‹ PlatonChapitre 103 sur 286 · PLAT., Theæt., 1832<. — V, plus haut, p · texte numérisé non relu

PLAT., Theæt., 1832<. — V, plus haut, p

2. Il est vrai que Platon dit, dans le Timée (38°), que le temps a commencé avec l'organisation du cosmos. Mais il s'agit, dans ce passage, d’un aspect de l'acte en vertu duquel le monde s'est formé, c'est-à-dire d'une partie du devenir qui échappe totalement à notre expérience, voire même à notre pensée. Or, dans les cas de ce genre, Platon traduit en langue humaine ce qui est de soi-même intraduisible : il a recours au mythe, suivant la règle indiquée plus haut (p. 52-55). Les paroles du Timée que l'on vient de citer, ne peuvent pas plus se prendre à la lettre que l’histoire de la « marmite » où le Démiurge forma l’âme du monde. Ainsi l'entendaient d'ailleurs Speusippe, Xénocrate et Crantor (V. plus loin, p. 145, 352-353).

3. PLAT., Phæd., 1065 : ὁ δέ γε θεός, οἶμαι, ἔφη ὃ Σωχράτης, καὶ αὐτὸ τὸ τῆς ζωῆς εἶδος, χαὶ εἴ τι ἄλλο ἀθάνατόν ἐστι, παρὰ πάντων ὁμολογηθείη μηδέποτε ἀπόλλυσθαι; — Phædr., 2455: ἀρχὴ ὃὲ ἀγένητον ; — Phileb., 808: --- Lois, X, 894»-896°.

4. Id., Phædr., 245° : μόνον δὴ τὸ αὑτὸ χινοῦν, ἅτε οὐχ ἀπολεῖπον ἑαυτό, où ποτε λήγει χινούμενον

5. Id., Phileb., 805:6: — Lois, X, 896° : ψυχὴ... γενομένη γε ἀρχὴ χινήσεως.

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ment « mesuré » est, au regard de Platon, une sorte de fait métaphysique qu'il faut mettre à la base de toute philosophie : la question, d’après lui, n’est pas de le discuter, mais de l’interpréter; et s’il tient l’âme pour exempte de naissance et de mort, c’est précisément parce que ce fait ne lui paraît plus explicable dès qu’on vient à la concevoir autrement !.

De quelque côté que l’on envisage le monde, que l’on considère son modèle divin, sa matière, son âme ou son perpétuel écoulement, c’est toujours l'éternité qui se met en vue cet s'affirme comme l’un de ses traits essentiels : elle lui vient de l'éternité même de ses principes ?.

Comment cette durée infinie est-elle possible dans un système dont toutes les parties deviennent et dont la plupart sont soumises à la loi de la naissance et de la mort? cest son organisation elle-même qui l'assure : il en porte dans sa nature mobile la cause immédiate. Le monde est « solitaire »; 1] n y ἃ donc rien en dehors de lui,

{. PLAT., Phæd., 724; — phæxdr., 245c+, Que l'on médite ces deux passages ; et l’on verra qu'il s’agit, dans l’un et l’autre, d'expliquer l’éternité du mouvement réel, c’est-à-dire eurythmique, par l'éternité de l’âme.

2. Telle est l'opinion que nous inspire une lecture attentive el continue de Platon. Mais les avis n’en sont pas moins partagés sur ce point; et il est bon de les indiquer. D'après Aristote (Phys., Θ, 1, 251°, 14-19; De Cæl., A, 10, 280%, 28-32 ; Ibid., T, 2, 800», 16-18; Met., À, 6, 1071», 31-37), qui ne manque aucune occasion d'élever une chicane à l'endroit de son maître, Platon aurait cru à un commencement du monde. Et c’est de cette manière qu'ont pensé la plupart des disciples du Stagirite, y compris Théophraste (Frag. 28, éd. Wimmer, Paris, 1846). Au contraire, Speusippe, Xénocrate, Crantor ont enseigné, en croyant se conformer à la doctrine de Platon, que le monde est éternel (ArisT., De Cœl., À, 10, 279». 32 et sqq.; Plut., An. procr., 8, 1018. Sch. in Arist., 488v, 15-22, 489*, 6-9). Ainsi de la plupart des Platoniciens pythagorisants et des néo-platoniciens. De nos jours, A. FouiLLée (La phil. de Plat.; 1, p. 542 et sqq., Paris, 1869), BRANDIs (Loc. cùt., II, 356, 365), Susemta (loc. cût., IT, 329), BAEUMKER (Das Problem der Materie, p. 142-151, Munster, 1890), En. ZELLER (loc. cit., 792, note 1) se sont prononcés pour l'interprétation de l'école platonicienne ; UEBERWEG (Rhein. Mus., IX, p. 76, anm., 40) et Marin (Loc. cil., 11, 181-182) se rangent du côté des Aristotéliciens.

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