PLAT., Theæl., 184; — Lois, I
où n'existent en fait que les différentes déterminations d'un seul et même principe de vie.
Il semble donc bien que, à tout considérer, le Démiurge du Timée se rattache de quelque manière à l’âme de la nature. On est d'autant plus fondé à le croire, que la même doctrine se retrouve dans le Pulèbe et les Lois. Platon était déjà très vieux quand il écrivit le Philèbe, et les Lois sont contemporaines du Timée lui-même. Il serait assez étrange que le fondateur de l’Académie eût donné dans ce dernier dialogue une conception de la divinité foncièrement opposée à celle des deux autres.
Supposé d’ailleurs que Dieu soit un être radicalement distinct du monde intelligible ou du monde sensible, 1] en résulte une conséquence insoutenable. L'unité : voilà le but que Platon se propose d'atteindre et vers lequel convergent tous ses efforts; voilà le terme où le conduit fatalement la nature même de sa méthode, dont Le propre est d'identifier le logique au réel : d’après sa manière perpétuelle de raisonner, il ne peut y avoir qu'un être au fond des choses, par le fait même qu'il n’y a qu'une notion de l'être. Cette unité n'existe plus, elle se trouve entièrement détruite, si Dieu est transcendant soit aux intelligibles soit à l’âme de la nature; dans l’un et l’autre cas, le dualisme métaphysique est le dernier mot du Platonisme.
Une seconde opinion consiste à dire que, aux yeux de Platon, Dieu est l’idée même du Bien. Ainsi pensent Ed. Zeller° et nombre d’autres auteurs. Mais lorsqu'on regarde aux preuves de cette affirmation, l’on ne tarde pas à s’apercevoir qu'elles procèdent d’une critique assez superficielle.