‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 48 sur 56 · FAMILLE DES EUPHORBIACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES EUPHORBIACÉES

A. foliis quinatisj ^-glandulosis j, foliolis petiolulatis , ovato -acuminatis 3 integerrimis j superne lucidis ; ramis summis floriferis , paniculatim dichotomis , paniculis hi sexualibus .

Ancla gomesii. Ad. de Juss. Euphorb. Gen. tah 12, n° 3^. — Spreng. Syst. Veget. III, p. 64.

Joannesia princeps. Bern. Gomes Ohserv. bot. med.de nonnullis Bras. pl. p. 5j tab. 1. in Mem. Acad. Lisb. III.

Nom vulgaire : Anclàacii ; Andà ( dans la langue primitive des Brasiliens ).

Description. Arbre d’une taille élevëe , dont la tige se ramifie assez près de terre, et dont les diverses parties sont remplies d’un suc laiteux. Rameaux nombreux, les uns réfléchis, les autres étalés, la plupart redressés , d’une couleur cendrée; les jeunes pousses couvertes d’une poussière roussâtre, tomenteuse. Feuilles persistantes , alternes, dépourvues de stipules, portées sur de longs pétioles, d’abord couverts d’une poussière roussâtre, glabres plus tard. La longueur de ces pétioles, qui va en diminuant graduellement du bas au sommet des rameaux, est de 3 pouces environ : ils portent articulés à leur extrémité 5 pétioles partiels beaucoup plus courts , dont chacun soutient une foliole longue de 2, 3,4 pouces ou meme davantage, ovale-acuminée, très-entière, luisante en dessus, plus terne sur la face inférieure où la nervure médiane fait saillie. Le pétiole commun, au point où il se ramifie , porte 2 petites glandes amincies à leur base et creusées en godet à leur sommet. Les feuilles inférieures L1V. — LV. ï

sont souvent simplement ternées. Fleurs longues de 4-5 pouces , couvertes en dehors d’une poussière roussâtre, disposées àl’extrémiié des rameaux en une sorte de panicule par une dichotomie assez régulière et plusieurs fois répétée : à la hase de chaque ramification 2 glandes , et sous les dernières une bractée lancéolée dans l’intervalle de ces glandes. La panicule porte des fleurs femelles mêlées aux mâles ; les premières situées ordinairement, à ce qu’il paraît, dans ia fourche des dichotomies et presque sessiles , les secondes soutenues par un pédicelle aminci et court. Calice campanulé, à 5 dents, couvert extérieurement d’un duvet court et jaunâtre, comme pulvérulent. Pétales au nombre de cinq, alternant avec les dents du calice , deux ou trois fois plus longs que lui , revêtus à l’extérieur d’un duvet semblable, presque lancéolés dans les fleurs mâles, plus arrondis dans les femelles : préfloraison tordue. Cinq glandes ou squamuleshypogy niques alternant avec les insertions des pétales ,très-courtes, également velues. Fleurs males. Etamines au nombre de 8, un peu plus courtes que les pétales : filets soudés à leur hase en une colonne légèrement hispide , libres supérieurement , 5 extérieurs, 3 centraux plus alongés : anthères attachées au sommet des filets par leur dos un peu au-dessus de leur base, sagittées, aplaties, biloculaires, s’ouvrant sur leurs deux côtés par deux fentes longitudinales, se tordant après l’émission du pollen (qui consiste en grains globuleux et glabres), et se renversant de manière à paraître pendantes et extrorses; celles des trois étamines centrales plutôt que les autres. Entre ces trois dernières étamines , un petit corps plus court qu elles , aminci et hispide à son sommet , qui paraît un rudiment de pistil. Fleurs femelles. Deux Styles, nuis dans le bouton , puis soudés en un seul, libres enfin , pubescens à l’extérieur, glabres et canaliculés du côté interne, terminés chacun par un stigmate en crête multilobée et noirâtre : ce double stigmate paraissait sessile, simple et en forme d opercule dans le bouton. Ovaire

libre, ovoide ou conoíde ? tomenteux , blanchâtre, à deux loges entourées de tégumens épais, et renfermant chacune un ovule unique, suspendu à l’angle interne , auquel il est souvent comme adné, et surmonté d’une caroncule en forme de coifie. b huit long de 2 à

