de larges hanches, de petits membres, et de courte encolure, appartenant autant que possible aux races améliorées. «

Durée de l'engraissement. — « Parmi ces animaux, il s'en trouve epviron moitié qui sont bons à livrer à la lioucherie fin de juin, ou courant de juillet; de sorte que la pâture se trouve déchargée d'une partie des animaux pour te mois d'août, époque où l'herbe est courte, et à partir de laquelle elle ne pousse que faiblement pendant trois semaines ou un mois. Durant ce laps de temps, on donne aux animaux le foin qu'on

n PBAIRIES ARTIFICIELLES.

aura récolté en juin, en fauchant les places que les bëtes ne mangent pas volontiers et dont l'herbe eût été perdue si l'on ne l'eût pas coupée. »

Composition des pâlurages. — v Quant k la composition des mélanges de graines h semer pour former les pâtures, on arrive le plus sûrement à la déterminer, en recherchant, sur le bord des chemins, les plantes qui poussent naturellement. Oe sont les meilleures k semer.

<i Chez nous le terrain est sec, pierreux et calcaire, et nous semons par hectare le mélange suivant :

Bay-grass anglais 10 kilogramiues.

Dactyle pelotonné 10 —

Fléole 10 -

Paturin dos prés 5 —

Minette 1 —

Trèfle blanc 5 —

Sainfoin double SO litriïs.

<i Nos terres sont enrichies par de vieilles fumures ; cette quantité de graine y suffit. Sur de moins bons sols, il faudrait augmenter la quantité.

B Nous semons nos pâtures dans le mois d'avril ou en mai, dans les orges, les avoines, ou les blés, ou seules. — Il faut surtout, comme pour toutes les petites graines, que la terre soit très propre, et bien ameublie. » (Alfred Itaulin).

Nous ne pouvions mieux faire que de donner entièrement celte note si intéressante. Les faits précis et tangibles qu'elle relate feront plus pour persuader les agriculteurs que les plus éloquentes dissertations.

Sous la dénomination générale de prairies arti/icielles, on a l'habitude de gi'ouper les cultures fourragères de plantes vivaces de la famille des légumineuses. Les principales de ces plantes sont la luzerne, les trèfles et le sainfoin.

Leur introduction et leur généralisation dans la culture de nos fermes, qui sont relativement récentes, ont eu pour résultats de sérieux avantages. D'abord, elles ont acci'u dans une

PBAIRIES ARTIFICIELLES.

très large proportion l'importance des ressources alimentaires disponibles pour le bétail. On n'avait autrefois pour nourrir celui-ci que les produits des prairies naturelles et des pâtures sèches. Grâce aux prairies artitici elles, les animaux sont assurés pendant la bonne saison dune riche et abondante alimentation verte, et, pendant Ihiver, de foins substantiels. La variété que leur culture a introduite dans la production fourragère a eu pour effet de diminuer les risques courus par suite des variations des saisons. Leurs racines profondes leur permettent de mieux résister à la sécheresse que ne le peuvent les graminées. Leur aptitude h donner plusieurs coupes concourt aussi à assurer leur rendement régulier, car, si la première coupe est influencée défavorablement par la saison, les suivantes peuvent réparer le mal et uica versa. Enfin elles poussent de très bonne heure au printemps et apportent au moment opportun d-excellents fourrages verts aux animaux, alors que les réserves sont près d'être épuisées. D'un autre côté la diversité de leurs aptitudes permet de toujours pouvoncultiver une ou plusieurs de ces plantes dans les condiUons les plus diverses de sol et de climat, de sorte que, dans leur ensemble, on y a recours parlouL

Tandis que les céréales et les graminées fourragères ont des racines fasciculées qui s'étendent superficiellement dans le sol sans jamais pénétrer dans les couches profondes, les légiimineuses, qui nous occupent, ont des racmes pivotantes aui s'enfoncent très profondément dans le terram. C'est ainsi que la luzerne fait pénétrer en terre un pivot d'une très erande longueur, presque complètement dépourvu de radicelles latérales. C'est vei-s son extrémité seulement que s'épanouissent les radicelles à l'aide desquelles la plante soutire les sucs nourriciers. Celte racine pivotante s'enfonce toujours pendant tout le cours de la végétation de la plante, pour aller chercher de nouveaux éléments de nutrition à des profondeurs sans cesse plus grandes. C'est ainsi que 1 on conserve au musée de Berne une racine de luzerne longue de 46 mètres; que le comte de Oasparin en a vu souvent de vivantes avant 4 mètres de longueur; et qu'Arthur Young creusa à 2 mètres de profondeur, sans parvenir à trouver

94 PRAIRIES ABTIFICIBLLBS.

le bout d'une «le œs racines. Il n'est donc pas douteux que la plante de Mëdie ne puise sa nourriture à un niveau bien inférieur à la couche du terrain où vivent les l'acines de nos principales graminées.

