‹ Plantes fourrangèresChapitre 91 sur 168 · EXIGENCKS EN PRINCIPES NUTRITIFS · texte numérisé non relu

EXIGENCKS EN PRINCIPES NUTRITIFS

chaux. Ces constatations nous permetlenl de déduire qu'il est iniportanl que la fumure ou le sol puissent tenir à la disposition de la plante jusqu'au milieu d'août une bonne provision d'acide phosphorique assimilable.

Enfin pendant la dernière période de nos essais, de la miaoût au commencement d'octobre, l'activité végétative va en décroissant d'une manière très marquée. En 55 jours, il ne se forme plus que 6,15 p. 100 de la matière sèche. C'est une période d'organisation plulAL qu'une période de formation. Pendant ce temps, l'absorption devient nulle pour la chaux, et faible pour les autres aliments; cependant elle reste notable pour l'acide phosphorique, comme le montre le tableau suivant :

Azote 14.51 p. 100.

Acidn phosphorique 22,50 —

Potasse i,81 —

Chaux 0,0,0 —

En même temps le travail radiculaire total s'abaisse considérablement quoiqu'il demeure plus de deux fois plus grand que pour le blé pendant la maturation. 11 devient inférieur au cinquième de ce qu'il était dans la troisième période. Nul pour la chau.t, il est relativement très faible pour la potasse, pour l'azote et pour l'acide phosphorique. Il en résulte que nous avons le droit de conclure que l'emploi du fumier de ferme ne saurait être qu'avanlageu.x dans la culture qui nous occupe, en assurant sur la fin de la végétation l'alimentation delà plante suivant la lenteur de ses besoins : les engrais chimiques complémentaires donneront satisfaction au\ exigences de la première partie de la végétation.

Liebscher tire des expériences des auteui's allemands des conclusions analogues.

Comitarons maintenant nos déduc.l ions aux résultats de nos expériences en plein champ. Nous avons cultivé la pomme de terre une seule année au champ d'expériences <le Cloches, avec M. Oscar Benoist, en 1890. Nous avons employé comme plant la variété Magnum bonum. La planlalion, exécuté•^ trop tard, vers le 15 mai, a été faite à ti-op d'écartement, car il n'y

POHHB DE TERRB.

avait que 170 pieds h l'are. Nous avons en effet reconnu dans des expériences faites autrefois h l'école M. de Dombasle, sous noire direction, que l'espacement qui convient le mieux à cette variété est de ©".BO sur O-.eO au plus. Le rendement baisse rapidement quand l'espacement augmente. Tandis qu'i l'espacement précité, nous récoltions 230 quintaux de tubercules, nous voyons le rendement baisser à 202 quintaux, en plantant à 60/70, et h 180 quintaux en planUnI à 60/80.

Si donc au lieu de planter seulement ilO pommes de lerre k l'are, M. Oscar Benoist en eût mis 278 au moins, les rendements eussent été plus considérables. La Magnum bonum peut facilement donner dans de bonnes conditions 250 quintaux à l'hectare.

Mais si ee défaut de la méthode de culture suivie a une influence indéniable sur le résultat économique de l'opération, il ne lui ôte rien de sa valeur au point de vue de l'étude de l'action des engrais. Ce ne sont pas ici les rendements absolus qui nous intéressent le plus, mais bien les rendements différentiels.

La considération du tableau suivant fera bien ressortir cetto action si importante des matières fertilisantes sur le i-endement, surtout avec le graphique qui l'accompagne :

Page 1