3 pouces , présentant la forme d'un sphéroïde légèrement effilé à son sommet, et relevé de quatre angles mousses, longitudinaux, disposés en croix, parsemé d’un duvet pulvérulent. Enveloppe extérieure charnue, se séparant régulièrement à la maturité en quatre valves, de la base au sommet et suivant l\ fentes qui répondent aux

4 angles. Sous cette enveloppe l’endocarpe offre un noyau ligneux, épais , de même forme à peu près , percé de chaque côté vers le haut de deux des angles opposés de 2 ouvertures réunies par une fente et par lesquelles pénètrent des faisceaux vasculaires. Deux loges intérieurement séparées par une cloison formée de 2 lames distinctes , incomplète et perforée à son milieu. Dans chaque loge une graine transversalement ovoïde. Tégument de la graine testacé , cassant, revêtu extérieurement d’une couche charnue blanchâtre, intérieurement d’une tunique assez épaisse, blanche et luisante. Périsperme charnu moulé sur la cavité du test. Emrryon occupant le centre du périsperme, à peu près aussi long que lui ; à cotylédons minces, foliacés échancrés supérieurement, transversalement ovales, parcourus par plusieurs nervures longitudinales, à radicule conique, supérieure, répondant à une petite pointe qui existait vers le haut de la graine à sa surface.

Localités. Cet arbre croît dans les terrains sablonneux, non loin de la mer. Les échantillons que nous possédons ont été recueillis près de Rio de Janeiro. Il fleurit en Juillet et Août.

Usages. On sait que les plantes de la famille des Euphorbiacées , à laquelle appartient Y Anda, possèdent généralement des propriétés

purgatives plus ou moins énergiques, que ces propriétés sont réparties à des degrés inégaux dans les diverses parties du végétal, et semblent le plus ordinairement concentrées dans l’embryon. Elles se retrouvent dans Y Anda gomesii ; et cette propriété, dont les Brésiliens tirent parti, parait avoir été connue d’eux de temps immémorial. Nous la voyons, en effet, constatée par les auteurs qui se sont les pieimers occupes du Brésil sous le rapport de la médecine et de l’histoire naturelle.

La graine de l’Anda, dit Pison , a le goût de la noisette; mais elle en difîere totalement par ses vertus. En effet, une ou deux de ces gi aines, mangees crues, déterminent la purgation, et quelquefois aussi des vomissemens. Les grands et les pontifes du Brésil employaient autrefois ce purgatif salutaire de preference à tout autre, bon action est énergique : aussi ne peut-on 1 administrer avec sécurité à un malade affaibli, qu’après que la main du médecin l’a corrigé et réduit a la forme d’électuaire ou de tablettes. Prenez deux ou trois de ces amandes , broyez-les, faites-les cuire avec du sucre, ajoutez-y quelque peu d ariis et de caneîle, et vous obtiendrez ainsi un médicament qui, aura le double avantage d’être administré sans danger et sans dégoût aux enfans et à tous ceux qui ont horreur des purgatifs. Le même auteur ajoute que l’écorce broyée de cet arbre, jetée dans une rivière, en fait périr les poissons.

Marcgraff confirme ce rapport. Il paraît seuîementattribuer àl'action des graines moins d’intensité.

