ÏI
En considérant la dernière colonne du deinier tableau, on remarque 'que, sans exception, la culture à rangs serrés a augmenté dans une grande proportion la production en éléments nutritifs par hectare. Avec les betteraves à sucre et de distillerie, l'augmentation de rendement en matières nutiilives, est de 1.873 kilogrammes; soit de H,i p. 100 du produit des racines cultivées à grand espacement. Avec les races fourragères, nous obtenons en moyenne par hectare, 1 479 kilogrammes de matières alimentaires en plus en serrant la culture, ce qui correspond à 60,1 p. 100.
L'importance de ces accroissements de rendement démontre bien clairement l'immense avantage qu'il y a à cultiver les racines fourragères d'après les mêmes procédés culturauxque les racines saccharigènes. 11 faut absolument serrer les plants pour obtenir des racines petites et riches, La culture à grands espacements, si elle produit des racines énormes qui flattent l'œil, ne donne que des résultats trompeurs. On récolte de l'eau surtout, et l'on a plus de frais relativement pour la conservation et l'emmagasinage. M. Berthault a démontré d'autre part, à Grignon, que l'accroissement des frais occasionnés par la plus grande dînicultê des binages et du chargement, ne dépassait pas quelque 13 francs par hectare.
28S 6ETTERAVB.
Hais notre tableau récapitulatifn'estpas seulement instructif relativement au modii de culture, il fait ressortir d'une manière lumineuse la valeur relative des divers groupes de racines et des diverses variétés dans chaque groupe.
Les races sucrières et de distillerie fournissent beaucoup plus de substances nutritives par hectare que les betteraves fourragères. Elles ont, en effet, donné en moyenne S 185 kilogrammes d'éléments nutritifs, contre 3 14~ avec les betteraves fourragères. Cela correspond à une surproduction de 2038 kilogrammes ou 65 p. 100.
Parmi les variétés de distillerie, c'est la variété à collet rose qui s'est montiée la plus avantageuse, avec une production moyenne de 5 117 kilogrammes de substances alimentaires ; la variété à collet vert, race Brabant, vient ensuite avec un rendement de 5076 kilogrammes. La betterave sucrière Klein- Wansleben ne vient que la troisième avec 4700 kilogrammes.
Dans le groupe fourrager, nous trouvons en première ligne, la Disette corne de bœuf (3534 kilogrammes), avec la géante blanche demi-sucrière (3 5i4 kilogrammes] et la Globe à petites feuilles (3S23 kilogrammes). La géante de Vauriac vient ensuite avec un produit moyen de 3012 kilogrammes. Enfin, la disette Mammouth et la trop répandue Ovoïde des Barres ferment la marche.
Entre cette dernière et la betterave à collet rose, il y a un écart en faveur de celle-ci, de 227,8 p. 100. Tout commentaire ne pourrait qu'affaiblir cette constatation.
Expériences d'alimentaUon. — Pendant l'hiver qui a suivi la récolte du champ d'expériences, M. Oscar Benoist a voulu se rendre compte de la valeur relative des grosses et des petites betteraves obtenues. Ne pouvant multiplier ses essais, il s'est borné à expérimenter avec la variétéJaune ovoïde des Carres.
Il a constilué, le 32 novembre 1897, deux lots de cinq jeunes moutons chacun, aussi comparables que possible, auxquels il distribua chaque jour une ration identique de foin, de luzerne et de tourteaux, et un poids identique de racines, soit grosses betteraves, soit petites betteraves, comme l'indique le tableau suivant :
uCobgle ""
PRODUCTION DE LA BBITERWE FOURRAGËHE. S83
Loi n* I. Lot n» II.
^- kg-
Luzerne 2,3 2,5
Tourteau 1,5 1,5
Petites betteraves 29,0 >
Grosses betteraves o 29,0
L'expérience a duré du 22 Dovembre au 22 février; la mai^ che de rengraissement et les résultats obtenus sont consignés ci-après :
LotD'I. Lot n» II.
kg- kK-
Poids au 22 novembre 1897 161,5 161,S
— au 22 décembre 1897 197,0 189,0
— au 22 janvier 1898.... 215,5 201.0
— au 22 février 1898 235,5 2ïi,0
Viande nette t l'abatAge 12i,0 114,0
Rendement net p. 100 de poids vif. 52,0 Si,6
Gain total de poids vif 74,0 59.5
Gain de viande nette 43,0 33,0
Pour calctiler le gain de viande nette, nous avons admis qu'avant l'engraissement les deux lots en auraient fourni chacun 81 kilogrammes, à raison de 50 p. 100 du poids vif, ce qui parait être un peu exagéré.
Les animaux ont été vendus sur la base de 1 fr. 90 le kilogramme de viande nette.L'accroiasementde valeur de chaque lot pendant l'engraissement a donc été :
Pour le lot n»1 81 fr. 70
— n» II 62fr. 70
Si nous égalons à 100 la valeur produite par le lot n" 11 qui a consommé les grosses betteraves, le lot n" I a produit 130. Cet accroissement de 30 p. 100 de la production ne peut être imputé qu'& la plus grande valeur alimentaire des petites racines.
En partant de ces expériences nous pouvons calculer la valeur relative des deux sortes de racines consommées. Estimons le foin de luzerne à 6 francs les 100 kilogrammes, et les tourteaux à 16 francs le quintal à la ferme. La ration commune journalière a coûté :
2 k. 50 de luzerne Ofr. 15
Ik. 50 de tourteau Ofr. 24
ToUI Otr.39
el pour la durée de l'expérience (92 jours) la dépense a atteint 35 fr. 88 pour chaque lot. En retranchant cette dépense constante du produit total, nous aurons, pour chaque cas, la valeur donnée par nos moutons à la quantité de racines absorbées.
Lotn-l. Loin* II.
Produit 8! fr. 70 62 fr. 70
Ration commune 35 fr. 88 35 fr. 88
Valeur des racines i5 fr. 82 20 Ir. 82
Comme la quantité des racines consommées pendant la durée des essais, à raison de 29 kilogrammes par jour, a atteint pour chaque lot 2 666 kilogrammes, la tonne de racines a été payée par nos moulons aux prix suivants :
Petites ovotdes 17 fr. 17
Grosses ovoïdes lOfr. Oj
La valeur produite par hectare cultivé a atteint avec les ovoïdes à petites dislances 960 fr. 40, et avec les ovoïdes à grandes distances 486 fr. 42. Nous ne pouvions pas espérer une ronfirmation pratique plus éclatante des conclusions de nos e.vpé rien ces.
Expériences de digestibilité. — Pendant le même hiver, nous avons étudié la digestibilité de la betterave Corne de bœuf, parmi les fourragères et de la betterave Klein-Wansleben, parmi les variétés riches en sucre. Sans entrer dans le détail de ces recherches en voici les conclusions : Coefflcients de digeslibililé.
E BIKIIK A 90 c.
Matières organiques