Id., Tim., 38°, 39b-ä
3. Id., Ibid., 39%, — On a fait sur le nombre d'années ordinaires que comprend l'année parfaite (ὁ τέλεος ἐνιαυτός) des calculs à l'indéfini, qui ne me semblent pas fournir un résultat bien fondé. V. SraAzLBAUM, VII, p. 168; Ep. Zeirer, loc. cit., p. 811, note 4. Les passages de Platon sur lesquels on s'appuie en cette matière sont les suivants : Rep., VIII, 546° ; Ibid., X, 615", 621%; Phædr., 248c<, 2495, Comme on l’a vu plus haut, Schleiermacher s'est arrêté pendant douze ans au premier de ces passages, sans réussir à en donner une interprétation satisfaisante. Les autres sont d'ordre mythique; et, dans le mythe, Platon en prend à son aise avec les chiffres. Est-il bien
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a dit du soleil qu’il est « le balancier des siècles », Platon applique à tous les astres errants la pensée qu incarne cette grande image.
Il n'y ἃ « rien dans le ciel ou sur la terre » qui n’ait un corps; et, par suite, il n’y a rien dans le ciel ou surla terre qui ne se situe quelque part : à chaque chose « qui prend naissance », 1l faut un lieu (τόπος).
L'ensemble des lieux existants et possibles s appelle l’espace (χώρα); et l’espace ne peut être autre chose que le « réceptacle » universel, ou « la nourrice du monde » : l'espace, c'est la matière. Le sujet des êtres en devenir est aussi le « théâtre » où ils se coordonnent et se meuvent 1.
Comment faut-il prendre cette définition ? Platon ne l'a pas indiqué. Mais peut-être a-t-1l voulu dire que la matière, envisagée comme principe d'extension, fait que les corps se situent les uns par les autres et qu ainsi l’espace formel est l’ensemble de leurs rapports.
Quoi qu'il en soit, puisque l'espace s’identifie de quelque façon avec la matière, 1] est à la fois éternel et fini. De plus, comme 1] n’y a pas de vide dans le monde, l’espace n'admet pas de rupture; il forme un tout continu, et, par suite, 11 est un dans son immensité.
prouvé d'ailleurs qu'il y ait une seule de ces références qui se rapporte à « l’année parfaite »?
1. On ἃ beaucoup discuté sur la nature de l’espace d’après Platon. L’opinion que l’on adopte ici ne s’en fonde pas moins, et d’une manière formeile, sur les paroles de Platon lui-même. A la page 48°, il ramène à trois les principes dont il a besoin pour expliquer le monde : l'idée ou le modèle, la nature ou la copie, et le sujet universel ou la matière. Même réduction trinaire à la page 50c-4. A la page 522-b, il énumère à nouveau les trois principes ; et, au troisième rang, c'est la χώρα qu’il nomme à la place de la malière, en lui donnant d’ailleurs les mêmes caractères qu’à la matière elle-même. C’est donc bien que, dans sa pensée, 1 ὑποδοχὴ et l’édou ou χώρα ne font qu’une seule chose. On trouve la même interprétation dans Aristote (Phys., À, 2, 209%. 11-13, 22-30).
Ainsi se présente la physique platonicienne. La méthode en est originale : la science, l'opinion et la légende s'y donnent la main, comme les trois Grâces. De plus, elle comprend des éléments d'origine très diverse, dont la présence montre que le génie procède surtout par voie d'unification. L'idée de l'écoulement perpétuel est d'Héraclite; les « quatre corps » sont empruntés à Empédocle; etleurs éléments indivisibles rappellent Démocrite, à l'égard duquel Platon a pourtant exercé sa fine ironie. L'animisme, partout débordant, est dans la tradition socratique, qui se rattache elle-même à Anaxagore, puis aux vieux physiciens. Des Pythagoriciens, principalemen de Philolaüs, procèdent les idées de « fini » et « d’infini », la pensée de réduire tous les phénomènes naturels aux proportions musicales et les lois mêmes de cette réduction.
Mais ces éléments de provenance si différente, Platon les harmonise à l'aide d'une notion supérieure qui les domine tous : il en fait une synthèse où chacun d'eux se transforme et prend un autre sens. Au « flux » d'Héraelite s'ajoute un principe qui en fixe à la fois la qualité et la quantité ; les quatre corps deviennent des composés qui se font et se défont: les atomes de Démocrite revétent la transparence et la régularité du cristal; et, sous l'effort d'une puissante analyse, la théorie de l'âme acquiert une ampleur et une profondeur toute nouvelle. C'est avec la même liberté que Platon s'inspire des Pythagoriciens. Il n’admet pas, avec Philolaüs, que l'Éther soit un cinquième corps; et il fonde la théorie géométrique des éléments corporels sur un autre principe qui est le triangle rectangle {. IL est probable aussi quil a
1. V. plus baut, p. 142; et il revendique son originalité sur ce point : νῦν γὰρ οὐδείς πω γένεσιν αὐτῶν [πυρὸς ὕδατός τε χαὶ ἀέρος χαὶ γῆς] μεμήνυχεν, τί ποτε ἔστι χαὶ ἕχαστον αὐτῶν λέγομεν ἀρχὰς αὐτὰ τιθέ-
poussé beaucoup plus loin que les Pythagoriciens de son temps, l'hypothèse d’après laquelle les lois de la nature ne sont autre chose que les lois mêmes de l'harmonie. A cet égard, ce que l’on donne comme une imitation, se trouve assez souvent d'être une invention de l'imitateur.
La Physique de Platon est son œuvre au sens plein du mot. Et comme il lui a fallu s’emplir les yeux de la lumière divine de l’Attique, du bleu de son ciel et de ses mers! avec quel regard d’artiste 1] a dû contempler la blancheur virginale de ses marbres et la magie des couleurs qu'y produisent les rayons du soleil, pour arriver à cette conception apollinienne de la nature qui fait de notre monde « un spectacle de bienheureux » !