Plus récemment M. Bern. Anton. Gomes, auquel on doit des observations sur quelques plantes du Brésil, publiées dans les mémoires de 1 Académie de Lisbonne (i8o3), et également intéressantes pour la botanique et la médecine, a fait des expériences nouvelles sur les propriétés médicales de l’Anda. Nous donnons ici la traduction littérale de cette partie de son mémoire fort peu connu en B rance : J ai eu deux fois l’occasion d’employer ce médicament, et

chaque fois je l’ai vu agir modérément, sans causer de douleurs d’entrailles ou autres. Je ne dois pas cependant dissimuler ici qu’un jeune homme a éprouvé de ces douleurs après avoir mangé deux ou trois de ces graines fraîchement cueillies. On ne peut en conclure autre chose, sinon quelles doivent être administrées parfaitement mûres, séchées et bien broyées, si l’on veut éviter Jtout inconvénient. Avec ces précautions, j’ai la certitude que ce sera constamment un remède sûr et agréable. En eiFet, sa saveur de noisette ne peut inspirer de dégoût; l’huile et le mucilage qui remplissent l’amande, font qu’avec le sucre on en fait facilement une émulsion. On peut, suivant le conseil de Marcgraff et de Pison , y ajouter quelque aromate, pour flatter encore plus le goût. Ces graines restent fort long-temps sans se gâter : j’en conserve depuis deux années, auxquelles je ne découvre encore aucune rancidité. La dose est de deux ou trois graines .

M. Gomes ajoute quelques détails sur d’autres usages de ces graines, étrangers à la médecine. Pison rapporte, dit-il, que les Portugais, ainsi que les indigènes, avaient coutume d’en exprimer une huile dont ils se servaient pour l’éclairage. L’importation de l’huile d’olive et de celle de baleine, ainsi que la culture d’autres graines oléagineuses, a fait aujourd’hui abandonner celle de l’Anda. On a tort ; car il est des usages auxquels elle pourrait être employée avec plus d’avantage que les autres. L’huile qu’on en exprime ou qu’on en obtient par la coction ( et par ce dernier moyen les amandes m’en ont fourni 1/7) est siccative et excellente pour la peinture; préférable à celle de noix en ce qu’elle se sèche plus rapidement et ne salit pas les couleurs blanches. D’ailleurs, le noyer ne se trouve pas et n’est pas cultivé au Brésil, et l’huile employée en peinture est toute d’importation. Ce bel arbre , qui se plaît sur des sables près de la mer, où croissent peu d’autres végétaux , aurait ainsi l’avantage de donner de la valeur et de l’ombrage à des terrains qui sont dépourvus de l’une et de l’autre.

Observations botaniques. — §1. Caractères génériques. — Fleurs monoïques. Calice campanulé à cinq dents. Cinq pétales alternant avec autant de glandes. Fleurs males. Étamines, au nombre de huit, dont trois centrales plus longues : filets soudés inférieurement entre eux: anthères incombantes. Fleurs femelles. Style court, biparti. Deux stigmates multilobés. Fruit charnu : endocarpe épais et lioneux , dont les deux coques sont soudées en un noyau, relevé extérieurement d’angles qui sont percés vers le haut d’ouvertures vasculaires , creusé à l’intérieur de deux loges monospermes. Tégument de la graine testacé. Embryon d radicule supère, a cotylédons foliacés , entouré d’un périsperme charnu.

§ ÏI. Sur les affinités et la structure du genre Anda. M. de Jussieu, dans son Genera plantarum, en rapprochant ce genre, alors à peine connu, de l’ Aleurites, a signalé ses vrais rapports, dont une connaissance plus complète de ses caractères a confirmé l’intimité, telle qu’on ne pourra jamais les éloigner l’un de l’autre. Il en a d’également marqués avec VÉlæococca ( Dryandra Thunb.), dont il présente la préfloraison , et (avec une petite différence dans les nombres ) le tube staminifère.

