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CULTURE D& LA LUZERNE

par les mulots surtout en hiver; on détruit ces a introduisant dans leui-s galeries du blé arseniqué. Les limaces au printemps rongent souvent les jeunes feuilles, etc.

Culture de la luzerne.

Préparation du soi. — Les racines de la luzerne ayant, comme nous l'avons dit, une tendance à s'enfoncer profondément dans le sol, on conçoit la nécessité d'ameublir celui-ci à la plus grande profondeur qu'on le pourra. Dans le Midi le défoncement s'opère à 45 centimètres. Un le faisait autrefois h la bêche, mais l'emploi des charrues fnuilleusos est bien plus économique ; le travail en est excellent et bien plus rapide. Le meilleur mode de défoncement consiste à ouvrir avec la charrue ordinaire un sillon de 20 à 2S centimètres de profondeur, puis à la faire suivie par une charrue fouilleuse qui remue le fond de la raie sans ramener la terre à la surface, sur une profondeur de 15 à 20 centimètres. Ce défoncement doit s'exécuter au plus tard avant l'hiver qui précède l'ense- ■ mencement.

Celte nécessité du défoncement conduit naturellement à faire précéder la mise en luzerne d'un champ par la culture d'une plante sarclée. Parmi toutes ces plantes, celles qui convient le mieux est la pomme de terre, à laquelle on fait succéder dans le présent cas une céréale de printemps, où l'on fait le semis de la légumineuse. Nous indiquons ailleurs la fumure à appliquer k cette solanée. Ses résidus seront très propres à favoriser le bon développement de la jeune luzerne, de même que la propreté du sol assurera une plus grande durée h la prairie artificielle en prévenant son envahissement par les plantes adventices. On doit s'appliquer en cfTet à assurer à la plante fourragère qui nous occupe la plus longue durée possible et, pour y pai-venir, en dehors de cette préparation soignée du terrain, lavorisée s'il est nécessaire par le marnage qui apporte le calcaire indispensable, il ne faut rien négliger pour l'enricliisscmcnt du sol en éléments nutritifs.

En admettant, comme nous l'avons vu plus haut, que la luzerne produise envii-on 70 quinlaux de foin sec par hcclare

IIH LUZEHNE.

et par an, nous avons démonti'é ailleurs (voir Enyrais) que la plante absorbe pour son développement annuel outre 214 kilogrammes d'azote, puisés pour la plus grande partie dans l'almosphtre, 61 kilogrammes d'acide phosphorique, 130 kilogrammes de potasse, et 229 kilogrammes de chaux, en nombres ronds. II conviendra donc de fournir à la plante, suivant la richesse du sol, un complément important d'acide phosphorique et de potasse assimilables, selon les cas, la chaux étant assurée d'avance par te marnage, dans les sols non calcaires.

Dans un sol de fertilité moyenne, on fournira une fumure de 200 kilogrammes de superphosphate à 14 p. 100 d'acide phosphorique soluble dans l'eau et le citrale, ou 200 kilogrammes de scoriesdedéphosphorationàl6p. lOOd'acidephosphorique, avec 100 kilogrammes de chlomrc de potassium h 50 p. 100 de polasse, par hectare et par année de durée probable de la prairie artificielle. La fumure phosphatée totale sera distribuée en entier avant le semis de la luzerne, et intimement mélangée au sol par le scarilicatcur. On lui adjoindra une dose de po- - tasse correspondant à une année, réservant les autres doses pour les répandre en couverture aux printemps suivants.

Dans les terrains jiauvres en acide phosphorique, il sera bon de porter la dose de superphosphate ou de scories k 300 kilogrammes par hectare et par an. Si la potasse manque au sol, on ira jusqu'à 150 et 200 kilogrammes de chlorure de potassium. Si la luzerne doit durer trois ou quatre ans, les doses annuelles indiquées seront triplées ou quadruplées.

Semaiîle. — La bonne graine de luzerne doit être jaune, luisante et pesante. Lorsque les grains sont blancs, c'est qu'ils ne sont pas mûrs ; s'ils sont bi-uns, c'est qu'ils ont été soumis, pour les séparer de leurs cosses, à une chaleur artificielle trop forte. 11 faut que la semence soit exempte de cuscute et de graines étrangères, La pureté moyenne de la bonne semence de luzerne est de 91 p. 100 et la faculté germinative est de 89 p. 100. L'hectolitre pèse de 76 à 79 kilogrammes. La semence de Pi-ovence présente les grains les plus gros et est la plus estimée. La durée de la faculté germinative de la luzerne est de ti-ois ou quatre ans. Une semence d'un an, de deux ans ou de trois ans germe souvent mieux qu'une graine toute récente.

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