CULTURE PAR BEPIOUAGB. SIS
ment <^st li'èa important. Quand on est obligé de repiquer pur la sécheresse, il faut arroser les replants.
L'entretient se borne à trois binages : le premier quand il a. poussé deux nouvelles feuilles ; le second quinze à vingt jours api-ès ; et le dernier avant que les feuilles ne couvrent entièrement le terrain. Ces trois binages se font h la houe à cheval. Dans la culture en billons on emploie les instruments de Decrombecque.
Cette méthode de culture donne plus de temps poui' pif'pai-er le terrain et te nettoyer. Elle réusait très bien dans les ■erres compactes et humides ; tandis que les semis à demeure y viennent mal parce que ces terres se durcissent trop par la pluie et la sécheresse. Du reste les semis ne peuvent s'y faire que trop tard parc« qu'elles s'égouttent et s'échauffent lentement. Mais ce procédé ne réussit que très rarement daus le^ sois légers du nord et du midi. Si la sécheresse [persistante surprend les plants avant la reprise, ils périssent.
EtteuUlement. — Nous sommes maintenant arrivés à la récolte, mais avant de traiter cette question ; il est un point sur lequel nous devons attirer l'attentian ; nuus voulons parler de la pratique de l'efTeuillement. C'est en effet une méthode vicieuse qu'il convient d'abolir.
Par l'eiïeuillement on diminue le rendement de la racine et surtout sa qualité. C'est en effet par les feuilles que l'acide carbonique de l'air est absorbé; c'est la chlorophylle, ou matière verte des feuilles, qui organise les principes immédiats de la plante, avec l'eau puisée dans le sol par les racines et le carbone absorbé dans l'air. Effeuiller, c'est diminuer la puissance d'assimilation de la plante, c'est supprimer en partie la formation de la matière atbuminofde et du sucr(^ Du reste l'expérience directe l'a parfaitement démonli-é. En outre, la feuille de la betterave n'a pas grande valeur alimentaire; »on àcreté empêche son emploi alimentaire à l'état vcrl en déterminant la diarrhée. Il faut la faire fermenter en fosse pour éviter cet inconvénient. L'effeuillage doit donc être enlij^rement proscrit de la pratique de la culture de la bette-
RéooMe des betterave*.
Nous avons à nous occuper BuGa de la récolte d«s racines dont noas venons d'étudier la culture. La première question qui se pose à nous est relie de savoir à quelle époque on doit opérer l'arrachage des betteraves. C'est au moment où cellesci sont le plus riches en principes alimentaires qu'on doit les extraire du sol. Cette époque est arrivée quand la croissance est sur le point de s'arrêter, c'est-à-dire lorsque la température moyenne s'ahaisse au-dessous de 9* pendant plusieurs jours. C'est iin de septembre et en octobre que ce fait se produit. C'est alors qu'il faut procéder à l'arrachage. Dans tous les cas il faut le faire assez tOt pour que l'on puisse préparer le sol pour la semaine du blé d'hiver dans le cas assez généi'a où l'on fait suivre la betterave par cette culture.
On pratique l'arrachage k la main pour les racines qui soni très peu enterrées et très faciles à détacher du sol. Pour les autres variétés, on emploie la fourche àdeux dents ou le croc. Les charrues arracheuses ont besoin d'être encore perfectionnées pour que leur emploi se généralise. Les charrues ordinaires comme les précédentes ont l'inconvénient do blesser les racines ; leur conservation devieni plus difficile et le dément en matière utile est diminué.
Les racines arrachées, on les décolleté en coupant toutes les feuilles y compris le bourgeon tenninal, pour empêcher qu'elles ne poussent trop vite en silo. Un enlève aussi convenablement la terre adhérente, et l'on coupe le bout des racines et les petites ramifications.
Aussitôt les betteraves arrachées, décolletées et nettoyées, on les met en petits las que l'on recouvre avec les feuilles jusqu'à la rentrée ou la mise en silo.
Conservation des betteraves.
I^s racines destinées à la consommation doivent être conservées jusqu'au printemps à l'époque où l'on peut faire les premières coupes de fourrages verts.
COWSEKVATION DES BETTERAVES. 297
La grande quantité d'eau que les racines contiennent, la rapidité avec laquelle elles pourrissent, quand elles ont été fortement meurtries ou atteintes par la gelée ; la nécessité deles enlasseren grandes masses et par suite le développement d'une température élevée dans l'intérieur des las, sont autant de circonstances qui compliquent le problème et qui obligent à une surveillance et k des soins particuliers.