Il Aleurites en est bien distinct par son calice bi ou trifide, ses étamines plus nombreuses et disposées un peu autrement, ses stigmates bifides, son ovaire caché sous une enveloppe indépendante , son fruit séparable à la maturité en deux coques bivalves. Ces dernières différences, qui sont les plus caractéristiques, sont au moins atténuées par une comparaison attentive. Ainsi, dans la coupe verticale de l’ovaire de 1 Anda, on voit une couche extérieure, analogue à la tunique qui enveloppe celui de l’Aleurites, mais qui seulement ici lu°i est légèrement adhérente. Dans le noyau unique de son fruit, on reconnaît aussi aisément deux coques soudées entre elles; cette soudure même n’est pas continue, puisqu’on la voit interrompue dans une certaine longueur vers le haut du noyau : les lames, qui formaient la paroi interne de la coque, sont restées distinctes, et l’hiatus que cette double cloison présente a son milieu , et qui correspond au sommet des graines, représente évidemment l’ouverture existant constamment vers le haut de l’angle interne de la coque des Euphorbiacées, destinée au passage des vaisseaux spermatiques.

M. Bern. Gomes décrit et représente un embryon à radicule irdère (Radicula m basi albuminis recondita). Dans le petit nombre de fruits que nous avons pu ouvrir, nous avons vu la petite pointe située sur la surface de la

graine et qui répond à îa radicule, tournée en haut et en dedans de la loge. L’attache de l’ovule indique, d’ailleurs, que ce doit être là sa direction; et elle est presque sans aucune exception telle dans cette famille.

Nous avons cru devoir donner à cette plante un nom spéciiique qui iappelât celui de l’auteur auquel on en devait la première description complète. Nous ne terminerons pas cet article sans faire remarquer, avec M. Gomes, que le rameau dont la figure est annexée dans 1 ouvrage de Marcgraff à 1 histoire de X Anda appartient à un tout autre végétal.

EXPLICATION DES FIGURES

PI. LTV. — Rameau de grandeur naturelle.

p| LV. Détails analytiques. — 1. Bouton d’une fleur mâle. — 2. Bouton d’une fleur

femelle. 3. Disposition des pétales dans le bouton. — 4- Fleur mâle épanouie. — 5. Éta-

mines , avec les glandes situés à leur base , et celle du calice et de la corolle dont on a enleve la moitié. — 6. Pollen vu dans l’eau. — 7. Fleur femelle , dont les pétales ont été enlevés.

3. Un de ces pétales isolés. — g. Ovaire, tel qu’il est dans le bouton. — 10. Ovaire dont

les parois ontété coupées verticalement, de manière à montrer ses deux loges avec leur ovule, et à ménager les glands liypogyniques : il est accompagné du calice, dont une moitié a été

enlevée. n. Fruit sec , dont le sarcocarpe, fendu en quatre valves, laisse aperce\oii

l’endocarpe. — 12. Noyau formé par l’endocarpe. — i3. Le même, dont on a enlevé une certaine partie des parois, pour montrer son intérieur, les loges et une graine. i4- Graine isolée. — 15. La même , coupée verticalement, de manière à montrer son test revêtu d’une couche charnue, sa tunique interne, le péris penne et l’embryon.

URENA LOBATA.

URENA A FEUILLES LOBÉES.

FAMILLE DES MAL V ACÉES j TRIBU DES MALVÉES.

TJ. foliis 1-3 glandulosis y junioribus scepe sub ovati s ; cceteris 3-5angulatis vel 3-5- lobis ; omnibus superne scabris, subtus tomentoso - incanis , serratis.

Ürena lobata, Cav. Diss. 6, p. 336, Tab. i85, F. ï.

Noms vulgaires : Malvalisco, Guaxima.

