‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 4 sur 56 · N° III · texte numérisé non relu

N° III

EYODIA FEBRÍFUGA.

ÉVODÏE FÉBRIFUGE.

FAMILLE DES RUTACÉES.

E. caule arboreo ; foliis ternatis ; foliolis lanceolato-ellipticis subacuminatis y panicula terminali } pubescente ; nectario simplici y ovario muricato ,

Noms vulgaires : Tres folhas vermelhas. — Larangeira do mato.

• — Quina.

Description. Arbre éleve, dont les ramuîes sont anguleux , rouges , un peu pubescens au sommet. Feuilles opposées ou presque opposées, sans stipules, pétiolées, glabres, trifoliées. Folioles courtement pétiolées, lancéolées-elliptiques , un peu acuminées, très-entieres , parsemées de points transparens , longues de 2 à 7 pouces , dont les deux laterales sont plus courtes que l’intermédiaire : quelquefois les deux feuilles les plus voisines de la panicule sont simples. Panicule terminale, pubescente , pédonculée, longue de 4 à 5 pouces , dont les rameaux sont accompagnés de bractéoles semiovales, concaves, ciliées, un peu scarieuses. Fleurs portées par des pédicelles bractéoîés. Calice petit, 5 — parti, un peu étalé, pubescent , à divisions semi-ovales , obtuses. Pétales au nombre de cinq, hypogynes, égaux, plus longs que le calice, linéaires-ovales , obtus , pubescens en dessous , parsemés de points transparens , un peu plus minces sur les bords. Étamines au nombre de cinq, alternes avec les pétales, hypogynes, glabres : anthères cordiformes ,2 — loculaires , s’ouvrant longitudinalement. Nectaire simple , cupuîiforme, à dix côtes, entourant l’ovaire et l’égalant en hauteur. Style très-court , glabre , un peu épais. Stigmate terminal, obtus. Ovaire orbiculaire, déprimé, plane au sommet, purpurin, chargé de pointes, divisé extérieurement en cinq lobes rapprochés et bifides, et intérieurement en cinq loges dispennes : ovules ovales N° IV.

comprimés, attachés à l’angle interne des loges et péritropes. Je n’ai pas vu le fruit.

Localités. Cet arbre croît dans les bois élevés de la province des Mines, et en particulier auprès à’ Jtabira-de-Mato- dentro.

Usages. L’écorce et même le bois de cette plante sont extrêmement amers et astringens, et on les substitue avec beaucoup de succès au quinquina du Pérou , surtout comme fébrifuges. L’efficacité de ce remède doit être d’autant moins révoquée en doute, que ses propriétés se retrouvent au même degré dans une plante de la même famille, le fameux Cusparé, (Galipea febrífuga N. Vulg. : Cortex angusturce) ; et ï Evodia febrifuga peut devenir pour les habitans de la partie orientale de la province des Mines , ce qu’est l écorce d angusture pour ceux des bords de 1 Orenoque. Je soupçonne que c est à l’ Evodia febrifuga qu’il faut rapporter une écorce très-vantée que quelques Mineurs apportent àRio-de-Janeiro, sous le nom de Casca de larangeira da terra , et dans laquelle le docteur Bernardino Antonio Gomezdit avoir trouvé de la cinchonine. (V . Mém. 3 Lisb. ni. p. 2 il. )

Observations botaniques. M. de Candole avait déjà pressenti la nécessité de rétablir le genre Evodia de Forster, et l’adoption de ce genre devient indispensable aujourd’hui que M. Kuntha prouvé l’identité générique des Zantoxjlum et du Fagara. Le genre Evodia sera caractérisé de la manière suivante : Calice 4—5 jide ou 4—5 parti. Pétales 4—5 , hjpogjnes, égaux, plus longs que le calice. Étamines en nombre égal à celui des pétales, alternes avec eux , hjpogjnes : anthères mobiles, biloculaires . Nectaire simple, cupuliforme ou quatre glandes hjpogjnes. Stjle unique, très-court. Stigmate terminal, obtus. ^ Ovaire 4—5 lobé ou 4—5 parti , à loges dispennes : ovules péritropes , attaches a l’angle interne des loges. 4—5 coques pour fruits . —Arbres ou arbrisseaux. Feuilles opposées, pétiolées , trifoliées, sans stipules. Fleurs en corjmbes axillaires ou en panicules terminales. Le genre Evodia fait partie de la tribu des Rutacées proprement dites.

EXPLICATION DES FIGURES

ï Fleur très-grossie. — 2. Pétale détaché : le bord plus mince et plus transparent est indiqué par un double contour. — 3. Fleur coupée longitudinalement, de maniéré a montrer l’insertion des parties et le nectaire à dix côtes recouvrant l’ovaire.

■Mi

SIMARUBA VERSICOLOR.