Les racines de sainfoin, sans pénétrer aussi profondément que celles de luzerne, ne laissent pasque d'atteindre un niveau ti'ès bas et inférieur d'au moins un mètre à celui du sol, quand la nature du terrain le permet. Elles dépassent quelquefois 2 mètres. De même le trèfle violet envoie facilement son pivot & plus de 60 centimètres de profondeur. Nous en avons vu des racines fort longues.

11 résulte de là, que les principales prairies artilicielles sont caractérisées par cette particularité qu'elles puisent principalement leur nourriture au-dessous de 50 centimètres de profondeur et qu'elles peuvent, suivant l'espèce considérée, la nature du terrain et la durée de leur vie, faire concourir à la production fourrière des couches du terrain qui seraient absolument inutilisables par les autres planles que nous cultivons. Ces légumineuses, après les premiers mois de leur existence, empruntent peu aux ressources alimentaires du sol superficiel ; mais bientôt, comme d'habiles mineurs, elles vont chercher les matériaux de leur nutrition toujours plus avant. Ce mode de végétation permet de les alterner très avantageusement avec les céréales qui n'explorent pas les mêmes couches. On conçoit déjà qu'après la culture d'une luzerne, d'un trèile ou d'un sunfoin, le blé ou l'avoine, qui viendront, trouveront un sol moins épuisé que s'il avait porté d'autres céréales. Le sot superficiel est non seulement moins épuisé, mais encore il est en réalité amélioré. De temps immémorial les praticiens ont donné aux légumineuses fourragères le nom de plantes améliorantes, pour l'excellente raison qu'après leur récolte et leur défrichement, ils obtiennent, sans engrais, des rendements do céréales bien supérieurs à ce qu'ils auraient été s'ils avaient semé ces végétaux granifères sur le même sol avant la culture de ces légumineuses. Mais ils ont reconnu également, d'une façon tout aussi certaine, que si le sol est devenu plus productif en graminées, il a perdu, pour un temps toujours long, la faculté de donner d'abondantes i-écoltes de

PRAIRIES ARTIFICIBUBS. 95

ces précieux fourrages. Ils disent, dans leur langage imagé, que la terre est fatiguée do luzerne ou de trèfle, etc. Elxami-iions donc cette double constatation.

Quand on observe le sol après le défrichement de la luzerne, on est frappé par la longueur, la grosseur et le nombre des racines de cette plante que l'on trouve dans la couche de terre retournée. De Gasparin a, par exemple, recueilli, sur un hectare de luzerne défrichée, 31,021 kilogrammes de racines desséchées à l'état normal, renfermant 80 p. iOO d'azote. Mais les racines qu'abandonne la luzerne dans les couches superlicielles du terrain ne sont pas les seuls débris organiques dont elle l'enrichit. Pendant tout le cours de sa végétation, elle laisse tomber des feuilles. C'est là une cause d'amélioration de la terre que nous ne pouvons chilTrer, mais qui n'en est pas moins réelle. D'aulre part, loi-s de la récolte de chaque coupe, l'opération du fanage et de la dessiccation, quelques précautions que l'on prenne, produit toujours un cerUin déchet. Ce sont principalement les feuilles de la plante qui se détachent, et les parties les moins ligniliées des tiges, c'est-àdire les plus riches en éléments de fertilité. De ces pertes nous connaissons l'importance. En effet nous savons par les expériences de Perraut de Jot«mps que les légumineuses perdent environ un quart de leur poids en foin, de débris.

Il résulte également des observations de M. Heuzé, qu'un hectare de luzerne, ayant donné, eii 5 ans, 30,000 kilogrammes de foin sec, laisse, après son défrichement, dans le sol, 20,000 kilogrammes de débris de racines.

Dans le bilan où il fait ressortir les résultats améliorateurs de la luzerne, de Gasparin expose que le rendement en foin de 5 années a\ait atteint le chiffre de 64,000 kilogrammes Si nous cherchons, d après (.e chiffre, le rapport qu il ) a entre le poids des racmes restées dans le sol et le lom lecoité, nous trouvons quà 100 kilogtammcs de celui-ci coi i espondent environ 53 kilogrammes de racines

D'apies Ica nombies fournis pai M Heuze, un quintal de foin produit coirespond à un reliquat de bb kilogiammes do racine* En admettant la moyenne des deux obseï \ ation*;,

96 PRA1RIB5 ARTIFICIELLES.

nous ne devons pas nous éloigner beaucoup de la réalité : soit 62 kilogrammes de racines pour 100 de foin.