Description. Tiges hantes de 3 à 6 pieds, droites cylindriques , glabres à la hase, pubescentes dans le reste de leur longueur. Feuilles souvent inéquilatérales , munies de 3 à 7 nervures saillantes en dessous, couvertes d’aspérités sur leur face supérieure, tomenteuses et blanchâtres sur l’inférieure, dentées en scie, pourvues à leur base de ï à 3 glandes j les inférieures sont longues d’environ 21/2 pouces, larges d’autant, cordées à leur base, divisées plus ou moins profondément en trois ou cinq lobes aigus ou plus rarement obtus, presque égaux entre eux ou inégaux , les latéraux plus courts , séparés par des sinus aigus ou arrondis ; les supérieures sont graduellement plus petites, cunéiformes ou arrondies à leur base, presque entières ou divisées en trois lobes peu profonds : les pétioles sont pubescens, à peu près cylindriques, ceux des feuilles inférieures sont longs d’environ 1 1/2 pouce, ceux des supérieures sont beaucoup plus courts. Stipules longues de 2 à 3 lignes, linéaires, hispi— des en dessus, glabres en dessous. Fleurs solitaires ou réunies au nombre de 2 à 4 aux aisselles des feuilles 5 leurs pédoncules sont longs de 2 à 3 lignes, pubescens. Calice extérieur long d’environ 3 lignes, LVI. ï

campanule, parsemé de poils réunis en faisceaux, fendu jusqu’audessous du milieu en cinq segmens étroits, triangulaires, aigus : l’intérieur est cupuliforme, blanchâtre, membraneux, profondément divisé en cinq segmens, doublé à la base d’une couche veloutée , divisée en cinq lobes triangulaires opposés aux segmens ; ceux-ci sont linéaires , aigus , plus épais et caniculés dans leur milieu, bordés d’un duvet laineux. Pétales longs deôàglignes, rétrécis en onglet à leur base, obtus, inéquilatéraux, légèrement pubescens sur une partie de leur face externe, d’un rose pourpre. Tube des étamines un peu plus court que les pétales, parsemé de petits poils glanduleux, entier au sommet, chargé depuis le tiers ou le quart de sa partie supérieure jusqu’à son sommet d’anthères presque sessiles, assez peu nombreuses, éloignées les unes des autres, glabres. Style glabre, divisé au sommet en io segmens très-courts, terminés chacun par un stigmate hispide. Ovaire pubescent. Capsule légèrement comprimée, pubescente ; chaque coque est longue de 3 lignes. Graine longue d’environ 2 lignes, trigone, à peu près en forme de virgule, pubescente.

Localités. Cette espèce est très-commune dans les champs cultivés auprès de Rio de Janeiro et de Gambaniba . Elle a ete recueillie en fleurs au mois de Mars.

Usages. La décoction des racines et des tiges de cette plante est administrée à l’intérieur dans les coliques venteuses ; les fleurs sont employées comme expectorant dans les toux sèches et invétérées. L’écorce de F TJrena lobata est encore utile aux Brasiliens sous le rapport des arts; ils en fabriquent des cordes dont ils se servent surtout pour tendre les hamacs. Aruda (1) signale les mêmes propriétés dans une espèce d’ Urena qui croît dans la province de Pernambuco , et qui, bien quelle soit indiquée dans son ouvrage sous le nom de sinuata ^ paraît être la même que celle qui se trouve en

(1) Voyez l’appendice du Voyage d’ Henri Koster , tome II , p.

abondance aux environs de Pvio de Janeiro. L’écorce de Y Urena se sépare facilement de la tige, on la fait macérer pendant une quinzaine de jours dans de l’eau claire; cette opération la rend assez blanche et propre à être employée. Nous rappellerons à cette occasion que les libres corticales de plusieurs autres Malvacées possèdent la même propriété et servent aux mêmes usages.

