XXXI. I
moyenne, proéminente en dessous, indiquée en dessus par une ligne fort enfoncée*, les latérales peu nombreuses, ascendantes, saillantes à la surface inférieure ; les unes et les autres chargées à la même surface de poils plus nombreux que ceux du reste de la feuille. Fleurs réunies en une seule tête terminale, fort grande, hémisphérique, ayant jusqu’à 2 pouces de diamètre, accompagnée d’un involucre. Folioles de l’involucre distinctes entre elles, au nombre de douze à vingt, très-rapprochées des fleurs, serrées, fort inégales, longues de 25 a 9 1., sessiles, entières , ciliées, terminées par une pointe souvent piquante; les inférieures étalées ou réfléchies, plus grandes, chargées de poils épars sur les deux faces , le plus souvent oblongues et semblables aux feuilles ; les supérieures plus petites , lancéolées , aigues , très-velues. Poils simples, assez longs, articulés, naissant d un tubercule ; ceux de la tige plus fins et moins roides ; tous d’une couleur de rouille foncée , excepté quelques-uns de 1 involucre qui sont blancs. Bractées au nombre de deux , opposées , embrassant la fleur avant son parfait développement, longues d’un pouce et demi, carénées , linéaires, étroites, un peu plus larges vers la base, aigues à leur sommet, munies sur le dos d’une crête dentée dans la moitié supérieure et d’une simple côte dans la moitié inférieure, scarieuses, glabres ou à peine chargées de quelques poils , d un vermillon tirant sur l’orangé. Calice profondément 5-partite; a divisions longues d environ i5 lig. 9 larges de ï a 3 lig- ? linéaires, canaliculées , aiguës, d’une couleur plus pâle que les bractées, scarieuses , chargées dans le tiers de leur longueur de poils serrés nombreux soyeux un peu ondulés de couleur blanche ; trois des divisions du calice extérieures; deux intérieures. Corolle o. Nectaire o. Tube antherifère à peine plus long que le calice, cylindrique, étroit, parfaitement glabre, d’un blanc légèrement jaunâtre , terminé par dix dents, pourvu de cinq nervures dont chacune alterne avec deux dents. Anthères au nombre de cinq, linéaires, très-étroites, jaunes , sessiles, insérées par le dos au sommet des nervures du tube , de manière que leur moitié inférieure se trouve
renfermée dans Fintérieur de celui-ci , et que l’autre moitié le dépasse. Style unique, court, plus ou moins profondément i -fide, dont les branches sont linéaires , aiguës, purpurines et stigmatiques du côté intérieur. Ovaire supérieur, obové-oblong, comprimé, glabre, i-loculaire, ï -sperme. Ovule globuleux, attaché à un cordon ombilical long, cylindrique, qui naît du fond de la loge, et se courbe en manière de crosse. Je n’ai pas vu le fruit.
Localités. Cette plante est commune dans les pâturages naturels de la province de Minas- GeraeSj et dans ceux du nord de la province de Saint-Paul. On la trouve principalement dans les terrains argileux. Elle fleurit depuis le mois de décembre jusqu’au mois de mars.
Etymologie . Le nom de Para todo (propre à tout) que Ton donne à cette plante indique, suivant les uns, l’idée que Ton a de l’universalité de ses vertus; et suivant les autres , la double faculté qu’elle a d’exciter au vomissement, et de procurer des déjections alvines. On appelle la meme plante Perpetua ^ parce que ses fleurs, très-scarieuses , se conservent aussi long-temps que celles de nos immortelles. On lui donne enfin le nom de Raiz do Padre Salerma ( racine de l’abbé Salerma ) , parce qu’un ecclésiastique , ainsi nommé , est celui qui le premier en a fait connaître les propriétés , ou qui les a préconisées le plus. Quant au nom spécifique à’officinahs , si M. Martius l’a choisi pour cette plante, ce n’est pas que jusqu ici on Fait vendue dans les pharmacies, mais c’est qu’elle a sans doute paru au savant bavarois digne de figurer auprès des médicamens les plus répandus dans le commerce.
Usages. Si Fon en croyait les cultivateurs de Fintérieur du Brésil, la racine de cette plante serait propre à guérir tous les maux. Ils 1 emploient particulièrement dans les fièvres intermittentes, les coliques, la diarrhée ; ils prétendent qu’elle est bonne contre la mor-
sure des serpens ; ils disent qu elle fortifie l’estomac , les intestins, etc. On ne saurait ajouter foi à tant de vertus différentes, réunies dans un seul végétal , et malheureusement l’analogie ne peut ici nous aider à découvrir la vérité; car, jusqu’à présent, comme font très-bien observé MM. de Gandole et Martius, aucune plante de la famille des A m aran th acées n’avait été signalée pour ses propriétés médicales. D’un autre côté cependant, la racine du Para todo est trop généralement vantée, pour qu’elle n’ait pas , dans certains cas , produit de bons effets : par conséquent , il est à désirer que quelque médecin instruit fasse des expériences systématiques sur la plante dont il s’agit, et qu’il cherche à démêler ce qu’il y a de vrai dans les récits merveilleux que l’on fait des guérisons qui sont attribuées à cette même plante (i).
EXPLICATION DES FIGURES
ï. Bractée de grandeur naturelle. — 2. Une des divisions du calice. Id. — 3. Tube anthérifère. Id. — Portion supérieure du tube anthérifère grossie , et étalée artificiellement pour montrer la manière dont les anthères sont attachées. — 5. Pistil grossi. — 6. Coupe verticale de l’ovaire grossi.
(1) Il faut se donner de garde de confondre le Gomphrena officinalis avec un arbre de la famille des Apocinées , qui est aussi connu dans la province de Minas sous le nom de Para todo , et que je ferai connaître à son tour dans cet ouvrage.
GOMPHRENA MACROCEPH AL A.
GOMPHRÉNA A GROSSE TÊTE.