Les conditions essentielles à remplir pour assurer la conservation des betteraves pendant l'hiver en les empêchant de pourriretdegermersont:l*de les mettre à l'abri delà gelée; 2' de les garantir de la chaleur et de l'humidité ; 3' de les pré* seiver de la lumière.
On satisfait à ces conditions de plusieurs manières, suivant l'importance de la récolte, et suivant la situation où l'on se trouve. On emploie les silos, les magasins ou les caves.
C'est surtout lorsque l'on a de grandes quantités de racines à conserver que l'insuffisance des celliers, caves ou magasins force à enfouir la récolte en terre pour la mettre à l'abri des causes diverses d'avaries que nous avons signalées. Les silox s'établissent partie en t«rre, partie au-dessus du niveau du sol ; quelquefois même on les établit complètement sur le sol. On les construit soit sur le bord du champ même oii les racines ont été cultivées, soit, ce qui est préférable, sur un champ situé à proximité de la ferme, et bonté par un chemin. Il convient, en effet, pour la commodité du service, de les placer parallèlement à un chemin empierré, car les transports deviendraient bientôt impossibles sur la terre détrempée pai' les pluies de l'automne et de l'hiver. Dans un terrain bien assaini, on creuse une fosse de 2 mètres de largeur environ, sur 30 centimètres de pi-ofondeur, et d'une longueur indéterminée, comme on le ferait pour creuser une couche de jardin. On a eu soin de ménager une pente légère d'un bout à l'autre de la longueur du silo dans le hut de permettie l'écoulement de l'eau qui pourrait suinter du fond et le long des parois. On emplit cette fosse de racines en les y amenant avec des tombereaux qu'on y décoche, et on amoncelle celles-ci jusqu'à un mèlre ou un mètre vingt au-dessus du niveau du sol, en formant sur les deux ciïtés des pentes murailLées suivant le talus
naturel que prennent les teires (45° à 60°), en sorte que le tout représente la toiture d'un bAtiment. Sur ces deux plans inclinés, on étale une léeëi-e couche de paille pour empêcher la terre qui servira de couverture de pénétrer dans les lacunes qui existent entre les racines. On recouvre alors les racines avec la teii'e qui a été extraite de la fosse, mais elle est loin d'être suffisante. Aussi creuse-t-on de chaque cûté du silo, et A environ 40 à 50 centimèti'es du bord de la fosse, des fossés dont le déblai est rejeté sur le silo, pour compléter la couverture, dont l'épaisseur uniforme dans toutes ses parties doit avoir de 40à SO centimètres. Dans les pays froids, cette épaisseur doit même être augmentée. On bat fortement la terre de façon (jue l'eau des pluies glisse facilement le long des pentes, et arrive dans les fossés, auxquels il est important de donner une profondeur plus grande que celle de la fosse, pour assurer l'assainissemenfde celle-ci. Comme elle, ils doivent avoir une pente d'une extrémité à l'autre, pour faciliter l'écoulemenl de l'eau qui s'y amasse, et leur extrémité la plus basse doit avoir un écoulement assuré.
On ne termine complètement la couverture du silo en recouvrant la crête de terre, que lorsque Ton est assuré que les racines sont suflisamment ressuyées. Alors on ménage par surcroît de précautions, tous les quatre mètres, des soupiraux que l'on construit avec des petits fagots d'épines, placés verticalement au sommet et noyés dans la terre qui sert à terminer la couverture. Au travers des orifices lassés par ces fascines, l'humidité de l'intérieur se dégage facilement et l'on évite ainsi l'échaufTement et la fermentation. A l'approche des fortes gelées, on bouche les soupiraux avec du fumier.
Les silos entraînent une dépense de main-d'œuvre assez importante, puisqu'ils donnent lieu chaque année à un mouvement de terre considérable, pour en couvrir les racines d'une épaisseur qui puisse les garantir des pluies et des gelées. Si l'on réduit cette dépense par la négligence avec laquelle on construit les silos, on s'e?ipose à éprouver de grandes pertes par l'avarie des récoltes qu'on y a déposées. Ce n'est que dans les silos exécutés avec beaucoup de soin que la conservation lies racines est assurée ; mais à cette condition elles s'y con-