M. Heuzé estime à 10 p. 100 du poids du foin les débris foliacés laissés par le fanage. Celte différence lient évidemment à des différences réelles dans les modes de fanage; et nous pensons qu'en thèse générale, les pertes provenant de ce chef peuvent être, sans gi-ande erreur, estimées à 18 p. 100 du poids du foin.

En somme, pour chaque quintal de foin récolté, la couche arable a gagné 15 kilogiammes de débris foliacés et 62 kilogrammes de racines.

Pour préciser l'importance, au point de vue de la fertilisation du sol, de ces débris, nous avons analysé des racines de luzerne recueillies près de Chartres, sur un défrichement et y avons trouvé p. 100 de matière sèche :

Azote 1,663

Chaux 1 .329

Acide phosphoriqua 0,30S

Bien que nous ne sachions pas exactement l'état de dessiccation dans lequel ont été pesées les racines de luzerne recueillies par les deux auteurs précités, puisqu'ils ne donnent aucun chiffre h cet égard, nous pouvons cependant arriver h nous en rendre compte par la comparaison des taux d'azote qu'ils indiquent, avec celui que nous avons trouvé dans la matière sèche. Nous y avons dosé 1,66 de cet élément, tandis que de Gasparin en a trouvé dans les racines qu'il dit desséchées à l'état normal, 0,S. En supposant que la matière sèche a une composition analogue dans les deux cas, nous en déduisons que le taux d'humidité était voisin de 51,9 p. 100. Au moment oii nous avons analysé les racines de luzerne, il y avait environ huit jours qu'elles étaient ramassées et exposées k l'air par le beau temps ; nous y avons trouvé S8,1S p. 100 d'eau. Le nombre calculé plus haut s'accorde sensiblement avec celui que nous avons trouvé directement ; aussi pouvons-nous l'admettre.

M. Heuzé donne pour la richesse des racines en azote.

PRAIRIEâ AElTIPlCtBLLES. 91

1 p. 100. Le même mode d'estimation nous conduit au taux de 40 p. 100 d'eau. Cea chiffres sont suffisamment rapprochés pour que nous puissions les prendre pour base de nos évaluations.

Quant aux débris des parties aériennes laissés par les récoltes successives au sol, ils sont estimés à l'état de dessiccation ordinaire du foin, soit k 16 p. 100 d'eau.

U suit de ce qui précède que chaque quintal de luzerne récollé correspond à l'enrichissement suivant du sol, exprimé en matière sèche :

On peut, sans grande erreur, prendre pour la composition des débris laissés par le fanage, celle du foin de luzerae de bonne qualité, en ce qui concerne les matières minérales. De Gasparin leur assigne le taux de 1,97 d'azole, et l. Pierre, celui de 2,02. Nous admettons le plus faible.

D'après ces données, nous pouvons dresser le tableau suivant, qui nous indique approximativement les gains que la couche arable a pu faire après la culture de la luzerne pour 100 kilogrammes de foin produit :

Aiote 0,295 0,557 0,852

Acide phosphoriqu« 0,063 0,103 0.186

PoUsse 0,i30 0.0*5 0,275

Chaux 0,398 0,445 0,841

Si maintenant nous rapportons ces données à une luzerne qui, en six ans de durée, a rendu 480 quintaux de foin par hectare, nous constatons que le sol superliciel s'est enrichi de :

Azote 409 kilogrammes.

Acide phosphoiique 69 —

Potasse 1 32 —

Chaux 401 —

Cet apport de principes fertilisants correspond à une dose

de 80 tonnes de fumier de ferme pour l'azote, de 18 tonnes

pour l'acide phosphorique, et de 22 tonnes pour la potasse.

Ces équivalents nous montrent pertinemment que le gain

GmoLA. — Plantes fourragères. S

porte surtout sur l'azote. L'acide phosphorique et la potasse, au contraire, ne correspondent qu'à une fumuie tout à fait ordinaire. C'est pourquoi l'on observe que, dans les sols relativement pauvres en acide phosphorique, comme beaucoup de ceux d'Eure-et-Loir, on ne peut obtenir tous les bons effets d'un défrichement de luzerne qu'en donnant un complément de superphosphate.

