‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 46 sur 56 · FAMILLE DES MALVACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES MALVACÉES

TRIBU DES MALYÉES.

S. foliis superioribus subcordiformibus > acutis inœqualiter dentatis , utrinque tomentosis ; floribus parvulis , racemosis , glomeratis; coccis 5 j breviter i-ro strati s s dorso pubescentibus.

Nom vulgaire : Malvalistro.

Description. Racine émettant plusieurs tiges hautes d environ 4 ou 5 pieds, dressées, très -droites , cylindriques à leur base, presque tétragones à leur extrémité, tomenteuses. Feuilles inférieures, légèrement cordiformes à leur base, trilobées et pointues a leur sommet • les supérieures longues d’environ ï 1/2-2 pouces, larges de 1-1/2 pouce, graduellement plus petites vers l’extrémité des rameaux, légèrement cordiformes, aiguës, souvent inequilaterales \ toutes inégalement dentées en scie , tomenteuses des deux côtés , principalement sur la face inférieure, marquées de nervures et de veines proéminentes en dessous : pétiole long dans les feuilles supérieures de 3-5 lignes, cylindrique, tomenteux. Stipules petites, subulées , tomenteuses. Fleurs axillaires, disposées en grappes pédonculées et longues d’environ 1 pouce : ces grappes sont rarement solitaires, souvent elles se trouvent au nombre de 2 ou de 3 partant du meme point : bractées en forme d’ alêne, insérées au nombre de 3 , plus rarement de 2 , à la base des grappes des rameaux et des pédicelles , évidemment formées par les deux stipules et le rudiment du pétiole de la feuille avortée. Pédicelles uniflores , très - courts. Calice long tout au plus de 1 1/2 ligne, campanulé, tomenteux, divisé en 5 segmens pointus qui atteignent le tiers de sa longueur. Pétales plus longs que le calice, obovales , onguiculés, obtus 3-5- XLIX. ï

dentes ou acuminés, marqués de 7 nervures, très - glabres; onglets soudés avec le tube des étamines. Tube des Étamines conique à sa base, cylindrique et étroit dans le reste de sa longueur, très - glabre, divisé au-dessus du milieu en 20 filamens capillaires, les supérieurs saillans au-dessus de la corolle; anthères au nombre de 20, globuleuses, glabres. 5 Styles filiformes, très-glabres, réunis en un seul jusqu’au-dessous de la moitié de leur hauteur. Stigmates petits, en forme de tète. Ovaire petit, ovoïde, aigu au sommet, tomenteux, divisé en 5 loges monospermes. Capsule entourée du calice persistant, longue d’environ 1 1/2 ligne, large de 2 lignes, presque globuleuse, ovoïde, déprimée, aiguë, pubescente, à 5 lobes, divisée en cinq coques terminées par une pointe bifide.

Localités. Cette espèce est commune dans la province des Mmes.

Usages. On est dans l’usage, au Brésil , de tirer des fusées volantes pendant le jour à la porte des églises , lorsqu on y célèbre la fête de quelque saint; et à Rio de Janeiro , par exemple, il doit se faire une consommation très - considérable de ces pièces d artifice. L’usage dont il s’agit paraît bizarre, sans doute, mais il est vraisemblable qu’il s’est introduit à l’ époque delà découverte, lorsqu on n avait point encore de cloches. Quoi qu’il en soit, les tiges de la plante que nous venons de décrire sont employées, dans le pays où elle croît, à faire les bâtons des fusées volantes.

Observations botaniques. — §1. Caractères du genre Sida. — Caligê simple , quinquéfde. 5 Pétales alternes , obovales , ordinairement obliques et a cotés inégaux. Tube des étamines divisé a son sommet en filets nombreux, termines chacun par une anthère unique. Ovaire libre , dont les loges , au nombre de 5 ou plus , contiennent chacune un seul ovule pendant. Styles en nombre égal aux loges , soudés a leur base , terminés chacun par un stigmate en tête. Capsule entourée du calice persistant , se séparant en plusieurs coques monospermes qui s’ouvrent par leur sommet et le long de leur angle interne. Graine

en cœur, légèrement api atie sur ses faces latérales. Ombilic se confondant avec la chalaze dans F échancrure supérieure de la graine . Tégument double, l ex-* térieur testacé , V intérieur membraneux. Périsperme charnu ou comme mucilagineux, très-mince , revêtant la membrane interne , et se prolongeant entre les plis des cotylédons. Embryon recourbé sur lui-même, et dont la courbure répond au bas delà graine. Cotylédons pliés trois fois dans leur longueur, échancrés à leur base , l’un enveloppant l’autre. IUdicule à peu près égale en longueur, occupant la moitié interne de la graine, et dirigée vers son sommet.

§ IL Comparaison du genre Sida avec quelques genres voisins. Le genre Sida , tel qu’il avait été limité par Linné, et adopté depuis dans le Genera de M. de Jussieu, renfermait un nombre considérable d’espèces, présentant toutes un calice simple , 5-fide , des étamines réunies en tube , plusieurs styles , une capsule divisée en autant de loges et de lobes que le pistil présentait de styles , chacune des loges renfermant une ou plusieurs graines. M. Kunth, se fondant sur des caractères tirés des capsules et du nombre des graines, a divisé depuis ce genre en quatre, savoir : Sida , Goya, Bastardia et Abutilon. Le genre Sida se distingue principalement des trois autres par ses fruits non vésiculeux, divisés à l’époque de leur maturité en coques s’ouvrant par leur angle interne et renfermant une seule graine suspendue. Le genre Gaya se lie au Sida par ses coques monospermes renfermant une seule graine suspendue, mais if en diffère par ses fruits vésiculeux et surtout par un appendice particulier que l’on trouve dans chaque coque, et qui simule une troisième valve à demi avortée : cet organe part du bas de la loge , reste libre , et s’élevant dans la cavité , vient passer derrière le dos de la graine. Le genre Bastardia a de grands rapports avecl eSida, mais il s’en distingue par la dehiscence de ses loges qui est loculicide; chacune ne renferme qu’une seule graine, qui est tantôt suspendue comme dans les deux genres dont nous venons de parler, tantôt ascendante, h’ Abutilon est caractérise par les loges polyspermes de ses capsules ; il se rapproche du Bastardia par la déhiscence

de son fruit.

Nous avons adopté la division de M. Kunth, qui a l’avantage de couper un genre trop riche en espèces, sans contrarier les rapports naturels des plantes

qu’on y rapportait.

EXPLICATION DES FIGURES

i. Fleur entière. — 2. Coque.

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SIDA CARPINIFOLIA.

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