‹ Plantes fourrangèresChapitre 78 sur 168 · Lot n° î iU.OO W · texte numérisé non relu

Lot n° î iU.OO W

■iW BETTERAVE.

L'augmenlation de poids du premier loi a été en somme de 3&*B,73 et correspond k 15,67 p. iOO du poids vif initial. Pour le deuxii^me lot, l'accroissement de poids s'est élevé à 37 kilogrammes, soit à 16,6 p. 100 du poids «u début.

Les 1 980 kilc^rammes de betteraves à collet rose consommés par le deuxième loi ont donc produit un elTel égal aux

de celui foui'ni par tes 2 970 kilogrammes de racines de la variété des Barres ;d'oii il suit que 1980 kilogrammes de racines de la première variété équivalent à 3 074 kilogrammes des dernirres. La valeur nutritive de la betterave jaune ovoïde des Barres étant prise pour unité, celle de la blanche à collet i-ose est de l,S3.

Celle expérience montre nettement la supériorité de la bellerave à collet rose, comme fourragère sur la jaune des [(arres.

EnRn, en 1901, nous avons fait cultiver comparativement par sept agriculteurs de la lîeauce et du Perche, la betterave ovoïde des Barres et la betterave blanche à sucre à collet rose. Les lignes étaient espacées de 45 centimètres et les plants sur les lignes étaient laissés à 20 ou 2S centimètros. Les rendements moyens obtenus ont été par hectare :

Kvcédent na faveur de l'ovoiJe. ... H4 ijiii racines des deux variétés ont présenté U

Kau 86.S6

.^Ibuminoldea digestibles 0,32

— indiguBtiblca. . . 0,15

Aniides 0,6S

Sucre 7,88

Pontosones 1 ,0ù

CuUuloso 0,67

SBHJS SUK PLACu; A ri.AT. 2UI

Lit bettei'ave à coUet rose renferme 13,S0 p. HH) de substances réellement nutritives, et l'ovoide seulement iU,l>3. La premièi-e en contient donc 38 p. 100 de plus.

En combinant le rendement bml à l'hectare avec la richesse des racines en éléments nutritifs, on trouve que la variété ovoïde a donné à l'hectare en 1901 un rendement net de 48, 9S quintaux, tandis que la blanche à coHet rose a donné 56,77 quintaux. Rien que par le choix d'une variété de meilleure (■x>nstitution on a accru le rendement utile de 20 p. 100.

Os diirérentes séries de recherches conduisent donc toutes à la même conclusion : cultiver en ordre serré des races qui tout en donnant beaucoup de poids brut, fournissent des l'acines de richesse nutritive élevée.

Les variétés qui, à l'heure actuelle, nous paraissent le mieux i-épondre aux besoins de la culture fourragère, sont celles qui sont généralement désignées sous le nom de hetteraves de distillei'ie ; quant au nombre de betteraves à réser- \er par mètre carié de surface, il doit s'appi'ochei- autant que ^Kissible de 8 à 10.

Semis sur place à plat.

Le mode le plus généralement adopté dans b culture de la betterave est le semis sur place, en lignes continues, et à plat.

tioinme les gelées tardives peuvent détruire les jeunes plantes, alors qu'elles commencent à lever, on attend poui semer, qu'elles ne soient plus à craindre. Mais il ne laut pas cependant i-etarder trop la scmaille ; le rendement et la %aleur nutritive s'en ressentiraient, parce que les jeunes l'ociaes ne pourraient pas prendre assez de développement avant les sécheresses de l'été. (Vust en avril qu'il coniicnl généralement le mieux d'e.xécuLer le semis, jusquau commencement de mai. Les limites entre lesquelles on doit opérer sont comprises entre le 10 mars et le 10 mai

La semaine en lignes se fait de préférence a%ec le semoir ; la profonduur à laquelle il convient d'enterrer la graine est de

392 UeTTERAVB.

'2 ceDttmùti'es dans les terres franches, dans les sots secs el légers il faut aller jusque 30 el 35 millimètres. Dans tous les cas, il faut que l'enterrage soit bien uniforme, pour assurer une bonne levée. On peut à la rigueur faire le semis â la main, dans les petites exploilations. On trace des rayons au rayonneui' ou h la houe et on y dépose les graines uniformément. Dans ce cas au lieu de semer en lignes continues on sème en poquels. On place trois ou quatre graines dans <:hacun d'eux el on recouvre au fur et à mesure.

La quantité de graines nécessaire à l'hectare est de 18 et S5 kilogrammes. Il convient de ne pas la ménager, car il faut assurer une levée régulière avant tout. Dans le cas du semis en poquet à la main, on économise beaucoup la graine, 8 à 10 kilogrammes suffisent largement.

Quand la graine a été déposée dans le sol, on donne un coup de iwuleau pour plomberie terrain. C'est le i-ouleau Orosskil qu'on emploie de pi'éférence.

Le succès de la cuiture de betterave exige de nombreux sarclages et binages. Le premier binage est fait dès que les feuilles ont atteint envii-on 4 centimètres de long et que la ligne est facile à distinguer. Les binettes en acier sont excellentes pour cette opération.