SIMARUBA BIGARRÉ.

famille des simaroubées.

S. foliis pinnatis ; foliolis oblongo-ellipticis 3 obtusissimis , retusis nervo medio pubescente ; panicula terminali 3 laxâ; floribus diceris j clecandris .

Nom vulgaire : Paraïba.

Description . Petit arbre rameux, haut de 5 à io pieds. Feuilles sans stipules, alternes, pétiolëes, pennëessans impaire, longues de 5 à 12 pouces, portées par un pétiole assez court, glabre et rougeâtre : folioles au nombre de huit à quatorze , alternes , pétiolées , longues d’un demi-pouce à trois, oblongues-elliptiques , très-obtuses, échangées au sommet, vertes et glabres en dessus, blanchâtres à la surface inférieure qui est quelquefois chargée de poils, pourvues d’une nervure moyenne rougeâtre et pubescente : ces folioles diminuent un peu de grandeur de la base au sommet ; et la dernière qui , le plus souvent avorte, est alors remplacée par une petite pointe. Panicule terminale , lâche, divisée en cinq à neuframeaux alternes, écartés, trèslongs, grêles, anguleux, un peu aplatis, glabres, rouges,, accompagnés à la base d’une feuille pennée semblable à celle de la tige, mais plus petite ; divisions secondaires de la panicule très-courtes , plus ou moins rameuses, le plus souvent solitaires, quelquefois au nombre de deux à trois, munies, ainsi que les divisions primaires supérieures, d’une bractée simple, spatulée, rétrécie en pétiole. Fleurs agglomérées, longues d’environ 3 lignes, portées par un pédicelle trèscourt, a peine pubescent, chargé à la base de très-petites bractées. Mâles. Calice très-petit, en forme de cupule, glabre, un peu épais, à cinq dents profondes et obtuses. Pétales au nombre de cinq , hypogynes, égaux entre eux, beaucoup plus longs que le calice, étalés,

lancéolés-oblongs , un peu larges à leur base , terminés par deux dents inégales, légèrement épais, glabres , d’un jaune vert avec le bord pourpre , se recouvrant par leurs bords avant la floraison. Étamines io, hypogynes, plus courtes que la corolle : filets glabres, subulés , chargés d une écaille un peu épaisse, spatnlee, tres-obtuse, ciliée au sommet : anthères elliptiques, 2 — loculaires, 2 fides à la base, attachées au dos immédiatement au-dessus de la fente , et s ouvrant longitudinalement du cote de la face. Gynophore cylindrique, plane au sommet, pubescent, à dix cotes. Ovaire entièrement avorté. Je n’ai pas vu les fleurs femelles.

Localités. Cette plante croît assez abondamment dans les pâturages de la province de Minas-Geraes , voisins du Rio-de-S .-Francisco ( Certaô ). Elle fleurit au mois d août.

Usages. Le S. versicolor a l’écorce et les. feuilles amères comme le Simaruba amara et toutes les especes de la meme famille, et il doit par conséquent participer à leurs propriétés. Les habitans du Certaô considèrent son écorce infusée dans del eau-de-vie comme un spécifique contre la morsure des serpens venimeux. Cequ il y a de certain, c’est qu’on l’ emploie avec le plus grand succès pour guérir la maladie pédiculaire des hommes et surtout celle des chevaux, qui est assez fréquente dans ces contrées. Un fait que je vais rapporter achèvera de prouver la réalité de cette propriété. J avais mis quatie échantillons du S. versicolor dans une caisse qui contenait un très-grand nombre de plantes de différentes familles; toutes ont été dévorées par un nombre prodigieux de larves de ptinus et les seuls échantillons du Simaruba sont restés intacts. Peut-être sera-t-on tenté d expliquer ce fait, en supposant que le principe amer est très-concentré dans notre plante et la partie féculente en petite quantité; mais comment se ferait-il alors quedes espèces d’une saveur beaucoup plus amère, telles que le Simaba floribunda et Y Evodia febrífuga qui croissent également dans la province de Minas , aient été rongées, tandis que les insectes ontépargné la plante dont il s’agit? Quoi qu’il en soit, il reste bien démontré que le JL versicolor est entièrement contraire à ces

animaux; du Certaô , on pourrait l’envoyer sur la côte et dans les pays de bois vierge où il ne croît point , et il remplacerait pour tout le Brésil les anti-vermineux les plus puissans. — On sait aussi que le Simaruba de Cayenne a été employé avec avantage comme vermifuge. Il est à croire, d'après ce qui précède , que notre plante aurait cette propriété à un degré plus éminent encore. Quelques habitans du Certaô m ont dit, il est vrai, qu’ils la considéraient comme un poison ; mais il est vraisemblable que si elle est dangereuse pour l’homme , ce n’est, comme la plupart des amers, qu’à une trop forte dose ou lorsqu’on en fait une fausse application. Il est évident au reste qu’un simple soupçon de ce genre doit engager à ne faire des essais qu’avec les précautions convenables.

