‹ Plantes fourrangèresChapitre 63 sur 168 · I. II. III · texte numérisé non relu

I. II. III

Matières azotées 9,60 6,0 —3,00

Graissclbrule 2.14 9.9 + 7.76

Hjiirales de carbone 42,20 ÏS.5 —16,70

Cellulose 33,96 23.9 —10,06

Cendres lâ.lO . 8,9 — 3,20

TolauK 100,00 74,2 —25,80

Nous constatons que |)our les trois fourrages considérés, il y a une perte de substances nutritives variant de 24,19 k 27,4 p. 100, soit en chi/Trea rondsde 25 p. 100 ou un quart.

Les matières azotées brutes dispai'aissent en proportion notable; 16,3 p. 100 pour l'herbe de prairie; 36,4 p. 100 pour la luzerne; et 37,5 p. 100 pour le maïs. 11 y a donc bien un tiers des matières azotées qui disparaissent. Mais de plus dans le silo une partie des albumiuoïdes passent à l'état d'amides inaptes à servir à la formation des tissus. Tandis que dans le seigle vert, M. Wuaflart a dosé 1,127 p. 100 d'albuminoldes, il n'en a plus retrouvé que 0,437 dans le même fourrage ensilé ; sur 100 grammes d'albuminoides, il en a dont: disparu par la fermentation 81 grammes ; soit presque les deux tiers, qui ont été transformés en amides. Il y a là une cause de dépréciatioa sur laquelle il convient d'attirer l'attention des praticiens.

Les sucres dispai'aissent entièrement et sur l'ensemble des hydrates de carbone il y a une perte qui varie de 39,6 à 43,9 p. 100.

La cellulose elle-même disparait en partie : de i 1 à 29 p. 100,

11 n'y a de gain apparent que pour la graisse brute, mais ce gain est dû à la formation des acides organiques (lactique, butyrique, acétique) qui se dissolvent avec les graisses réelles dans i'éther; et loin d'être un avantage, cela devient un inconvénient aussitôt que la dose d'acide est un peu élevée.

11 nous sera permis de conclure de là que l'ensilage est une méthode de conservation des fourrages verts qui dissipe une pi-oportion relative très grande de principes nutritifs. Elle est trèi inférieure h ta fenaison bien effectuée et, par conséquent, on ne doit y recourir que dans les cas spéciaux oii la dessiccation n'est pas possible. C'est ce qui arrive pour le maïs fourrage, ou pour les excès de seigle vert ou de trèfle incarnat en temps ordinaire. C'est ce qui arrive dans les automnes pluvieux pourles regains de prairies naturelles ou a rti (ici elles. En dehors de ces cas spéciaux, l'ensilage ne doit pas être généralisé.

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PLANTES SARCLÉES FOURRAGERES

GÊNÉBALITÉS

Les plantes de celte section sont caracl^ risées, au point de vue agricole, par le fait qu'elles sont cultivées en lignes sufiisamment distantes les unes des autres pour que l'on puisse, pendant la plus grande partie de leur période de végétation, leur donner les sarclages et les binages (jui sont indispensables à leur réussite. Elles occupent dans les assolements modernes la place de la jachèi-e et remplacent celle-ci fort avantageusement, car, en même temps qu'elles assurent l'entrelicn du sol en parfait état de propreté et d'ameubllssement, et qu'elles constituent par conséquent un excellent précédent pour la i;;ulture du blé auquel elles laissent le sol enrichi par les reliquats des abondantes fumures qu'elles réclament et supportent, elles donnent des produits abondants, capables de payer largement tous les frais qu'elles nécessitent, de sorte que la culture suivante est déchargée des dépenses afférentes k la jachère.

Leur importance en économie rurale est accrue encore par cette considération qu'étant exposéesàd'aulres chances que les récoltes de céréales, et des autres classes de plantes fourragères, on divise, en les introduisant dans les assolements, les chances fÂcheuses, sur un plus grand nombre de produits, dont les uns redoutent l'humidité ou la sécheresse de certaines saisons, qui conviennent à d'autres. Grâce à elles, également, le travail agricole se distribue d'une manière plus égale sur les différentes époques de l'année ; les attelages et les ouvriers sont occupés d'une manière plus uniforme et plus complète. On ne les voit plus passer d'un travail exagéré à un ti'avail nonchalent.

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Enfin, c'est principalement par leur moyen qu'on peut se procurer, pour l'hiver, des aliments frais, d'une conservation facile, pour assurer au bétail de la ferme un régime capable de favoriser au plus haut degré la croissance des jeunes et de permettre d'obtenir de tous le maximum des produits vendables au prix de revient le plus bas. L'abondance du fumier, qui résulte de leur consommation, assure une resUlulion presque complète u la terre des éléments fertilisants qu'elles ont absorbés et, à la fois, son enrichissement en matières liumiques si favorables & la fertilité.

