EMPLOI ET COMPOSITION GÉNÉRALE
riche en principes azotés albuminoldes, lel que les grains, les (ourleau.x oléagineux, ou au moins le bon foin de légumineuses.
La composition immédiate de cette racine permet de se rendre compte de sa valeur alimentaire. On y trouve d'ahord de l'eau en gi'ande pi'oporlion, grâce à laquelle elle constitue pour l'hiver un aliment frais, qui s'allie utilement aux fourrages secs dont on disposait seulement autrefois et en facilite l'absorption. Le sucre cristallisable s'y rencontre en quantité li-ès notable ; il constitue à lui seul la principale valeur nutritive de la betterave; il est en eflet intégralement absorbé et utilisé par l'organisme, soit pour la production de la chaleur et de la force, soit pour la formation de la graisse. Comme autres substances hydrocarbonées, on y trouve un peu de cellulose, qui l'orme les parois cellulaires, des matières gommeuses ou peiitosanei qui inciiislent ces parois ou les soudent les unes aux autres; des traces de graisse. Sous le rapport des substances azotées, la betterave renferme un peu d'albuminoïde, mais souvent une plus grande quantité de substances amidées solubles, et même du nitrate de potasse. Les substances amidées ne peuvent servira la constitution des tissus; elles n'ont pas plus de valeur que les substances non azotées. Quant au nitrate de potasse, lorsqu'il existe en quantité notable, il est nuisible ; à faible dose, il est purgatif; et à dose élevée il empoisonne. A c6té de ces éléments oi^aniques, on trouve dans la betterave des cendres riches, surtout en sels de potasse et en phosphate de chaux, etc. A tilrc d'exemple nous rapportons ci-dessous l'analyse d'une lécolte de betteraves blanches à collet rose, obtenue dans de bonnes conditions :
Eau 81.50
Cendres 0,U6
Halières azotées albuminoldes ft.^'i
Substances amidées solubles 0,7(i
Sucre 13,80
Penlosanes ou gommes 1,U0
Cellulose I , lU
Substances iniléterminôcs 0.12
Toi al lOU.OO
Cioogle
m BETTERAVE.
11 sauteauxyeux,àl'inspection<leces résultats, quête sucre est l'élément nutritirqui,debeaucoup,cstprépon<iéi'ftnt, et quec'est à lui que ta betteravedoit presque toute sa valeur alimentaire.
Mais le tableau qui précède ne peut être considéré comme représentant la composition moyenne de la betterave de consommation. Rien ne varie davantage, suivant les variétés, les circonstances météorologiques, le mode de culture, la nature du sol et les engrais. Nous avonsconslaté dans la teneur en eau des racines des variations de Si à 94 p. 100: la matière nutritive brute a donc oscillé de 19 à 6 p. 100, soit de 3ài. Nous insisterons davantage sur ce point quant il s'agira de faire choix des variétés à cultiver et du mode de culture h adopter.
Les feuilles de lietterave sont généralement abandonnées sur le terrain. Elles ne constituent, en réalité, qu'un aliment de peu de valeui'. Fraîches, elles sont très laxatives et fatiguent le bétail plutôt qu'elles ne le nourrissent. Ce n'est qu'après les avoir soumises A l'ensilage, comme les fourrages verts, qu'il est pratique de les donner aux bestiaux.
U est toutefois intéressant pour l'économie de la culture de connaître le rapport qui existe entre le poids des feuilles et celui des racines. D'après les expériences de Sostmann, de Stockholm, en 181), il y avait au 30 septembre 103 de feuilles pour 100 de racines. Pour la betterave fourragère champêtre, Boussingault a trouvé en moyenne, au moment de la récolte, "0 de feuilles p. 100 de racines. D'après des constatations de Lawes et Gilbert, il y aurait seulement, à la récolte, 33 p. 100 de feuilles par rapport aux racines. En moyenne, on peut admettre la proportion de 30 à 60 p. 100, et cette proportion augmente quand le poids individuel des racines diminue.
On peut assigner aux feuilles de betteraves fraîches et ensilées la composition ci-dessous :
Eau 89,0 78,8
Matières protéiqucs brutes 1,7 1.7
Amides 0,7 1,3
Graisse cl chloropliylle 0,4 1,1
Substances non ozotâes diverses. 4,6 0,6
Cellulose 1,6 3,0
Cendres 2,0 4.5
Ces mêmes feuillea renferment en éléments nutritifs diges-
Climat
Bien que la betterave soit originaire du midi de l'Europe, sa culture prospère surtout dans la zone tempérée jusqu'au Si* degré de latitude nord. Elle est cependant sensible au froid, et lorsque sa racine est atteinte par la gelée, elle entre en décomposition.