Le deuxième binage s'effectue trois semaines h un mois plus tai-d, à la main ou à la houe à cheval. On éclaircit les racines à cette époque, en coupant avec la binette tous les plants qu'on veut enlever. Il est bon de profiter de cette opération qui fatigue toujouis un peu les betteraves pour leur donner une fumure de nitrate en couverture, nitrale réservé d'avance à cet effet.

A partir de cetle époque, jusqu'au moment où les feuilles couvrent presque complètement le sol, on donne un ou deux binages pour maintenir le sol net et entretenir la fraîcheur de la terre, car l'expérience a démontré l'exactilude du vieux proverbe : " En temps sec, un binage vaut deux arrosages ». Les houes à cheval les plus employées pour le binage des betteraves dans le nord et le rayon de Paris, sont du type de .celles que construit la maison Bajac.

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CULTURE PAR REPIQUAGE.

Semis sur place en billons.

Laissons maintenant les betteraves se développer jusqu'à l'automne, et examinons les autres systèmes de culture qui sont beaucoup moins répandus que le précédent. Dans cei'tains pays on cultive la betterave en billons. Cette méthode n'a de raison d'être que dans les sols peu profonds ou dans les terrains peu perméables.

Après avoir préalablement traité le terrain comme plus haut, on commence par ouvrir des sillons à la charrue, et à former les petits billons. Alors dans les sillons on étale le fumier, puis on refend les billons pour le recou* rir, de telle sorte que les billons déTmilifs se trouvent à la place des sillons. Quand on a refendu les billons à la charrue, on vide convenablement les sillons en passant le buttoir.

Avant et après la semaille il convient de plomber énergiquement les billons avec le rouleau Crosskii, ou, à défaut, avec un rouleau plat articulé.

Sur le sommet du billon on opère alors le semis des belleraves, en poquets, à 20 centimèti-es de distance. L'écarlement des billons da.'ïe en axe doit être de 50 h 60 centimèlres, pour permettre les binages mécaniques. Ceux-ci se font de préférence avec les instruments de feu Decrombecque, de Lens : 1° La herse à billons qui est disposée de manière à gratter les flancs du billon ; elle travaille deux billons à la fois, traînée par un cheval, un mulet ou un bœuf. Des mancherons servent à la maintenir. 2" La herse à chaînons, composée d'un brancard à deux roues et b limonière, portant à sa partie postérieure trois chines spécialement consti'uilea, qui trainées dans les sillons grattent leur fond. 11 ne reste à faire à la main que l'espace compris entre les plants, au sommet du billon.

Culture psr repiquage.

Quoiqu'on ait vanté hyperboliquemen t la culture par l'epiquage, il faut croire que ses avantages réels n'ont pas élé démontrés d'une manière bien évidente, puisque dans les

.^"lOi^lc

i?i BETTEBATB.

.. pays où la culture de ta betterave eet la plus pi-oductive et la mieux faite, cette mâthode n'est pas employée. Toutefois, il convient d'en dire quelques mois, car elle peut être utile dans <x-L'tains cas.

Pépinière. — On sème donc les betteraves en pépinière. Vn hectare de celle-ci peut fournir le plant nécessaire an peuplement d'environ dix hectares de teire. Le semis se fait à l'époque ordinaire, en lignes espacées de 30 centimètres ; on sème di-u. On éclaircil de botme heure, et on bine avec soin. On hdte par là le dëveloppement des betteraves et l'arl'ivêe du momentdu repiquage. Moins cette époque est ■«culée, filus le produit est grand.

Le sol de la pépinière a dû être parfaitement préparé et fumé, comme nous l'avons dit pour la culture à plat et le semis surplace.

Le moment de repiquer est venu quand les plants ont environ 15 millimètres de diamètre. Avant, ils ne sont pas assez rustiques pour résister ; ils pourraient ëlre détruits par la séclieresse. C'est ordinairement du 10 au 20 mai que le plant est bon ù mettre en place. Pour enlever les plants on choisit un lemps sombre et humide. On déplante une ligne ï^ur deux d'abord ; puis on éclaircit les lignes restantes de manièi'e à laisser une betterave tous tes ZO ou 23 centimètres. La pépinière donne ainsi une belle récolte à demeure. A mesure qu'on enlève les replants, on coupe les feuilles à 10 centimèti-es du collet ; pour diminuer l'évaporatinn, on coupe aussi le bout de la racine.

Le repiquage se fait sur un terrain préparé comme on a dit k plat ou en hillons, avec l'espacement adopté de 2o sur 4S centimètres à plat, et de 20 sui- eo centimètres en billons.- L'opération s'effectue au plantoir. Des femmes sont employées à cette besogne. Dans la culture à plat on trace les lignes d'avance avec un rayonneur. Chaque planteuse a un petit l)ùlon qui lui sert à marquer la distance entre les plants sui' la ligne. On peut donner au plantoir juste la longueur de l'espacement, c'est plus commode. On fait le trou avec le plantoir, on y introduit la, racine jusqu'au-dessus du collet, puis on tasse la terre contre elle avec l'instrument. 0* tasse-

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