Rappelons aussi que les plus importantes de ces plantes peuvent éti-e utilisées non seulement pour l'alimenlation du bétail, mais que quelques-unes sont la matière première de puissantes industnes : la betterave e:temployéepourla fabrication du sucre et de l'alcool ; le topinambour sert à la production de l'alctiol dans les sols pauvres ; la pomme de terre est utilisée pour l'extraction de la fécule et la fabrication de l'alcool. Même quand elles sont cultivées |K)ur l'industrie, elles gardent une grande partie de leur importance au point de vue de l'alimentation des animaux ; car elles laissent des pulpes abondantes qui retournent k la ferme et y rapportent une grande partie des éléments fertilisants qu'elles avaient

Dans cet ouvrage nous ne nous occupons que du rûle fourrager de ces plantes, mais nous ne pouvions pas passer sous silence l'importance de leur rOle industriel. Nous devons rappeler aussi que la pomme de terre remplit la fonction de plante alimentaire pour l'homme, comme cela est vrai, à un moindre degré, pour les navels, les carottes et les topinambours. 11 en résulte qu'en cas d'insuccès des autres cultures destinées à la nourriture de l'homme, on peut trouver un appoint important dans les produits de ces tubercules et de ces racines, pour obvier à la pénurie des aliments ordi-

La betterave (bêla vulguris) appartient à la famille des Chénopodées. Elle croit spontanément sur les eûtes méridionales

de l'Europe. La plante sauvage est annuelle, a la racine grôle, presque rameuse, tandis que les feuilles sont étroiles. La culture l'a complélement transformée : la racine est devenue charnue, longue, fusiforme ou pyrifocme, ovoïde ou globuleuse ; les feuilles radicales ont pris beaucoup, d'ampleur et la plante est devenue bisannuelle, fendant la pi'emière année de sa végétation, elle développe simplement ses feuilles radicales et sa racine charnue, dans laquelle elle accumule, au moins en partie, les éléments nutritifs qui lui serviront, l'année suivante, à la formation de sa tige et de ses fruits. 11 arrive de temps en temps, dans nos variétés cultivées, que quelques plantes montent h graine dés la première année de végétation, par une action de réversion due à l'influence de l'atavisme.

11 n'est pas de plante cultivée qui se modifie plus facilement que la betterave, sous l'influence du climat, du sol et de la culture. Il en est peu qui s'ttybrident avec autant de facilité. Aussi le nombre des variétés obtenues est-il considérable ; et il devient impossible, dans un ouvrage limité comme celui-ci, d'en donner une description, même succincte. On a l'habitude de les classer en groupes, d'après leurs aptitudes productives et leur mode d'utilisation. On dislingue les variétés fourragères proprement dites, dans la sélection desquelles l'effort a porté exclusivement sur le volume delà racine et sur l'aptitude à produire à l'hectare le plus grand rendement brut possible. Ce sont des races gi'ossières, à racines très volumineuses, extrêmement riches en eau. Leur couleur varie du blanc au jaune et au rouge. Elles poussent généralement en majeure partie hors de terre et au point de vue de la forme générale se rattachent à quatre types dilTérents : les racines cylindroconiques, telles que la betterave disette 4 collet vert {fîg. 86) ; les racines cylindriques contournées, comme la betterave corne de bœuf (fig. 87) ; les globes ou racines aiTondies telles que la betterave Globe jaune (fig. 88) ; les ovoïdes comme la betterave jaune ovoïde des Barres.

Les variétés sucrières, sous l'empire de la législation défunte, ont été sélectionnées au point de vue de la richesse en sucre et de la pureté du jus, en laissant de cûlé un peu trop la ques-

2i0 BETTERAVE.

tion de rendement i l'hectare. Elles ont la chair très dense e

Fig. 87. — Betterave

dure, poussent presque entièrement dans la terre ; elles n'atteignent jamais qu'un faible volume. Nous citerons comme

EMPLOI ET COMPOSITION GÉNÉRALE. Sil

exemples la betterave améliorée de Vilmorin, et la betterave Klein-Wansleben (fig. 89 et 90).

Enfin entre ces deux catégories se placent des variétés intermédiaires, vigoureuses, de rendement élevé el de richesse

Fig. 89. — Betterave Klein-Wansleben.

saccharine moyenne, qu'on désigne sous l'appellation de variétés de distillerie ou de demi-sucrières. Elles dérivent en général de la betterave de Silésie, et sont, comme les races sucrières, le plus souvent pyriformes ou fusifoimes, avec collet sortant peu de terre. Nous en donnerons comme exemple les betteraves blanches à collet vert et à collet rose (flg.91 et 92).

Emploi et composition générale.

La betterave constitue la base du régime d'hiver des bêtes bovines et ovines, dans la plupart des exploitations rurales à GiBou. — Plantes fourragères. 14

cuUure avancée. Oécoupées en cossettes de grosseur moyenne, et mélangées avec un huitième environ de leur poids de balles de céréales ou même de siliques de colza, fraîches ou mieux après une iégère fermentation, elles sont mangées avec avidité. On peut en distribuer au bétail de 5 à 10 p. 100 de son poids vif. Les chevaux euv-mémcs en son! friands, et

pendant la guerre de 1870 nous en avons vu toute une écurie s'en nourrir pendant l'hiver. Il convient, pour ces animaux^ de les découper en tranches assez épaisses pour qu'elles restent croquantes. Mais la betterave n'est qu'un fourrage aqueux, volumineux et extensif. Si elle est d'une facile diges- Ubilité, comme nous le verrons, elle est pauvre en substances azotées albuminoïdes, en substances plastiques. La ration, pour donner tout ce qu'on en peut attendre, doit donc toujours être complétée par l'adjonction d'un aliment concentréj

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