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PLANTES PARASITES ET ANIMAUX NUISIBLES

que intimement; alors il produit <les suçoirs qui pénètrent dans les tissus de la plante attaquée et avec lesquels il aspire les sucs de sa viclime. Si au lieu de rencontrer une lige de luzerne ou de trèlle, par exemple, l'embryon de cuscute trouve une lige de fer ou de bois sec, elc, il la tdte, mais ne s'y arrête pas et continue à rechercher une plante vivante. Lorsqu'une fols la cuscute a vécu en parasite, elle entoure très bien des tiftes mortes.

Aussitôt que la cuscute s'est flxée, elle développe une tige grêle, déliée comme un iil, ti-ès rameuse, et d'une couleur roussàtre. Elle enveloppe toutes les plantes voisines, les fait disparalti'e sous le réseau de ses lîlamenls, et cnfm les épuise et les tue.

Chaque filament en contact avec une tige de luzerne développe des suçoii-s; les fragments de filament jouissent euxmêmes de cette propriété.

Bientôt la plante donne naissance à des fleurs en petits capitules blanchâtres, puis à des fruits. Ce sont des capsules sphériques à deux loges contenant chacune deux graines.

Elle produit aussi de petits tubej-cules qui jouissent de la propriété de la reproduire. Elle a ainsi trois modes de reproduction : 1" par la graine; 2" par les fragments de tiges ; et 3° par les tubercules.

Cette plante parasite parait résister à nos hivers; à la vérité tous ses filaments disparaissent, mais ses graines et ses tubercules demeurent et résistent.

La végétation de la cuscute est si rapide, pendant la belle saison, qu'en trois mois un seul pied peut faire périr tous les plants de luzerne ou de trèfle qui l'environnent, sur un rayon de trois mètres, coi'respondant à une surface de plus de 28 mètres carrés.

On voit par là combien il est difficile de détruire cette plante parasite, et cependant les ravages qu'elle exerce sont si grands qu'on ne doit reculer devant aucun soin, quelque minutieux qu'il soit, pour s'en préserver. Il ne faudra jamais employer pour fumer les prairies arlificicllcs les fumiers provenant des bestiaux nourris de fourrages infestés de cuscute. Il ne faudra pas non plus récolter de grains dans les champs

qui sont attaqués par cette peste, ou bien chaque tète de graines devra être recueillie à la main. Jamais non plus il ne faudra semer de graine achetée sans avoir examiné si elle est infestée de graines de ce parasite, ef dans ce cas sans l'en avoir préalablement déharrasséc.

Cette séparation peut être faite facilement, d'abord en fixiissant avec force la graine de luzerne ou de trèfle entre deux toiles grossières, alîn de rompre les capsules de la cuscute, puis en pratiquant un criblage à travers une toile métallique de laiton du n° 9, alin que celle-ci retienne la graine de luzerne ou de trèfle, et qu'elle laisse passer complètement celle de cuscute, qui n'a guère qu'un demi- millimètre de diamètre. Quand on achète ses graines dans le commerce, il faut, non seulement se faire garantir sur facture l'absence de cuscute, mais encore il ne faut jamais négliger, aussitôt leur réception, de faire véritier à la Station d'essais de semences de l'Institut national agronomique la pureté de la marchandise reçue.

Ce sont là des moyons préventifs. Mais y a-t-il des moyens curatifs pour détruire la cuscute dans une luiemière attaquée? Voilà ce que nous devons encore examiner.

Le procédé de l'Incendie a donné jusqu'ici de bons résultats : dès qu'on s'aperçoit qu'un champ est attaqué sur quelques-uns de ses points, on coupe les plantes le plus près possible de terre, et à un mètre au delà de la surface attaquée. On place dans un sac le produit de cette coupe, et on va le brûler au loin. Puis on répand de la paille et des brindilles sur la surface dégarnie, qu on arroge de pétrole, et on y met le feu. La cuscute pént, mais aussi souvent la luzerne. Dans ce cas on bêche la sui face mcendiee et on y sème une autre plante fourragère. Si Ion suit le mal à la piste sans inten'uption, on pai-vient à se debari asspr de cette plante parasite, pourvu que le remède soit applique a% ant la maturité des graines.

Au lieu de recourir au feu, qui est un remède héroïque, on peut, après avoir dégarni la tache comme il vient d'être dit, la pulvériser avec soin avec une dissolution à dix ou vingt pour cent de sulfate de fer, ce qui détruit ce qui peut rester de cuscute, sans empêcher la légumîneuse de repousser.