Observations botaniques. — § I. Caractères du genre Urena. Calice double y l’un et l’autre persistans et divisés en 5 lobes plus ou moins profonds et alternes. Pétales au nombre de cinq , alternes avec les lobes du calice intérieur, obliques, inéquilatéraux. Tube des étamines plus court que les pétales, en forme de colonne, nu dans sa partie inférieure , portant audessous de son sommet un petit nombre d’ anthères presque sessiles. Ovaire tuberculeux , a 5 lobes , à 5 loges renfermant un seul ovule attaché a la base de l’angle interne et ascendant. Style naissant du sommet des lobes de l ovaire , divisé à son extrémité en îo segmens très - courts , terminés chacun par un stigmate en tête et hispide. Capsule hérissée de pointes roides et terminées par des poils disposés en étoile , composée de 5 coques alternant avec les lobes du calice intérieur, verticillées , se séparant les unes des autres , indéhiscentes. Graine convexe sur le dos , plane latéralement , obtuse au sommet , plus aiguë a la base , et légèrement échancrée au-dessus d elle antérieurement. Funicule partant du bas de la loge, s insérant à l échancrure de la graine. Ombilic se confondant avec la Chalaze. Tégument, Périsperme, Embryon semblable a celui du genre Pavonia.

§ II. Sur les espèces de ce genre. — Linné en décrivait trois dans la première édition de son Species ; depuis cette époque, leur nombre s est progressivement augmenté, et il se trouve porté à vingt-un dans le Prodomus de M. de Candolle. Il est probable que ce nombre pourrait être considérablement réduit par l’examen sévère d’un monographe qui aurait a sa disposition des matériaux plus complets, et la possibilité de les comparer aux types des difîérens herbiers. En effet , les différences par lesquelles on les a distinguées portent sur la figure des feuilles lobées ou non lobées , sur la profondeur des lobes, leur terminaison aiguë ou obtuse, l’angle ou la courbe des sinus qui les séparent, ainsi que sur 1 existence d une seule ou de trois glandes vers la base de leurs nervures moyennes. Or, dans les Urena,

nous voyons sur un même rameau des feuilles munies d’une double ou triple glande , et d’autres munies d’une glande unique; nous voyons ces feuilles entières, anguleuses, lobées, à lobes plus ou moins profonds, pointus ou mousses, séparés par des sinus aigus ou arrondis; nous pouvons suivre toutes ces variations sur une branche assez courte, de manière que le nom d 'helerophjlla , donné déjà à deux espèces (par Smith et L.-C. Richard), conviendrait également à presque toutes les autres, et que, considérées relativement à ces caractères, elles échappent à toute définition et distinction rigoureuse. L’espèce brasilienne que nous avions àrdéterminer et à décrire en offrait un exemple : à certains rameaux pouvait s’appliquer la description de YUrena Swnrtzü, telle quelle est donnée par Swartz lui-même : d’autres recueillis avec les précédons appartenaient évidemment à VU. lobaia de Cavanilles, que ce botaniste indique comme ayant été observée au Brésil, et que nous n’osons séparer de l’espèce du même nom de Linné, figurée par Dillen (Hort. Elth. 419), malgré l’autorité de M. de Candole, qui la distingue sous le nom d 'U. scabriuscula : enfin quelques autres rameaux recueillis par Commerson aux environs de Rio de Janeiro, et appartenant évidemment toujours à la même espèce, offrent cependant une ressemblance marquée avec VU . tricuspis. Nous avons dû lui conserver le nom de lobata, celui de l’espèce la plus anciennement établie, dont les formes variées ont probablement servi de types à plusieurs autres décrites postérieurement. On en indique encore au Brésil deux qui ont aussi avec la nôtre une grande affinité, savoir: l’Z7. viminea Cav. , et, d’après sa phrase spécifique , VU. subtriloba Schrank.

EXPLICATION DES FIGURES

1. Rameau de grandeur naturelle. — 2 et 3. Feuilles différant légèrement par leur forme de celles que l’on a montrées dans le rameau précédent. — 4* C<dice intérieur vu isolément. — 5. Tube des étamines. — 6. Grain de pollen. — 7. Pistil avec le calice intérieur, qui a été renversé pour montrer sa face interne. — 8. Ovaire , dont deux loges ont été enlevées et une autre coupée longitudinalement pour faire voir l’insertion de l’ovule. — g. Fruit, dont deux coques ont été enlevées de manière à montrer l’axe central. — 10. Coque coupée transversalement pour montrer la graine et sa situation.