Etymologie. Le nom spécifique que je donne à ma plante n’est autre chose que la traduction de son nom vulgaire Paraïba qui vient des deux mots indiens para diversité et iba arbre. On l’a appelée ainsi à cause du mélange de couleur produit à la fois par ses feuilles vertes en dessus et blanchâtres en dessous, et par le rouge des pétioles, des nervures et des rameaux de la panicule.

Observations botaniques. Le genre Simaruba est très-voisi n des genres Quassia el Simaba [Simaba et Aruba. Aubl. et Jus. ); cependant on peut les conserver tous les trois, à cause des différences très -sensibles du port aidées de quelques caractères importans tirés de la fructification. Ainsi le Quassia a des pétales rapprochés et conmvens et de longues étamines sortantes ; les Jleurs sont hermaphrodites dans le Simaba dont les feuilles se distinguent aussi de celles des Simaruba par leurs folioles opposées ; enfin ce dernier genre est bien caractérisé par des Jleurs umsexuelles dont les mâles ont un calice petit à cinq et rarement a quatre ou six divisions , cinq pétales hypogynes ouverts rarement quatre ou six , dix étamines incluses a jilamens chargés d’une écaille , et un gynophore central sans pistils. Je n’ai vu les fleurs femelles d’aucune espèce; mais je crois pouvoir conclure de la description qu’a donnée Aublel du Simaruba amara que le genr e, Simaruba offre, comme toutes les Simaroubées (Ex. : Quassia amara , Simaba Guyanensis Aubl. , Jloribunda, suaveolens , trichilio'ides , ferruginea Aug. de S. Hil. ) cinq styles bientôt souciés en un seul, cinq

stigmates, et enfin cinq ovaires uniloculaires et monospermes, où V ovule est suspendu dans l’angle interne, et qui sont placés sur un gjnopliore ( et non gjnobase ) en forme de colonne. Les Simaroubées sont intermédiaires entre tes Ochnacées et les Rutacées ; mais beaucoup plus voisines de cette dernière famille, elles ne paraissent même ne devoir en faire qu une simple tribu .

EXPLICATION DES FIGURES

ï Fleur grossie. — a. Étamine plus courte opposée au pétale. 3. Etamine plus longue alternant avec le pétale ( on n’a pas figuré l’anthère ). — 4- Sommet du pédoncule chargé d’une étamine , d’un pétale dont on a enlevé une partie , et du gynophore.

* Voyez mon Mémoire sur le Gynobase, destiné à faire partie de l 'Histoire des plantes les plus remar quables du Brésil et du Paraguay.

CEPHAELIS IPECACUANHA.

CEPHAELIS IPECACUANHA.

FAMILLE des rubiàcées,

C. caule simplici j SŒpiiis erecto y foins lanceolato-ovatis acutis , basi acuminatis j integerrimis , supra s cabriusculis j subtus subpubescentibus y capitulo terminali pedunculatOj solitaiio y pe~ dunculo pubescente y involucro l\-polyphyllo.

Cepliaelis Ipecacuanha. Ri ch. Hist , //?. p. 21 j t. 1. Kunth Nov. gen. in j p. 376. — Rœm. et Schult. Syst. \ j p. 210. — Mail .

JRew. ï, p- 364*

Ipecacuanha ofhcinalis, Arud. Disc. p. l\f\.

Cephaelis emetica. R ers. Syn. 1, p. 2o3 Çeæcl. syn. Lin. et

mu. )

Callicocca Ipecacuanha. Rrot. Act. Lin. Lond. ai., p • iSy Bern . Ant. Gom. Me ni. Ip. 27 ^tab. ï. — Mer. Dict.Med. xxai,

Ipecacuanha. Marc. Bras. 17. — Pis. Bras. 23i.

Noms vulgaires : Poaya j P .'aya do mato; Poaya cia botica", ( en France) Ipecacuanha,

Description. Une Souche horizontale de la grosseur d une plume de corbeau, produit des racines inférieurement, et des tiges a la partie supérieure. Racines longues de 2 à 6 pouces , greles a la hase, augmentant ensuite de grosseur, mais atteignant rarement celle d’une plume à écrire, marquées horizontalement d anneaux assez épais et irréguliers , blanches en dedans, d un giis noiiatie h l’extérieur. Tiges droites ou ascendantes, hautes clun demi pied a un pied et demi, simples, quelquefois un peu contournées, airondies à la base, obscurément tétragones au sommet, glabies inférieurement, pubescentes aux entrenceuds supérieurs. Feuilles au nombre de 4 à 1 2 , opposées , stipulées , poi tées pai un court

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