EXIGENCES EN PRINCIPES NUTRITIFS
emmagasiner l'eau, dans une année aussi sèche que celle où nous avon5i fait celle cullui'e. Son emploi a augmenté la récolle de près de 53 p. 100, tandis que l'engrais chimique complet n'arrive qu'à une augmenlation de 43 p. 100.
En général n'est l'azote qui s'est montré l'agent le plus ef!icace de la production. Sa suppression dans la fumure fait baisser l'excédent de récolle de plus de moitié. La potasse vient ensuite ; son absence abaisse le rendement de ITi p. 100. Enlin l'abstinence de l'acide phosphorique ne diminue le rendement que de 12 p. 100.
Il nous semble qu'on peut conclui-e de tout ce qui précède que pour obtenir de hauts rendements de la plante qui nous occupe, l'emploi du fumier, complété par le nitrate de soude, le superphosphate ou les scories phosphoreuses, et les sels de potasse, s'impose, en Lenanl compte de la richesse du sol pour fixer les quantités.
Dans une terre de fertilité moyenne, i vingt tonnes de fumier de ferme bien décomposé par hectare, nous ajouterions âSO kilogrammes de nitrate de soude, 500 kilogrammes de superphosphates ou de scories riches, et 150 kilogrammes de chlorure ou de sulfate de potasse.
Le fumier serait enfoui le plus t*t possible, avant l'hiver par exemple; les engrais phosphatés et potassiques seraient semés avant la plantation, et enterrés par un hersage ou un coup de scarificateur; pour le nitrate de soude, on pourrait le i-épandre en deux fois, moitié d'ahord au moment de la levée, puis le reste un mois après ; il serait enterré par les binages.
Si l'on a affaire à des sols pauvres en acide phosphorique, on augmentera la dose de superphosphate ou de scories Jusqu'à 700 kilogrammes par hectare. Dans les terres pauvres en potasse on donnera facilement 200 à 230 kilogrammes de chlorure de potassium.
Enfin, dans le cas où l'on voudrait faire des pommes de terre sans fumier, ce qui' n'est pas recommandable, on ajouterait au nitrate préindiqué 200 kilogrammes de sang desséché ou de corne torréfiée que l'on répandrait en même temps que le maximum de sels de potasse ei d'cngraia phosphatés prévu.
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POHyE DE TEHRB.
SAlMtion et varlMès.
Après le climat.leaolel l'engrais, c'est le choix de la variété qui influe le plus fortement sur le rendement brut. Hais ce clioix est prépondérant si l'on considère la production de l'hectare en fécule ou en matières nulrives. Nous ne voulons pas dire par là que le climat, le sol et l'engrais soient sans influence sur la valeur alimentaire des tubercules, mais que leur action ne se fait sentir que lentement. Ce sont des facteurs dont on doit tenir beaucoup compte dans la sélection ayant pour but l'amélioration des variétés.
Comme chez les animaux, les aptitudes se transmettent héréditairement chez les pommes de terre. La fertilité et la nchesse, qui constituent les qualités fondamentales des plantes agricoles, créées par l'action sur le végétal des influences de milieu (climat, sol, engrais, culture), se transmettent de générations en générations avec d'autant plus de sûreté qu'elles sont de plus ancienne date. La sélection expérimentale qui développe et multiplie par la reproduction les végétaux d'élite, est l'affaire des cultivateurs d'avant-garde, qui ont en même temps que les capitaux nécessaires, surtout les connaissances indispensables pour la mener à bien.