COCHLOSPERMUM INSIGNE.

COCHLOSPERMUM REMARQUABLE.

FAMILLE DES TERNSTROEM1ACÉES .

c. foliis coriaceis , 5-lobatis ^ lobis conduplicatis „ grosse argu-

teque serratis j dultis glabriusculis.

Maximilianea regia. Mart. et Schrank in Regensb. Bot. Zeit. 1819, p. 452.

Wittelsbachia insignis. Mart. et Zucc. Nov. Gen. et Spec. 1 , p . 8 1 j tab. 55.

Nom vulgaire : Bu tua do curyo.

Description. Arbrisseau de 2 à 6 pieds, dont les fleurs et les fruits naissent le plus souvent avant les feuilles. Tige droite, ordinairement simple, quelquefois rameuse dès la base, ligneuse, marquée de cicatrices qui indiquent la place d’anciens rameaux , recouverte d’une écorce brune et ridée. Rameaux cylindriques , glabres , légèrement pubescens à leur sommet. Feuilles cordiformes, palmatilobées; les lobes sont au nombre de cinq, ovales-acuminés , inégalement dentés en scie , pliés longitudinalement sur euxmèmes, marqués d’une nervure médiane et de plusieurs autres latérales plus petites , toutes proéminentes en dessous ; le lobe du milieu est un peu plus long que les autres, les deux inférieurs sont les plus petits et recourbés en arrière ; les feuilles inférieures sont longues d’environ 4 pouces et larges à peu près d autant , presque entièrement glabres, d’une couleur plus foncée et melée de rouge en dessus , portées sur un petiole long de 3 à 4 pouces; les supérieures deviennent graduellement plus petites et sont pubescentes en dessous ; enfin celles qui sont à l’extrémité des ra- LVII. ï

îneaux ont tout au plus ï pouce de diamètre, ne présentent souvent que 3 lobes et sont quelquefois pubescentes des deux côtés : les pétioles sont à peu près cylindriques, marqués en dessus de ï à 3 sillons longitudinaux, épaissis et articulés à leur base, légèrement pubescens. Stipules linéaires, en forme d’alêne , longues d’environ 3 lignes, caduques. Fleurs disposées au sommet des rameaux en panicules terminales , dont les divisions inférieures partent de 1 aisselle des jeunes feuilles et les supérieures sont munies de petites bractées caduques : les pédoncules longs de 6 à i5 lignes, s’alongent et deviennent plus épais après la fécondation , sont légèrement pubescens , articulés et munis à leur base de deux petites bractées semblables aux stipules et très- caduques. Calice divisé jusqu’à la base en 5 folioles disposées sur deux rangs ; deux extérieures plus petites, longues de 4^8 lignes , larges de 3 lignes, lancéolées ou ovales; trois intérieures oblongues, longues de 8 à io lignes, larges de 6 à 7 lignes, concaves, inéquilatéraîes et légèrement échancrées au sommet; toutes sont pubescentes à l’extérieur, glabres intérieurement , jaunâtres et colorées de rouge et de vert. Pétales longs d un et demi à deux pouces , larges d’environ un pouce , ob ovales et échancrés à leur sommet , à côtés un peu inégaux, très-minces, concaves, glabres, jaunes et marqués d’un grand nombre de petites lignes courtes et rouges. Étamines jaunes, glabres, atteignant environ la moitié de la longueur des pétales ; les liiets sont filiformes; les anthères attachées à leur base , légèrement courbées , longues d’environ deux lignes, linéaires, 4-gones, 4~loculaires, s’ouvrant au sommet par un seul pore. Ovaire obovoïde, velu, long d environ 2 lignes, i-loculaire, multiovulé, présentant intérieurement 3 ou 4 cloisons imparfaites , légèrement soudées entre elles à leur base, libres dans le reste de leur longueur. Style filiforme, dépassant les étamines , glabre , jaune , tronqué et recourbé en forme de hameçon au sommet. Ovules très-nombreux, enforme de virgule, attachés sur plusieurs rangs de droite et de gauche des