Au point de vue des matières minérales dont la première couche du terrain est enrichie, nous pouvons tenir pour cei'tain qu'elles proviennent toutes des couches profondes. H n'y a donc en vérité là qu'un déplacement de fertilité ; l'amélioration n'est que relative, mais elle a pour l'agriculture la valeur d'une amélioration absolue, car elle pei-met d'utiliser des forces productives que nous ne pourrions pas atteindre sans recourir à celte plante précieuse ou à ses congénères. Examinons maintenant quels sont les effets du trèfle sur l'enrichissement de la terre ai-able en principes alimentaires pour les plantes. D'après Boussingault, chaque quintal de foin de trèfle produit réduit à l'état de siccité complète laisserait dans le sol 83 kilogrammes de racines sèches. Les débris foliacés à raison de IS p. tOO donneraient 15 kilogrammes. L'analyse des racines de trèfle violet (trifolium pratense), de même provenance que celle de luzerne dont nous avons donné plus haut la composition, nous a fourni les résultats suivants pour 100 de matières sèche :

Azote 2 126

Acide phosphonqup 0 âtO

Cllaux 0 9»

Potasse 0 085

Aux débris foliacés et caulmaiies que la fenaison laisse sur le sol, nous attnbueions la composition du foin et nous pourrons formel le tableau suivant, qui donne poui iOO kilogrammes de foutrage entieiement dessèche, le gain de substances alimentaires que fait le sol superficiel :

Débris, lUdnes. ToUl.

kil. kil. bil.

Azote 0,300 1,764 3,094

Acide phospliorique.... 0,100 0,iH9 0,299

C'.oogle

Pour une récolte de 70 quintaux de foin, renfermant 58,8 de matière sèche, nous aurons pour le gain d'un hectare :

Azote m kilogrammes.

Acide ptiosphorique 18 —

Potasse 23 —

Chaui : 66 —

Cet enrichissement équivaut pour Taïote à 24 tonnes de fumier de bonne qualité ; pour l'acide phosphorique à 150 kilogrammes de superphosphate ordinaire ; et pour la potasse, k 50 kilogrammes de chlorure de potassium. D'où nous tirerons la même conclusion pratique que pour le défrichement de luzerne, à savoir : que si l'on veut utiliser au maximum l'efTet améliorateur de la culture du trèfle, il faut répandre sur le blé qui suit un supplément de superphosphate, au moins dans les terres pauvres en cet élément.

Pour ce qui concerne le sainfoin ou esparcette, nous ne possédons pas de renseignements spéciaux sur la quantité de racines laissées dans la terre arable après le défrichement, ni sur leur composition. Nous croyons que l'on peut admettre pour l'estimation des effets améliorants du sainfoin les mêmes bases que pour la luzerne. De là il résulterait qu'un sainfoin qui durerait trois ans et donnerait 50 quintaux de foin par an enrichirait le sol superficiel d'environ :

Azolc 137 kilogranames.

Acide phosphorique 28 —

Potasse 42 —

En résumé, ce qui précède semble démonti'er que les légumineuses fourragères que nous avons examinées sont réellement des plantes qui, par leur culture, améliorent le sol arable ; que l'amélioration est beaucoup plus importante en ce qui concerne l'azote, que pour l'acide phosphorique et la potasse.

Il n'est pas douteux non plus que les éléments minéraux dont bénélicie laterreà la surface, de même que ceux qui sont enlevés par les récoltes, ne pi-oviennent du sous-sol, lequel par suite est peu à peu épuisé. C'est une des raisons qui

expliquent pourquoi ces plantes., ne peuvent revenir sm' le même sol qu'au bout d'un temps plus ou moins long, après que le sous-sol a pu i-etrouver par sa lente désagrégation, et par les inliltrations du sol les éléments assimilables dont il avait été dépouillé.

Le pouvoir absorbant du sol pour les principes solubles des engrais est, comme nous l'avons démontré en étudiant les engrais, fort énergique ; on retrouve après vingt-deux ans de culture, dans la première couche de 22 centimètres, 90 p. 100 de l'acide phosphorique donné comme engrais et non absorbé par les végétaux ; on retrouve dans les mêmes conditions 80 p. 100 de la potasse. 11 en résulte que le sous-sol appauvri en matières minérales ne peut être que fort difiicilement remis en bon état de fertilité. Il serait nécessaire, pour arriver d'emblée à ce résultat, de défoncer profondément le terrain et d'incorporer au moyen de grandes sommes de travail, des engrais appropriés au sous-sol. Il est plus sage de laisser le temps agir, en aidant à la descente de la potasse par le plâtrage pendant la végétation des légumineuses.