La graine germe et la végétation commence quand la température moyenne atteint et dépasse 7° à 8" au-dessus de zéro. Le concours de la chaleur et d'une humidité convenable est indispensable à sa végétation. La fertilité du sol et son humidité restant la même, l'accroissement en poids est proportionnel à la somme de chaleur et de lumière rei;ue par les plantes. La lumière semble même avoir une action dominante. Pétermann, à Gembloux, a reconnu que la quantité de substance organique produite est plus en rapport avec l'éclairement qu'avec la température. La formation du sucre se fait dans des conditions d'autant plus favorables que les mois d'août et de septembre ont iin ciel plus clair pendant que te sol est suffisamment humide. Ce sont là, en effet, les meilleures conditions pour le travail chlorophyllien.
Le développement complet de la racine e.\ige une somme de 2400" à 2700" de chaleur. Le développement et la maturation des tiges et des fruits demandent en plus, l'année d'après, 1 300° à 1 800°. L'évolution totale de la plante nc'cessite donc de 3 300° k 4 500° en deu\ années.
Lorsque l'humidité n'est pas suffisante, la croissance s'arrête presque complètement, jusqu'à ce que, le concours nécessaire de l'humidité et de la chaleur étant rétabli, l'accroissement puisse reprendre et se poursuivre.
Quoi qu'il en soit, la betterave donne de 1res beaux pi'o-
duîts sous les climats les plus variés ; elle prospère dans la moiMé septenfrionale de la France, en Belgique, en Allemagne, en Russie ; elle réussit également en Provence, euj Algérie,
en Egypte, grlce aux irrigations.
Sol.
La betterave peut être cultivée avec succès dans^presque tous les sols, pourvu qu'ils soient suflisamment frais. Cependant un teiTain argîlo-calcaire, doux et meuble, une situation découverte et bien exposée au soleil, conviennent surtout à sa culture.
Les terrains sablo-calcaires, s'ils contiennent assez d'humus, fournissent aussi de bons renttemenls, quand l'eau ne manque cas.
La profondeur de la leire arable [et du sous-sol perméable est «ne qualité essentiellement favorable.
La trop grande humidité retarde le semis et le développement. Le drainage a rendus propres à la betterave un grand nombre de sols qui n'en pouvaient auparavant porter.
Végétation et exigences.
En 189!), nous avons étudié le développement de la betterave et ses exigences nutritives sur la variété dite B. à sucre à collet rose, qui n'est plus cultivée que pour la distillerie et que nous considérons comme une des meilleures pour l'alimenlation du bétail.
A cet elTet, nous avons rempli 24 grands pots de 28 kilogrammes charun de limon des plateaux tamisé, provenant d'Arche villiers, commune de Chartres. Chaque pot a reçu une fumure de 1,1*0 gramme d'azote nitrique, 2 grammes d'acide phosphorique soluble à l'eau et \ gramme de polasse à l'état de chlorure. Les pots ont été ensuite noyés dans la sciure de bois blanc pour les préserver de l'évaporation latérale. Le semis a été fait le 12 avril 1899. La levée s'est produite le 29 avril. Un premier éclaircissement a élé fait vers le 1" juin et le 13 juin on a fait la première récolte de 6 pots.
Fig. 93. — Bellersve (1" récolte).
Coogk
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Les trois autres séries de pots ont été alors éclaircies définitivement. On a laissé quatre plants dans les pots destinés à la deuxième récolte, deux plants dans ceux réservés pour la troisième récolte, et enQn un seul plant dans la dernière série de pots, de manière que les plantes ne se gênent jamais dans leur croissance. Enfin on a recouvert le sol de sciure de bois blanc pour éviter son durcissement et l'évaporation
Le 13 juin, comme nous l'avons déjà dit, soixante-deux Jours api-ès le semis et cinquante jours après la levée, on a fait la récolte des pots de la première série, en délayant, après avoir cassé les pots, toute la terre par un courant d'eau, de manière à recueillir toutes les radicelles sans les briser autant que possible. On a obtenu les résultats suivants par plante moyenne ;
Racine charnue 0,073
Radicelles 0.i9S
Poids total de la plante sèctie. 0,810
L'analyse de ces différentes parties nous a donné pour 100 de matière sèche :
3,ai
p. loo.
2je