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Un procédé également recommandable consiste à ■■épandie sur les taches du sulfate de potasse brut à la dnse de 200 k 300 gi'ammes par mètre carré: la cuscute est tuée, et la luzerne ou le trèfle repoussent.

La deslraclion de lacuscute est d'autant plus nécessaire que le fourrage vert et sec, intesté de cette plante, lépugne aux animaux. Il détermine chez la vache la perle de l'appétit, et il est dangereux en ce sens qu'il détermine dans le tube digestif un feutrage indigeste.

Un autre parasite de la luzerne est la Rhizoctone violette (RAjzoc'oni'aviQWea),cryptogamequi,souslaformcdu filaments violacés, enveloppe ta racine, se nournl de sa sève, et la fait mourir. On voit souvent dans les champs de luzerne dos places circulaires qui se dégarnissent de plantes et dont le rayon s'étend progressivement. On a cru rcmanguer que la présence de la potentille rampante sur le terrain annonçait pi-esque à coup sûr que la luzerne y serait attaquée par ce champignon. On chercheà arrêter le mal en le cernant par un fossé profond de 60 à 70 centimètres dont on rejette la terre à l'intérieur. On laboure ensuite la partie entourée en enlevant avec soin tous les débris de plantes pour les brûler. On recouvre ensuite les parois et le fond du fossé d'une couche assez épaisse de soufre et on le comble avec de la terre. Enfin on répand h la surface de la partie défrichée une forte couche de chaux. Comme les oi^anes de reproduction de la Rhizoctone peuvent rester vivants dans le sol pendant au moins trois ans, il faut éviter de resemer de la luzerne dans les anciens foyers pendant une période au moins égale. On ne parvient pas toujours à arrêter ainsi le mal, soit qu'on ait laissé en dehoi-s de l'enceinte des racines attaquées, soit que la coupure n'ait pas été assez profonde. Quand il continue à s'étendre, il faut défricher la luzerne. C'est l'envahissement de ce parasite qui a empêché Mathieu de Dombasie de continuer la culture de la luzerne à Roville.

La luzerne est aussi quelquefois attaquée par l'Oi'obanche {Orobanehe rainor), plante parasite qui croit sur ses racines. Elle se montre surtout dans les secondes coupes et produit une très grande quantité de graines, d'une extrême linessr, qui se

conservent pendant longtemps dans le sol. Quand cette plante abonde, le Iburi'age est peu abondant et de plus déprécié, sinon nuisible, àcauae des pfopiiélês aphrodisiaques de ce paraxilu. Pour prévenir l'invasion, ne semei' que des g^raines de luzerne exemptes de l'orobanche, et faire le semis très dru pour que le fourrage serré empêche l'accès de la lumière indispensable au développement du parasite. Pour combattre l'envahissement, couper la prairie avant la maturité des graines de l'orobanche, et si celle-ci gagne du terrain, défricher.

Il se développe aussi quelquefois sur la luzerne le Miellat causé imvl'Eresypke cominunii; la rouille, produite par VUrumyces iipiculatus. On [■encontre aussi le Peronospora trifoliorum, et enlin le Phacidium medicaffinis, qui détermine la dessiccation prématurée des feuilles. Il ne faut faire consommer qu'avec pi'écaution les fourrages envahis par ces champignons.

Dans le règne animal, la luzerne a un ennemi très sérieux dans la larve de l'Eumolphe obscui- [Colnpsis atra), connu aussi sous les noms de Babotte, Nigril, Canille (1). L'insecle parfait est noir, luisant, ovale; le mâle est long de i millimètres et demi, et la femelle de 8 millimètres. Il est propre au Midi. Ses larves se montrent au mois de mai. La transformation a bientôt lieu, el, les générations se succédant, les larves deviennent si nombreuses, qu'elles détruisent la récolte. Aussitôt que l'on reconnaît le mal, il faut faucher le champ d'une manière réitérée pour détruire l'insecte par la famine.

On a signalé contre le nigril l'eflicacité d'un mélange de naphtaline et d'ammoniaque que l'on répand sur la luzerne envahie. Il est bon également de répandre de la poudre de chaux éteinte sur les plantes quand les femelles ont le ventre gonllé pour la ponte ; la chaux adhère sur le corps visqueux de l'eumolphe et l'animal tombe, aloi's on fait passer le l'ouleau pour l'éci'aser. On peut enfin faire parcourir les luzernières par des troupeaux de dindons ou de [Mmles qui sont très fi-iands de la larve.

Un a parfois à redouter pour les luzernes l'envahissement

(f) Voy. GuÉNAUi, Entomologie el parasiloloQie agricoles. 1901,

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