Quant h l'azote, qui est accumulé en si forte proportion dans la couche arable, et qui est exporté sous forme de fourrage en proportion plus forte encore, il parait provenir à la fois du sol et de l'atmosphère.

Nous savons, d'api-ès les recherches de 1. Pierre, que le sous-sol jusqu'à un mètre de profondeur et au delà, renferme des quantités de ce principe fertilisant i-elativement importantes. D'autre paît, les nitrates qui proviennent de la transformation de l'azote des matières organiques du sol descendent facilement au travers de la terre et le sous-sol doit en être constamment réapprovisionné. Mais nous n'ignorons pas que les sels ammoniacaux et les nitrates paraissent être peu favorables aux légumineuses, et les expériences de Lawes et Gilbert sur leur emploi montrent qu'ils n'ont produit aucun excédent de récolte sur les engrais minéraux employés seuls. Dehérain pense, d'après des expériences assez prohantes, que les légumineuses peuvent dans une certaine mesure absorber les matièi'es azotées organiques qui proviennent de la décomposition du terreau, substances solubles, dont la descente dans

LUZEBNf. 101

le sous-sol est favorisée par le plâtrage, comme la descente de tapotasse. Quoiqu'il en soilde ces obscurités restantes, il n'en est pas moins aujourd'hui démontré d'une manière complète que les légumineuses peuvent vivre sans demander leur azote au sol qui les porte, comme doivent le faire les graminées, et qu'elles peuvent le tirer entièrement de l'azote atmosphérique. C'est Hellriegell, qui en 1888 a fait cette importante découverte et a montré le rûle si curieux que joue dans le phénomène l'inlervention de bactéries microscopiques qui vivent dans les nodosités que l'on observe sur les racines de toutes nos prairies artilicielles.

Les légumineuses fourragères nous apparaissent donc comme des accumulateurs d'aiote et leur rôle en économie rurale a parla une importance dominante. Grâce h elles, sans jamais espérer réduire Ànéant l'emploi des engrais azotés, on peut du moins arriver à limiter les dépenses qu'ils nécessitent. L'agriculleur a le loisir, suivant les conditions économiques au sein desquelles il évolue, de baser son système de culture soit sur la captation de l'azote de l'air, soit sur l'emploi des engrais azotés tirés du dehors, soit enlin, dans la grande majorité des cas, sur la combinaison des deux méthodes.

LDZERNE {lUedicago saliva) (flg. U).

La luzeroe, appoi-lée de Médie en Grèce dès le temps de Darius (Pline), ëlail réputée, chez les Romains, la plus excellente des plantes fourragères. Sa culture, transpoi'tée dans la Gaule méridionale, s'y conserva à travers toutes les vicissiludes des siècles, et Olivierde Serres la nommait la merveille du mesnage des champs. C'est en France et surtout dans le midi, que s'est conservé le culte que les anciens avaient voué à la luzerne ; de là elle s'est étendue chaque jour davantage À mesure que l'on a apprécié ses qualités, dans les pays situés plus au nord, jusqu'au point où le climat donne d'abord l'égalité, puis la supériorité au trèfle, qui devient alors la première des plantes fourragères, comme la luzerne l'est au midi. En Allemagne, dit Langethal, si le trèfle est comme le

roi des ^légumineuses fourragères, la luzerne est la reine qui l'accompagne.

De même ia luzerne le cède au sainfoin dans les ten-es du midi, dans les terres calcaires du midi et de la France moyenne qui ont des printemps et des étés hahifuellement secs ; puis les chances de l'humidité moyenne du terrain devenant plus grandes, soit par l'effet de la position topographique des champs, soit par la facilité de les In-iguer, la luzerne l'emporte. Enlio l'humidité du printemps et de l'été s'accroît en marchant vers le nord; mais en même temps la somme de température nécessaire pour faire croître la luzerne diminue, les époques des différentes coupes s'éloignent, et les trois coupes de luzerne qu'on obtient n'équivalent plus aux deux coupes de ti-èfle ; celui-ci devient alors la plante prédominante.

t"est que la luzerne est une plante d'origine méridionale, comme nous l'avons vu, et qu'en conséquence, toutes les conditions de sol étant les Fig, 44. — Luzerne. mêmes, elle donnera toujoui-s

des résultats d'autant meilleurs que les circonstances climatéi'iques se rapprocheront davantage de ce qu'elles sont dans son aire naturelle.

Composition et valeur nutritive de la luzerne.

La luzerne fournit un fourrage vert et ,un foin d'une très grande valeur alimentaire, que tous les animaux domestiques

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