Le principe de la méthode est simple : il suffit de rechercher pour les planter les tubercules de taille relative moyenne, qui présentent la plus grande richesse, ou, ce qui revient au même, qui sont les plus denses. On prépare dans une série de vases quatre solutions de sel marin, préalablement desséché au four d'après les proportions rigoureuses qui suivent:
Après avoir bien lavé les tubercules à essayer, et les avoir essuyés, on les plonge dans le vase n° IV. Tous les tubercules qui surnagent renferment moins de 21 p. 100 de fécule ou de
SÉLECTION ET VAHIÉTÉS. 331
25 p. dOO de matière sèche, tandis que ceux qui vont au fond en renferment davantage. Les tubercules surnageant sont retirés et plongés dans le vase n° III et ainsi de suite jusqu'au n° I. Les tubercules qui enfoncent dans le n° IV contiennent plus de 21 p, 100 de fécule ou 25 p. 100 de matière sèche. Dans le n" III, plus de 19 p. 100 lie fécule et de 23 p, 100 dé matière sèche; dans le n° It; plus de 17 p. 100 de fécule et de 2^ p. 100 de matière sèche; dans le n" I, plus de 15 p. 100 de fécule et de 19 p. 100 de matière sèche.
Quand on est lixé sur le taux de fécule ou de matière sèche au-dessous duquel on ne veut pas tomber, on prépare une solution correspondante, on ypassetout leplanl, eton élimine tout ce qui surnage. L'opération est simple et rapide.
Mais cela ne sufîit pas. Si l'on éprouve ainsi la richesse, on n'apprend rien sur l'aptitude productive. C'est pendant la végétation, et lors de l'arrachage, qu'on peut se rendre compte de la fertilité des sujets. On marque par un jalon, dans le champ comptante de tubercules sélectionnés à l'eau salée, les plants dont les pousses atteignent le plus grand développement, ce sont les plus vigoureux, ceux qui généralement fournissent le plus de tubercules. Il en est ainsi parce que ce sont les parties aériennes vertes qui fabriquent avec les éléments puisés dans l'air et dans le sol la fécule et l'albumine qui viennent ensuite se mettre en réserve dans le tubercule.
A la récolte, tous les plants marqués sont ariachés à part, et on choisit pour la reproduction les poquets les plus abondants. Ënfm, parmi les produits de ceux-ci, on ne garde que les tubercules qui s'enfoncent dans la solution type choisie. En quatre ou cinq générations, on transforme ainsi complètement les variétés, en élevant leur rendement à des chilTres inconnus jusqu'alors et en améliorant leur qualité. La meilleure preuve que nous puissions en donner, nous la trouvons dans nos expériences sur la pomme de terre Richter's Imperator; en 1883 et 1881, celte variété nous a donné en petit 300 kilogrammes à l'are, avec un taux de fécule de 14,1 p. 100. La production de fécule par hectare ne dépassait donc pas 4230 kilogrammes. En 1890 nous avons constaté à Archevilliers en grande culture, avec la même variété sélectionnée
par Aimé Girard, 41 100 kilogrammes de lubercules à l'hectare, dosant 18,93 p. 100 de fécule, ce qui donne un rendement en ce principe immédiat de 7 789 kilogrammes. L'accroissement de rendement en matière utile a donc été de 85 p. 100. , Les variétés de pommes de terre sont extrêmement nombreuses, mais il faut remarquer que beaucoup d'entre elles ne sont que curieuses. Parmi les 112 que nous avons étudiées pendant deux ans, en 1880-81, nous pouvons signaler les suivantes comme rendement el qualité nutritives :
Albert
Grosso jaune 2" hlitive
Magnum bonum (fig. 107|.
Chardon (fig. 108)
se.io
Farineuse rouge (fig. d09|.
Eurêka
Vosgienne
Saucisse rouge iùn. 110)..
Early rose (Ug. 111)
Depuis cette époque, nous avons, en Eure-et-Loir, étudié surtout la variété Richter's Imperator {fig. 112), avec le concours de M. Ch. Egasse, agriculteur à Arche villi ers, commune de Chartres. En grande culture [de 13 et 16 hectares par année), elle a donné les rendements suivants par hectare :
.8 quintauï.
s analysé les récoltes de 1889, 1890 et 1891. La