‹ Plantes fourrangèresChapitre 50 sur 168 · AJONC ÉPINEUX · texte numérisé non relu

AJONC ÉPINEUX

les sols sablo-argileux, et sableux humides. Sur les sols humilies et aigilo-sableux, il se maintient indéfiniment. Il ne dure que six ou huit ans dans les ten'es granitiques acides. Il refuse absolument de végéter dans les sols calcaires.

On le sème sur un^légei' labour, sans fumier, de février en avril, lorsqu'on le sème seul. Le plus souvent il vaut mieux le semer dans une céréale a"ét^ ou d'hiver à la même «époque ; le leri'ain n'est pas alors préparé pour l'ajonc t]ui ne supporte plus les frais d'un labour. On recouvre la graine pai- un hersage. La semence, s'altérant facilement, doit être choisie nouvelle. On en emploie 20 kilogrammes pour les semis à la volée, et 12 kilogrammes suffisent pour les semis en lignes. II faut dans tous les cas éloigner le bélail du champ afin de préserver les jeunes pousses de la dent avide des animaux.

Le chiendent est l'ennemi principal de l'ajonc. W mg- u3. — Ajonc maiin. faut en débarrasser le terrain avant les semailles par un labour avec écobuage ou par tout autre moyen efficace.

Dans certaines contrées du pays de Galles, la culture de l'ajonc est entrée dans la rotation. Elle ne dure que quatre ans, pendant lesquels on le fauche deux fois. On le défriche alors à la chai rue et on sème du blé pour le remplacer. IMais il parait préférable en général, bien que l'on puisse agir ainsi, de cultiver l'ajonc commela luzerne en dehoi-s de l'assolement.

Si la culture réussit, on obtient une coupe abondante de fourrage au commencement de l'biver de la seconde année.

152 a;onc épineux.

L'ajonc, une fois bien établi, pourra être coupé tous les ans, mais on augmentera considéral)lement son produit en ne le coupant que tous les deux ans. M. de Lorgeril a vérifié un produit de 34375 kilogrammesà l'hectare.dansun ajonc coupé après deux ans de végétation, et il a vu des résultais encore plus satisfaisants. On peut donc parfaitement admettre un rendement de 300 quintaux tous les deux ans, soit une production moyenne annuelle de 150 quintaux.

L'ajonc épineux est un fourrage d'hiver. On le coupe du mois de novembre au mois d'avril. Pendant l'été les pousses sont ligneuses, dures et dédaignées des animaux. Sa composition moyenne est la suivante, d'apri'S M. A,-C. Girard:

Eau Sa,67

Cendres 1,57

Graisse 0,W

Albumiaoldes 4,49

Amides 0,27

Cellulose brute 14,32

Hydrates de carbone divers 2S,7S

La digestibilité de ce fourrage est beaucoup plus élevée qu'on ne serait tenté de le croire d'après son aspect. Lemème savant, qui l'a déterminée sur le cheval, a en effet obtenu les coefRcients de digestibilitê suivants :

Graisse 57,7 p. tOO.

Matières azotées brutes 51,8 —

CelluloBe 33,1 —

Hydrates de carbone 53,8 —

On donne l'ajonc épineux à tous les bestiaux. C'est une nourriture excllenle el recherchée. De temps immémorial, on nourrit, dans le pays de Galles, tout le bétail avec ses pousses écrasées, pendant toute la saison hivernale. Toutes les bêtes s'en montrent avides et le préfèrent même au foin. Il vient remplacer pendant la mauvaise saison le trèfle et la luzerne, et n'occasionne ni météorisalion, ni aucun autre accident. Les vaches qui s'en nourrissent donnent un lait abondant, de très bonne qualité, et un beurre excellenl. Les chevaux s'en trouvent également bien; il leur donne de l'embonpoint et

AJONC SPINEUX. )SÏ

«ufflt à l'alimentation des bè(«s de labour. Cependant il ne serait pas suffisant pour les ctievau^t soumisà un fort travail. Il est avantageux pour tes jeunes animaux.

En Bretagne, il est utilisé pour la nourriture des espèce» 4>ovine et chevaline.

L'emploi de l'ajonc épineux dans l'alimentation des chevaux de ferme est une pratique générale sur les frontières de France el d'Espagne, et la cavalerie anglaise, étant dans les Pyrénées, sous les oidres de Wellington, n'y avait pas d'autre fourrage,

M. Tytiera fait des expériences sur l'emploi de l'ajonc dansl'alimentation des cheiaux de ferme. Une femme munie de gants longs et solides, et d'un tablier de peau de mouton, pouvait, en six ou sept heures, couper la nourrilui-e nécessaire à la consommation journalière d'une douzaine de chevaux doués d'un bon appétit; le fourrage ramené à la ferme y était brisé sous une meule montée comme les meules d'huileries, 11 suffisait de trois heures pour écrasej- toute la ration. Les chevaux recevaient de l'ajonc et de la paille (50 kilos de novembre à février) ; et depuis tors jusqu'en mars, un supplément d'avoine (12 kilos). Avec cette noui-iiture économique, ils étaient capables d'efTecluer le travail ordinaire des attelages de Berwick, et leur condition s'améliorait. D'un autre côté, M. de Lorgeril a nourri convenablement dans-son écurie six chevaux travaillant tous les jouis, avec 180 kilos d'ajonc, 21 kilos de foin, el 1 2 kilos ; d'avoine (lUe-et- Vilaine). Dans l'Indre, M. Delaye-Bonnat donnait U kilos d'ajonc par télé bovine et 20 kilos par cheval, ce qui maintenait le bétail dans un étal d'embonpoint supérieur à celui qu'on doit à l'emploi du foin el de la paille.'

Tous ces faits de la pratique agricole montrent bien tous les avantages que présente l'emploi de l'ajonc. Seulement ces avantages sont balancés par la difficulté de sa manutention 11 est nécessaire, avant de le donner au bétail, de l'écraserpour émousser les épines qui garnissent ses rameaux. On le coupe xlonc en tronçons de 10 à 12 centimèti'es, puis on broie ces fi'agments sans néanmoins écraser complètement la matière

végétale, car si elle est trop broyée

194 AJOMC ËPINEUX.

recherchent plus. Elle a atteinl ]e degré de trituration néccfâaire, lorsqu'une main dui-cie par le travail peut la manier sans être blessée par les épines.

Pour arrivera ce résultat, il faudra, dans les grandes exploitations, recourirà des broyeurs spéciaux qu'on trouve aujourd'hui chei les constructeurs de la i-égion de l'Ouest (fig. 54). Dans les petites exploitations, l'opération pourra se faire à la

Fig. hi. — Broyeur d'ajoncs (Savary, b. Quimperlé).-

main par les hommes de la ferme. Sur une plate-forme en bois on étend une couche d'ajonc, on la découpe à l'aide d'une hache, puis avec un pilon ou une dame on le brise convenablement. Un ouvrier peut broyer par jour 230 kilogrammes d'ajonc.

Toutes ces manipulations, du reste, ont lieu en hiver, alors que les hommes ontpeu de chose à faire ; les longues soirées de cette saison peuvent être par là convenablement et lucrativement remplies.

11 est donc évident que l'ajonc épineux constitue une impor-

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tante ressource fouiiagri-e pour les pays île landes, el c'est avec raison qu'on l'a appelé la " luzerne des pays pauvres ". Le genêt à balais {Genintii 5Cop<ii'i<i)peutéli-e cultivé comme l'ajonc pour l'alimentation d'hiver des animaux. 11 a à peu près les mêmes propriélés.

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