cloisons imparfaites de l’ovaire à des placentas lamelliformes un peu épaissis au sommet. Le fruit est une capsule longue d’environ 2 pouces , ovoïde, aiguë , présentant à son sommet les restes du style , entourée à la base par le calice, le reste des pétales et les étamines persistans, pubescente, s’ouvrant en 3 ou 4 valves qui portent dans leur milieu les cloisons , à l’époque de la maturité de la capsule, l’endocarpe se détache en 3 ou 4 lames qui s’étendent d’une cloison à l’autre et qui simulent 3 ou 4 valves internes , alternes avec les extérieures, lancéolées, un peu ridées, de consistance crustacée. Graines comprimées, réniformes, couvertes de poils longs et soyeux, revêtues d’un arille mince, brun sur le bord externe, jaune à l’intérieur.

Localités. Cette plante est commune dans les champs du Certaô , auprès de Paracathj Riachara 3 Formigas , etc. ; on la trouve aussi dans les petits bois nommés vulgairement C attingas ^ auprès du poste militaire dit Quartel de Texeira , dans le district de Minas Novas. Elle fleurit depuis le mois de Mai jusqu’au mois de Septembre.

Usages. Les habitans de Paracatu font usage de la décoction des racines de cette plante contre les douleurs internes, principalement contre celles qui sont le résultat de chutes ou autres accidens : on assure que cette décoction guérit les abcès déjà formés.

Observations botaniques. — § I. Caractères du genre Coclilospermum. — Calice persistant , dépourvu de bractées , a 5 folioles imbricjuées , dont 2 extérieures plus petites. 5 Pétales alternes avec les folioles du calice , égaux entre eux , persistans , a côtés inégaux. Étamines en nombre indéfini, insérées sur le réceptacle j fdets libres , filiformes ; anthères attachées par la base, quadriloculaires , s’ouvrant par un seul pore terminal. Pistil libre. Style courbé au sommet , terminé par un stigmate simple. Ovaire undoculaire , présentant trois a cinq cloisons imparfaites qui portent sur leurs deux côtés un grand nombre d’ovules. Capsule s’ouvrant en trois ou cinq valves qui portent les cloisons dans leur milieu. Graines réniformes ou contournées sur elles-mêmes , entou-

rées d’un avilie et d’un duvet laineux long et épais. Tégument crustacé. Périsberme charnu. Embryon suivant la direction de la graine. Radicule tournée vers l’extrémité la plus pointue de la graine. Cotylédons entiers.

§ II. Affinités spécifiques . Le C. insigne a des rapports très-marqués avec le C. hibiscoides Kunth; il se distingue de cette espèce par ses feuilles beaucoup plus petites, plus épaisses, presque glabres en dessous, à segmens condupliqués et pourvus sur leur bord de dents inégales et beaucoup plus prononcées. Les C. insigne et hibiscoides ont aussi la plus grande ressemblance avec une espèce recueillie par M. Bertero dans les bois de Sainte- Marthe, auprès du village appelé Mamatoco, et rapportée avec doute par M. Choisy au Mahurea (ÆT. Speciosa Chois, in DC. Prodr. I, p. 558). M. Aug. de Saint-Hilaire, qui a observé cette dernière dans l’herbier de M. de Candolle, pense qu’elle peut à peine être distinguée spécifiquement de la plante brasilienne.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Anthère. — 2. La même, coupée transversalement, de manière à montrer ses quatre l0ges. 3. Pistil. — 4- Ovaire coupé transversalement pour montrer ses cloisons impar-

faites, portant sur leurs côtés plusieurs rangées d’ovules.

KIELMEYERA SPECIOSA.

KIELMEYERA A BELLES FLEURS.

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